Gestion des pathologies et soins du Figuier de Barbarie : Causes et solutions

Le figuier de Barbarie, connu non seulement pour ses fruits sucrés mais aussi pour sa valeur symbolique et métaphorique, a traversé des siècles d’histoire. En effet, ses origines sont très anciennes, à tel point que ses feuilles sont même mentionnées dans la Bible dans le célèbre épisode d’Adam et Eve. Originaire du Moyen-Orient, il est aujourd’hui particulièrement répandu dans tout le bassin méditerranéen, mais il est également cultivé au Pakistan, en Inde, en Chine, en Californie et en Argentine. En général, c’est une plante qui résiste bien à la sécheresse et qui est capable de s’adapter à diverses conditions climatiques et environnementales, mais elle préfère le temps chaud et les sols bien drainés, fertiles et légèrement alcalins. Elle ne supporte pas les gelées hivernales, ce qui explique qu’en Italie, on la trouve principalement dans le sud.

Plan plantation figuier de Barbarie sol drainant

La pourriture chez le Figuier de Barbarie : Identifier le péril

La pourriture des raquettes et des racines est souvent causée par un excès d'humidité dans le sol, un mauvais drainage ou un arrosage trop fréquent, surtout pendant les périodes froides ou dormantes. Des champignons pathogènes prolifèrent alors, attaquant les tissus affaiblis de la plante. Il faut noter qu'il est impossible d’être catégorique, mais franchement, il est rare de voir un figuier de barbarie se reprendre s'il est devenu mou et perd ses raquettes : il est pourri à l'intérieur, c'est comme pour les agaves, tu ne sais pas pourquoi ça commence mais il est déjà trop tard.

Si vous constatez que votre plante est devenue molle, il est crucial d'examiner la structure interne. Une erreur assez classique consiste à confondre la pourriture des racines avec un manque d'eau : en effet, la plante apparaît souvent sèche et mourante, ce qui peut laisser penser qu’elle a besoin de plus d’arrosage. Il faut donc commencer par examiner le sol : s’il apparaît trop compact, mal drainé ou excessivement humide, cela peut être un indicateur de pourriture.

Stratégies de sauvetage et prévention

Pour tenter de sauver un sujet atteint, assurez un substrat très drainant (sable, graviers). Réduisez drastiquement l'arrosage, surtout en hiver. En cas de pourriture avancée, coupez les parties atteintes avec un outil stérilisé, puis laissez sécher la coupe avant de replanter la raquette saine dans un sol neuf et approprié. Certains passionnés utilisent des méthodes traditionnelles : on a mis de la cannelle en poudre sur les plaies pour une bonne cicatrisation et maintenant, on attend et on prie…!

Bouturage du figuier de A à Z / How to grow a fig tree from fig cuttings/ step by step

La prévention reste toutefois la meilleure arme. L'amélioration du drainage est essentielle : les sols compacts ou mal aérés empêchent l’absorption des nutriments et favorisent la croissance des champignons. Il est essentiel d’améliorer la structure du sol pour favoriser le drainage. Évitez la stagnation de l’eau dans le sol et assurez une bonne circulation de l’air entre les plantes. Cela permet d’éviter l’humidité qui favorise la croissance des champignons.

Maladies fongiques communes sur les espèces apparentées

Bien qu’il s’agisse d’une plante rustique, le figuier n’est malheureusement pas à l’abri des maladies qui peuvent affecter sa santé et, dans certains cas, entraîner sa mort. Mais il y a de bonnes nouvelles : il existe de nombreux remèdes pour traiter ces maladies et, comme nous le verrons, il existe également des outils pour les prévenir.

La rouille du figuier

L’une des maladies les plus courantes est la brûlure du figuier, causée par un champignon appelé Puccinia fici. Comme tous les champignons, elle se développe principalement pendant les saisons plus humides et plus froides, comme l’automne et l’hiver. Cette maladie s’attaque principalement aux feuilles, qui jaunissent en haut et brunissent en bas, ce qui entraîne la chute et l’épuisement du feuillage. En outre, la rouille du figuier peut également affecter les fruits, entraînant un retard dans leur maturation, et les pousses.

La moisissure grise

Une autre infection fongique très répandue est la pourriture grise, également connue sous le nom de Botrytis d’après le nom du champignon qui en est à l’origine, Botrytis cinerea. Tout comme la rouille, cette maladie affecte non seulement les feuilles, mais aussi les branches et les fruits, sur lesquels apparaissent des taches gris-brun qui peuvent évoluer vers la typique moisissure grise poussiéreuse, provoquant le pourrissement prématuré des fruits. La lutte contre les moisissures n’est pas facile, mais la première étape consiste certainement à tailler et à enlever les parties infectées dès que possible et à les brûler, afin d’éviter que les spores ne se répandent dans le verger et n’affectent également d’autres plantes.

Mildiou et Phytophthora

La brûlure du figuier, causée principalement par l’oomycète Phytophthora palmivora, est une maladie fongique qui se développe principalement dans les environnements humides à températures douces. Elle se manifeste d’abord sur les feuilles, où apparaissent de petites taches jaunâtres qui, avec le temps, se transforment en zones nécrotiques brunâtres et noirâtres. Dans des conditions d’humidité élevée, une fine couche mycélienne blanchâtre ou grisâtre, typique de l’agent pathogène, se forme sur la face inférieure des feuilles. Les feuilles atteintes ont tendance à se froisser, à se dessécher et à tomber prématurément, ce qui réduit l’activité photosynthétique de la plante.

Causée par des oomycètes du genre Phytophthora, qui se développent dans des sols trop humides ou mal drainés, la pourriture des racines est une autre maladie très dangereuse et très courante. Ce champignon s’attaque principalement aux racines, qui commencent à pourrir jusqu’à la base du tronc dans certains cas. En conséquence, la plante ne peut plus absorber correctement l’eau et les nutriments, et ses feuilles apparaissent jaunies et flétries, avec un retard de croissance et un manque général de vigueur.

Physiopathologies et carences nutritionnelles

Il s’agit ici d’une physiopathie, c’est-à-dire d’une maladie qui ne relève pas des maladies biotiques, mais qui est causée par une carence nutritionnelle ou par des conditions environnementales défavorables. Dans le cas de cette maladie, il peut arriver que dans les sols alcalins ou mal drainés, le fer devienne moins disponible pour la plante, ce qui entraîne ce que l’on appelle la chlorose ferrique, la forme la plus courante de cette maladie.

Schéma diagnostic carence fer et magnésium

Le premier signe de cette maladie est le jaunissement des feuilles, qui se produit parce que la plante ne peut pas produire suffisamment de chlorophylle. Ce phénomène touche généralement les feuilles les plus jeunes, mais dans les cas les plus graves, il peut également se produire sur les feuilles plus âgées. En les observant attentivement, vous pouvez également savoir quels sont les nutriments qui manquent à la plante :

  • Carence en fer : le jaunissement commence entre les nervures de la feuille, mais la nervure elle-même reste verte.
  • Carence en magnésium : se manifeste de la même manière, mais le jaunissement touche d’abord les feuilles les plus anciennes.
  • Carence en azote : le jaunissement est uniforme et commence généralement à affecter les feuilles situées dans la partie inférieure de la plante.

Une fois la carence identifiée, un engrais doit être administré à la plante pour compléter le nutriment et contrôler le drainage du sol. En particulier dans le cas de la chlorose ferrique, pour améliorer l’absorption du fer, il peut également être utile d’ajouter des chélates de fer et de contrôler le pH du sol (s’il est trop élevé, c’est-à-dire supérieur à 7, il ralentit en effet son absorption).

Infestations parasitaires et ravageurs

Outre les maladies dues à des attaques fongiques ou virales et les physiopathologies, il existe également de nombreuses maladies dues à des infestations parasitaires de diverses natures. En voici les principales :

  • La cochenille du figuier : il s’agit de petits insectes gris-brun qui se nourrissent de la sève des plantes en s’attachant fermement aux feuilles, aux branches et au tronc. De forme ovale, elles se distinguent par un revêtement cireux qui leur donne l’aspect de petites écailles blanchâtres ou brunâtres, semblables à des écailles de tortue.
  • Le foreur du figuier : c’est un petit insecte brun dont les larves se nourrissent du bois de la plante, en creusant des galeries dans le tronc et les branches. Pour les reconnaître, il faut vérifier si la plante présente de petits trous dans ces zones, d’où s’échappe une fine poudre.
  • Le charançon noir de la capsule : il s’agit d’un petit coléoptère noir qui peut percer la plante pour pondre ses œufs à l’intérieur des racines et dans le collet. Lorsque les œufs éclosent, les larves commencent à se nourrir de la sève de la plante, ce qui l’affaiblit et la fait mourir.
  • La mouche des fruits : ressemblant à une petite mouche jaune-vert ou brun clair avec des rayures sombres sur le dos, cet insecte ne s’attaque pas à la plante mais à son fruit, qu’il fait pourrir.

La solution préférable est de commencer par intervenir avec des méthodes naturelles telles que l’élimination manuelle des parasites (en cas d’infestation légère), l’utilisation de traitements naturels tels que l’huile de neem ou un macérat d’orties, l’utilisation de pièges ou l’introduction de prédateurs naturels tels que les coccinelles. L’utilisation de pesticides chimiques ne devrait être réservée qu’aux infestations sévères qui ne peuvent être contrôlées par des solutions naturelles.

La teigne du figuier : un danger spécifique

Parmi les différents ravageurs qui peuvent s’attaquer au figuier, le papillon de nuit mérite un paragraphe à part car il représente une menace assez répandue et dangereuse. Membre de la famille des lépidoptères, son cycle de vie comporte quatre stades : œuf, larve, nymphe et adulte, et le stade le plus dangereux pour la plante est le stade larvaire. En effet, la femelle adulte pond ses œufs sur les feuilles et les larves, une fois écloses, érodent la face supérieure des feuilles en formant des galeries.

Pour lutter contre la teigne du figuier, outre les remèdes déjà vus contre d’autres ravageurs, l’une des méthodes les plus efficaces et les plus sûres est l’utilisation d’une solution à base de Bacillus thuringiensis (Bt), une bactérie qui agit comme un insecticide biologique, à pulvériser sur les feuilles pendant le stade larvaire. Il est très important de traiter la plante au bon moment, c’est-à-dire lorsque les larves se nourrissent de la feuille, car cette bactérie produit des protéines toxiques qui sont activées dans le système digestif des larves lorsqu’elles les ingèrent.

Surveillance technologique et bonnes pratiques

Il est essentiel de pouvoir surveiller en permanence l’état de santé de la plante pour intervenir à temps dès l’apparition des premiers signes de la maladie, afin d’éviter qu’elle ne s’étende davantage et ne compromette la santé du figuier tout entier. Heureusement, la technologie nous vient en aide aujourd’hui : Plantvoice a mis au point un capteur innovant pour surveiller la sève des plantes en temps réel, améliorant ainsi la santé des cultures en réduisant l’utilisation de pesticides et d’eau.

Il s’agit d’un dispositif phytocompatible de la taille d’un cure-dent qui est inséré directement dans la tige de la plante et qui, une fois qu’il a capturé les données physiologiques internes, les envoie à un logiciel d’intelligence artificielle dans le nuage. Grâce à des algorithmes personnalisés, le logiciel est en mesure d’analyser ces données pour fournir des informations détaillées sur la santé de la plante, ce qui permet aux agriculteurs d’intervenir de manière chirurgicale.

Analyse des stress environnementaux

L'excès d'eau affecte principalement le système racinaire, mais ses effets se font rapidement sentir dans toute la plante. Le manque d'oxygène dans le sol entrave le bon développement racinaire, affaiblissant progressivement la plante. À l'inverse, le stress hydrique affecte d'abord les parties les plus exposées de la plante, celles qui ont les plus grands besoins en eau, comme les feuilles et les jeunes pousses.

Le dessèchement des pointes foliaires débute progressivement et, si la cause n'est pas traitée, s'étend au reste de la feuille. Les pointes foliaires deviennent brunes et sèches, avec des bords brûlés. La feuille reste verte au départ, mais ses pointes sont abîmées. Les dégâts progressent de la pointe vers l'intérieur. Les feuilles les plus âgées sont généralement touchées en premier. Dans les cas les plus graves, un jaunissement et une chute des feuilles apparaissent.

Infographie symptômes stress hydrique figuier

Les virus peuvent provoquer une grande variété de symptômes, mais ils affectent généralement les feuilles et les jeunes pousses. Contrairement à d’autres maladies, les symptômes sont généralement irréguliers et ne s’améliorent pas avec le temps. On observe des taches irrégulières vert clair et vert foncé, un aspect mosaïque, ou des feuilles déformées, ridées ou plus petites que la normale.

L'exposition excessive au soleil affecte généralement d'abord les parties les plus exposées de la plante, comme les feuilles supérieures. Il s'agit de lésions tissulaires directes, et non d'une maladie, qui peuvent apparaître rapidement sous la forme de taches sèches ou blanchâtres. À l'opposé, le manque de lumière entraîne des tiges longues et faibles, une croissance lente ou quasi-arrêtée, et une floraison faible ou absente.

Comprendre les carences en nutriments complexes

La carence en phosphore étant relativement mobile dans la plante, les symptômes apparaissent généralement d'abord sur les feuilles les plus anciennes, bien que le développement global soit également compromis. On observe une croissance lente, des feuilles aux tons vert foncé ternes et l'apparition d'une pigmentation violette, rougeâtre ou bleutée, notamment sur la face inférieure des feuilles et des tiges. Le système racinaire est alors peu développé avec peu de racines latérales.

La carence en potassium se développe progressivement et affecte directement le rendement et la qualité de la récolte, même si la plante survit. L'aspect le plus caractéristique est une brûlure marginale (nécrose marginale), progressant vers l'intérieur. Les feuilles s'enroulent vers le bas ou présentent des taches foncées, tandis que les tiges deviennent faibles et les fruits petits, déformés ou mal colorés.

La carence en bore se manifeste d'abord sur les jeunes pousses, les fleurs et les fruits en développement, en raison de leur mobilité limitée au sein de la plante. On note l'avortement et la chute des fleurs, des fruits déformés, secs ou nécrotiques, et des pousses terminales mortes ou déformées. Les jeunes feuilles sont petites, frisées ou chlorotiques, tandis que les tiges deviennent faibles et cassantes.

La carence en calcium affecte d'abord les parties en croissance active. Elle est particulièrement reconnue dans les problèmes de qualité des fruits. On observe des jeunes feuilles déformées, recourbées ou à extrémités sèches, ainsi qu'une nécrose des bords et des extrémités des nouvelles feuilles. L'apparition de taches sombres et enfoncées sur les fruits, avec une texture molle ou aqueuse, est un signe avant-coureur majeur.

La carence en soufre peut être confondue avec une carence en azote, mais elle affecte les jeunes feuilles plutôt que les plus âgées. Les symptômes incluent un jaunissement des jeunes feuilles et des nouvelles pousses, un retard de croissance générale de la plante, des tiges fines et cassantes, et un retard de floraison et de maturation.

Enfin, la pourriture annulaire ou maladie causée par Phytophthora megasperma se caractérise par une décomposition progressive des racines et du collet des plants. Les symptômes débutent généralement au niveau des racines, se propagent vers la tige et provoquent un affaiblissement généralisé de la structure de soutien de la plante, rendant la lutte contre ces oomycètes particulièrement ardue sans un assainissement rigoureux du sol et une gestion stricte de l'irrigation.

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