Le pommier, connu sous le nom scientifique de Malus, est bien plus qu’un simple arbre fruitier. Symbole intemporel de la nature, son nom latin vient de Malum, terme utilisé dans l’Antiquité pour désigner les pommiers. Aujourd'hui, cet arbre est le plus cultivé en Europe. Avec 20 000 variétés recensées dans le monde, le pommier s’adapte à des climats variés, bien que sa culture suive des principes fondamentaux quasi universels.

La biologie et l'identification du Malus
Le pommier est un arbre fruitier hermaphrodite dont la taille varie de 2 à 16 mètres, pouvant vivre jusqu'à 100 ans. Ses feuilles sont simples, caduques, à limbe denté et à disposition alterne. Le feuillage est vert, souvent argenté sur le dessous et légèrement duveteux.
La floraison, étape cruciale pour les pommiers, se déroule courant avril. Les boutons rose pâle à rouge carmin s'épanouissent en fleurs blanches, parfois rosées, disposées en corymbes. Chaque bouton donne une inflorescence de cinq fleurs hermaphrodites à symétrie radiaire. La particularité de la corolle des fleurs de pommier est d'être teintée de rose sur la face inférieure des pétales et de rarement dépasser deux centimètres de diamètre.
Les exigences de culture et la plantation
Le Malus apprécie les expositions ensoleillées et abritées des vents froids et violents. On l’installe dans un sol bien drainé et plutôt riche. Pour bien planter cet arbre fruitier, on creuse un trou de 3 à 4 fois la taille de la motte de la plante. On griffe bien la terre autour pour la rendre meuble et permettre aux racines de bien se développer.
Une fois le trou vidé, on prépare un mélange avec du terreau pour enrichir la terre. On peut ajouter du fumier de ferme aux algues pour enrichir le sol. On verse un peu de mélange dans le fond du trou. On pose le pommier bien droit dans le trou de telle sorte que le niveau 0 du pommier (niveau de la terre du pot reçu) soit au niveau 0 du sol. Il est crucial de ne pas enterrer le point de greffe car sinon, la plante finira par mourir. On rempote avec le reste de mélange terre + terreau (+fumier), en comptant un arrosoir (10L) par plante, en 2 fois pour une meilleure efficacité.
TUTO 7 : La plantation et l'entretien des pommiers
Pollinisation : le secret d'une fructification réussie
Non autofertile, le pommier nécessite une pollinisation croisée. Les pommiers étant autostériles, ils ont besoin de se retrouver à plusieurs dans une zone d’environ 100 m de diamètre. Pour assurer une production, on plante toujours 2 arbres l’un près de l’autre, soit de la même variété, soit deux variétés différentes à floraison concordante. Les deux meilleures variétés pollinisatrices sont la Golden et La Reine des Reinettes.
Une astuce consiste à associer un pommier à fleurs pour aider à la fécondation des fruits. Très riche en nombre de fleurs, ce type de pommier sert uniquement à la pollinisation. Sans fleurs, il n'y aura pas de fruits. Le processus biologique implique que des grains de pollen portés par les étamines (organe mâle) arrivent sur le pistil (organe femelle) pour atteindre l’ovule situé au « fond » de la fleur.
Entretien, taille et gestion des fruits
La taille n'est pas indispensable, mais en fin d’hiver, quand les gelées sévères sont écartées, elle permet d'équilibrer la silhouette. Quand on taille l’arbre, les fruits ont plus de place pour se développer et sont donc plus gros. L’éclaircissage des fruits fait partie intégrante de la taille. Une fois la fécondation réalisée et que les petites pommes atteignent la grosseur de la phalange du petit doigt, on sélectionne les fruits à garder.
On peut également supprimer des fleurs en choisissant la « fleur reine » (la fleur centrale qui s’ouvre en premier) pour décider si l’on veut beaucoup de petits fruits ou moins de belles pommes. Moins nombreux, l’air circule mieux entre les fruits, limitant ainsi le développement des maladies.
Le pommier d'ornement : Malus floribunda
Le pommier à fleurs, ou Malus floribunda, joue un rôle uniquement ornemental. Contrairement au pommier domestique, il est autofertile. Ses boutons floraux carmin foncé deviennent rose pâle, puis blancs à l'épanouissement. À l’issue de la floraison, de nombreux fruits décoratifs jaunes se développent. Bien qu'incomestibles pour l'homme, ils sont très appréciés des oiseaux et persistent souvent tout l’hiver.

Les usages et propriétés du pommier
Le pommier est surtout cultivé en verger pour son fruit, la pomme, consommée crue, en jus, en cidre ou en compote. La pomme contient une grande variété d’antioxydants reconnus pour prévenir l’oxydation de l’ADN et réduire les taux de cholestérol sanguin.
Sur le plan médicinal, les feuilles et les fleurs sont très diurétiques et recommandées en cas de calculs rénaux et d'hypertension artérielle, tandis que l’écorce est tonifiante et fébrifuge. Le bois, pesant et compact, est également recherché par les ébénistes et les luthiers.
Défis climatiques et sanitaires
Les arboriculteurs font face à des défis constants. Les conditions climatiques peuvent être fatales : lors de gelées printanières (jusqu'à -7°C), les professionnels utilisent des bougies de paraffines végétales pour maintenir une température supérieure à -2°C. Pour accroître la pollinisation, des ruches de bourdons (Bombus terrestris) sont parfois positionnées dans les vergers, car ces insectes restent actifs même à des températures comprises entre 5°C et 15°C.
Enfin, le pommier est sujet à divers ravageurs et maladies tels que les pucerons, les cochenilles, les araignées rouges, le chancre, le feu bactérien, la tavelure et l’oïdium. Les traitements par pulvérisation doivent être appliqués par temps sans vent, sans pluie pendant 3 jours et sans un soleil trop chaud pour garantir leur efficacité.