Gestion de l'eau en maraîchage en France : Optimisation, enjeux et soutien financier

Introduction

La gestion de l'eau dans le secteur agricole, et plus particulièrement en maraîchage, est une problématique d'une importance capitale en France, confrontée à des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. Si la molécule H2O est stable et indéfiniment recyclable, l'accès à l'eau douce est une question intrinsèquement locale, dépendante des bassins versants et des précipitations. L'irrigation est souvent perçue comme une source de gaspillage, mais une analyse approfondie des volumes consommés par rapport aux ressources globales en eau du pays révèle une réalité plus nuancée. Cet article propose d'explorer les défis et les solutions pour une gestion optimisée de l'eau en maraîchage, en abordant les mécanismes hydrologiques, les pratiques culturales innovantes et les dispositifs d'aide mis en place pour soutenir les exploitants.

Le cycle de l'eau et les ressources hydriques de la France

Une molécule inaltérable et un cycle perpétuel

Il est fondamental de rappeler que l'eau ne peut pas être « consommée » au sens strict. La molécule H2O est stable, indestructible, indéfiniment recyclable et elle est effectivement recyclée à 100 %. « Casser » cette molécule demande une grosse énergie. La quantité d’eau disponible sur la Terre est sans doute la même depuis des centaines de millions d’années, voire plus. L'eau change d'état physique, elle voyage, devient vapeur qui, après une dizaine de jours environ, retombe sous forme de pluie ou de neige, et le cycle recommence, ici, ailleurs, un peu partout dans le monde, et indéfiniment. C'est le cycle de l'eau, un phénomène naturel essentiel que tout le monde connaît, même intuitivement.

L'eau, une ressource locale et non transportable sur de longues distances

L’accès à l’eau douce est toujours une question locale : l’eau liquide reste dans son bassin versant. Elle ne remonte pas la pente. Ainsi, quand une grande sécheresse sévit dans le sud de l’Afrique, économiser de l’eau à Paris ne donne pas une goutte à boire aux éléphants qui, au même moment, meurent de soif au Zimbabwe. « L’eau de là est là ». C’est une ressource locale à l’état liquide, prisonnière d’un bassin versant, zone de collecte dans laquelle convergent nappes phréatiques, autres aquifères, petits ruisseaux, puis rivières puis un grand fleuve en général, avant de se jeter dans la mer. Les bassins versants sont limités par les lignes de partage des eaux. Au niveau local, les champs ou prairies qui ne sont pas au sein d’un périmètre irrigué, ne peuvent pas l’être en cas de sécheresse. C’est rigoureusement impossible, par camions ou autre. L’exploitant agricole doit alors trouver d’autres solutions (cultures résistantes à la sécheresse, sarclages, binage, diminution de la densité à l’hectare appelée parfois « dry farming », etc.). Les réponses à la sécheresse, hors périmètres irrigués, ne peuvent être que structurelles et sur le long terme : adapter son agriculture au climat et à ses aléas inévitables, et d’abord en diminuant la densité des végétaux plantés, ou créer un nouveau réseau d’irrigation. D’où le non-sens absolu des « restrictions d’eau » qu’imposent certains ministres ou préfets en cas de sécheresse. Ce n’est pas en interdisant le remplissage des piscines ou le lavage des voitures utilisant le réseau de distribution d’eau potable, qu’on règle le problème des surfaces agricoles non irriguées, qui se dessèchent. Et qui représentent 94 % de la surface agricole utile.

La pluviométrie en France et le devenir de l'eau de pluie

En France, la pluviométrie moyenne est de 889 millimètres par an. Soit près de mille litres, soit une tonne d’eau par m². Un volume de 440 milliards de m³ tombe donc chaque année sur l’Hexagone. Cela représente 6 500 tonnes d’eau par habitant de la France métropolitaine et par an. Après une pluie, 64% de l’eau s’évapore en surface, sur les flaques, mais surtout beaucoup d’eau s’infiltre. L’eau va occuper la « réserve facilement utilisable » ou RFU des sols. Tous les sols sont poreux, les espaces entre les « grains » des sols représentent 40 % de leur volume total en moyenne. Ce sont de véritables éponges. Les plantes vont pomper l’eau du sol grâce à la pression osmotique, puis l’évaporer par leurs feuilles, tout en assurant leur croissance et leur vie grâce à la photosynthèse. Ainsi, les sols, naturels ou cultivés, assurent une bonne régulation des pluies car ils stockent l’eau pour la restituer. Une partie de l’eau s’infiltre aussi jusqu’aux aquifères (ou « nappes phréatiques »), notamment en hiver, saison pendant laquelle l’évapotranspiration par les végétaux devient nulle. Ceci au moins pour les événements pluvieux moyens ou « normaux ». Cela ne marche plus lors de la survenue de pluies exceptionnelles, car le sol est saturé, l’éponge est pleine d’eau et ne peut plus stocker l’eau en excès. Donc cette dernière ruisselle à 100 %, ce qui peut provoquer des inondations.

Schéma du cycle de l'eau

Un ratio très simple, qui joue un rôle majeur en hydrologie, la science étudiant la dynamique de l’eau douce sur la Terre, est le coefficient de ruissellement. En France, 64 % de l’eau ne ruisselle pas mais est évaporée tôt ou tard sur place. Le reste ruisselle, soit 36 %. Le volume de pluie qui tombe se partage toujours en deux parties inégales : le coefficient de ruissellement, qui donne le pourcentage d’eau qu’on va retrouver dans les nappes, ruisseaux, fleuves, rivières, puis in fine, dans la mer, et le coefficient d’évaporation. Le total des deux coefficients est de 100, bien entendu. La moyenne mondiale de ce coefficient est de 36 % environ, donc la France se situe à peu près au niveau de la moyenne mondiale, ce qui est cohérent avec son climat tempéré.

Le « château d’eau français » : des réserves souterraines inestimables

Moins connu que le château de Versailles, le « château d’eau français » est une des vraies richesses du pays. Très bien étudié par le BRGM (Bureau de recherches hydrauliques et minières), cet énorme stock d’eaux souterraines représente un volume de 2 000 milliards de m³ d’eau, soit environ 30 000 m³ (ou tonnes) d’eau par habitant de l’hexagone. Ce chiffre est totalement stable. Cet aquifère est totalement intarissable, car il est réalimenté chaque année par les pluies.

Cet énorme « aquifère » comprend deux types de réserves :

  • Les « nappes phréatiques » : ces « nappes », supposées horizontales et contenues dans les roches sédimentaires des plaines, comme le sable, les grès etc. Pour trouver l’eau, il faut faire un forage, et pomper. Ces nappes ne sont pas seulement des stocks, mais des rivières souterraines, qui débitent, mais pour lesquelles la vitesse d’écoulement vers l’aval est très lente (10-6 m.s-2 par exemple) mais les sections d’écoulement sont importantes, plusieurs millions de mètres carrés pour fixer les idées. Les nappes sont des acteurs très importants de la dynamique de l’écoulement de l’eau dans un bassin versant donné, au côté des eaux de surface, les unes pouvant alimenter les autres et réciproquement.
  • Les aquifères de socles : ce sont les massifs montagneux, appelés familièrement « châteaux d’eau ». Cette eau s’écoule souvent toute seule par gravité, ce sont les « sources ». Tous les massifs montagneux du monde sont fissurés ou faillés. Toutes ces failles ou fissures sont pleines de sable, qui se gorge d’eau, et assurent un stockage important, de 2 % et jusqu’à 5 % du volume du massif montagneux lui-même. La présence éventuelle de neige ou de glace en haute altitude indique une bonne pluviométrie, mais elle n’a aucun rapport avec ce phénomène de stockage interne. Qui est bien plus important que celui des glaciers, dont le recul observé n’a aucun impact sur le « château d’eau » que sont toutes les montagnes du monde, y compris celles qui n’ont pas de glaciers, comme le Massif Central ou les Pyrénées en France.

Dans les deux cas de figure, les aquifères régulent l’écoulement des eaux, notamment entre l’hiver et l’été, et aussi, entre années ou séries d’années sèches ou humides.

Les fleuves et rivières : des acteurs essentiels du cycle hydrologique

Les fleuves et rivières sont alimentés soit directement par le ruissellement des pluies en surface, soit indirectement, par les « châteaux d’eau », nappes phréatiques ou aquifères de montagne, comme cela a été déjà dit ci-dessus. Car les aquifères sont constamment renouvelés. L’eau de pluie qui s’infiltre ne peut pas monter jusqu’au ciel. En plaine, les aquifères stockent l’eau en période froide et en période de crues, ce qui fait monter leur niveau d’un mètre ou deux. Puis elles restituent l’eau stockée dans le lit des rivières, quand leur niveau est bas, en période de sécheresse. Cela peut faire baisser leur niveau de quelques mètres. Mais de nombreuses nappes ont des profondeurs de plusieurs centaines de mètres. Au total, ce débit de renouvellement annuel des aquifères de France est estimé par le BRGM à 100 milliards de m³. Ce débit ne change rien au stock qui reste en permanence aux environs de 2 000 milliards de m³.

Carte des grands bassins versants français

Comme indiqué ci-dessus, le coefficient de ruissellement de la France est de 36 %. Multiplié par la pluviométrie annuelle de 440 milliards de m³, cela représente 176 milliards de mètres cubes, avant les consommations par l’irrigation (entre 3 et 4 milliards de m³). Si on y ajoute d’autres consommations (tours de refroidissement des centrales nucléaires), le BRGM et le ministère de l’environnement et de la transition énergétique évaluent à 6 milliards de m³ les consommations nettes de la France, que l’eau soit puisée dans les nappes ou directement dans les rivières, ce qui revient au même. Au total, les quatre grands fleuves français (Rhône, Garonne, Loire, Seine) ainsi que les petits fleuves côtiers (Var, Adour, Hérault, Charente, Vilaine, Somme, etc.) et l’eau de la Moselle et de la Meuse qui partent vers l’Allemagne représentent un volume se jetant dans la mer de 170 milliards de m³ en moyenne annuelle.

L'irrigation en maraîchage : nécessité et perception

Le rôle crucial de l'irrigation et la perception du « gaspillage »

Pendant les mois d’été, d’immenses champs de maïs, très verts, ponctuent les beaux paysages agricoles français. S’y ajoutent la beauté de jets d’eau transparents et mobiles. Car le maïs est une plante tropicale qui doit être arrosée pendant les mois secs : juin, juillet et août. Six cent mille hectares de ce beau spectacle sont ouverts à tous. Et la production française annuelle atteint plus de 10 millions de tonnes.

Mais pour Monsieur Toutlemonde, quel affreux scandale, quel honteux « gaspillage » d’eau. On nous dit qu’on va manquer d’eau, que l’eau est gaspillée, que la sécheresse menace, que cette eau serait bienvenue à Tamanrasset, que « le précieux liquide » va manquer toujours et partout et qu’il est mal géré. De sombres prophètes vaticinent sur des guerres pour l’eau, alors que les historiens sont formels : il n’y a jamais eu de « guerre pour l’eau » depuis 2 000 ans. Ni au Moyen Orient, ni en Égypte, ni ailleurs.

Bref, les agriculteurs épuisent la nappe phréatique, sont de dangereux irresponsables, et le spectacle des asperseurs à maïs est insoutenable, tant il représente un péché contre la doxa ambiante, les nécessaires « économies d’eau », l’irresponsabilité totale d’une profession qui va assoiffer l’humanité !

Champ de maïs irrigué par aspersion

Qu’en est-il exactement ? L'irrigation est la seule activité humaine qui « consomme » l’eau dans les champs irrigués, car les plantes l’évaporent ! Elle n’a pas « disparu » du globe terrestre, elle s’est transformée en vapeur et elle rejoint le cycle de l’eau. Mais localement, et notamment, si elle est consommée en amont d’un bassin versant donné, elle est moins disponible sous forme liquide pour l’aval. Elle peut, sur le papier, pénaliser l’irrigation en aval, ou même certains prélèvements, pour les villes par exemple. Car le seul état physique de l’eau qui intéresse le genre humain, c’est l’eau liquide, bien entendu ! Cela dit, que ce soit en France et même dans le monde entier, les cas où l’irrigation en amont d’une grande rivière pénalise l’irrigation ou d’autres usages de l’eau en aval sont rarissimes. Pomper de l’eau dans une rivière ou dans une nappe assez près de l’embouchure des fleuves ou rivières petites, moyennes ou grandes, n’a pas beaucoup d’importance, car ces cours d’eau vont se jeter dans la mer quelques kilomètres en aval.

Comparaison des usages de l'eau en France

L’irrigation consomme environ 4 milliards de m³ sur 170 milliards de m³ d'eau qui va se jeter dans la mer, soit un peu plus de 2 % de l’eau qui va se jeter dans la mer, en pure perte. L’évidence que l’irrigation consomme trop d’eau saute aux yeux ! On l’a compris. Irriguer, c’est prendre de l’eau qui aurait dû couler au bon niveau du coefficient de ruissellement, soit 36 %. Mais avec l’irrigation, ce coefficient devient 35 % environ ; en revanche, dans le même temps, le coefficient d’évaporation gagne un point à environ 65 %, contre 64 % sans irrigation. Ce calcul est simple et démontre scientifiquement que l’impact de l’irrigation est dérisoire en France.

Les autres usages de l’eau ne sont pas des consommations. Nous ne « consommons » pas l’eau domestique, ni l’eau industrielle, ni l’eau urbaine. Elle ne fait que passer dans nos lavabos ou nos toilettes, puis elle retourne au milieu naturel. Ce sont des prélèvements provisoires, pas des consommations ! Si le Français moyen utilise 50 m³ pour l’eau domestique et environ 100 m³ par an, tous usages confondus, cette eau retournera à la rivière.

Optimisation de la gestion de l'eau en maraîchage

De nombreuses raisons peuvent pousser les exploitants à s’interroger sur la gestion de l’eau sur leur ferme : préservation des ressources en eau, réduction de l’utilisation d’eau potable, impact sur la performance de l’exploitation, prix de l’eau potable, etc. Une optimisation passe par une meilleure connaissance des besoins et des ressources, ainsi que par la mise en place de pratiques culturales économes en eau.

Calculer les besoins en eau de l’exploitation

Pour une gestion efficace de l'eau, il est primordial de calculer précisément les besoins de l'exploitation. Cela inclut :

  • La surface totale cultivée et le besoin en eau au pic d’été (au maximum des cultures en place).
  • L’évapotranspiration des plantes (ETP) qui dépend du climat local.
  • Le besoin en eau de chaque légume selon son stade de pousse (le coefficient cultural Kc).

Connaître les ressources en eau disponibles sur ma ferme

Il est également essentiel de dresser un inventaire des ressources en eau disponibles :

  • La pluviométrie annuelle locale qui tombe au sol et qui peut être récupérée via les toitures et les serres.
  • La réserve du sol facilement utilisable par la plante (RFU).
  • La modalité d’irrigation possible sur la parcelle : pompage en rivières ou étang, forage, puit, récupération d’eau de pluie, eau du réseau.
  • Le matériel d’irrigation et le calcul des débits nécessaires : aspersion, micro-irrigation, goutte à goutte.
  • Le besoin et le type de stockage d’eau : bassin, poche souple, cuve.
  • La topographie de la parcelle : le dénivelé entraîne des pertes de pression (perte environ d’un bar par 10m de dénivelé).

Mettre en place des pratiques culturales économes en eau

Diverses pratiques culturales peuvent significativement réduire la consommation d'eau :

  • Installer du paillage au sol (toile tissée, etc.).
  • Éliminer les adventices pour limiter la concurrence pour l'eau.
  • Utiliser davantage de goutte à goutte, une méthode d'irrigation très efficace.
  • Implanter des « brise-vent », ce qui limite le dessèchement des sols.
  • Installer des ombrages.
  • Biner les sols pour limiter l'évaporation.
  • Augmenter les Matières Organiques dans le sol pour améliorer sa capacité de rétention d'eau.
  • Choisir des cultures et variétés adaptées au climat local et moins gourmandes en eau.

Pourquoi et comment irriguer en maraîchage ?

La récupération et le stockage d'eau de pluie

La récupération et le stockage d'eau de pluie constituent une solution efficace pour réduire la dépendance aux autres ressources en eau.Les modes de récupération d'eau de pluie sur la ferme incluent :

  • Récupération des toitures des bâtiments agricoles : mettre en place des chéneaux avec descente de gouttières, et un système de stockage.
  • Récupération des serres « tunnel simple » : mettre en place des fossés d’évacuation des eaux entre deux serres tunnels et un système de stockage.
  • Récupération des serres « bitunnel » ou « multi-chapelle » : installation de chéneaux avec descente de gouttières, drain, et un système de stockage.

En ce qui concerne la réglementation : si le prélèvement est inférieur à 1000 m³, il n'est pas soumis à une demande d'autorisation. Si le débit instantané n'est pas suffisant (< 6 m³ par heure), un besoin de stockage d'eau (bassin, poche ou cuves) est nécessaire. Il est également recommandé de prévoir un abri pour la pompe et le filtre, et d'installer un compteur d’eau, car il est obligatoire de déclarer sa consommation annuelle. Le coût moyen de ce type d'installation est de 200 à 250 € par mètre linéaire.

Réutilisation des eaux de lavage de légumes

La réutilisation des eaux de lavage de légumes est une autre piste pour économiser la ressource. Il faut estimer la quantité d’eau potable utilisée pour nettoyer les légumes en maraîchage diversifié : de 50 à 100 m³/an. Pour la récupérer, il est nécessaire d’installer un regard avec un système d’évacuation vers le bassin d’irrigation.

L'eau potable : dernier recours et compteurs agricoles

Il est préférable de privilégier l’eau potable comme dernier recours pour l’irrigation : cela permet la préservation de la ressource en période de tension en été, mais aussi un gain économique. Il est possible d'installer un compteur vert agricole, qui permet l’exonération de la partie assainissement. Il faut déclarer ce compteur à la Communauté Pays Basque pour obtenir la tarification différenciée agricole. Si un exploitant utilise un mix d'eau pour l'irrigation (eau de pluie, de forage, de source en plus de l'eau potable), il faut veiller à bien installer un disconnecteur pour éviter tout retour d'eau.

Les effluents agricoles : gestion et valorisation

Les eaux usées produites par les activités agricoles sont généralement appelées effluents. Ces effluents agricoles sont de nature variée : eaux de lavage des équipements, des étables, des porcheries, des salles de traite, des poulaillers, des fonds de cuves de préparations de produits phytosanitaires, etc. Conformément à la réglementation, les effluents agricoles ne doivent pas être rejetés dans les milieux naturels.

Les effluents d’élevage les plus riches en matière organique, en azote et en phosphore - notamment le fumier et le lisier - sont collectés et stockés, par exemple dans une fosse, pour être ensuite épandus comme engrais dans les champs. Les autres effluents liquides (moins chargés), comme les eaux de lavage contenant du lait, peuvent servir de diluant pour l’épandage du lisier. Ils peuvent aussi être traités sur l’exploitation par une station de traitement, ou être envoyés vers une station d’épuration si une convention a été passée entre l’exploitation et la municipalité.

Les effluents contenant des substances phytosanitaires en faible concentration (les fonds de cuve de pulvérisateur par exemple) sont épandus sur les parcelles. Les autres sont stockés sur l’exploitation. Ils peuvent alors être traités sur place si l’exploitation est équipée d’une station de traitement appropriée. Cette gestion rigoureuse des effluents est essentielle pour la protection de l'environnement et la valorisation des ressources.

Système de traitement des effluents agricoles

Financer les projets d'optimisation de l'irrigation

Le Programme Opérationnel (PO) Fruits et Légumes de la PAC 2023-2027 offre des aides pour financer des investissements permettant d’améliorer la résilience individuelle des exploitations agricoles face à la problématique de la gestion de la ressource en eau et aux épisodes de sécheresse dont la fréquence augmente.

Conditions d'éligibilité et démarches

Pour bénéficier de cette aide (mesure 1.30), les exploitants doivent être adhérents d’une Organisation de Producteurs (OP) reconnue, car les aides PO fruits & légumes passent uniquement par ces OP. Le projet doit démontrer une économie d’eau mesurable. Par exemple, un producteur remplaçant son système d’aspersion par du goutte-à-goutte automatisé, permettant de réduire la consommation d’eau de 10 %, serait éligible.

La demande doit obligatoirement comprendre au moins un matériel d’irrigation (liste détaillée en annexe de la décision) et au moins un outil d’aide à la décision (liste détaillée en annexe de la décision). L’investissement doit respecter les points 157 et 158 des dispositions des Lignes directrices agricoles de l’Union européenne concernant les aides d’État dans les secteurs agricole et forestier et dans les zones rurales. Tout investissement concourant à l’augmentation nette de la zone irriguée est éligible au présent dispositif uniquement dans le cas où l’état de la masse d’eau dans laquelle le prélèvement d’eau s’effectue, n’a pas été qualifié de moins que bon pour des raisons liées à la quantité d’eau.

Le contrôle de l’éligibilité du matériel au regard des lignes directrices agricoles de l’Union européenne est réalisé par la Direction départementale des territoires (et de la mer) DDT(M) du département du demandeur, sur la base de la demande déposée sur la téléprocédure. Aucune démarche n’est à entreprendre par le demandeur auprès de la DDT(M).

Montant de l'aide

Le montant minimal des dépenses présentées dans la demande d’aide est fixé à 1000 € et le plafond de dépenses éligibles est fixé par demande à 40 000 € HT pour les exploitations et de 150 000 € HT pour les CUMA (Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole) et ASA (Associations Syndicales Autorisées).

Le taux de l’aide est fixé à 30 % du coût HT des investissements éligibles. Ce taux de base est majoré de 10 points pour les demandes portées par les entreprises dont les nouveaux installés et/ou les jeunes agriculteurs détiennent au moins 20 % du capital social, ainsi que pour les demandes portées par les CUMA. Pour les dossiers déposés par des demandeurs dont le siège est situé dans les départements d'outre-mer, le taux d'aide est de 75 % pour tous les matériels éligibles. Pour les ASA, l'aide est versée dans le cadre du régime de minimis (Règlement (UE) 2023/2831). La période de dépôt des demandes d'aide est ouverte.

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