Le gazon synthétique pour le football est devenu de plus en plus populaire ces dernières années. Un terrain synthétique est une surface sportive recouverte de gazon artificiel, conçue pour remplacer l'herbe naturelle dans les installations sportives. Composé de fibres synthétiques ancrées sur un support textile et stabilisé par un remplissage (sable et granulés), il offre une alternative durable et performante aux pelouses traditionnelles. En France, plus de 4 000 terrains synthétiques équipent déjà les municipalités et clubs sportifs, représentant un marché en croissance de 15% par an. Cette adoption massive s'explique par trois avantages décisifs : une utilisation intensive possible 365 jours par an, des coûts d'entretien réduits de 70% et une performance sportive constante quelles que soient les conditions météorologiques.

Évolution du cadre réglementaire et environnemental
Dans un contexte de forte évolution des contraintes réglementaires et d’exigences de préservation de l’environnement, la Fédération multiplie ses efforts pour accompagner les collectivités et les clubs dans l’amélioration et la maintenance de leurs terrains en gazon synthétique, avec pour objectif de réduire l’impact environnemental de la pratique du football. Le règlement 2023-2055, voté par la Commission Européenne le 25 septembre 2023, visant à limiter la pollution par les microparticules de polymères synthétiques dans l’environnement concerne uniquement les terrains avec remplissage à base de granulats élastomères (SBR, TPE ou EPDM).
Ce règlement implique une interdiction de mise sur le marché des granulats élastomères avec une période transitoire de huit ans, période pendant laquelle la construction de terrains synthétiques avec remplissage élastomère reste donc autorisée. L’interdiction de mise sur le marché des granulats élastomères destinés à être utilisés sur des surfaces sportives synthétiques sera donc effective à partir du 17 octobre 2031. Après cette date, il sera toujours possible de conserver les terrains avec remplissage élastomère existants et d’effectuer des réassorts à partir des stocks constitués par le propriétaire avant le 17 octobre 2031. Toute modification de la nature du remplissage, par exemple le remplacement du SBR par du liège, entraîne la nécessité de réaliser des essais in-situ pour vérifier la conformité aux exigences réglementaires : par la modification de l’un de ses intrants, le système devient un nouveau revêtement. Les sous-couches préfabriquées ou coulées in-situ ne sont pas concernées par l’interdiction de la Commission Européenne. Il s’agit en effet d’éléments liés sans possibilité de migration dans l’environnement.
La FFF recommande ou privilégie les remplissages alternatifs et, dans ce cadre, ne finance plus les synthétiques avec remplissage élastomère via son dispositif du Fonds d’Aide au Football Amateur. Par ailleurs, les données disponibles à ce jour évoquent l’existence de risques potentiels pour l’environnement, liés au transfert de substances chimiques (zinc, phénols…) notamment dans les sols et les eaux. L’Anses recommande aux fabricants et distributeurs de terrains synthétiques d’éliminer de la composition de ces matériaux, toutes substances intentionnellement ajoutées (ex. thiazoles, phtalates, etc.) pouvant présenter un caractère nocif pour l’environnement et la santé humaine.
La fiche pratique FFF : Un outil de référence
Le Service Terrains et la Commission Fédérale des Terrains et Installations Sportives, présidée par Michel Raviart, a travaillé à l’élaboration d’une fiche pratique spécifique au terrain en gazon synthétique en y associant les entreprises et associations d’entreprises du secteur (UNEP, Union Sport & Cycle, fabricants, constructeurs, prestataires d’entretien, bureau de contrôle, entreprises de recyclage) et les principales associations publiques concernées (ANDES, ANDIISS). Cette fiche a pour vocation à apporter aux propriétaires, gestionnaires et utilisateurs, un premier niveau de connaissance technique et réglementaire sur les gazons synthétiques en leur donnant des éléments de réponse sur les thématiques suivantes :
- De quoi est constitué un système gazon synthétique ?
- Quels sont les différents produits de remplissage possibles et comment les choisir ?
- Quels sont les différents types de fibre ?
- Quelles sont les durées de vie, garanties et possibilités de recyclage ?
- Comment entretenir un gazon synthétique et quels sont les essais exigés par le règlement fédéral ?
Pour répondre aux questions relatives à la pratique du football sur gazon synthétique, les collectivités peuvent s’adresser aux référents « sols sportifs » des Commissions Régionales des Terrains et Installations Sportives (CRTIS). Au sein de chaque ligue, ces référents sont régulièrement formés pour répondre, au mieux, aux questions techniques et réglementaires des porteurs de projet et propriétaires d’installation.
Analyse des performances et retours d'expérience
Avec l’émergence de nouveaux systèmes de gazon synthétique notamment avec remplissage organique, le service Terrains de la FFF a mené une enquête consacrée aux ressentis des clubs jouant sur terrains en gazon synthétique entre octobre 2023 et janvier 2024, avec pour objectif de comparer, selon la nature de remplissage, des critères tels que le compromis souplesse/dureté, la qualité des appuis (y compris la glissance), l’abrasivité, la gêne olfactive, la dispersion du remplissage et le comportement en cas de températures élevées. Sur 4 216 clubs sondés, 1 144 réponses ont pu être exploitées afin de comparer, à ancienneté équivalente, les performances sportives des différents remplissages et notamment les plus répandus que sont actuellement les granulats élastomères et le liège. Au regard du succès de ce sondage grâce à la mobilisation des clubs, la FFF est actuellement en train de renouveler l’enquête pour mieux prendre en compte les retours d’expérience sur les nouveaux remplissages organiques.
Les objets et systèmes techniques
Les composants technologiques du terrain synthétique
Le gazon synthétique pour le foot est composé d’une base élastique de 30 à 35 mm, généralement en Polytan. C’est ce qui permet l’élasticité du terrain. La durabilité de ce type de support est d’environ 30 ans. La couche élastique amortissante, généralement de 8 à 35 mm d’épaisseur, est composée de granulés de caoutchouc recyclé et de liants polyuréthane. Cette base compacte assure une élasticité constante et une longue durée de vie. Elle garantit une excellente réduction des forces et une absorption des chocs, améliorant ainsi la sécurité et le confort des joueurs sur le long terme. La méthode d’installation in situ permet de corriger toute irrégularité du sol, obtenant ainsi une surface parfaitement plane et perméable à l’eau.
La deuxième couche d'un gazon artificiel est formée par les fibres du gazon, qui existent en version lisse ou texturée. Les fibres de gazon sont fixées sur un tissu de support et sont collées de manière permanente au tissu de support de telle sorte qu'elles restent fermement ancrées pendant toute leur durée de vie. Les fibres lisses, utilisées pour les applications professionnelles, assurent un roulement de balle supérieur et offrent un aspect uniforme. Les fibres texturées, initialement développées pour le hockey, sont plus durables et retiennent mieux les matériaux de remplissage, ce qui réduit la perte de granulés.
Rentabilité et optimisation budgétaire pour les collectivités
L'argument économique constitue le premier facteur de décision pour 78% des collectivités. Un terrain synthétique génère un retour sur investissement tangible grâce à une utilisation intensive optimisée : 2 500 à 3 000 heures d'utilisation annuelle possible, disponibilité 365 jours/an, créneaux nocturnes facilités avec éclairage LED. La réduction drastique des coûts d'entretien est également un levier majeur : suppression de la tonte, arrêt des traitements phytosanitaires et diminution de la consommation d'eau. Sur 15 ans, l'économie totale peut atteindre 300 000 à 450 000 euros comparé à un terrain naturel.
L’investissement dans un terrain synthétique varie selon les spécifications et les équipements choisis. Pour un terrain de football complet, il faut compter entre 300 000 et 400 000 € HT pour le revêtement de base, auxquels s’ajoutent 150 000 à 250 000 € HT pour le terrassement et le drainage. Les équipements tels que les buts et les clôtures représentent 30 000 à 50 000 € HT, tandis que l’éclairage LED peut aller de 120 000 à 200 000 € HT. Ainsi, le budget total d’un tel projet se situe généralement entre 600 000 et 900 000 € HT.
Considérations sur la santé et la pratique sportive
La pose des pelouses synthétiques est systématiquement accompagnée de la polémique sur les blessures. Pourtant, les études menées au niveau de l’élite ou au niveau amateur concordent : le risque global de blessures est le même sur gazon artificiel que sur gazon naturel. On ne constate pas plus de rupture des ligaments croisés que sur les terrains humides et boueux. On aura sans doute une baisse des entorses de la cheville mais une augmentation des problèmes ligamentaires ou des douleurs dorsales particulièrement chez les jeunes qui ont utilisé du synthétique depuis leur premier pas de footballeur.
Il est à noter particulièrement qu’il faut bannir les lamelles, car ce type de crampons provoque justement un blocage du pied non adapté. Concernant les brûlures, elles existaient sur les terrains de premières générations qui s’apparentaient plus à de la moquette, ce qui n’est plus le cas de nos jours avec les systèmes de troisième génération. Un terrain artificiel non entretenu peut présenter de nombreux risques pour les joueurs et entraîner divers types de blessures. C’est pourquoi la FFF impose des contrôles des terrains de football en gazon synthétique tous les 4 ans.

Adaptabilité aux nouveaux usages du football
Depuis quelques années, les attentes des licenciés évoluent. Le format 5 vs 5 permet un jeu plus rapide, plus rythmé et plus amusant car on joue sur un terrain intérieur ou extérieur fermé par des palissades en périphérie. Le concept de city-stade ou terrain multisports connaît un essor remarquable dans les politiques d'aménagement urbain. Ces installations polyvalentes permettent la pratique du football, basketball, handball, volleyball et tennis sur une même surface. Aujourd’hui, la quasi-totalité des stades professionnels sont équipés de gazon synthétique hybride. Le gazon naturel est renforcé par des fibres synthétiques qui ont pour rôle d’absorber en grande partie la pression mais également l’usure exercées sur les brins d’herbe naturelle.
Le gazon synthétique pour le football est devenu de plus en plus populaire, offrant une surface de jeu régulière, confortable, praticable toute l’année et conforme aux normes en vigueur. Finalement, il y a tout de même plus d'avantages que d'inconvénients à se tourner vers un gazon synthétique, à condition de privilégier une installation de qualité et un entretien régulier adapté aux exigences techniques modernes.
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