Guide complet sur l'utilisation du fumier au jardin : de la fertilisation à l'amendement

Le fumier est un précieux fournisseur d’éléments nutritifs pour le sol. Amendement naturel d’origine organique, le fumier paraît bien inoffensif pour le jardinier qui ne se pose pas plus de questions que cela en l’épandant dans son jardin. Toutefois, il peut être vecteur d’agents pathogènes ou brûler les végétaux, voire provoquer une faim d’azote. Le fumier est issu de résidus de déjections animales parfois mêlé à de l’urine et à de la paille servant de litière aux animaux. Chaque type de fumier répond à un besoin du jardinier, certains étant riches en potasse comme le fumier de moutons, d’autres ayant une action coup de fouet comme les fientes de poule.

Schéma illustrant le cycle de décomposition du fumier et son intégration dans le sol

La composition et la nature du fumier

Le fumier est le mélange de plusieurs matières organiques. On y retrouve d’une part les urines et les déjections ou fèces des animaux (crottins, bouses, fientes, crottes…). Vient ensuite la litière qui absorbe les urines, que ce soit foin, paille, broyat ou encore sciure. Le fumier est un mélange d’urine, d’excrément, et de matière carbonée. Pour amender la terre du potager, le fumier est plébiscité par les jardiniers. Composé d’excréments solides et d’urine d’animaux de ferme ou d’élevage, mêlé le plus souvent à une litière (de la paille ou de la sciure de bois), le fumier est très riche en matières organiques, de l’ordre de 30%.

Pour autant, en tant que matière vivante, le fumier évolue avec le temps. Frais, il vient juste d’être produit par les animaux. Mûr ou vieilli, il a été déposé en tas à l’air libre pendant plusieurs mois. C’est un fumier qui s’est décomposé naturellement. Composté, il est mélangé à du compost pour se décomposer. Il amende le sol, c’est-à-dire qu’il en améliore la structure et la texture. Ainsi, suivant le type et la qualité du fumier, une terre argileuse peut être allégée et une terre légère sera densifiée. Et logiquement, le sol augmente sa porosité à l’air et sa rétention à l’eau et aux substances fertilisantes.

Variétés de fumiers et leurs caractéristiques

  • Fumier de bovin : Il est composé de bouses et de paille, riche en matières organiques (azote et potassium) de par la grande quantité d’herbe absorbée par les vaches. C’est un fumier qui apporte une grosse quantité d’humus au sol. Il est plutôt conseillé pour les sols légers tellement ce fumier est lourd et froid.
  • Fumier de cheval ou d’âne : Essentiellement constitué de crottins, donc de matières sèches qui en font un fumier dit « chaud ». Riche en azote et en potassium, il est relativement léger. Il monte vite en chaleur et est d’ailleurs parfois utilisé pour confectionner des « couches chaudes ».
  • Fumier d’ovins (moutons et chèvres) : C’est le fumier le plus riche en potasse.
  • Fumier de volailles : Composé de fientes de poules ou d’autres animaux de basse-cour et de litière. C’est le fumier le plus riche en azote qui ne doit jamais être utilisé tel quel.

02 Technique de compostage en tas avec adjonction du Burkina phosphate

Précautions sanitaires et risques liés au fumier frais

Le fumier, quel qu’il soit, doit être utilisé avec précaution surtout lorsqu’il est frais. Les grosses exploitations et élevages ont souvent recours à des antibiotiques ou des vermifuges : méfiance donc ! Autre problème causé par les fumiers frais : les risques de brûlures au niveau des racines des plantes, mais aussi une fragilisation des tissus les rendant plus réceptifs aux maladies et parasites. Dans ce cas, l’excès d’éléments nutritifs apporté par le fumier frais n’est pas assimilable par les plantes et difficilement transformé par les micro-organismes.

Le fumier frais contient des germes, parfois des bactéries, des virus et même des parasites. Salmonelles, Escherichia coli, Listeria… Tout un petit monde plus ou moins sympathique peut être abrité par le fumier frais ! Pour éviter la contamination de nos récoltes, on recommande d’attendre au moins 90 jours après une application de fumier frais avant de récolter des légumes et 120 jours pour ceux qui ont été en contact avec le sol, comme les légumes feuilles ou les légumes racines. L’apport d’un fumier composté au potager est la pratique la plus répandue. Elle est même obligatoire en maraîchage professionnel.

Techniques de compostage et de maturation

Pour réussir le compostage du fumier, ajoutez une part carbonée comme de la paille ou des résidus de branches ou de feuilles coriaces broyées et veillez à ce qu’il ne sèche pas. Vous pouvez l’arroser au purin d’ortie qui constitue un très bon accélérateur de compost ou tout simplement le maintenir humide avec de l’eau. N’oubliez pas de retourner le tas au bout d’un mois pour que le processus de décomposition s’active bien de partout. Le fumier vieilli est un type de fumier n’ayant pas subi de transformation mais dont les agents pathogènes et les risques de brûlures ne sont plus actifs. Pour faire vieillir du fumier, il faut placer le tas durant environ 6 mois sur des palettes ou tout autre élément aéré dont l’eau pourra s’écouler librement et le laisser tel quel sans le retourner.

Méthodes d’épandage au potager

Le fumier s’épand au potager, au verger ou dans les massifs du jardin d’agrément. Un fumier frais s’épand simplement sur le sol du potager nu en automne ou en hiver. Il formera une couverture chaude qui va agir comme un épais paillage. Ainsi, la croissance des adventices sera considérablement perturbée. Au printemps, que vous bêchiez ou passiez simplement la grelinette, le fumier décomposé sera intégré naturellement.

Un fumier mûr ou composté s’épand au printemps, juste avant la plantation ou le semis des premières plantes potagères. Il suffit de légèrement l’incorporer à la terre avec une griffe. On peut aussi en déposer au pied des plantes potagères les plus gourmandes comme les tomates ou les courgettes. Concernant le fumier composté, celui-ci est beaucoup plus stable. L’azote est lié au carbone, les molécules sont complexes. On pourra le laisser en surface sur un sol gorgé de vie biologique.

Graphique comparant les niveaux de nutriments entre fumier frais, composté et engrais industriels

Gestion des nutriments et alternatives commerciales

Il faut comprendre que, comme le compost, le fumier nourrit le sol et non les végétaux, et c’est le sol qui transmettra les nutriments à vos fruits et légumes, sous l’action de la décomposition. Le fumier est une ressource assez peu concentrée en minéraux. On dit d’ailleurs que c’est un amendement et non un engrais dans le sens où ses concentrations en azote, phosphore, potassium sont inférieures à 3%.

Si vous n’avez pas accès à du fumier frais pour votre potager, vous pouvez tout à fait acheter le fumier pour votre potager en jardinerie. L’avantage est qu’il est desséché, donc plus léger et plus facile à transporter ! À noter que le fumier de jardinerie est souvent enrichi avec des algues marines ou autres apports organiques. Les doses de fumier varient, mais on est généralement sur un apport de 500 grammes de fumier desséché par mètre carré cultivé. Le jardinier a de nombreuses cartes en main pour enrichir son sol, l’améliorer, nourrir ses cultures. Pensez au compost ménager, au compost végétal, aux paillages diversifiés qui mois après mois amèneront de la richesse.

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