
Le maintien d'un cheptel apicole productif est devenu de plus en plus complexe ces dernières années, notamment en raison des pertes hivernales et des défis environnementaux. Pour assurer la pérennité et la vitalité d'un rucher, il est indispensable de disposer de reines jeunes, dynamiques et de qualité. L'élevage de reines est une pratique essentielle qui permet de compenser les pertes, d'améliorer la résistance des abeilles et de sélectionner des lignées génétiques supérieures. Bien que cette pratique puisse intimider au premier abord, il est possible de réaliser un élevage avec des moyens limités, même sans grandes connaissances préalables.
L'importance des reines jeunes et de qualité

La qualité de chaque abeille de la colonie découle directement de la qualité de sa reine, car elle fixe les caractéristiques génétiques de la colonie. Des reines jeunes garantissent une meilleure productivité des ruches et une tendance à l'essaimage moins importante. Le remplacement naturel d'une reine, que ce soit par essaimage ou par remérage, affaiblit considérablement la colonie. Dans le cas de l’essaimage, la population de la ruche est divisée en deux. Bien qu'un nouvel essaim puisse être créé si l'essaimage est maîtrisé, la nouvelle reine doit encore être fécondée et ne reprendra pas immédiatement la ponte. Pendant ce laps de temps, la colonie reste fragile et sa production sera faible. De même, un remérage naturel implique un temps de latence similaire entre le décès de la reine et l'arrivée à maturité de la reine suivante.
Le vol nuptial de la reine est un moment particulièrement risqué, avec 15 à 30 % des reines qui peuvent être perdues durant cette étape, soit en ne retrouvant pas leur ruche, soit en étant victimes de prédateurs. L'élevage de reines permet de remplacer très rapidement une reine décédée, limitant ainsi les pertes, et l'élevage de reines fécondées annule le risque lié au vol nuptial.
L'élevage permet également une sélection génétique rigoureuse. En choisissant des reines qui se sont mieux adaptées à leur environnement, qui sont plus douces, tiennent mieux au cadre ou sont plus économes, on contribue à la survie et à l'amélioration de la population d'abeilles. Chaque année, l'apiculteur perd une partie non négligeable de ses colonies d'abeilles et doit reconstituer son cheptel apicole. On estime que, selon les régions et les saisons, entre 30 et 50 % des ruches ne survivent pas à l'hivernage. L'élevage devient donc crucial pour les professionnels et un atout majeur pour les amateurs.
Le cycle de développement de la reine et la question du greffage
Une reine met 16 jours pour se développer de l'œuf à l'émergence. Ce cycle rapide est un facteur clé dans les stratégies d'élevage. Les cellules royales naissantes sont généralement bien acceptées, même dans un essaim formé le matin même. En revanche, les reines vierges sont souvent mal acceptées, et les reines en ponte ne le sont qu'après 36 heures d'orphelinage et sous certaines précautions. Il est impératif d'introduire la reine dans une cage à reine ou sous un grillage sur couvain naissant (environ 15 x 15 cm) sans abeilles.

Le greffage est une étape fondamentale dans de nombreuses méthodes d'élevage de reines. Il s'agit de prélever de très jeunes larves d'abeilles ouvrières fécondées dans une ruche souche de qualité et de les déposer dans des cupules artificielles. L'âge des larves est crucial : des larves de 12 à maxi 36 heures sont préférables pour obtenir des reines de meilleure qualité, car elles recevront de la gelée royale plus longtemps. Si l'on greffe des larves de 24 heures, les reines naîtront 12 jours plus tard (3 jours œuf, 1 jour larve et greffage, et 12 jours avant naissance à 16 jours).
Méthodes d'élevage de reines : du simple au plus complexe
Il existe de nombreuses méthodes d'élevage de reines, mais elles partagent plusieurs points communs : l'élevage se fait quand la colonie est la plus populeuse, généralement entre mai et juin. Les colonies utilisées pour l'élevage doivent être en bonne santé et disposer de nourriture en quantité. Ces méthodes peuvent être distinguées en fonction de la quantité de reines produites et de la complexité de leur mise en œuvre.
La méthode de division simple
Cette méthode est la plus simple à mettre en œuvre et nécessite peu de matériel spécifique. Elle permet un élevage avec des moyens limités sans nécessairement de grandes connaissances.Tout d’abord, il faut sélectionner la « meilleure » ruche, car c’est de cette souche que naîtra le nouvel essaim. Cette colonie doit avoir cinq ou six cadres de couvain récent, du pollen et du miel en quantité. La veille de l’intervention, il est recommandé de nourrir la ruche de sirop afin de la stimuler. L’intervention doit se faire entre mai et juin, quand les ruches sont les plus populeuses, en milieu de journée lorsque la météo est clémente. Cela assure que le nouvel essaim puisse créer une nouvelle reine et renouveler sa population rapidement. En milieu de journée, les butineuses sont pour la plupart parties, ne laissant que les plus jeunes abeilles dans la ruche. Une journée douce est à privilégier pour ne pas trop rafraîchir la ruche.
Il faut se munir d’une ruchette traitée à l’huile de lin (cette odeur plaît aux abeilles) et la placer à côté de la ruche souche. Après avoir trouvé la reine de la ruche souche et l’avoir encagée pour s'assurer qu’elle ne serait pas blessée, on peut remplir la ruchette avec les cadres de la ruche souche. La ruchette doit contenir deux cadres de couvain récent, un cadre de couvain operculé, un cadre de miel operculé et un cadre riche en pollen. Pendant le transvasement des cadres, il ne faut pas secouer les abeilles dans la ruche souche, car entre un et deux kilos d’abeilles doivent se trouver dans la ruchette pour l’aider à démarrer. La ruche souche doit être remplie à nouveau, complétée avec des partitions, des cadres construits et des feuilles de cire. Cela lui permettra de reprendre la construction de cadres sans se refroidir excessivement.
Il est ensuite nécessaire de placer un nourrisseur sur la ruche souche et sur la ruchette pour stimuler leur croissance. Pour éviter que les abeilles de la ruchette ne retournent dans la ruche souche, la ruchette doit être déplacée dans un rucher secondaire distant d’au moins 3 kilomètres. Isolées, les abeilles de la ruchette vont faire naître une nouvelle reine. Après 4 jours, il est possible de ramener la ruchette dans le rucher originel. Cinq jours plus tard, il est temps de visiter cette ruche pour vérifier la présence de cellules royales sur les cadres, en manipulant avec attention car les cellules sont fragiles. Enfin, il faut visiter la ruchette 26 jours plus tard pour vérifier le succès de la division. Pourquoi 26 jours ? Après la séparation de l’essaim, les abeilles prennent un œuf et en font une reine. 11 jours plus tard naît une reine. Si la météo est propice, 5 jours plus tard elle fera son vol nuptial, et ses premières pontes interviendront. C’est le lendemain, soit 26 jours après, que l'on pourra visiter la ruche à la recherche d’une ponte fraîche.
Les avantages de cette méthode sont principalement sa simplicité et le peu de matériel nécessaire. Cependant, elle requiert un rucher secondaire, ne permet qu'une production faible de reines et affaiblit les colonies divisées pour le reste de la saison. Il faudra environ 7 semaines entre la division et la première ponte de la nouvelle colonie.
La méthode Miller
La méthode Miller capitalise sur le comportement de construction des cellules royales pour obtenir une production plus importante. Cette technique est idéale pour renouveler les reines de plusieurs colonies vieillissantes.Pour ce faire, il faut prendre un cadre construit et découper la cire de manière à former quatre V pointant vers le bas. Les abeilles ayant tendance à construire les cellules royales sur le bord des cadres, ces triangles multiplient la longueur de « bord » et favorisent la construction de cellules royales. Introduire ce cadre au centre de la meilleure ruche. Un peu de sirop peut être versé sur le cadre pour favoriser son acceptation par la colonie. Trois jours plus tard, ce cadre devrait être rempli de couvain frais. Il est alors temps d’introduire ce cadre dans un starter.10 jours plus tard, de nombreuses cellules royales devraient être présentes et pourront être récoltées en les découpant sur le cadre et en les introduisant dans les colonies à remérer. Une attention particulière doit être portée aux cellules, car elles sont extrêmement sensibles aux chocs et aux écarts de température. Il est conseillé de transporter les cellules royales dans une boîte en polystyrène préalablement chauffée. Il est possible que les abeilles tentent d'attaquer la cellule royale fraîchement introduite. Une technique simple pour les protéger consiste à les entourer d’aluminium, en laissant dépasser le bout de la cellule pour permettre à la reine de sortir.
Cette méthode présente l'avantage de produire plus de reines en mobilisant seulement quelques colonies (la donneuse et un finisseur). Cependant, la production de cellules est assez difficile à quantifier, ce qui peut entraîner un surplus ou un manque de cellules royales. De plus, la manipulation des cellules royales à peine operculées est un exercice délicat.
Le picking ou greffage de larves

Le picking est la méthode la plus couramment utilisée par les éleveurs de reines pour un élevage intensif avec un rendement plus prévisible. Cette technique utilise un cadre d'élevage spécifique sur lequel sont fixées des cupules (sortes de petits bols ouverts vers le bas). Le cadre d’élevage possède également un emplacement pour un nourrissement liquide. Le picking consiste à prélever, à l’aide d’un outil spécifique appelé picking, des larves âgées d’au maximum 3 jours. Le choix de la ruche donneuse est très important pour la qualité des futures reines. Ces larves sont déposées avec leur gelée protectrice au fond des cupules. Il est possible d’y ajouter de la gelée royale, mais les avantages de cette pratique sont incertains. L’âge de la larve, la qualité des éleveuses et de la souche utilisée sont les facteurs déterminants de la vitalité de la reine à naître.
Dès la fin du picking, le cadre d’élevage est introduit dans le starter avec un nourrissement sur le dessus du cadre et dans le nourrisseur. Il est crucial de s’assurer qu’aucune autre cellule royale ne soit présente dans le starter au moment de l’introduction du cadre d’élevage, sinon aucune cellule ne sera acceptée. Après trois jours, les abeilles du starter auront initié la construction des cellules royales. Le cadre d’élevage peut alors être basculé dans le finisseur. À ce stade de développement de la cellule royale, il serait dangereux de déplacer à nouveau le cadre d’élevage. Pour cette raison, de nombreux éleveurs optent pour des montages qui combinent le starter et le finisseur en une seule et même ruche, comme le principe du starter-finisseur Harry Cloake, qui est très utilisé.
Dix ou onze jours après le greffage, les cellules royales peuvent être récoltées. À ce stade, deux solutions s’offrent à l’apiculteur : soit les cadres sont récupérés pour placer ensuite (toujours très délicatement) les reines dans une couveuse à 34°C où elles finiront leur maturation, soit elles peuvent être introduites directement au milieu du couvain d’une nouvelle colonie, en suivant les mêmes précautions que pour la méthode Miller.
1, 2, 3 greffer !
La méthode des cellules royales de 3 jours (c3j)
Une autre approche pour l'élevage de reines sans finisseur ni couveuse consiste à introduire des cellules royales de 3 jours (c3j) dans les essaims artificiels. Cette méthode simplifie le travail et offre un taux de réussite très bon (plus de 80% pour environ 600 introductions), produisant des reines de meilleure qualité. Cependant, elle augmente la durée de non-ponte de l'essaim et nécessite une visite supplémentaire pour vérifier l'acceptation de la c3j. Le besoin d'un starter reste souvent présent, bien que pendant la période d'essaimage, les starters puissent tourner en continu avec peu d'entretien. Hors période d'essaimage, il peut être nécessaire d'en refaire un, ce qui peut être contraignant.
L'idée est d'introduire directement des cellules royales fraîchement greffées dans les essaims artificiels orphelins (EAO). Le type de ruche importe peu (Mini+, Beenuk, Ruche, Mexicaine…). Chaque EAO doit être composé de deux cadres de couvain avec ses abeilles (de préférence operculé), un cadre de miel bien plein avec ses abeilles, et un cadre bâti vide. Les 5ème et 6ème positions sont laissées vides pour faciliter le travail, ou une partition chaude peut être ajoutée si la ruche est plus grande ou en début de saison. L'essaim doit être orphelin : sans reine fécondée, vierge ou cellule royale, sinon le taux de réussite sera de 0%. La technique de filtration passive peut être une bonne solution. L'EAO doit être placé dans un rucher de fécondation, avec les entrées séparées d'un mètre les unes des autres. Il faut attendre 7 ± 2 jours ; à 9 jours, il y a un risque d'avoir une reine vierge, et à 5 jours, il peut rester des larves potentiellement éligibles au statut de reine. Si l'introduction se fait à moins de 5 jours, le taux de prise en charge des c0j diminue et devient presque nul à 0 jour. Le but est de se retrouver avec une sorte de mini-starter ouvert.
Au 7ème ± 2 jours (jour G), il faut greffer le double de cupules royales que d'EAO. Le transport des c0j ne pose pas de problème : une boîte avec un linge humide, à l’abri du soleil, permet de les conserver intactes quelques heures. Si elles sont introduites dans les heures qui suivent le greffage, un greffage à sec est suffisant. Si l'attente est de plus d'une demi-journée, un greffage avec de la gelée royale diluée est recommandé.
Pour introduire les c0j, il faut vérifier que l'EAO est bien orphelin : pas d'œuf, ni de larve et présence de cellules royales naturelles (CRN). Il est impératif de détruire toutes les CRN en secouant les cadres pour retirer les abeilles et mieux les voir. En laisser une seule, même rabougrie, est synonyme d'échec. Il faut mettre deux c0j par EAO, une par cadre de couvain, au centre de la grappe, soit entre le 1er et le 2ème cadre. Incruster les c0j dans le cadre comme les c3j, détruire les parois des cellules avec le lève-cadre, et piquer le plot dans la feuille de cire. La cupule doit être contre la feuille de cire, l'ouverture vers le bas, avec suffisamment d'espace libre en dessous (2-3 cm). Elles ne doivent pas être l'une en face de l'autre. Il faut nourrir s'il y a moins d’un bon cadre de miel.

Au jour G7 ± 2 (7 jours après le greffage-introduction plus ou moins 2 jours), il faut vérifier l'acceptation : les c0j introduites sont alors operculées (CRO), toujours très belles quelle que soit la saison, même mi-août. Elles ressemblent à des cellules d'essaimage. Certains essaims peuvent en avoir deux, une, ou aucune. Il suffit d'équilibrer : prendre un cadre avec une CRO dans un essaim qui en a deux, et l'échanger avec un cadre d'un essaim qui a perdu ses deux c0j, l'échange étant fait abeilles comprises. Pendant cette opération, il faut bien entendu détruire toute CRN éventuelle. Ce sera le cas si l'introduction des c0j se fait à moins de 5 jours d'orphelinage. Mais là, attention, il est impossible de secouer le cadre pour retirer les abeilles et mieux voir les CRN, car cela pourrait abîmer la CRO. Le but est d'avoir à la fin une CRO par EA. Si l'on n'a pas assez de CRO, on peut rassembler quelques nuclei, et si l'on en a de trop, on les introduit dans la série suivante. Nourrir s'il y a moins d'un bon cadre de miel.
La vérification de la ponte doit se faire au jour G30 ± 5. Si elle est positive, on complète le nuclei avec des cadres gaufrés (dès que la reine pond, ses abeilles récupèrent l’instinct de bâtir). S'il est orphelin, on secoue le nuclei. Et toujours, nourrir s'il y a moins d'un bon cadre de miel. Pour les Mini+, la reine peut être prélevée quand le couvain est operculé. Pour les ruchettes, il faut attendre deux cycles de couvain pour transférer en ruche.
Cette technique est simple, ne nécessitant plus de starter, finisseur ou couveuse. Elle est très souple dans le temps, la fenêtre pour chaque opération (introduction des c0j, vérification des acceptations, vérification de la ponte) étant d'au moins 4 jours, ce qui laisse le temps d'ajuster le calendrier en fonction des autres travaux et de la météo. Elle donne de très bons résultats en termes de taux de reines fécondées et de qualité des reines. Cependant, elle est à réserver aux apiculteurs maîtrisant très bien le greffage.
La gestion de la colonie receveuse et les défis de la fécondation
Lorsque l'on introduit des cellules royales ou des larves, la condition de la colonie receveuse est primordiale. Une colonie orpheline depuis un mois et demi, et qui n'était plus assez nombreuse pour maintenir la chaleur et l'élevage, est considérée comme une cause perdue. De même, une colonie faible ou bourdonneuse présente des risques d'échec élevés. Si une colonie est bourdonneuse, il est préférable de la secouer plus loin après l'avoir enfumée (pour que les abeilles se gorgent de miel). Celles qui reviennent pourront être réunies avec une autre colonie. Il est important de s'assurer que la colonie orpheline ne soit pas bourdonneuse avant d'introduire des cellules royales.
Si des abeilles plus âgées peuvent reprendre un rôle antérieur (comme la sécrétion de gelée royale), la qualité et la quantité de cette gelée seront probablement moindres. Ainsi, l'introduction d'un cadre de couvain avec ses abeilles, accompagné d'un parfumage pour l'homogénéité de l'odeur de la colonie, peut être une solution pour une colonie receveuse plus âgée ou faible. Toutefois, il est à noter que les abeilles ont tendance à préférer faire leur propre cellule royale, et l'ajout d'une cellule royale dans un essaim artificiel avec du couvain "exploitable" peut entraîner sa destruction.
Le maintien d’un paquet d’abeilles dans une ruchette nécessite un minimum de couvain, environ la valeur d’un cadre de hausse, sinon l’essaim risque de déserter la ruchette. Lors de la constitution d'un essaim, il est crucial d'avoir à l'esprit la population actuelle et future. Par exemple, si l'on dote un essaim d'un cadre de nourriture, un cadre de cire gaufrée, de trois cadres de couvain prêt à naître, plus toutes les abeilles qui étaient sur les trois cadres, cela représente environ la valeur de six cadres. La ruchette se trouve rapidement remplie d'abeilles.

Pour obtenir un essaim dans une hausse, il suffit de tapoter le corps de ruche, de sorte que les abeilles ainsi que la reine montent dans la hausse. Une fois la hausse pondue, il faudra faire redescendre la reine et intercaler entre la grille à reine et la hausse pondue une deuxième hausse remplie de rayons. Le couvain étant séparé, un élevage s’effectuera dans la partie n’ayant pas de reine. On peut effectuer ce que l’on appelle « le coup du roi ». Les butineuses reviendront à la hausse ; s’il y a une miellée, il faudra mettre une deuxième hausse. Dans la hausse, un élevage s’est créé, il y a un petit nuclei. Après la première miellée, il reste deux hausses pleines de miel et un petit nuclei. Ensuite, il faut tuer la vieille reine de la ruche, et 48 heures après, enlever le plancher de la ruche. Au mois de mars de l’année suivante, la hausse de dessous sera passée dessus. Ce résultat peut être accentué avec deux ruches voisines.
Une jeune reine ne commencera sa ponte que si les nourrices la « gavent » de gelée royale. Si ces dernières ne reçoivent pas de nectar et de pollen en quantités suffisantes, le début de ponte est retardé. Plus on avance dans la saison et plus ce retard risque de ne pas engendrer une population suffisante pour l’hivernage, et de plus, les abeilles peuvent tuer une reine dont la ponte tarde trop. Il ne faut donc pas hésiter à stimuler avec un sirop léger qui imite le nectar (40% de sucre, 60% d’eau), distribué tiède, à petite dose (200 ml pendant 3 ou 4 jours) et le soir (le plus tard possible afin d’éviter le pillage). Si cette stimulation ne donne rien, c’est qu’il y a absence de reine dans la colonie. Dans ce cas, il faut y introduire sans tarder des œufs ou des très jeunes larves (à moins de maîtriser l’élevage des reines ou d’en acheter). Il est possible d'introduire un cadre entier prélevé dans une autre colonie ou de prélever un morceau de rayon (un carré de 7-8 cm de côté) que l’on greffera. Cela n’affaiblit pas la ruche et permet de faire un peu de sélection. À l’aide d’un bistouri ou d’un greffoir, on découpe ce carré que l’on insère tout simplement dans un cadre de la ruche « receveuse ». Au centre de ce cadre, il peut être inséré 8 jours auparavant un morceau de rayon comprenant œufs et très jeunes larves.