
La protection des majeurs est une mission essentielle au sein de la société, visant à accompagner les personnes dont les facultés sont altérées. À Tours, comme partout en France, la formation des professionnels chargés de cette mission, connus sous le nom de mandataires judiciaires à la protection des majeurs (MJPM), est rigoureusement encadrée. Ce rôle, crucial pour l'autonomie et le bien-être des personnes protégées, exige des compétences spécifiques et une solide compréhension du cadre légal.
L'évolution de la profession : Du tuteur au mandataire judiciaire
La profession de mandataire judiciaire à la protection des majeurs, telle que nous la connaissons aujourd'hui, a été instituée par la loi du 5 mars 2007. Cette réforme a succédé à l'ancienne appellation de "tuteur aux majeurs protégés", marquant une évolution dans l'approche et la terminologie de la protection juridique. Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs assure, dans le strict respect du mandat du juge, la mesure civile (sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle) visant à la protection des personnes qui se trouvent, en raison de l’altération de leurs facultés mentales ou corporelles, dans l’incapacité de pourvoir seules à leurs intérêts. Cette mission est d'une importance capitale, car elle permet de garantir les droits et les intérêts des individus les plus vulnérables de notre société.
Le rôle du mandataire judiciaire
Le mandataire joue un rôle de proposition, il favorise l'autonomie de la personne protégée. Il est important de souligner que le mandataire ne peut aller contre la volonté de la personne ni la contraindre dans sa manière de vivre, sauf si cela met en péril sa sécurité ou ses intérêts fondamentaux, et toujours dans le respect des décisions du juge.
Les cadres des mesures de protection juridique
Les mesures de protection juridique se déclinent en plusieurs formes, adaptées à la situation et au degré d'autonomie de chaque personne. Le mandataire judiciaire intervient dans le cadre de ces différentes mesures :
La sauvegarde de justice : Une protection de courte durée
L'article 433 du Code civil encadre la sauvegarde de justice, une mesure de protection de courte durée, généralement d'une durée d'un an renouvelable une fois. Cette mesure peut être mise en place rapidement et permet à un majeur d'être représenté pour accomplir certains actes déterminés. Il s’agit du régime de protection le moins contraignant, puisque la personne conserve sa capacité juridique et le mandataire spécial désigné n’est spécifiquement autorisé à faire que les actions prévues par le juge dans le mandat. Cette flexibilité permet d'apporter une aide ciblée et ponctuelle sans entraver inutilement l'autonomie de la personne.
La curatelle : Assistance et contrôle pour les actes importants
La curatelle, régie par les articles 440 et suivants du Code civil, est une mesure de protection qui dure généralement cinq ans, éventuellement renouvelable. Cette mesure de protection permet à un majeur d’être assisté ou contrôlé pour les actes importants dits de disposition, concernant notamment la gestion de son patrimoine, et ce même s'il reste autonome pour accomplir des actes simples dits d’administration. La curatelle vise à trouver un équilibre entre la protection des intérêts de la personne et le maintien de son autonomie pour les décisions de la vie quotidienne.
La tutelle : Représentation pour les actes de la vie civile
La tutelle est la mesure de protection la plus complète. Elle est mise en place lorsque la personne est totalement incapable de pourvoir seule à ses intérêts. Le tuteur la représente alors pour tous les actes de la vie civile, à l'exception de ceux que la loi lui autorise à faire seul. Comme la curatelle, la tutelle est révisée régulièrement par le juge des tutelles.

Les exigences de formation du mandataire judiciaire
Pour exercer cette profession exigeante, le mandataire judiciaire à la protection des majeurs doit disposer de compétences conformes à celles visées par l’arrêté du 2 janvier 2009. Cette formation est cruciale pour garantir la qualité des prestations offertes aux personnes protégées.
Le Certificat National de Compétence (CNC)
La formation, sanctionnée par l'obtention du Certificat National de Compétence (CNC), est dispensée dans des instituts de formation ou universités agréés. Elle se compose d'un volet théorique conséquent et d'une période de stage pratique indispensable. La formation compte 300 heures théoriques et 350 heures pratiques (stage) auprès d’un MJPM individuel, associatif ou préposé d’établissement. C’est à l'étudiant de trouver le lieu de son stage, ce qui lui permet de choisir un environnement d'apprentissage qui correspond à ses aspirations professionnelles.
Chaque domaine de formation est certifié indépendamment des autres, sans compensation de notes, garantissant ainsi l'acquisition de toutes les compétences nécessaires. En cas de non-obtention d’un domaine de compétence, une session de rattrapage est organisée, offrant une seconde chance aux candidats. Une fois l'ensemble de la formation certifiée, la Directrice de l’établissement de formation arrête la liste des candidats qui ont réussi. L’inscription est confirmée dès réception du devis signé, formalisant l'engagement du futur mandataire.

Les compétences requises
Les compétences attendues du MJPM sont diverses et couvrent plusieurs domaines essentiels :
- Juridiques : Maîtrise du droit de la famille, du patrimoine, des procédures civiles.
- Éthiques et déontologiques : Respect de la dignité de la personne, impartialité, confidentialité.
- Psychologiques et relationnelles : Capacité d'écoute, d'empathie, de communication adaptée.
- Administratives et financières : Gestion de budgets, rédaction de rapports, suivi administratif.
Le processus d'agrément et d'exercice du MJPM
Après l’obtention du C.N.C et si le candidat possède un casier judiciaire vierge, il doit attendre un « appel à candidatures » émis par le Préfet de département. Le processus d'agrément est strict et vise à sélectionner les professionnels les plus qualifiés pour cette mission sensible.
L'appel à candidatures et le dossier
Dans un deuxième temps, un avis d'appel à candidatures est publié. Cet avis détermine les dates de dépôt et de fin de réception des candidatures. Il précise également les objectifs et les besoins que cet appel à candidature a pour finalité de satisfaire. Ainsi, il rappelle le nombre de mandataires judiciaires que cet appel à candidatures vise à agréer ainsi que les catégories de mesures concernées (mandat spécial auquel il peut être recouru dans le cadre de la sauvegarde de justice, curatelle et tutelle ou mesure d'accompagnement judiciaire).
En renseignant le dossier de candidature pour l’agrément en qualité de mandataire judiciaire exerçant à titre individuel et en le signant, le candidat s'engage à mettre en place les moyens qui y sont inscrits s'il obtient l’agrément. Cet engagement est une preuve de la motivation et de la préparation du candidat.
L'audition et la commission départementale d'agrément
Dans un quatrième temps, les candidats dont le dossier est recevable sont auditionnés par la commission départementale d’agrément. Cette commission est chargée de donner au préfet de département et au procureur de la République un avis sur chacune des candidatures. L'audition est une étape clé qui permet d'évaluer les aptitudes personnelles et la motivation des candidats.
Le classement des candidatures et l'agrément préfectoral
Dans un cinquième temps, après l’audition des candidats, le préfet procède ensuite, en lien avec le procureur de la République, au classement des candidatures en fonction de critères de qualité, de proximité et de continuité de prise en charge et des besoins que l’appel à candidature a pour objet de satisfaire. Ce classement garantit que les agréments sont attribués aux candidats qui répondent le mieux aux exigences du territoire et aux besoins des personnes à protéger.
Le statut du MJPM individuel
Le MJPM exerçant à titre individuel (MJPMI) ne peut exercer qu’à titre libéral. Une simple inscription à l’URSSAF ou sur le site de l’auto entrepreneur suffit. En cas de statut d’auto entrepreneur, seul un forfait est prélevé, mensuellement ou annuellement, en fonction de sa propre demande et du chiffre d’affaires déclaré. Dans ce cas, les achats et charges ne sont pas déductibles. L'URSSAF propose un guide pour le professionnel libéral en matière de protection sociale, offrant des informations précieuses pour la gestion de leur activité et de leur couverture sociale.
La recherche de formation à Tours et au-delà
Lorsque l'on recherche une formation pour devenir mandataire judiciaire à la protection des majeurs à Tours, il est important de savoir comment les offres sont présentées. Les résultats affichés sont des offres de formation correspondant à votre recherche. Certaines de ces formations proviennent de centres partenaires qui rémunèrent des plateformes pour chaque demande d'information générée. Les offres de formation issues de centres partenaires (clients) sont d’abord classées selon leur pertinence par rapport à votre recherche, afin de vous proposer les formations les plus adaptées à vos besoins. Les formations proposées par des centres non partenaires (non clients), qui ne versent aucune rémunération à ces plateformes, apparaissent après celles des centres partenaires et sont également triées par pertinence. Cette distinction est utile pour comprendre l'ordre d'affichage des formations et faire un choix éclairé.

Il est primordial pour les futurs mandataires de s'informer sur toutes les options disponibles, qu'elles soient à Tours même ou dans les régions environnantes, afin de choisir la formation qui correspond le mieux à leurs attentes et à leurs contraintes.
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