Planter un jeune arbre est un moment rempli de promesses : on imagine sa future silhouette, l’ombre qu’il apportera en été ou les fruits que l’on récoltera. Mais pour qu’un jeune arbre arrive à maturité, il a besoin d’un coup de pouce, surtout les premières années. Deux menaces sont particulièrement importantes : le gibier et le soleil, qui peut provoquer des échaudures. Heureusement, il existe des solutions simples, efficaces et peu coûteuses.

Pourquoi protéger les jeunes arbres ?
Un arbre fraîchement planté est fragile. Son écorce est fine, son système racinaire encore faible, et sa croissance dépend de son bon état général. Sans protection, plusieurs risques peuvent rapidement compromettre son développement. La protection des plantations est un sujet particulièrement sensible en période hivernale et printanière. En effet, que ce soit en milieu naturel ou en agriculture-élevage, la raréfaction de nourriture pousse encore plus les animaux à s’attaquer aux jeunes plantations d’arbres et d’arbustes.
Les menaces animales
- Les petits rongeurs : Les lapins et lièvres sont susceptibles de s’attquer aux racines superficielles, à l’écorce, aux bourgeons, au feuillage et aux rameaux des jeunes plantes.
- Les gros herbivores des bois : Les chevreuils, daims et cerfs ont pour cible principale les bourgeons, jeunes branches et feuillages. On appelle cela l’abroutissement. Pour des raisons encore mal comprises, certaines hardes de cerfs pratiquent aussi l’écorçage d’arbres adultes. Ils arrachent de grandes portions d’écorce qui engendre une dévalorisation du bois pour les sylviculteurs, voire la mort de l’arbre. Enfin, le dernier type de dégât provoqué par les grands mammifères herbivores de nos forêts est le « frottis ». Au printemps, lorsque leurs bois ont atteint leur maturité, ils vont frotter ceux-ci sur les jeunes arbustes afin d’arracher le velours qui les recouvre. Ce faisant, ils arrachent l’écorce des jeunes plantations, mettant en péril la survie de ces dernières.
- Les herbivores d’élevage : Les lapins, chèvres, moutons, ânes, vaches, chevaux, ne sont pas les derniers pour faire des dégâts sur les jeunes plantations, comme sur les arbres plus âgés. Feuillages, tendres écorces, jeunes rameaux sont leurs cibles favorites.
- Les omnivores fouisseurs : Quant aux omnivores que sont les sangliers et les cochons, il faudra tenir compte du fait qu’ils ont pour habitude de puissamment « labourer » les sols pour chercher leur nourriture.
Les risques climatiques
Cela peut paraître étonnant, mais un jeune arbre peut prendre un sérieux coup de soleil ! Les échaudures sont des brûlures causées par une forte chaleur ou un rayonnement direct sur le tronc. Elles arrivent surtout sur les arbres récemment plantés, sur les essences sensibles (fruitiers, érables, jeunes chênes…), après un hiver froid suivi d’un soleil intense, et plutôt côté sud ou sud-ouest de l’arbre. L’écorce juvénile n’est pas toujours assez épaisse pour le protéger.
Solutions de protection contre le gibier et le soleil
Il convient d’identifier clairement les risques pour choisir la protection la plus adaptée. La hauteur, la largeur, la finesse et la résistance des protections devront donc être bien adaptées à la ou les espèces d’animaux rencontrées.
Les gaines et manchons de protection
La méthode la plus simple et la plus répandue consiste à installer une gaine de protection, aussi appelée manchon. Ce tube en plastique ajouré ou spiralé entoure entièrement le tronc jusqu'à la partie ramifiée de l’arbre.
- Manchon 100% Bio chevreuil : Hauteur : 120 cm - Ø 14 cm. Fabriqué à base d'amidon de maïs, de pomme de terre et de carbone.
- Manchon Nortène CLIMATIC chevreuil : Les gaines plastiques grillagées assurent une protection efficace sans blesser les végétaux et garantissent une aération parfaite.
- Manchon Nortène CLIMATIC cerf : Hauteur : 180 cm - Ø 20 cm - Les gaines plastiques grillagées assurent une protection efficace sans blesser les végétaux et garantissent une aération parfaite.
- Modèle hauteur 60 cm : Disponible avec 2 diamètres possibles, 14 et 30 cm selon les végétaux (30 cm est réservé aux arbustes et aux conifères plus larges comme les douglas et les épicéas).
La pose des protections
Autres méthodes de protection
- Les grillages : Une autre solution très efficace consiste à installer un grillage autour de chaque arbre. Il peut être enlevé au bout de 3 ans environ.
- La toile de jute : Il est possible d'envelopper le tronc d’un arbre jeune avec une bande de toile de jute. Commencez par le haut du tronc en faisant un pli en biseau avec le bout du rouleau, puis enroulez la jute en spirale jusqu’au bas du tronc, en assurant un recouvrement de la moitié de la spirale précédente. C'est une excellente protection contre les échaudures.
- Les filets anti-lapins : Pour les zones où les lapins et lièvres sont le principal danger, on peut entourer la base de chaque arbre avec un petit filet spécial.
- Les répulsifs naturels : Certains se trouvent dans le commerce, d’autres sont naturels (cheveux humains, laine de mouton, urine de prédateur, savon parfumé). Leur efficacité varie selon les régions et la pression du gibier.
- Le « protecteur spirale » : Composé d’une spirale en PVC régulièrement perforée, efficace sur des troncs jusqu’à 3,5 cm de diamètre.
Critères de choix pour les manchons de protection
Le manchon de protection doit remplir plusieurs fonctions. Pour être sûr d’optimiser son usage, il est nécessaire d’évaluer un ensemble de critères qui vont définir sa performance et sa durabilité.
Durabilité et impact environnemental
Historiquement, ces manchons étaient fabriqués en matières plastiques non recyclables. Pour répondre aux exigences environnementales, les manchons biodégradables ont peu à peu fait leur apparition. Le plus connu est le manchon en papier kraft (à base de pin des Landes), biodégradable en quelques semaines une fois enfoui. Plus récemment, des manchons en chanvre ou en laine de mouton ont fait leur apparition. La laine de mouton aurait un effet répulsif vis-à-vis de certains gros gibiers.
Spécificités techniques
- Manchons de dissuasion : Posés dès la plantation, leur diamètre étroit (10 cm) incite à la croissance apicale. Leur densité leur confère une rigidité naturelle.
- Gaine agroforesterie : Plus résistante (450g/m), cette gaine de 20 cm de diamètre et 120 cm de haut est faite pour durer. Elle est bien adaptée aux petits rongeurs jusqu’aux chevreuils.
- Gaines "pulvérisation" et "désherbage" : Ces manchons de polyéthylène partiellement grillagés protègent contre les désherbants des cultures sur une hauteur de 30 à 40 cm.
- Protèges troncs ventilés : Tube rigide en plastique, fendu sur toute sa hauteur, permettant une mise en place sur des arbres déjà plantés. Les nombreux trous permettent la respiration du tronc.
Le tuteurage : une aide temporaire nécessaire
Le but du tuteurage est de compenser l’absence d’ancrage. Cependant, un arbre qui bouge légèrement développe un tronc plus résistant et un système racinaire plus profond. Le tuteur n’est pas un symbole de « bonne plantation », c’est une aide temporaire.
Quand et comment tuteurer ?
Le tuteurage est nécessaire pour :
- Stabiliser la motte pendant l'enracinement.
- Protéger contre les vents violents dans les sites exposés.
- Signaler et protéger les jeunes plants.
Il faut choisir un piquet de bois ou de métal d’environ 1,5 m à 2 m de haut. Plantez le piquet de sorte à ne pas blesser le système racinaire déjà fragile du jeune arbre. L’attache ne doit jamais blesser le tronc. Utilisez une attache telle que celles vendues en pépinière, ou confectionnez-en une qui ne causera pas de dommage au pourtour du tronc. La technique correcte forme un « 8 » : le lien fait une boucle autour du tuteur, se croise, puis fait une boucle autour du tronc.
Erreurs à éviter
- Tuteurer systématiquement sans réflexion : Un petit sujet bien raciné dans un jardin abrité n’a souvent besoin d’aucun tuteur.
- Attacher trop serré : Le lien qui serre le tronc est un véritable fléau, créant une strangulation.
- Enfoncer le tuteur après la plantation : Le tuteur doit toujours être en place avant l’arbre.
- Oublier le tuteur pendant des années : Un tuteur ne doit pas rester en place plus de deux ou trois ans. Lorsqu’on laisse un tuteur trop longtemps, cela entraîne des conséquences graves : l’attache peut pénétrer le tronc, ou le tuteur peut limiter le développement de la résilience naturelle de l’arbre.
Entretien et suivi
Un tuteurage n’est pas une opération « pose et oublie ». Il nécessite un suivi régulier pour éviter les problèmes et savoir quand retirer le support. Vérifiez deux fois par an (printemps et automne) que le lien ne comprime pas le tronc. Si l’arbre revient naturellement en position verticale après une légère inclinaison, c’est que les racines ont fait leur travail : le tuteur peut être retiré.