Le fumier de cheval est le fumier le plus utilisé dans nos potagers et le plus vendu en jardinerie, reconnu pour sa richesse en nutriments essentiels et son rôle fondamental dans l'amélioration de la santé des sols. Il s'agit d'un amendement organique de haute qualité, idéal pour quiconque souhaite enrichir son sol de manière naturelle et efficace, que ce soit pour un potager, des massifs fleuris ou des arbres fruitiers. Il garantit une amélioration significative de la qualité du sol et des récoltes. Léger, chaud et équilibré, il améliore la structure des sols, favorise la vie microbienne et stimule la fertilité à long terme.
Caractéristiques et Composition du Fumier de Cheval
Le fumier de cheval est un matériau équilibré. Composé de matière fécale, d'urine et de matières carbonées végétales, il apporte de nombreux minéraux et oligoéléments au sol lorsqu'il se décompose. Toutefois, il est peu concentré en minéraux essentiels, contenant par exemple 0,6 % d'azote alors qu'un engrais chimique peut en contenir jusqu'à 33 %. Cette faible concentration s'explique par sa richesse en carbone. C'est ce carbone qui va améliorer la texture de notre sol, sa structure, le rendre plus meuble, léger, poreux. Sans compter qu'il sollicitera la vie biologique qui va se régaler de manger, décomposer ces molécules complexes carbonées pour les transformer à terme en minéraux essentiels.

Autre avantage, une faible concentration en minéraux ouvre la porte à apporter de grandes quantités ! Certes, c'est parfois épuisant à véhiculer des brouettes, mais votre sol, lui, va avoir le sourire aux lèvres. Vous allez pouvoir jouer sur la fertilité physique en amenant deux, trois ou même quatre kilos au mètre carré pour les cultures les plus exigeantes. Les minéraux qu'il contient vont se libérer dans le sol sur une année, deux années pour l'azote.
Le fumier équin est riche en matière organique (66,4 g/Kg de Matière Brute), en azote (8,7 g/Kg de Matière Brute) et en phosphore (3,7 g/Kg de Matière Brute) [1]. Le cheval est un animal que nous qualifions de « noble » pour lequel nous éprouvons une sympathie particulière, ce qui fait que la litière (généralement constituée de paille) est changée très fréquemment. Ce fumier sera particulièrement riche en matières ligneuses, carbonées (souvent plus de 50 % du total du fumier). Or, ce type de matériau est idéal pour la constitution d’un humus stable, le « Graal » du jardinier.
Il est important de noter que le crottin seul n’est pas du fumier ; ce sont juste des déjections, à ne jamais utiliser seules. Le compostage avec d'autres matériaux est alors impératif. Le fumier de cheval contient de l’azote, de la potasse et d’autres éléments minéraux (calcium, magnésium), ceci dans des proportions équilibrées, mais relativement faibles, raison pour laquelle il est classé comme amendement et non comme engrais. Ainsi, et du fait de sa composition diversifiée (urine, déjections, paille), il constitue un amendement équilibré, idéal pour améliorer une terre de façon durable.
Un matériau chaud, le fumier de cheval se réchauffe facilement et rapidement. Il est donc tout particulièrement intéressant pour réchauffer les terres lourdes, argileuses. C'est également un matériau léger en comparaison à d'autres fumiers (notamment le fumier de vache) et surtout par rapport à une terre lourde, argileuse. Il allégera donc ce type de terre.
Utilisation du Fumier de Cheval dans le Jardin
Le fumier de cheval, qu'il soit frais, composté ou déshydraté, offre de multiples avantages pour le jardin d'ornement comme au potager, pour amender le sol comme pour fertiliser les plantes.
Fumier de Cheval Frais
Le fumier de cheval frais est utile pour enrichir le sol en amont des plantations. On l'épand sur le sol environ 4 mois avant de réaliser les plantations et non sur les plants en train de pousser. En effet, il peut contenir des traces d’urines, d’éventuels résidus médicamenteux ou de bactéries qui peuvent contaminer les légumes. La quantité d’azote que le fumier renferme lorsqu’il est frais pourrait également brûler les racines des végétaux. La température pourra vite monter sitôt qu'on met une couche épaisse de vingt centimètres, il y aura alors un risque de brûler les racines de nos cultures. Il est conseillé d’épandre 1 kg de fumier frais par m² tous les 2 ou 3 ans.
Le FUMIER au POTAGER - Tout savoir (ou presque !)
Pour une telle utilisation de ce fumier frais, prenez soin à ce qu'il vienne de chevaux non traités, non vermifugés, car il pourra aussi contenir des résidus médicamenteux si les chevaux sont traités. Ces résidus sont éliminés via la phase de compostage. L'épandage à l'automne est souvent conseillé.
Fumier de Cheval Composté
Le fumier de cheval composté peut s'utiliser à toute période de l'année. Les molécules qu'il contient sont complexes, se libèrent très lentement dans le sol, ce qui élimine tout risque de brûlure. Le fumier de cheval composté présente l’avantage d’être prêt à l’emploi, ce qui simplifie son utilisation pour tous les types de jardinage. Sa formule stabilisée évite les risques de brûlure des plantes, souvent associés à l’utilisation de fumier frais. Il est conseillé d’épandre dans son potager une quantité allant jusqu’à 3 kg de fumier décomposé par m² et par an.
S'il est mal composté, un fumier de cheval perdra une grande partie de ses avantages. L’idéal est de le monter en tas sur bien un mètre de hauteur et qu’il soit humide. Recherchez toujours cette sensation d’humidité comme une éponge essorée. Il faudra ensuite le recouvrir pour éviter toute déperdition d’azote par volatilisation. Autre phase importante, le brasser, l’aérer tous les 15 jours, pour harmoniser sa décomposition, l’oxygéner. Voyez-le comme une recette de cuisine. Un saladier dans lequel il faut mélanger tous les ingrédients pour obtenir un résultat remarquable.
Le fumier de cheval se composte très bien. C’est pourquoi on le retrouve très fréquemment en sacs dans toutes jardineries. Dans ces sacs, il sera souvent complété d’engrais naturels, algues marines par exemple, pour lui donner plus de richesses. On l’a vu, le fumier est très peu concentré en minéraux essentiels et souvent les acheteurs de sacs souhaitent avoir quelque chose de plus riche. Ainsi, avec un tel mélange, il suffira de cinq cents grammes au mètre carré plutôt que trois ou quatre kilos. Pour les potagers, il est recommandé d’épandre entre 500 g et 1 kg de fumier de cheval par m² après avoir bêché le sol. Les fleurs bénéficient d’une fertilisation en surface avec environ 500 g de fumier par m². Pour les arbres fruitiers, arbustes et autres grandes plantations, il est conseillé de préparer un mélange de 1/3 de fumier de cheval et 2/3 de terre végétale.
Fumier de Cheval Déshydraté
Le fumier de cheval déshydraté est une solution pratique, efficace et peu coûteuse, qui vous permettra d’amender votre sol ou de fertiliser vos plantes aussi bien que le ferait un fumier de cheval non transformé. Comme le fumier frais décomposé, le fumier déshydraté est riche de nombreux nutriments et en matière organique. Ces éléments vont se mêler au sol, y apportant les minéraux et oligoéléments qui nourriront les végétaux et la matière organique précieuse pour la vie des travailleurs du sol. Celui-ci va être amélioré, plus léger, mieux aéré, favorisant cette vie et la croissance des plantes qui y poussent.
Les différences avec le fumier frais se situent :
- dans la forme : le fumier déshydraté est commercialisé sous forme de granulés ou en poudre, son utilisation est de ce fait plus pratique, notamment en milieu urbain ;
- vendu en boîte ou en sachets de plus ou moins gros conditionnement, il est facile à stocker, même sur un balcon ;
- dans l’odeur : une fois déshydraté, le fumier n’a plus aucune odeur ;
- dans la composition : il peut être enrichi par des nutriments variés, tels que le magnésium, le potassium ou l’azote, il peut aussi contenir des matières organiques déshydratées diverses : algues, cendres végétales, poudre d’os, ou bien être composé d’un mélange de plusieurs types de fumiers ;
- le coût : peu coûteux pour des petites surfaces, le fumier déshydraté n’est par contre pas très économique pour de grands jardins ;
- contrairement au fumier frais pour lequel il faut attendre que la fermentation soit terminée, le fumier déshydraté est prêt à l’emploi, sans aucun risque pour vos plantations.
Le fumier est tout d’abord mis à composter avant d’être broyé. Il sera ensuite compacté pour former des granules ou vendu tel quel, en poudre. Il est important de veiller à bien lire la composition qui doit mentionner "fumier 100 % naturel", afin d’éviter la présence de produits synthétiques ou de résidus d’antibiotiques. Pour un fumier déshydraté encore plus propre, vous vous tournerez vers un fumier bio.
En amendement/amélioration du sol, le fumier déshydraté peut être utilisé dans toutes les zones du jardin :
- au potager pour la préparation et l’entretien des planches, à raison de 300 à 400 g/m² ;
- au jardin d’ornement pour la préparation de vos massifs d’arbustes, de plantes vivaces ou d’annuelles ;
- le terreau pour vos pots et jardinières peut être enrichi grâce à du fumier déshydraté ;
- les sols argileux, souvent lourds et compacts, bénéficieront d’une application de fumier à raison de 600 à 1000 g/m². Dans ce cas, l’application se fait de préférence en automne, voire au début du printemps.
En fertilisant, l’engrais fumier de cheval en granulés peut également servir ponctuellement pour fertiliser une plante, lors de sa plantation ou à un moment spécifique de son développement :
- lors de la plantation des arbres fruitiers ou petits fruitiers ;
- en entretien pour les arbres fruitiers, à raison de 3 à 4 kg à épandre tout autour du tronc jusqu’à l’aplomb de la ramure ;
- pour le gazon, avant le semis, appliquez du fumier à raison de 500 à 700g/m² ;
- pour le gazon en entretien, à raison de 250 g/m², à appliquer sur pelouse tondue si possible un jour de pluie ;
- lors de la plantation ou du semis des cucurbitacées et des tomates, très gourmandes.
La période d’utilisation du fumier de cheval déshydraté comme fertilisant est large puisqu’il peut être employé toute l’année, en dehors des périodes de gel ou de fortes chaleurs. Les doses données sont indicatives, il est conseillé de suivre les instructions du fabricant, car elles dépendent également de la qualité de votre sol. Le fumier déshydraté va être superficiellement intégré au sol par griffage, sauf pour les plantations pour lesquelles il est mélangé à la terre ôtée du trou de plantation (ou autre substrat).
Quand et Comment Utiliser le Fumier de Cheval ?
La pratique la plus répandue est d’incorporer son fumier de cheval sur les premiers centimètres, plus encore s’il est frais. Toujours cette crainte de déperdition d’azote et autant enfouir très légèrement le fumier sous quelques centimètres de terre sans pour autant trop l’enterrer.
Périodes d'Épandage
Le moment idéal pour l’épandage du fumier de cheval frais est l’automne. Ainsi, la pluie, le gel, les vers de terre et autres micro-organismes auront tout le temps d’agir pendant l’hiver pour qu’il se décompose et s’intègre progressivement au sol. La terre sera ainsi améliorée et riche en nutriments nécessaires à la bonne croissance des légumes que vous planterez au printemps.
Le fumier composté peut, quant à lui, être utilisé au printemps. Il est alors à apposer sur la terre du potager en couche de 5 cm environ, une quinzaine de jours avant de réaliser les plantations. Il ne vous restera plus qu’à l’enfouir sous un peu de terre puis à semer ou planter les légumes de votre potager. On peut également s’en servir pour enrichir la terre du potager du printemps à la fin de l’été, alors même que les plantes sont en pleine croissance. Dans ce cas, des apports en très petite quantité sont préférables.
Création de Couches Chaudes
Le fumier de cheval est un fumier qui chauffe vite. D’où son attrait pour réaliser des couches chaudes, alternance de fumier frais et de paille ou foin. On obtient des andains sur lesquels on peut par exemple déposer des bacs à semis au printemps. Ils auront alors un chauffage naturel. Une couche chaude, avec un voile pour garder la chaleur la nuit. Le fumier de cheval, du fait de sa faculté à chauffer rapidement, est le matériau idéal pour la constitution de couches chaudes.

Alternance des Apports
Alterner les apports est une bonne chose. Il n'est pas forcément recommandé d’apporter du fumier tous les ans. Dans une terre lourde, vous pouvez alterner, chaque automne, apport de fumier de cheval et culture d’engrais verts. Ou, adoptez par exemple un cycle sur 3 ans :
- Une culture d’engrais verts en première année, principalement pour assouplir la terre ;
- Un apport de fumier, en deuxième année, pour l’enrichir durablement (tout en l’allégeant) ;
- En troisième année : un apport de compost, recouvert d’un bon paillage pour maintenir la fertilité.
Préalablement à l’épandage, laissez en place les résidus de nettoyage de la parcelle. Vous pouvez également apporter quelques matériaux verts (tontes, tailles, déchets ménagers végétaux). Épandez le fumier de façon aussi régulière que possible, à raison d’une brouette pour 10 m² tout au plus par an (donc 2 brouettes pour des apports tous les 2 ans, ou 3 brouettes si vous apportez du fumier tous les 3 ans). Afin de favoriser le processus de décomposition, n’hésitez pas à couvrir le fumier d’une couche de foin, de broyat, de feuilles mortes ou même de paille. Il est également possible d’intégrer très légèrement le fumier en surface du sol (par un griffage peu profond). Ceci au moins un mois après l’épandage (afin que le processus de décomposition ait pu démarrer), mais les vers de terre vont s’en charger, et c’est surtout risqué (le fumier peut pourrir en terre plutôt que de se décomposer).
Quelles Plantes Aiment ou N'Aiment Pas le Fumier de Cheval ?
Une multitude de plantes potagères, mais aussi de fleurs, apprécient le fumier de cheval. Au potager, il est notamment idéal pour combler les besoins des plantes gourmandes comme les tomates, les poivrons, les aubergines ou encore les courges. Les salades apprécient également le fumier, mais seulement bien décomposé.

| Cultures | Bénéfices principaux du fumier de cheval | Conseils pratiques |
|---|---|---|
| Courges, potirons, courgettes | Apport nutritif riche en azote et potasse → croissance vigoureuse et fruits abondants | Apporter à l’automne ou composter avant usage |
| Tomates, poivrons, aubergines | Stimule la floraison et la fructification grâce à l’apport équilibré | Bien décomposé, à mélanger au compost ou paillage |
| Pommes de terre | Allège et réchauffe les sols argileux → tubercules plus sains | Éviter l’apport frais juste avant plantation |
| Choux (tous types) | Besoins élevés en nutriments → feuillage dense et vigoureux | Privilégier un fumier mûr pour limiter les risques de maladies |
| Salades, épinards, légumes-feuilles | Croissance rapide grâce à l’azote disponible | Apport léger et bien composté pour éviter les excès |
| Arbres fruitiers et arbustes | Fertilité durable, améliore l’humus du sol | Incorporer à l’automne autour du pied (sans contact direct) |
| Sols lourds (argileux) | Réchauffe, allège et favorise l’activité biologique | Idéal en paillage hivernal ou mélangé au compost |
Cependant, certaines plantes ne supportent pas le fumier et notamment celui de cheval, à l’instar de l’ail, de l’échalote ou encore de l’oignon.
Où se Procurer du Fumier de Cheval ?
On trouve du fumier de cheval dans toutes les jardineries et souvent en centre équestre. C’est souvent un bon moyen pour trouver du paillage gratuitement, car on peut aussi récupérer les litières qui vont avec. Dans ces centres, il sera parfois composté de façon non optimale, sans bâchage. Vient alors le risque d’une déperdition d’azote (par volatilisation) ou pire encore un lessivage des minéraux (par excès de pluie).
Vous pouvez vous procurer du fumier de cheval auprès d’élevages de votre région. Sauf s’ils le valorisent eux-mêmes, ils seront en général heureux de se débarrasser de cet « encombrant ». Toutefois, selon sa provenance, le fumier de cheval peut malheureusement contenir des éléments toxiques, tels que des vermifuges chimiques ou autres résidus médicamenteux. Il est donc important d’obtenir ces informations auprès des éleveurs chez lesquels vous souhaitez vous procurer du fumier. Heureusement, les éleveurs sont de plus en plus nombreux à privilégier une approche douce. Le compostage élimine ces éléments non-souhaitables dans un jardin. À défaut de fumier issu d’élevages « naturels », l’emploi de fumier « contaminé » demeure donc possible, à condition de le composter.
Bien que cela ne soit pas un produit aussi « vivant » (et donc favorable à la vie du sol) que du fumier « brut », sachez que vous trouverez également, dans la plupart des jardineries, du fumier composté (en granules ou en poudre).
Réglementation et Bonnes Pratiques de Gestion du Fumier Équin
S’il n’est pas traité correctement, le fumier équin peut engendrer une pollution des sols et des cours d’eau. Savoir estimer sa production de fumier est la porte d’entrée à la maîtrise de la valorisation de cette ressource.
Estimation de la Production de Fumier
Un cheval produit entre 24 et 27 Kg de déjections par jour (urine + crottins) [2]. Dans la littérature, on trouve qu’un cheval logé en box produit entre 5 et 14 tonnes de fumier par an [3]. La quantité de fumier produit dépend de la nature de la litière utilisée. Si la litière utilisée est de la paille, voici le calcul pour estimer votre production de fumier annuelle : Quantité de paille consommée x 3 = Quantité de fumier produite. Le coefficient multiplicateur dépend entre autres du temps de séjour de l’équidé sur la litière.
Réglementation du Stockage et de l'Épandage
Le fumier équin, en tant qu’effluent d’élevage, est soumis à la réglementation imposée par le RSD (Règlement Sanitaire Départemental, disponible en mairie). Le RSD définit :
- les distances à respecter entre les bâtiments/installations de stockage de fumier et les bâtiments tiers,
- le mode de stockage et d’évacuation des déjections animales,
- le mode d’entretien et de fonctionnement du logement des animaux.
Dans les zones vulnérables, la directive nitrate vient s’ajouter au RSD. La directive nitrate encadre le stockage et l’épandage de matière organique afin de préserver la qualité des cours d’eau. Dans une zone vulnérable, la quantité d’azote organique provenant d’effluents d’élevage ne doit pas excéder 170 Kg d’N/Ha/an. Le fumier de cheval est soumis à la réglementation relevant du Règlement Sanitaire Départemental (RSD) qui impose des prescriptions en matière d'hygiène et de salubrité. Ce règlement s'applique à tous les détenteurs d'équidés, amateurs comme professionnels. Issu d'un curage des boxes régulier, le fumier de cheval produit est généralement plutôt pailleux. Il est considéré par les instances règlementaires comme du fumier « très compact, non susceptible d’écoulement ».
Par leur accumulation, toutes les matières organiques fermentescibles comme le fumier peuvent être source de nuisances et de pollutions.

Le Règlement Sanitaire Départemental (RSD)
Dans la filière équine, le RSD s'applique à toutes les structures (élevages, centres équestres, détenteurs d’équidés…), quel que soit le nombre d'équidés détenus. Il définit :
- Les distances minimales d’implantation des bâtiments et de stockage du fumier par rapport aux tiers ou à d'autres activités,
- Les dispositions concernant l'entretien et le fonctionnement du logement des animaux,
- Les modes de stockage et d'évacuation des déjections.
Il est consultable en mairie. Pensez à vous y référer avant toute conception ou aménagement.
La Directive Nitrates
La Directive Nitrates (directive européenne du 12/12/1991 et arrêté du 19/12/2011) a été mise en place pour lutter contre la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole. Elle concerne l'azote provenant, sous différentes formes, des effluents des structures agricoles. En France, la directive est transposée en un plan d’action national (PAN) que chaque région décline en un plan d’action régional (PAR), définissant les mesures de stockage et d’épandage des effluents.
Selon les bassins, des zones « vulnérables » sont définies et des mesures spécifiques sont alors mises en place : maîtrise de la fertilisation azotée, gestion de l'interculture, mise en place de bandes enherbées le long des cours d'eau. Les zonages et les PAR font l’objet d’une révision tous les 4 ans. Les prescriptions s'appliquent à tout élevage ou structure détenant des équidés, situé en zone vulnérable. « Tous les animaux et toutes les terres de l'exploitation, qu'ils soient situés ou non en zone vulnérable, sont pris en compte » (arrêté du 19/12/2011 relatif au programme d'action national). Lorsqu’une exploitation équine est située sur un bassin en zone vulnérable, la Directive Nitrates vient s’ajouter au RSD.
Réglementation du Stockage du Fumier Sorti des Aires de Logement
La réglementation est la même pour les zones vulnérables et non vulnérables. Le fumier équin doit être stocké pendant 2 mois minimum sur une surface étanche avec un point bas, ce qui permet d’éviter les écoulements de fluides vers le milieu. La fumière doit être conçue de manière à pouvoir stocker la quantité de fumier que votre exploitation produit sur une période de 2 mois.
La fumière doit se trouver à une distance de :
- 5m des voies de circulation
- 35m de toute source d’eau : puits, rivage, berge …
Une fois le délai de 2 mois en fumière écoulé, vous pouvez disposer de votre fumier. Vous pouvez le stocker en bout de champ à même le sol, à une distance comprise entre 25 et 200m de toute habitation (veuillez-vous référer au RSD). Votre fumier peut stationner sur un emplacement en bout de champs pendant 10 mois.
Les fumiers doivent OBLIGATOIREMENT être déposés sur "une aire étanche, munie d'un point bas permettant de collecter les liquides d'égouttage et eaux pluviales à l'aide de canalisations vers des installations de stockage étanches ou traitement des effluents" (fosse). La gestion et l'entretien des ouvrages de stockage doivent permettre de maîtriser tout écoulement dans le milieu, interdit par la réglementation. Toutes les eaux de nettoyage nécessaires à l'entretien des bâtiments et des annexes et les eaux susceptibles de ruisseler sur les aires bétonnées sont collectées par un réseau étanche et dirigées vers les installations de stockage ou de traitement des eaux résiduaires ou des effluents, de sorte qu'aucun écoulement ne se produise dans le milieu naturel (référence RSD Article 155-2).
Capacité de Stockage
La capacité de stockage est calculée en fonction du nombre et des catégories d’animaux. Ainsi la durée règlementaire de 2 mois de stockage s'applique aussi si on prouve que l'utilisation du fumier d'équin, au cours de l'année, sur des terres agricoles ou par des exports de fumier datés sur le calendrier, permet de gérer correctement l'effluent avec une capacité de fumière inférieure à 5 mois (réalisation d'un diagnostic par un conseiller agricole avec la méthode DeXeL).
Les calculs de la capacité de stockage sont établis avec la méthode de diagnostic DeXeL, mise en œuvre et actualisée par l’Institut de l’Elevage (Idele) et reconnue par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche et les Agences de l’eau. Le diagnostic est établi par un agent technique agréé. Le diagnostic environnemental de l’exploitation d’élevage (DeXeL) détermine les facteurs potentiels de pollution de l’eau provenant des bâtiments, des équipements et des pratiques d’épandage des effluents. Contactez un conseiller « bâtiment » de Chambre d’Agriculture pour calculer la capacité nécessaire de la surface de stockage du fumier.
Dépôt au Champ
Le dépôt au champ du fumier directement sorti des écuries est interdit, quel que soit le lieu ou la zone. Une distance d'éloignement des habitations est établie à au moins 50m. Attention ! Renseignez-vous auprès de votre mairie et dans le RSD sur l'autorisation de dépôt au champ.
- Nature de l'effluent : Lors de la constitution du dépôt au champ, le fumier compact doit tenir naturellement en tas, sans produire d'écoulement latéral de jus. Le tas doit être constitué de façon continue pour disposer d'un produit homogène et limiter les infiltrations d'eau. Les mélanges avec des produits différents n'ayant pas ces caractéristiques sont interdits.
- Quantité : Le volume du dépôt est adapté à la fertilisation des parcelles réceptrices.
- Durée : La durée de stockage ne dépasse pas 10 mois et le retour du stockage sur un même emplacement ne peut intervenir avant un délai de trois ans.
- Lieu : Sur prairie ou sur lit de matériaux absorbants (paille, copeaux…) ou sur une culture de plus de 2 mois avec couverture du tas du 15/11 au 15/01. Si l'épandage est effectué sur des terres labourables à moins de 100m des habitations, alors il devra être immédiatement suivi d'un labour (enfoui au plus tard le lendemain).
Réglementation de l'Épandage du Fumier Équin
Avant toute chose, veuillez vérifier si la parcelle sur laquelle vous souhaitez épandre du fumier équin est en zone vulnérable. Vous trouverez ces informations sur le site de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement de l’aménagement et du logement) de votre région.

- Document/procédure recommandé dans une zone non vulnérable : Plan parcellaire, Plan de fumure, Cahier d’épandage, Bordereau de transfert des effluents.
- Dans les zones vulnérables les procédures citées ci-dessus sont obligatoires. À ces procédures viennent s’ajouter les procédures suivantes : Calendrier d’épandage, Capacité de stockage minimum de 4 mois (cf PAN), Distance minimum d’épandage.
- Période d’épandage : Toute l’année sauf si le sol est enneigé ou inondé. Interdiction d’épandre sur des sols non cultivés toute l’année, il y a des restrictions d’épandage du 15/11 au 15/01 sur cultures semées à l’automne et sur les prairies installées depuis moins de 6 mois, pour les parcelles en zone vulnérable.
- L’épandage doit se faire sur une parcelle située à : 35m de toute source d’eau (puits, aqueduc, rivage, lieu de stockage d’eau), 50m d’une habitation occupée par un tiers, zone de loisir, ou Établissement Recevant du Public indépendant de votre structure.
- Si vous épandez sur des terres labourables qui se situent à moins de 100m d’habitations, l’épandage devra être suivi d’un labour qui aura lieu au plus tard le lendemain du jour où vous avez épandu.
- Si vous épandez sur une prairie, celle-ci doit se trouver à 100m des tiers. Ceci est valable en zone vulnérable et hors zone vulnérable.
L'épandage de fumier/compost peut être réalisé toute l'année, même sur des sols pris par le gel. Le fumier de cheval étant considéré comme un fumier compact pailleux de type I (rapport C/N>8), il n'y a généralement pas de période d'interdiction d'épandage et le dépôt temporaire au champ est autorisé. La quantité d'azote organique issu des effluents que l'exploitant peut épandre est plafonnée à 170kg d'N/ha.