Le Maraîchage d'Avenir : Innovations et Durabilité à travers l'Exemple de Denis Fougère et des Projets Associés

Le secteur agricole, et plus spécifiquement le maraîchage, se trouve aujourd'hui à un carrefour crucial, confronté à des défis majeurs tels que l'augmentation des coûts des intrants, la nécessité impérieuse de maintenir la fertilité des sols, la raréfaction des ressources en eau, et l'évolution constante des conditions de production due au dérèglement climatique. Il est de plus en plus évident que les systèmes maraîchers traditionnels peinent à fournir des réponses adéquates à ces problématiques complexes. Face à cette réalité, l'innovation et l'adoption de pratiques plus durables deviennent non seulement souhaitables, mais essentielles pour l'avenir de l'agriculture.

Schéma des défis actuels du maraîchage

Dans ce contexte, des initiatives et des projets émergent, cherchant à repenser les méthodes de culture et à promouvoir une agriculture plus respectueuse de l'environnement et plus résiliente. Bien que le nom "Denis Fougère" ne soit pas explicitement détaillé comme une ferme individuelle dans les informations fournies, il est manifeste que le CFPPA/EPLEFPA de Coutances, ainsi que de nombreux autres acteurs, s'engagent activement dans des formations et des expérimentations pour développer des systèmes de production innovants. Ces efforts visent à préparer la prochaine génération de maraîchers à ces nouveaux défis et à transformer en profondeur les pratiques agricoles.

Le Projet "Maraîchage Tout Herbe" : Une Réponse aux Défis Actuels

Le projet "Maraîchage Tout Herbe" (MTH) se présente comme une initiative phare pour répondre aux problématiques rencontrées par le secteur. Ce projet ambitieux, d'une durée de quatre ans (de 2024 à 2027), est mené par le CFPPA/EPLEFPA de Coutances dans le cadre de ses missions de formation, de développement, d'expérimentation et d'animation des territoires. Il s'adresse spécifiquement aux exploitations en maraîchage biologique diversifié en Normandie, mais les travaux réalisés trouveront une application plus large dans d'autres systèmes de production, qu'ils soient légumiers ou céréaliers, en agriculture biologique ou conventionnelle.

Objectifs et Déroulement du Projet MTH

En termes de recherche et de technique, l'objectif central du projet MTH est de préciser les modalités d'utilisation de l'herbe. Cela inclut des aspects cruciaux tels que le maintien de la fertilité des prairies permanentes, la composition optimale des prairies, les méthodes de destruction de l'herbe adaptées au maraîchage, ainsi que les techniques de récolte et d'épandage. Une meilleure compréhension et maîtrise de ces éléments sont fondamentales pour intégrer l'herbe de manière efficace dans les systèmes de production maraîchers.

L'année 2024 est une phase préparatoire essentielle, dédiée à la mise en place des sites d'essais, à l'établissement de partenariats stratégiques et à la formation de groupes de travail. Cette étape initiale est cruciale pour jeter les bases solides du projet. Il s'agit également de recueillir des pratiques chez les producteurs, en documentant le matériel utilisé, les adaptations réalisées et les itinéraires techniques mis en œuvre. Le choix des indicateurs de suivi est également une tâche primordiale pour évaluer l'efficacité de la technique du "Maraîchage Tout Herbe".

À partir de 2025 et jusqu'en 2027, des essais de plein champ, et également sous abris, seront menés. Ces essais s'inscriront dans des rotations maraîchères biologiques, permettant de tester des systèmes de production cohérents avec les pratiques en vigueur chez les maraîchers. Les résultats intermédiaires de ces essais feront l'objet d'analyses et d'interprétations annuelles, assurant un suivi rigoureux et une adaptation continue des protocoles.

Un groupe de travail spécifique sera constitué dans le but de développer la pratique du MTH sur les fermes maraîchères. Ce groupe sera composé de sept maraîcher·e·s pratiquant le MTH dans la Manche, ainsi que du CFPPA de Coutances et de L'Atelier Paysan. Ce dernier apportera son expertise précieuse en conception d'outils pour l'auto-construction, favorisant ainsi l'autonomie des agriculteurs. En 2025, un cahier des charges détaillé sera établi pour les outils et les pratiques à employer dans un système MTH optimal. L'année 2026 sera consacrée à la construction et aux tests de ces outils sur les fermes partenaires, marquant une étape concrète vers l'implémentation généralisée du MTH.

Tableau des étapes du projet Maraîchage Tout Herbe

Formations et Sensibilisation : Préparer l'Avenir du Maraîchage

En parallèle des expérimentations sur le terrain, une composante essentielle du projet réside dans la formation et la sensibilisation. Un projet sur trois années est prévu avec une classe de lycée (de la Seconde à la Terminale), consistant en la réalisation d'un suivi sur les parcelles test de Biopousses. Ce projet pédagogique sera mené avec Laetitia Specht, professeure de biologie-écologie au lycée agricole de Coutances, reconnue pour son investissement dans des projets visant à favoriser la biodiversité et les services écosystémiques. Cette approche permet d'intégrer les jeunes générations dans la recherche de solutions durables.

Un jeu pédagogique sera également conçu, visant à faciliter l'appropriation de la stratégie de fertilisation à l'échelle de la ferme. Ce jeu sera l'occasion d'aborder les enjeux autour de l'autonomie en fertilisants, un aspect crucial dans un contexte de souveraineté alimentaire. Ce support pédagogique innovant pourra être valorisé auprès de divers publics, y compris lors de formations destinées à des professionnels et des conseillers techniques. La conception de ce jeu se déroulera de manière participative, impliquant les apprenants et les formateurs, avec le soutien d'Educagri.

Afin d'accompagner la diffusion de ce nouveau système MTH, un module de formation sera élaboré. Ce module, d'une durée de deux journées, s'adressera aux formateurs et aux conseillers techniques. Son objectif est de contribuer à l'essaimage de cette technique à une échelle plus large au sein de l'enseignement agricole et du conseil en maraîchage, assurant ainsi une transmission efficace des connaissances et des bonnes pratiques.

François Mulet - Écologie des vers de terre & reconstruction de la fertilité des sols

Les Microfermes Écologiques et l'Expertise de Jean-Martin Fortier

Au-delà des projets institutionnels, l'intérêt pour le maraîchage bio sur petite surface et le modèle de la microferme écologique connaît une croissance significative. Pour ceux qui aspirent à devenir maraîcher, à cultiver leurs propres légumes ou simplement à approfondir leurs connaissances en agriculture biologique, il est fondamental de comprendre les principes de ce modèle.

Une formation spécifiquement conçue pour les débutants permet de découvrir le monde de l'agriculture biologique à petite échelle. Une offre d'aperçu gratuit permet de visionner une leçon pour évaluer l'adéquation de la formation aux besoins individuels. Le lancement de son livre "Le jardinier-maraîcher" en 2012 a propulsé Jean-Martin Fortier au rang d'expert mondial de premier plan dans le domaine de l'agriculture biointensive. Son approche démontre qu'un engagement constant et un investissement plein et entier dans le travail peuvent mener à des résultats exceptionnels. L'ampleur de la croissance professionnelle et productive peut être atteinte grâce à une formation complète, des conseils d'expert et un soutien continu.

Il est à noter que "tout ce que j'ai appris sur la culture des légumes vient à 100% de JM Fortier", un témoignage soulignant l'influence majeure de ses méthodes. Dans l'univers fascinant du maraîchage bio sur petite surface, changer le monde requiert une approche différente, et l'optimisation des pratiques agricoles en est un pilier.

Principes Fondamentaux de la Microferme Maraîchère

Le choix du site d'une ferme est une décision capitale qui impacte le travail et la qualité de vie du maraîcher. Une planification et un calcul efficaces de la production sont des tâches essentielles pour le bon fonctionnement d'une ferme. Le démarrage des cultures constitue une étape cruciale. Tout agriculteur sur petite surface doit maîtriser le cycle de croissance de chaque légume pour assurer une production abondante et de qualité.

Un des principes fondamentaux de la microferme maraîchère est le travail minimal du sol. La propagation des microorganismes dans la terre est vitale pour garantir sa fertilité, permettant ainsi la production de légumes de qualité en abondance, année après année. La gestion des mauvaises herbes, bien que fastidieuse, peut être rendue plus efficace par l'adoption des bons outils et techniques. Une fois les planches bien préparées et les semis et transplants réussis, les maladies et les insectes nuisibles représentent des obstacles non négligeables à une belle récolte, nécessitant des stratégies de protection efficaces. Les techniques permettant une culture précoce au printemps et prolongée jusqu'en hiver sont très importantes pour maximiser la production. C'est le moment de cueillir le fruit de son labeur, et l'art du maraîchage sur petite surface réside dans la maîtrise de la production des cultures.

La vente des légumes est l'objectif ultime du maraîchage. Pour vivre pleinement du fruit de son travail, il est primordial d'optimiser les canaux de vente et de distribution. Le travail en agriculture écologique à échelle humaine, bien que parfois ardu, est considéré comme le métier le plus gratifiant au monde. Il s'adresse à tout esprit curieux désireux d'en apprendre davantage sur le fonctionnement et les principes d'une petite ferme biologique. Un cours d'introduction en ligne offre les principes généraux de la culture maraîchère biologique sur petite surface, fournissant le vocabulaire et les bases pour poursuivre le parcours d'apprentissage. L'accès à la plateforme de formation est possible depuis n'importe quel appareil connecté à Internet, offrant une flexibilité précieuse aux apprenants.

Initiatives Locales et Développement de l'Agriculture Biologique

Le dynamisme autour de l'agriculture biologique se manifeste également à travers des associations et des projets locaux. L'association Agribio04, par exemple, œuvre à défendre, promouvoir et développer l'agriculture biologique sur le territoire des Alpes de Haute-Provence. Avec 410 fermes engagées en mode de production biologique, représentant plus de 15% des surfaces agricoles du département, les Alpes de Haute-Provence se positionnent comme un leader en France en matière d'agriculture biologique. Agribio04 participe activement au projet "Systèmes Agroforestiers Méditerranéens", avec un focus particulier sur la filière maraîchage.

De même, Agribio Alpes-Maritimes, fondée en 1983, est une association loi 1901 dont les membres sont des agriculteurs respectant le mode de production biologique. Depuis sa création, Agribio Alpes-Maritimes agit pour promouvoir l'agriculture biologique, accompagner les producteurs et les porteurs de projet d'installation agricole, développer les marchés et structurer les filières. Ces initiatives locales sont souvent connectées à des réseaux plus larges, comme le réseau FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique), qui soutient et coordonne les actions à l'échelle nationale. Agribio06 et AgribioVar participent également au projet "Systèmes Agroforestiers Méditerranéens", notamment sur la filière maraîchage, démontrant une approche régionale coordonnée.

Exemples Concrets d'Agroforesterie et de Diversification

Plusieurs fermes illustrent l'intégration de l'agroforesterie et la diversification des cultures. Sur une parcelle de 5000m², des pêchers, pruniers, poiriers, cognassiers, cerisiers et pommiers ont été plantés en 2017, avec une espèce par rangée d'arbres intraparcellaires, ainsi que des pistachiers sur une nouvelle parcelle de 0,6ha. Les distances de plantation, de 12m entre les lignes cultivées avec une ligne double-rang, ainsi que la plantation en bordure de restanques orientées sud-est, sont des choix techniques importants. Cette plantation vise à fournir de l'ombrage, à structurer la parcelle et à diversifier les productions.

Une autre exploitation, conduite selon les principes de l'agriculture biologique depuis le départ, cultivait 2500m² en 2018 et élevait 20 poules et cailles pour les œufs. Un autre exemple est une plantation effectuée sur 1ha selon des lignes Nord-Sud, avec une forte vocation mellifère, intégrant un atelier apiculture. Une attention particulière est portée à combler le "trou estival" dans la production de nectar et de pollen, en choisissant des espèces variées pour les différentes strates (arbres de hauts jet, arbustes, arbrisseaux). Parmi les espèces plantées à l'étage supérieur, on trouve l'arbre à miel, l'arbre de Judée, l'aulne de Corse, le cormier, l'érable de Montpellier, l'érable plane, le mûrier blanc, le mûrier noir, le noisetier de Bysance, le poirier à feuilles d’amandier, le sophora du Japon, le Tilleul Henry, le tilleul argenté et le tilleul de Crimée. Pour la strate arbustive, on trouve le noisetier, le fusain d’Europe, le laurier-sauce, l’arbre de Judée et le sureau noir. Pour la strate de bourrage (densification du pied de la haie), sont plantés le nerprun alaterne, la viorne tin et la coronille. Une strate supplémentaire est implantée au sud de la haie, constituée d’un mélange mellifère semé. Les modalités de plantation incluent une préparation profonde de la parcelle (sous-solage) et un affinage en surface.

Claire, située à Castries, est productrice de légumes, notamment de tomates anciennes, et de plants potagers, cultivant une trentaine de variétés différentes sans pesticides. Sur ses parcelles, elle utilise régulièrement du compost, des engrais organiques à base de fumier de brebis et des traitements à base de consoude, de fougère et de prêle, illustrant une approche biologique intégrée.

Une campagne collective de lutte contre le ver de la grappe par confusion sexuelle est une méthode qui permet de supprimer ou de limiter les traitements insecticides contre ce ravageur. Les activités d'une CUMA ont évolué de la fabrication de compost avec utilisation de matériel en commun à l'achat groupé de compost fini. La reprise d’un terrain il y a une quinzaine d’années a permis la plantation d’arbres fruitiers et forestiers sans alignement sur l’ensemble de la ferme. Un projet agri-touristique à Peyrolles en Provence inclut la plantation de diverses variétés de fruitiers, de haies multi-espèces brise-vent et à vocation de protection biologique, ainsi qu'un verger diversifié.

Schéma d'un système agroforestier diversifié

Une ferme associative de type diversifié, inspirée des méthodes et des concepts de la permaculture, pratique la traction animale sur des parcelles collectives. Les adhérents jardiniers participent aux travaux de la ferme et repartent avec des légumes gratuits, le reste étant vendu le jeudi sur la place du village. Les Gardey de Soos cultivent des fourrages, des céréales, des amandiers, des figuiers et de la vigne, et élèvent quelques brebis, le tout en agriculture biologique. Geneviève et Laurent Bouvin, ayant repris la ferme familiale en 1996, ont fait évoluer leurs techniques de production. Après leur passage en agriculture biologique en 2006, ils poursuivent leurs efforts pour tendre vers une plus grande autonomie de leur exploitation. Le projet global sur 3 ans consiste à planter 1500 mètres de haies diversifiées.

Le projet d'implantation de lignes d'arbres intraparcellaires multi-strates dans une plaine d'openfield céréalière a vu la plantation de six lignes intra-parcellaires de 250m linéaires. La plantation de 680m de haies est destinée à protéger la parcelle du vent chaud estival et à renforcer la biodiversité. Pour la strate des petits arbrisseaux, on trouve le pistachier lentisque, les filaires à feuilles étroites, le nerprun alaterne, le baguenaudier (floraison estivale) et le prunellier. Des haies basses constituées d’espèces ne dépassant pas 3-4m de haut à l’est et au sud de la parcelle contribuent au renforcement de la biodiversité utile sur la ferme. Pour la strate des petits arbrisseaux, sont choisis le nerprun alaterne, les filaires à feuilles larges, le romarin officinal et la coronille arbrisseau. Ces espèces sont tolérantes à la chaleur et à la sécheresse, et se comportent bien dans des situations assez fraîches (sol avec des ressources en eau proches, sans engorgement).

La question du potentiel productif des terrains est désormais posée pour assurer un minimum d'autonomie fourragère à l'exploitation. Un maraîcher a délimité des zones au sein de ses parcelles pour mieux gérer ses apports d'eau. Sur un terrain de 15 ha dont 3 ha agricoles, 159 fruitiers ont été plantés sur 8000 m² pour des poules pondeuses, encadrés par deux haies brise-vent (Mistral et Vent d’Est). Les essences comprennent le pommier, le cerisier, le prunier, le mirabellier, le figuier, le pêcher et l'abricotier. Une réflexion approfondie est menée autour de variétés locales et/ou anciennes, avec un choix précis lié par exemple à la sensibilité à la cloque (pêcher) et à la gommose (abricotier).

Johan Crance, maraîcher bio sur le domaine de Cassagnole à Assas, pratique le maraîchage sur sol vivant (SAU : 10 000 m²) et prône le non-travail du sol pour reconstituer le cycle naturel de la fertilité. Sa microferme d'un hectare est cultivée en traction animale avec ses trois ânes. Sa parcelle, issue d’anciennes vignes arrachées où poussait de la luzerne à son arrivée, a été organisée à partir d’une photographie aérienne et avec l’aide d’un paysagiste. Il a mesuré, analysé et organisé son lieu de travail en tenant compte de la distance entre les éléments du paysage, de la pente, du lieu d’irrigation, de l’orientation et de l’espace pour les animaux. Il a ensuite installé les ânes, mis en place les chemins, les zones de culture et un système d’irrigation, après avoir pris le temps de réfléchir pour optimiser ses flux de travail.

Kris Reyniers, venu de Belgique, a établi avec Ilse un élevage extensif de cochons rustiques Mangalica en plein air, à proximité du village. Le nourrissage se fait à partir de hors-classe des producteurs bio de fruits et légumes des environs, du petit lait de chèvre d’un éleveur voisin, et de compléments de céréales et d'alimentation issue de la forêt (glands et fouissage). La vente se fait en circuit court.

Une ferme "plurielle" associe maraîchage, céréales et un grand nombre d'arbres fruitiers, avec des cultures sur terrasses et majoritairement sur billons (traction animale) pour le maraîchage. Les essences incluent oliviers, safran, et des plantations récentes de grenadiers, goji, jujubier, feijoa, poivrier du Sichuan, aloe vera et câprier. Une plantation sur 1ha en verger-maraîcher et haies brise-vent a été effectuée sur 1ha selon des lignes Nord-Sud, avec une forte vocation mellifère et un atelier apiculture. Nicolas Brunetti remet au goût du jour le pistachier, un arbre aux exigences climatiques spécifiques qui semblent correspondre au sud des Alpes de Haute-Provence. Des associations céréales-amandiers sont également mises en place. Les vignes sont conduites en enherbement naturel permanent et sont pâturées en hiver par les brebis. Un projet de plusieurs hectares de lavandin avec des rangées de fruitiers intercalées (olivier, amandier, figuier à venir) est en cours de plantation.

Pierre Sauvat, céréalier et producteur de PPAM sur Oraison et Valensole, possède une parcelle d'oliviers adultes et une seconde, plantée début 2018 sur 1,5ha conduite en céréales depuis plusieurs années en AB, destinée principalement à la production de bois d'œuvre (aulne de Corse, orme, merisier commun, tulipier de Virginie, alisier torminal, cormier, poirier sauvage, noyer). Une exploitation sans connexion à l'eau potable ni agricole témoigne des défis liés aux ressources.

À Apt, une variété locale du Luberon a été remise au goût du jour. Rémi Clérin s'est installé en verger maraîcher en contrat avec la ville début 2018 sur une parcelle de 4000m² plantée en 2016 par la mairie, avec des plantations depuis scions, semis et porte-greffe. Il possède également un autre terrain à Marseille, quartier La Treille, conduit avec une grande diversité arborée. Installée depuis 30 ans sur 2,6ha, Sophie a acquis de nouvelles terres avec des oliviers espacés et a planté du chêne truffier et diverses espèces mellifères (arbousier, etc.) en 2018, sans arrosage pour éviter les sangliers.

Le projet de relance d'activité « Fruits de tradition, territoire d’innovation », mené par le CFPPA avec l'appui de Henry Poulain de septembre 2013 à décembre 2014, a permis de mener une enquête d'opportunité. Ziaollah AZIZ, installé à Mouriès en 2010, a initialement cultivé des tunnels de tomates pour assurer sa trésorerie avant la mise en production des oliviers. Un financement a été obtenu par Ferme d’Avenir en 2018. Des haies doubles sont mises en place avec une alternance de petits arbres/arbustes tous les mètres sur la première ligne, et un grand arbre tous les 8m en quinconce sur la seconde ligne. Les outils de transformation à la ferme, comme le moulin à huile et le moulin à céréales, ont permis une autonomie plus complète. Depuis l'essai de la traction animale, le motoculteur et la houe maraîchère ont été rangés au garage.

Guillaume Joubert, installé en 2004 sur la commune de Vinon sur Verdon, possède des terres à 300m d’altitude avec un sol sablo-limoneux (faible taux de matière organique et problèmes d’érosion). Il a greffé 100 fruitiers sur place, avec un succès de greffe de 40% la première année et 95% la deuxième année. Ses productions incluent les PPAM (lavandin, thym, romarin…) et une diversification croissante vers les fruitiers et l'élevage ovin (50 bêtes). L'objectif est de gagner en résilience face au dépérissement du lavandin en réintégrant la biodiversité : couverts végétaux, pâturage ovin pour réguler les couverts et réintroduction de l'arbre, contribuant à la préservation et au retour d’un paysage typique du plateau de Valensole, selon le modèle ancestral d’agro-sylvo-pastoralisme. Des oliviers et amandiers sont plantés en 10*18m selon les rangées de lavandin.

François Mulet - Écologie des vers de terre & reconstruction de la fertilité des sols

Le Marais des Mûres : Un Exemple de Maraîchage Urbain et de Proximité

La ferme du Marais des Mûres, bien que ne mentionnant pas spécifiquement "Denis Fougère", illustre parfaitement l'importance du maraîchage de proximité et de la préservation de la biodiversité. Située dans le marais de la Bourbre, entre Bourgoin-Jallieu et l’Isle d’Abeau, cette ferme bénéficie des limons fertiles de la plaine de la Bourbre. Depuis 2012, elle offre aux habitants de Bourgoin-Jallieu (Berjalliens) la possibilité de se fournir en légumes de saison.

La préservation de la faune et de la flore fait partie intégrante de la philosophie de cette ferme. Les légumes proposés sont biologiques, extra-frais, de saison et disponibles sans nécessité de parcourir de longues distances, puisque la ferme du Marais des Mûres se trouve en pleine ville, au 41, route de l’Isle-d’Abeau. La vente directe est organisée le mardi de 16h30 à 18h30 et le samedi de 10h à 12h30. Les clients ont la possibilité de commander des paniers frais de 12€ ou 16€ par SMS avant le dimanche soir, avec retrait et paiement sur place le mardi. Cet exemple démontre la viabilité et l'attrait du maraîchage urbain, répondant à la demande croissante de produits locaux et durables.

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