Guide Complet : Optimiser l'utilisation du fumier de cheval au potager

Le fumier est depuis toujours une bénédiction pour les cultures, auxquelles il offre de nombreux nutriments, tout comme pour les sols qui en sont grandement améliorés. Le fumier de cheval est particulièrement apprécié par de nombreux jardiniers, car il montre beaucoup de qualités fort intéressantes. Véritable pilier de la fertilité organique, cet amendement transforme la structure même de la terre tout en stimulant une activité biologique intense. Pour tirer le meilleur parti de cette ressource, il convient de comprendre ses mécanismes de décomposition, les précautions sanitaires indispensables et les techniques précises d'épandage, qu'il s'agisse d'un jardin familial ou d'une exploitation professionnelle.

Tas de fumier de cheval composté dans un jardin potager

Pourquoi le fumier de cheval ?

Le fumier est un bon amendement pour le sol, composé à la fois de déjections animales, d’urines et de matières végétales (paille ou déchets). Il est donc constitué comme un parfait compost : un mélange de matières sèches, ligneuses et donc riches en carbone et de matières humides et riches en azote. Lors de sa décomposition, il offre au sol tous les nutriments dont il est composé : minéraux et oligoéléments. Ses matières organiques favorisent également la formation d’une couche d’humus.

La structure comme la composition du sol en sont améliorées, quelle que soit la qualité du sol au départ (argileux ou sablonneux), un grand bénéfice pour tous les organismes vivant dans le sol. Il est plus aéré, donc l’air et l’eau y circulent mieux, l’eau y est plus facilement retenue. Tout ceci est bien sûr extrêmement profitable aux plantes cultivées dans le potager. Parmi les différents fumiers, l’utilisation du fumier de cheval pour le potager est un bon choix. Il est bien équilibré, grce à sa teneur en paille, et est particulièrement apprécié pour les terres lourdes, argileuses, qu’il contribue réellement à améliorer. Il est particulièrement riche en potasse et en azote.

Le fumier de cheval se distingue par sa richesse en matière organique (25-30%) et son rapport carbone/azote équilibré qui stimule l’activité microbienne du sol. C’est une base idéale pour créer un écosystème équilibré au potager, en particulier lorsqu’il est combiné avec des pratiques respectueuses comme le paillage ou la culture en lasagnes.

Fumier frais : Précautions et limites

Le fumier frais présente quelques inconvénients : il est assez riche en ammoniaque à cause des urines, donc une quantité importante peut être polluante ; il peut contenir des restes de traitements médicamenteux, vermifuges par exemple ; il peut contenir des pathogènes (bactéries ou autres), cependant sa rapide montée en température et la présence d’oxygène vont assez rapidement les détruire.

Il est assez conseillé de ne pas l’épandre juste avant de faire des plantations, il est préférable de le faire au moins 3 à 4 mois avant ; la quantité d’azote qu’il contient est un peu importante pour certaines de vos plantations et risque de brûler leurs racines. Le fumier de cheval est néanmoins assez fibreux, et moins chargé en azote que d’autres fumiers. L’utiliser frais a par contre l’avantage de doper l’activité biologique du sol. Et après 1 mois environ, le fumier de cheval pourra tout à fait être utilisé comme lit de culture pour certains légumes (tomates et courges). Par contre, ne l’utilisez pas frais en cours de culture, lorsque les plants ont déjà poussé, les éventuels agents pathogènes qui pourraient s’y trouver seraient encore actifs et pourraient contaminer votre production. La sécurité sanitaire ne se négocie jamais avec le fumier frais qui peut véhiculer pathogènes et parasites dangereux pour votre santé et celle de vos plantes.

Fumiers et fumures au potager.

Le processus de compostage : La clé de la réussite

Il faut environ 6 mois pour composter correctement un fumier. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température, peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites qu’il peut contenir. Ce compostage permet également d’équilibrer les ratios NPK (N pour azote, P pour phosphore, K pour potasse). Un fumier de cheval bien décomposé présente ainsi un NPK de 0,6 % d’azote, 0,4 % de phosphore et 0,7 % de potassium. Il ne fait donc courir aucun risque aux racines de jeunes végétaux qu’une forte quantité d’azote peut brûler, et les quantités de minéraux apportés au sol restent raisonnables.

Pour bien mener ce compostage, plusieurs choses sont importantes :

  • Ne réalisez pas de tas trop hauts, dans lesquels le processus ne se passerait pas correctement.
  • Installez-le sur des branchages, qui permettront à l’air de passer en-dessous et qui favoriseront également l’écoulement du liquide qui se forme au cours de la décomposition.
  • Retournez-le au moins 3 fois au cours des 6 mois.
  • Il est conseillé de couvrir le fumier, par exemple avec de la paille. Cela évitera le lessivage de tous les nutriments dans le sol entraînés par la pluie.

Le compostage consiste à aérer de la matière organique contenant un peu d’eau et d’azote pour en accélérer l’évolution. La dégradation est réalisée par des micro-organismes. Elle permet d’obtenir un produit plus stable et hygiénisé. Les intérêts du compostage sont : de réduire le volume de fumier de 50 % et donc de faciliter l’épandage ; d’hygiéniser le fumier par la montée en température (destruction des parasites et graines d’adventices) ; de le stabiliser (ce qui limite le lessivage après épandage) ; de le désodoriser. Le compostage comprend une phase thermophile au cours de laquelle la température au sein du tas s’élève au-dessus de 50 °C. C’est cette élévation de température qui va permettre la destruction des graines d’adventices, des virus, bactéries et parasites. Le maintien de la température au-dessus de 50 °C pendant 6 semaines est nécessaire à une hygiénisation satisfaisante.

Utilisation au potager : Stratégies d'épandage

Le fumier de cheval est bon pour tout au potager, enfin presque ! Il sera utilisé frais, à demi-mûr ou totalement composté selon les cas. Il faut l’apporter aux légumes et autres plantes potagères qui en ont le plus besoin : toutes les courges, les tomates et autres solanacées (poivrons, aubergines…). Ces légumes gourmands supportent bien le fumier à demi-mûr, voire à peine composté. Les pommes de terre en sont également friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse. Les salades peuvent aussi en profiter, mais ne leur donnez que du fumier bien décomposé. Évitez par contre de planter des alliacées comme les oignons, l’ail, l’échalote, à des endroits que vous avez enrichi avec du fumier (ou autres matières organiques d’ailleurs), elles ont horreur de ça !

Schéma illustrant les différentes couches d'épandage et l'incorporation au sol

Sur les planches de culture

Le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol, c’est de ne pas l’intégrer ! Il convient en effet de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations, environ 3 à 4 mois. En effet, sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c’est-à-dire exposé à l’air. C’est à l’automne qu’il est conseillé de réaliser cet épandage, une fois le printemps venu, le gel et les pluies étant passées sur le fumier, aidées par les microorganismes vivants dans le sol, le fumier sera parfait pour les plantes potagères. Les vers de terre et autres vont faire leur travail et l’incorporer progressivement dans le sol, en douceur et déjà décomposé. Vous le grifferez légèrement avant d’y faire vos plantations. Cette méthode permet de nourrir le sol, de l’enrichir, sans pour autant nuire à la vie indispensable qui s’y cache.

L'approche permaculturelle

Plutôt que vouloir enfouir, ne serait-ce que superficiellement, le fumier de cheval épandu, celui-ci peut tout simplement être recouvert de matières ligneuses, entendez par là de matières composées de lignine (substance organique qui, associée à la cellulose, compose le bois), par exemple de la paille, des feuilles, du BRF. Vous formerez ainsi, progressivement, des buttes sur lesquelles vous pourrez planter vos légumes sans avoir à travailler le sol.

La couche chaude

Il est très simple de faire une couche chaude au potager, où elle servira pour les semis et jeunes plants frileux à planter plus tard. Le fumier de cheval est tout à fait approprié à la confection de ces couches chaudes, car il monte rapidement en température. Vous pouvez la construire directement sur le sol mais il est plus judicieux de creuser une fosse d’une cinquantaine de centimètres, cela permettra de conserver la chaleur émise par la décomposition des matières organiques qui la composent. Faites une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arrosez copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés, type tontes de gazon ou encore du BRF et recouvert d’une couche de compost.

Matériel et mécanisation : L'utilisation de l'épandeur Gardena

Pour les surfaces de taille moyenne, l'épandeur à engrais L sur roues GARDENA est l'outil idéal pour fertiliser les zones de culture. Ce distributeur d'engrais a une capacité de 12,5 L et est utilisable toute l'année de façon universelle pour l'épandage d'engrais, de semences, de chaux, de sel de déneigement ou encore de sable. L'épandeur à engrais L sur roues GARDENA est équipé d'une poignée ergonomique pour contrôler manuellement l'ouverture et la fermeture de l'outil. Tirer sur la poignée pour épandre, relâcher la poignée pour stopper l'écoulement. Plus besoin donc de se baisser. Une attache d'ajustement permet de contrôler le dosage tout en restant debout. Une bande de fermeture en composants souples avec dents pour stopper l'écoulement permet d'éviter les problèmes de fuites. L'épandeur à engrais L sur roues GARDENA est particulièrement stable grâce au tube aluminium en U, au câble en acier inoxydable et à la cale en plastique.

Épandeur Gardena L sur une parcelle de jardin

Pour les professionnels utilisant des tracteurs de faible puissance, il est possible d'adapter des épandeurs plus conséquents. Si vous ne remplissez pas votre épandeur au maximum et que vous l’étalez dans la benne, cela fonctionne assez bien. Le top du top est un passage de gyrobroyeur avant d’épandre. L’épandage en surface reste la technique privilégiée : répartissez uniformément le fumier composté puis incorporez légèrement avec une griffe ou laissez les vers de terre faire le travail naturellement.

Analyse quantitative et fertilisation

En règle générale, les plantes les plus gourmandes du potager nécessitent entre 15 et 20 g d’azote, entre 8 et 10 g de phosphore et entre 20 et 30 g de potassium, par an et par m2. La première année, 3 kg de fumier de cheval décomposé est une bonne dose, puis 1 kg par m2 la deuxième année. En entretien, l’épandage de fumier décomposé ne sera pas fait tous les ans. Vous pourrez apporter ce fumier tous les 2 ou 3 ans, à raison d’1 kg par m2.

Pour les prairies, un épandage de 10 à 15 t de compost par ha apporte 37 à 55 U/ha de phosphore et 79 à 118 U/ha de potasse, rendant ainsi inutiles les apports d’engrais minéraux. L’azote présent dans le compost n’est pas disponible au moment de l’épandage. Une étape de minéralisation est nécessaire. Celle-ci nécessite de l’eau et de la chaleur tout comme la pousse de l’herbe. Ainsi, la libération de l’azote intervient simultanément à la pousse de l’herbe, ce qui limite les pertes par lessivage. Cette libération va se faire progressivement, sur 4 années environ. C’est ce qu’on appelle “l’arrière effet”. Pour une meilleure minéralisation au printemps, un épandage d’automne est préférable. Une dose plus importante (au-delà de 20-25 t/ha) aura peu d’effets sur la pousse de l’herbe et risque de poser un problème d’appétence surtout en cas d’apport tardif au printemps.

Alternatives : Le fumier déshydraté

Très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, il est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Le fumier déshydraté a de plus l’avantage de pouvoir être employé à tout moment et pour de nombreuses plantes potagères : pommes de terre, tomates, salades, petits fruits… Vous l’emploierez aussi bien pour fertiliser le sol avant une plantation que pour apporter des nutriments en cours de croissance de vos plantes potagères. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. En entretien, il sera apporté 1 fois par an, à l’automne ou au printemps, à raison d’1 kg/m². Le fumier de cheval en sac pour potager est du fumier déjà composté, que vous pouvez donc utiliser dès l’achat.

Sacs de fumier de cheval déshydraté prêts à l'emploi

Considérations réglementaires et économiques

Pour les élevages de chevaux dont la production de compost est inférieure à 1 tonne par jour, la règle en vigueur est celle du Règlement sanitaire départemental. Pour ces exploitations, le fumier ayant séjourné plus de deux mois sous les animaux peut être stocké puis composté au champ. La gestion du fumier est devenue une réelle contrainte pour l’ensemble des professionnels qui hébergent des chevaux. La réduction et la restructuration de l’activité des champignonnières ont notamment entraîné une diminution des débouchés possibles, conduisant de nombreux professionnels à supporter un coût non négligeable pour l’enlèvement de leur fumier.

Le coût de production du compost va dépendre de l’équipement initial de l’exploitation. Compte tenu du coût actuel des engrais, la valeur fertilisante d’une tonne de compost s’élève à environ 24 €. Ainsi, même si on ne dispose pas de matériel, composter son fumier reste plus économique qu’acheter des engrais mais demande plus de temps. Le Pôle de compétitivité Filière équine a été chargé d’assurer la coordination d’un programme d’action portant sur la valorisation du fumier. L’enjeu étant transversal, des organismes comme la FIVAL, France Galop et la SECF se sont unis pour donner naissance à un programme d’action portant sur la valorisation du fumier, visant à adapter des techniques pertinentes à la valorisation agronomique ou énergétique (épandage direct, compostage, combustion et méthanisation).

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