Le Fumier de Cheval et le Crottin Pur : Amendements Essentiels pour un Sol Sain et un Potager Prospère

Schéma illustrant la composition du fumier et son processus de décomposition

Le fumier équin, une ressource organique d'une valeur inestimable, est généré annuellement par plus de 12 000 structures équines réparties dans les zones rurales et périurbaines de France. Ce gisement, représentant plusieurs millions de tonnes produites chaque année, constitue une source significative de matière organique pour l'amendement des sols agricoles. Sa composition distinctive le différencie du fumier bovin, notamment par un taux de matières organiques et un rapport Carbone/Azote (C/N) plus élevés, une teneur plus faible en ammonium (NH4) et une concentration accrue en potassium (K2O).

Les composts équins, bien que similaires aux composts de fumier bovin, présentent généralement des teneurs plus concentrées en éléments fertilisants que les fumiers bruts. Ils se distinguent également par une plus grande homogénéité, une granulométrie plus fine et un Indice de Stabilité de la Matière Organique (ISMO) plus élevé (63%) par rapport aux fumiers bruts (38%), comme le révèle le programme Valfumier-Laboratoire LDAR en 2022. Le fumier et le compost équins sont des sources de matières organiques particulièrement intéressantes pour améliorer la structure du sol et sa capacité de rétention d'eau. La minéralisation de l'azote contenue dans cette matière organique est un processus lent, une partie étant mobilisée par les micro-organismes pour transformer le fumier, souvent pailleux, en humus stable au cours de la période suivant l'épandage, selon les mesures effectuées en laboratoire (LDAR - 2020).

La recherche de résidus médicamenteux sur les composts étudiés n'a pas permis de détecter de traces d'avermectines, des vermifuges fréquemment utilisés en élevage équin et reconnus comme écotoxiques. Quelques benzimidazoles et leurs métabolites associés (d'autres molécules vermifuges) ont été retrouvés à des doses très faibles, mais la référence de l'écotoxicité des médicaments sur le sol est encore limitée pour établir des niveaux d'alerte fiables. Le fumier brut et le compost, qu'ils aient subi ou non une transformation (comme l'hygiénisation à 70°C pendant une heure en usine agréée), conservent leur statut de « déchet ». Ils peuvent être utilisés en agriculture, y compris en maraîchage biologique, pour amender les sols. Les distances d'épandage sont régies par le Règlement Sanitaire Départemental ou la Directive Nitrate, selon les régions. Si le substrat est conforme à une norme (NF U 44051 ou les futures normes relatives aux Matières Fertilisantes et supports de culture), il peut être cédé ou vendu à des particuliers. La plateforme Valfumier.fr, déployée sur plusieurs territoires en France, facilite l'identification d'offres de fumier de la part des structures équines pour des valorisateurs potentiels via une cartographie.

Les Qualités Exceptionnelles du Fumier de Cheval pour le Jardinier

Le fumier est depuis toujours une bénédiction pour les cultures, auxquelles il offre de nombreux nutriments, tout comme pour les sols qui en sont grandement améliorés. Le fumier de cheval est particulièrement apprécié par de nombreux jardiniers pour ses nombreuses qualités intéressantes. Il se compose de déjections animales, d'urines et de matières végétales (paille ou déchets), formant ainsi un parfait compost : un mélange de matières sèches, ligneuses et riches en carbone, et de matières humides et riches en azote.

Infographie comparant la composition du fumier de cheval et du fumier bovin

Lors de sa décomposition, il libère dans le sol tous les nutriments dont il est composé : minéraux et oligo-éléments. Ses matières organiques favorisent également la formation d'une couche d'humus, améliorant ainsi la structure et la composition du sol, quelle que soit sa qualité initiale (argileux ou sablonneux). Le sol devient plus aéré, permettant une meilleure circulation de l'air et de l'eau, et une meilleure rétention hydrique, ce qui est extrêmement profitable aux plantes cultivées dans le potager.

Parmi les différents fumiers, l'utilisation du fumier de cheval pour le potager est un excellent choix. Il est bien équilibré, grâce à sa teneur en paille, et est particulièrement apprécié pour les terres lourdes et argileuses, qu'il contribue réellement à améliorer. Il est particulièrement riche en potasse et en azote. Le fumier de cheval, s'il est composté, peut s'utiliser à toute période de l'année. Les molécules qu'il contient sont complexes et se libèrent très lentement dans le sol, éliminant tout risque de brûlure.

Fumier Frais : Précautions et Bénéfices Spécifiques

Le fumier frais présente quelques inconvénients. Il est assez riche en ammoniaque à cause des urines, ce qui peut rendre une quantité importante polluante. Il peut contenir des restes de traitements médicamenteux, comme des vermifuges, ainsi que des pathogènes (bactéries ou autres). Cependant, sa rapide montée en température et la présence d'oxygène contribuent à détruire ces derniers assez rapidement. Il est conseillé de ne pas l'épandre juste avant les plantations, mais plutôt au moins 3 à 4 mois auparavant, car la quantité d'azote qu'il contient peut être trop importante pour certaines plantations et risquer de brûler leurs racines. Néanmoins, le fumier de cheval est assez fibreux et moins chargé en azote que d'autres fumiers.

L'utiliser frais a l'avantage de stimuler l'activité biologique du sol. Après environ un mois, le fumier de cheval peut tout à fait être utilisé comme lit de culture pour certains légumes, tels que les tomates et les courges. Il est important de ne pas l'utiliser frais en cours de culture, lorsque les plants ont déjà poussé, car les éventuels agents pathogènes pourraient encore être actifs et contaminer la production.

Si l'on ne récupère que le crottin, on peut s'en servir de la même manière que du fumier frais avec litière. Cependant, pour une utilisation de fumier frais, il est crucial de prendre des précautions. La température peut vite monter si une couche épaisse de vingt centimètres est appliquée, présentant alors un risque de brûlure pour les racines des cultures. Il pourrait également contenir des résidus médicamenteux si les chevaux sont traités. Ces résidus sont éliminés lors de la phase de compostage. Ainsi, pour une utilisation de fumier frais, il est impératif de s'assurer qu'il provient de chevaux non traités et non vermifugés.

Le FUMIER au POTAGER - Tout savoir (ou presque !)

Le Fumier Décomposé : Sûreté et Efficacité Accrues

Il faut environ six mois pour composter correctement un fumier. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température, peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites qu'il peut contenir. Ce compostage permet également d'équilibrer les ratios NPK (N pour azote, P pour phosphore, K pour potasse). Un fumier de cheval bien décomposé présente ainsi un NPK de 0,6 % d'azote, 0,4 % de phosphore et 0,7 % de potassium. Il ne fait courir aucun risque aux racines de jeunes végétaux que qu'une forte quantité d'azote pourrait brûler, et les quantités de minéraux apportés au sol restent raisonnables. Il est donc possible de l'épandre en quantité sans crainte, les doses conseillées étant de 1 à 3 kg par m² et par an.

Pour bien mener ce compostage, plusieurs aspects sont importants :

  • Ne pas réaliser de tas trop hauts, dans lesquels le processus ne se déroulerait pas correctement.
  • Installer le tas sur des branchages pour permettre à l'air de circuler en dessous et favoriser l'écoulement du liquide qui se forme pendant la décomposition.
  • Retourner le tas au moins trois fois au cours des six mois.
  • Couvrir le fumier, par exemple avec de la paille, pour éviter le lessivage des nutriments par la pluie.

Si le fumier de cheval est mal composté, il perdra une grande partie de ses avantages. L'idéal est de le monter en tas d'au moins un mètre de hauteur et de veiller à ce qu'il reste humide, comme une éponge essorée. Il faudra ensuite le recouvrir pour éviter toute déperdition d'azote par volatilisation et le brasser, l'aérer tous les 15 jours, pour harmoniser sa décomposition et l'oxygéner, comme une recette de cuisine où il faut mélanger tous les ingrédients pour un résultat remarquable.

Utilisation Spécifique du Fumier de Cheval au Potager

Le fumier de cheval est bénéfique pour presque toutes les cultures du potager. Il peut être utilisé frais, à demi-mûr ou totalement composté selon les besoins. Il doit être apporté aux légumes et autres plantes potagères qui en ont le plus besoin : toutes les courges, les tomates et autres solanacées (poivrons, aubergines). Ces légumes gourmands supportent bien le fumier à demi-mûr, voire à peine composté. Les pommes de terre en sont également friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse. Les salades peuvent aussi en profiter, mais uniquement avec du fumier bien décomposé. Il est déconseillé de planter des alliacées comme les oignons, l'ail et l'échalote dans des zones enrichies avec du fumier (ou d'autres matières organiques), car elles n'apprécient pas cela.

Le fumier de cheval en sac pour potager est généralement déjà composté et peut donc être utilisé dès l'achat. Le fumier de cheval, riche en matière sèche (paille), est particulièrement adapté pour améliorer les sols lourds en raison de sa capacité à augmenter la structure et la porosité du sol. Cet amendement convient à la plupart des plantes, en particulier celles qui valorisent un apport organique régulier : arbres, arbustes, gazons, cultures maraîchères (hors légumes-racines et solanacées).

Sur les Planches de Culture

Le meilleur moyen d'intégrer le fumier dans le sol est souvent de ne pas l'intégrer profondément. Il convient en effet de l'étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations, soit environ 3 à 4 mois. Sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c'est-à-dire exposé à l'air.

Il est conseillé de réaliser cet épandage à l'automne. Une fois le printemps venu, après que le gel et les pluies aient agi sur le fumier, et aidé par les micro-organismes du sol, le fumier sera parfait pour les plantes potagères. Les vers de terre et autres organismes accompliront leur travail et l'incorporeront progressivement et en douceur dans le sol, déjà décomposé. On griffonnera légèrement le sol avant les plantations. Cette méthode permet de nourrir le sol et de l'enrichir sans nuire à la vie indispensable qui s'y cache. Non seulement les légumes y trouveront les nutriments nécessaires à une bonne croissance, mais en plus la terre sera améliorée. La couche de fumier de cheval doit être épaisse, et il est judicieux de la recouvrir avec, par exemple, toutes les feuilles mortes ramassées dans le jardin. Dans les zones ventées, un filet sur les feuilles évitera qu'elles ne s'envolent.

Alternative Printanière

Autre possibilité : utiliser le fumier de cheval pour le potager au printemps. Lorsqu'il est bien décomposé, cette matière organique peut être apportée sur les planches un peu avant les plantations. Au début du mois de mars, il faut déposer une couche d'environ 6 cm et patienter une quinzaine de jours. Il suffira ensuite de l'enfouir superficiellement et de planter ou semer comme d'habitude. Il est important de noter que le fumier frais peut être apporté sur des cultures, mais en très petite quantité.

Approche Permaculturelle

Plutôt que d'enfouir le fumier de cheval épandu, même superficiellement, celui-ci peut simplement être recouvert de matières ligneuses, comme de la paille, des feuilles ou du BRF (Bois Raméal Fragmenté). Cela permettra de former progressivement des buttes sur lesquelles les légumes pourront être plantés sans avoir à travailler le sol.

Comme Couche Chaude

Le fumier de cheval, qui monte rapidement en température, est tout à fait approprié à la confection de couches chaudes pour les semis et jeunes plants frileux. On peut la construire directement sur le sol, mais il est plus judicieux de creuser une fosse d'une cinquantaine de centimètres pour conserver la chaleur émise par la décomposition des matières organiques. Il faut faire une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arroser copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés, comme des tontes de gazon ou du BRF, et recouvert d'une couche de compost. Sans fosse, on peut fabriquer un cadre en bois d'environ 30 cm de hauteur, un peu plus petit que le tas de fumier, le poser sur le tas, étaler du terreau par-dessus et attendre une semaine. Après ce délai, la température sera plus douce, environ 20°C, et les semis et jeunes plantes potagères pourront y être installés.

Le Crottin de Cheval sans Paille : Un Amendement Naturel Riche

Le crottin de cheval sans paille constitue un excellent engrais naturel, riche en éléments nutritifs. C'est un amendement naturel très apprécié des jardiniers pour ses nombreux bénéfices sur le sol et les plantes. Il présente une composition nutritive remarquablement équilibrée et concentrée. Cette richesse nutritionnelle fait du crottin pur un amendement particulièrement adapté aux légumes gourmands. La concentration en éléments nutritifs du crottin sans paille dépasse largement celle du fumier traditionnel. Alors que le fumier avec paille contient généralement 0,4% d’azote, 0,2% de phosphore et 0,5% de potassium, le crottin pur double pratiquement ces teneurs.

Au-delà des nutriments, le crottin de cheval sans paille est un véritable concentré de micro-organismes bénéfiques pour le sol. De plus, contrairement au fumier avec paille, le crottin pur ne contient pas d’urine. L'absence d’urine est une caractéristique particulièrement intéressante, car l’urine équine, riche en urée et en sels minéraux, peut provoquer des brûlures racinaires lorsqu’elle est présente en excès dans le fumier frais. Cette absence d’urine permet une utilisation plus sûre du crottin, même relativement frais, sans craindre les dommages causés par un excès de sels minéraux ou d’azote ammoniacal. La décomposition du crottin sans paille suit un rythme modéré et régulier, assurant une libération progressive des éléments nutritifs sur plusieurs mois. La texture fine et homogène du crottin de cheval sans paille constitue un atout majeur pour son utilisation au jardin.

Compostage du Crottin de Cheval Pur

Le compostage est une méthode écologique et efficace pour valoriser le crottin de cheval sans paille. Ce processus naturel permet de transformer la matière organique en un amendement riche et fertile pour le jardin. Pour commencer, il est préférable d’empiler le crottin de cheval sur une dalle ou dans un enclos dédié. Cela facilite la gestion du tas et évite que le compost ne se mélange à la terre. Afin d’obtenir un compost de qualité, il est conseillé de laisser le crottin de cheval vieillir pendant au moins 6 mois. Pour favoriser une décomposition homogène, il est important de retourner le tas de compost une fois par mois. Cette étape permet d’aérer le mélange, de redistribuer l’humidité et de stimuler l’activité microbienne. Le taux d’humidité joue un rôle crucial dans le processus de compostage. Un compost trop sec ralentit la décomposition, tandis qu’un excès d’eau peut créer des conditions anaérobies néfastes. Pour réguler l’humidité, il est recommandé de couvrir le tas de compost avec une bâche ou un couvercle adapté. Une fois le compost de crottin de cheval mûr, il peut être incorporé au sol avant les plantations ou utilisé en paillage au pied des plantes gourmandes.

Application du Crottin Pur au Jardin

Contrairement au fumier de cheval classique qui contient de la paille et nécessite une décomposition de plusieurs mois, le crottin pur peut être épandu directement sur les parcelles cultivées. Cette utilisation immédiate s’explique par sa composition équilibrée et l’absence d’éléments susceptibles de provoquer des brûlures aux racines des végétaux. Cette possibilité d’usage direct représente un gain de temps considérable pour le jardinier, qui peut incorporer cet amendement au moment opportun sans planification préalable de plusieurs mois.

La réussite de l’amendement au crottin de cheval repose sur l’application de quantités adaptées à chaque type de culture. Pour les légumes gourmands tels que les tomates, courges, courgettes et aubergines, la dose de 3 kg/m² peut être appliquée sans risque, ces plantes supportant bien les apports organiques conséquents. Cette technique consiste à répartir uniformément le crottin sur la surface du sol, puis à l’incorporer superficiellement à l’aide d’un râteau ou d’une griffe. L’épandage en surface convient particulièrement bien aux cultures déjà en place, comme le paillage des arbres fruitiers ou l’amendement des massifs de vivaces. Pour les nouvelles plantations ou avant les semis, l’incorporation du crottin sur une profondeur de 10 à 15 centimètres à l’aide d’une fourche-bêche permet une répartition homogène dans la zone racinaire. L’incorporation profonde s’avère particulièrement bénéfique pour les cultures annuelles du potager, permettant de créer un horizon fertile sur toute la profondeur d’enracinement des légumes. Pour les cultures de courges, une technique particulièrement efficace consiste à déposer le crottin à même le sol en automne, puis à le recouvrir d’un paillage de foin.

Une fois incorporé au sol, le crottin de cheval sans paille se décompose naturellement en quelques mois, selon les conditions climatiques et l’activité biologique du sol. Comme le témoigne un jardinier expérimenté : « Je dépose le crottin à même le sol avec un paillage au vieux foin par-dessus. Quelques mois après, il est décomposé et incorporé au sol par les vers de terre. » Cette décomposition naturelle présente l’avantage d’alimenter continuellement le sol en éléments nutritifs, tout en améliorant sa structure physique.

Fumier Déshydraté : Praticité et Polyvalence

Très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, le fumier déshydraté est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Il a de plus l'avantage de pouvoir être employé à tout moment et pour de nombreuses plantes potagères : pommes de terre, tomates, salades, petits fruits, etc. On l'emploiera aussi bien pour fertiliser le sol avant une plantation que pour apporter des nutriments en cours de croissance des plantes potagères. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. En entretien, il sera apporté 1 fois par an, à l’automne ou au printemps, à raison d’1 kg/m².

Image montrant du fumier déshydraté en granulés

Quantité et Fréquence d'Application

En règle générale, les plantes les plus gourmandes du potager nécessitent entre 15 et 20 g d’azote, entre 8 et 10 g de phosphore et entre 20 et 30 g de potassium, par an et par m². Cependant, ces besoins sont en partie apportés par d’autres biais : la décomposition du paillage lorsqu’il est organique, le compost, l’utilisation d’engrais verts. Alors quelle quantité de fumier de cheval apporter au m² ? La première année, 3 kg de fumier de cheval décomposé est une bonne dose, puis 1 kg par m² la deuxième année. En entretien, l’épandage de fumier décomposé ne sera pas fait tous les ans. On pourra apporter ce fumier tous les 2 ou 3 ans, à raison d’1 kg par m².

Le fumier de cheval est peu concentré en minéraux essentiels, il contient par exemple 0.6 % d’azote alors qu’un engrais chimique peut en contenir jusqu’à 33 %. Cette faible concentration s'explique par sa richesse en carbone. C’est ce carbone qui va améliorer la texture du sol, la structure, le rendre plus meuble, léger, poreux, tout en sollicitant la vie biologique qui va décomposer ces molécules complexes carbonées pour les transformer à terme en minéraux essentiels. Une faible concentration en minéraux ouvre la porte à apporter de grandes quantités, permettant de jouer sur la fertilité physique en amenant deux, trois ou même quatre kilos au mètre carré pour les cultures les plus exigeantes. Les minéraux qu’il contient vont se libérer dans le sol sur une année, voire deux années pour l’azote.

Tableau comparatif des besoins nutritionnels des légumes gourmands

La pratique la plus répandue est d’incorporer le fumier de cheval sur les premiers centimètres, encore plus s’il est frais, pour éviter la déperdition d’azote et l'enfouir très légèrement sous quelques centimètres de terre sans pour autant trop l’enterrer.

Précautions Sanitaires et Réglementaires

L’utilisation du crottin de cheval sans paille au jardin nécessite le respect de précautions sanitaires strictes et la connaissance de la réglementation française en vigueur. Le crottin de cheval peut héberger diverses bactéries pathogènes et parasites dangereux pour l’homme. Les principaux risques identifiés concernent la présence d’œufs de parasites intestinaux, notamment les ascaris et les strongles, qui peuvent survivre plusieurs mois dans le sol. La bactérie responsable du tétanos, Clostridium tetani, constitue également un risque majeur. Cette bactérie anaérobie sporulée peut persister longtemps dans le crottin et provoquer une infection mortelle en cas de blessure cutanée. D’autres agents pathogènes comme Salmonella ou E. coli peuvent également être présents.

Avant toute manipulation du crottin de cheval, il est impératif de vérifier que la vaccination antitétanique est à jour. Cette vaccination doit être renouvelée tous les dix ans chez l’adulte. Le port d’équipements de protection individuelle s’avère indispensable lors de la manipulation du crottin. Il faut utiliser systématiquement des gants de jardinage étanches, de préférence en nitrile ou en latex, pour éviter tout contact direct avec la peau.

En France, l’utilisation des déjections animales est encadrée par le Règlement Sanitaire Départemental (RSD), qui définit les conditions de stockage et d’épandage des matières organiques d’origine animale. Selon l’article 153 du RSD type, le stockage du crottin de cheval doit respecter une distance minimale de 35 mètres de toute habitation, établissement recevant du public, puits, forage, source ou cours d’eau. Les communes peuvent également adopter des arrêtés municipaux plus restrictifs, notamment en zone urbaine ou périurbaine. Pour réduire significativement les risques sanitaires, un vieillissement minimum de 6 mois du crottin de cheval s’avère indispensable avant toute utilisation au jardin. Le processus de compostage, grâce à la montée en température qu’il génère (50 à 70°C), détruit efficacement les œufs de parasites et la plupart des bactéries pathogènes.

Où Trouver du Fumier de Cheval ?

On trouve du fumier de cheval dans toutes les jardineries et souvent dans les centres équestres. C’est souvent un bon moyen pour trouver du paillage gratuitement, car on peut aussi récupérer les litières qui vont avec. Dans ces centres, il sera parfois composté de façon non optimale, sans bâchage. Vient alors le risque d’une déperdition d’azote par volatilisation ou pire encore un lessivage des minéraux par excès de pluie. Il est important de noter que l’usage du fumier de cheval est déconseillé sur des sols déjà très riches ou sur des végétaux sensibles à l’excès d’azote.

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