La transplantation d'un jeune arbre fruitier est une étape cruciale qui peut parfois s'accompagner de défis. Il n'est pas rare de constater un dessèchement des tiges peu de temps après la plantation, un phénomène qui peut inquiéter le jardinier. Cependant, comprendre les causes sous-jacentes et appliquer les bonnes pratiques permet de surmonter cette difficulté et d'assurer la bonne reprise de l'arbre.
Le choc de transplantation et l'adaptation au nouvel environnement

Le nouveau sol dans lequel votre arbre est planté représente un environnement stressant pour lui. Durant la première année, votre nouvel ami devra apprendre à sadapter. Cela signifie que des problèmes peuvent apparaître dans les premiers mois suivant la plantation.
Lorsqu'un arbre est mis en pot pour être déplacé de la pépinière vers l'endroit de plantation, il perd une partie considérable de son système racinaire. Les arbres subissent donc généralement ce que l'on appelle un « choc de transplantation». La croissance de l'arbre peut ralentir et celui-ci peut perdre de sa vigueur. Il ne faut donc pas être alarmé si votre arbre semble être en difficulté pendant les premières semaines après la plantation. Cette période d'adaptation est normale et nécessite une attention particulière.
L'importance cruciale de l'arrosage
L'eau est essentielle pour aider l'arbre à étendre ses racines et à s'établir. Il est donc primordial de respecter des consignes d'arrosage précises pour assurer une hydratation adéquate sans tomber dans les excès.
Arrosage initial et suivi
La première semaine après la plantation, il est recommandé d'arroser l'arbre un jour sur deux. Il faut remplir le "beigne" de paillis d'eau et laisser l'eau s'écouler lentement dans le sol. Une fois l'eau absorbée, il est conseillé de remplir le beigne de paillis une deuxième fois. Après cette première semaine intensive, l'arrosage peut être réduit à une fois par semaine pour le reste de la première année de croissance.
Lors de périodes de sécheresse, si vous observez que votre arbre semble s'assécher, il est possible d'arroser plus fréquemment. Il est toutefois crucial de surveiller attentivement les signes de stress hydrique.
Le piège de l'excès d'eau
Trop d'eau peut être aussi dommageable pour votre arbre que pas assez. Un arrosage excessif va endommager les feuilles de l'arbre. Un apport hydrique trop important va mener à des feuilles aux bords brunis et secs. Il est donc important d'éviter d'arroser votre arbre tous les jours et de laisser un léger temps d'assèchement entre les arrosages. La façon la plus simple d'éviter le surplus d'arrosage est de mettre son doigt dans la terre pour en évaluer l'humidité. Si la terre est encore humide à quelques centimètres de profondeur, il est préférable d'attendre avant d'arroser à nouveau.
Les maladies fongiques et bactériennes, des ennemis insidieux
Les arbres fruitiers sont susceptibles d'être attaqués par divers agents pathogènes, qu'il s'agisse de champignons ou de bactéries. Identifier la maladie est la première étape pour y remédier efficacement.
Le Mildiou (Oïdium)
Le mildiou, ou oïdium, est un champignon qui se développe sur les feuilles des arbres et des plantes. Les spores de champignons sont visibles sous forme de points blancs qui peuvent s'étendre sur l'entièreté des feuilles. Cette maladie est très commune lorsque les conditions sont très humides ou quand il y a une alternance entre temps pluvieux et chaleurs orageuses. Heureusement, le mildiou ne tue pas les arbres ; c'est plutôt un inconvénient esthétique à court terme pour la saison en cours. Comme il ne tue pas les arbres, l'application d'un fongicide n'est pas toujours nécessaire.
Si vous remarquez le mildiou sur seulement quelques feuilles, retirez les feuilles affectées et jetez-les immédiatement. Si tout l'arbre est affecté, vous pouvez préparer une solution en ajoutant 5 ml (1 cuillère à thé) de bicarbonate de soude (ex: Arm & Hammer) à 1 litre d'eau et arroser les feuilles.

Le feu bactérien
Le feu bactérien est une maladie causée par une bactérie qui affecte surtout les arbres fruitiers et arbustes d'ornement. Les feuilles présentent des taches qui tendent vers le brun/couleur rouille. Les feuilles et rameaux ont un aspect brûlé, mais restent attachés à l'arbre. La contamination est rapide et une branche peut mourir en quelques jours.
Pour en venir à bout, il est recommandé de couper les branches et rameaux infectés 30 cm en dessous de l'infection. Ensuite, détruisez-les et désinfectez les outils de jardinage utilisés (une mesure d'eau de Javel pour trois mesures d'eau). Il est important de vérifier les arbres aux alentours, car ils constituent une menace. Il est aussi recommandé d'éviter l'engrais azoté, car l'azote agit sur la croissance et la production de chlorophylle des arbres.
La brûlure foliaire
La brûlure foliaire est causée par l'utilisation intensive de fertilisants riches en sels solubles. Ces fertilisants, riches en sels solubles, ont une forte capacité d'absorption d'humidité. Une absorption trop importante de l'humidité des racines de la plante va causer son flétrissement. On la reconnaît à l'aspect jauni/flétri des feuilles endommagées. Une température sèche et chaude exacerbe les effets de la brûlure.
Afin de l'éviter, il est recommandé de ne pas utiliser ce type d'engrais en période estivale ou de faire attention à bien arroser ensuite. Éviter le contact des granulés d'engrais avec les feuilles ou l'incorporation de compost à la terre peuvent aussi aider.
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La tavelure
La tavelure est une maladie fongique courante qui survient généralement par temps humide et doux. Les spores du champignon hivernent dans les feuilles tombées et les débris végétaux au sol. Au printemps, elles se dispersent dans l'air et infectent les nouvelles pousses. Les pluies printanières favorisent la propagation de la maladie, surtout lorsque l'humidité est élevée. Elle touche particulièrement le pommier et le poirier. Les symptômes se manifestent par des taches noires ou brunes sur les feuilles et les fruits, qui peuvent se fissurer et se déformer.
Pour prévenir et traiter la tavelure, il est conseillé de ramasser et éliminer les feuilles tombées à l'automne. Il faut également éviter de mouiller le feuillage lors de l'arrosage. L'application d'un traitement fongicide à base de soufre ou de sulfate de cuivre (bouillie bordelaise) au printemps est recommandée. En préventif, une décoction de prêle peut être pulvérisée. En curatif, une décoction d'ail sur le feuillage peut aider.
La moniliose
La moniliose, également connue sous le nom de "pourriture des fruits" ou "pourriture brune", est une autre maladie fongique. Le champignon hiverne dans les fruits momifiés et les chancres sur les rameaux. Il s'attaque aux fruits en formation et aux blessures sur les arbres. Elle touche une large gamme d'arbres fruitiers, dont le pommier, le poirier, le cerisier, le prunier et l'abricotier. Les symptômes incluent des fruits momifiés et une pourriture brune qui s'étend.
Pour la prévenir et la traiter, il est important de tailler les fruits de manière adéquate, de désinfecter les outils de taille, et d'appliquer des fongicides préventifs à base de cuivre ou de soufre. Retirer immédiatement les fruits blessés ou présentant des taches brunes est également essentiel.
La cloque du pêcher
La cloque du pêcher est une maladie fongique qui affecte principalement les pêchers au printemps. Elle se manifeste par des boursouflures et des déformations caractéristiques des feuilles qui prennent une coloration rouge à rose avant de se dessécher et de tomber. Les conditions fraîches et humides du printemps favorisent son développement. Cette maladie peut gravement impacter la production fruitière car elle affaiblit l'arbre en perturbant la photosynthèse.
La prévention implique l'application de bouillie bordelaise dès la chute des feuilles en automne et à la fin de l'hiver. Des décoctions de prêle ou des traitements à base de soufre naturel peuvent être utilisés. En curatif, il faut retirer immédiatement les feuilles atteintes et pulvériser des solutions à base de bicarbonate de soude ou d'ail.
La rouille
La rouille est une maladie fongique qui se manifeste par l'apparition de petites taches jaunes ou orangées sur les feuilles, évoluant en pustules poudreuses. Son cycle de vie dépend souvent de la présence d'un hôte secondaire, comme le genévrier pour la rouille grillagée du poirier. Elle touche le pommier, le poirier et le prunier.
Pour la prévenir, il est conseillé de retirer ou d'éloigner les hôtes secondaires du jardin. Ramasser et éliminer les feuilles tombées est également important. Des décoctions de prêle ou des purins de fougère peuvent être appliqués. En curatif, retirer les feuilles atteintes et utiliser des solutions à base de bicarbonate de soude ou d'ail peut aider.
Le chancre
Le chancre bactérien se caractérise par des lésions sur l'écorce, les branches ou le tronc, qui peuvent se développer en crevasses ou fissures. La bactérie pénètre dans l'arbre par des blessures. Cette maladie affaiblit la plante et peut entraîner la mort de certaines branches, voire de l'arbre entier. Elle affecte le figuier, le cerisier, le prunier et l'abricotier.
La prévention passe par l'évitement des blessures, la désinfection des outils de taille et une bonne aération de l'arbre. Tailler les chancres en coupant plusieurs centimètres sous la zone infectée et protéger avec un mastic cicatrisant est recommandé. Les parties atteintes doivent être brûlées pour éviter la propagation.
Les ravageurs : une menace pour le feuillage
Plusieurs insectes peuvent s'intéresser à votre nouvel arbre et manger ses feuilles. Reconnaître quel insecte fait le dommage vous aidera à mieux contrôler leur présence. Il est important de faire la distinction entre ravageurs et insectes bénéfiques.
Les Scarabées Japonais
Les scarabées japonais sont des insectes voraces qui "squelettisent" les feuilles d'arbres en mangeant l'intérieur de celles-ci mais en laissant les nervures. Les feuilles finissent par brunir et tomber. L'arbre peut donc avoir l'air brûlé s'il est très atteint. Les adultes émergent du sol à la fin du mois de juin et se retrouvent toujours en groupe.
La meilleure façon de s'en débarrasser est le contrôle manuel. Le matin, lorsque les scarabées sont moins actifs, secouez votre arbre et ramassez les scarabées qui tombent. Noyer-les dans de l'eau savonneuse. Vous pouvez également asperger votre arbre de savon insecticide. La meilleure façon de réduire à long terme la présence de scarabées japonais est de bien connaître leur cycle de vie et de réduire la population larvaire.

Les Chenilles Spongieuses
Les chenilles spongieuses sont reconnaissables par leurs points rouges et bleus et leurs longs poils. Cet insecte est présent de la mi-avril à la mi-juillet. La chenille spongieuse ne présente pas normalement un danger pour les arbres. Cependant, en grande quantité, elles ont assez d'appétit pour dévorer les feuilles d'un jeune arbre. La meilleure façon de gérer une infestation de chenilles est d'utiliser de la toile de jute. On l'enroule autour du tronc, on attache la jute avec de la corde, et on rabat le dessus de la toile par-dessus la corde pour créer une « cachette ».
Les Pucerons
Les pucerons sont de petits insectes au corps mou en forme de poire de 1 à 4 mm de long. On les retrouve en colonies sur les jeunes pousses et sous les feuilles. Les feuilles infestées deviennent jaunes, flétrissent, sont déformées et peuvent tomber prématurément. Les aiguilles de conifères deviennent rabougries. Les pucerons attirent d'autres insectes, comme les guêpes, abeilles et fourmis. La présence de ces insectes peut donc indiquer une infestation de pucerons.
Pour se débarrasser des pucerons, il faut déloger les insectes des feuilles à l'aide d'un puissant jet d'eau, tailler et jeter les tiges et feuilles trop infestées, et écraser manuellement les insectes regroupés sur la plante.
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Les troubles physiologiques : un déséquilibre interne
Outre les maladies et les ravageurs, les arbres fruitiers peuvent souffrir de troubles physiologiques, souvent liés à des carences nutritionnelles ou à des conditions environnementales défavorables.
La carence en fer (chlorose)
La carence en fer, également appelée chlorose ferrique, est un trouble fréquent chez les fruitiers qui se manifeste par un jaunissement des feuilles, affectant la photosynthèse et, par conséquent, la santé et la productivité de l'arbuste. Cette carence se produit lorsque l'arbre ne peut pas absorber suffisamment de fer, un élément essentiel pour la production de chlorophylle. Elle touche particulièrement les agrumes mais aussi le cerisier, le pommier et le poirier. Les symptômes incluent le jaunissement et la chute des feuilles, ainsi que des fruits plus petits et une faible production.
Pour prévenir et traiter la chlorose, il faut améliorer l'acidité du sol avec des amendements acides (sulfate de fer, compost de feuilles de chêne ou aiguilles de pin). Les sols calcaires ou alcalins rendent le fer insoluble, donc non assimilable par les racines. Un apport en fer chélaté, sous forme de granulés ou de pulvérisation foliaire, est également bénéfique. Il faut éviter les excès d'eau autour des racines et améliorer le drainage.
La nécrose apicale
La nécrose apicale chez les arbres fruitiers est un trouble qui affecte certains fruits, notamment ceux à noyaux. Elle se manifeste par une dégradation localisée des tissus du fruit, souvent liée à un manque de calcium ou à des conditions environnementales stressantes. Les symptômes incluent des taches noires ou brunâtres sur le fruit, et une chair autour de la nécrose qui devient dure et sèche.
Pour la prévenir, il faut appliquer des amendements riches en calcium, comme le gypse ou le nitrate de calcium, autour des racines. Il est crucial de maintenir une humidité du sol constante pour faciliter l'absorption des nutriments, en particulier pendant la période de croissance des fruits. Éviter l'excès d'azote est aussi important.
Les facteurs environnementaux et l'importance de la plantation
Le sol, le climat et la manière dont l'arbre est planté jouent un rôle déterminant dans sa capacité à prospérer.
Le sol et le drainage
Tous les sols ne conviennent pas à toutes les espèces fruitières. Par exemple, le prunier et le poirier se plaisent dans les terres argileuses et limoneuses, tandis que le pêcher et le cerisier préfèrent les sols légers, sablo-limoneux. Le pommier s'accommode de tous les sols, avec des variations selon les variétés. L'excès d'humidité du sol provoque l'asphyxie radiculaire, entraînant le dépérissement et la mort des racines. Cet accident se manifeste par un mauvais débourrement des bourgeons au printemps et des flétrissures de pousses.
Avant de planter, il est important de connaître la composition de son terrain et de vérifier sa perméabilité. Des sondages et analyses d'échantillons de terre peuvent être utiles.

L'impact du climat et des gelées
Vis-à-vis du climat, nous sommes impuissants. Dans le choix des variétés, il faut privilégier des espèces locales plus résistantes aux maladies et adopter une large distance de plantation pour former une charpente aérée. Les gelées nocturnes peuvent provoquer des fissures dans l'écorce, laissant des portes ouvertes aux maladies et aux parasites. L'application d'une émulsion d'eau et d'argile peut former une barrière physique contre les intempéries tout en permettant à l'arbre de respirer et assainir l'écorce.
Les changements climatiques entraînent une augmentation des températures mais aussi des variations plus importantes, engendrant une plus forte probabilité d'épisodes climatiques extrêmes. Des recherches portent sur la manière dont ces facteurs de stress peuvent interagir et affecter la vulnérabilité des arbres. La combinaison de gel et de sécheresse peut impacter l'arbre par l'intermédiaire de son équilibre hydrique ou de son métabolisme carboné.
La préparation à la plantation
Une absence ou insuffisance de taille de la ramure avant plantation, ou au départ de la végétation de la première année, peut nuire à la reprise. L'apport inapproprié de crottin de cheval frais à la plantation peut brûler le système racinaire. Un arrosage avec une eau très froide, provenant d'un puits ou forage, peut bloquer la végétation des plantes. La présence de gravats, ciment, plâtre, ou d'autres produits divers laissés dans le sol après une construction, peut également être néfaste. Les griffures de chats, l'urine de chiens ou de chats, ainsi que l'inondation par de l'eau salée, sont autant de facteurs qui peuvent compromettre la santé du jeune arbre.
La sélection variétale : une stratégie de résilience
Certaines variétés d'arbres fruitiers présentent des résistances naturelles à des maladies fréquentes.
- Pour le pêcher : Les variétés "Grosse mignonne hâtive", "Madame Girerd", "Fertile de septembre", et "Amsten" sont peu sensibles à la cloque. "Fertile de septembre" et "Carman" sont peu sensibles à la moniliose.
- Pour le pommier : Les variétés "Akane" et "Idarerd" sont résistantes à la tavelure.
- Pour le poirier : La variété "Conférence" est résistante à la tavelure.
Le choix de variétés adaptées aux conditions locales et reconnues pour leur résistance aux maladies courantes dans la région est une stratégie préventive essentielle pour minimiser les risques de dessèchement et de dépérissement des jeunes arbres fruitiers.
En comprenant ces différentes causes et en appliquant les solutions appropriées, le jardinier peut aider son jeune arbre fruitier à surmonter le stress de la transplantation et à s'établir sainement, garantissant ainsi une récolte fructueuse dans les années à venir.
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