Stratégies pour gravir les échelons : Guide complet de l'évolution professionnelle

La gestion de carrière ne relève pas du hasard. Tout comme votre patrimoine ou votre santé, votre trajectoire professionnelle se prépare et se gère avec méthode. Rares sont les cas où l’on se retrouve dans des postes de management ou de direction, voire à la tête de l’entreprise totalement par hasard. Le plus souvent, il y a eu un processus d’évolution plus ou moins long et des étapes franchies une à une pour arriver au sommet de l’entreprise, ou tout au moins pour atteindre ses objectifs d’évolution de carrière.

Mais que faire quand vous ne vous sentez plus aligné avec votre poste actuel ? Cette étape est cruciale ! En validant votre projet professionnel, vous avez plus de chances d’attirer les BONNES opportunités ! C’est aussi l’occasion de travailler sur votre pitch. Estimez le temps que vous pouvez consacrer à cette transition par semaine et élaborez un plan stratégique pour atteindre votre objectif. Soyez structuré dans votre démarche pour avancer efficacement et éviter de perdre du temps.

Schéma illustrant les étapes de la progression de carrière, de l'encadrement intermédiaire à la direction

Les fondamentaux de la progression : attitude et image

Pour gravir les échelons, il faut des qualités particulières. Au-delà de vos compétences, ce qui va beaucoup peser dans la balance pour évoluer dans une entreprise, c’est votre attitude. Si vous avez de l’ambition, montrez que “vous en voulez” en toute transparence. Attention cependant à ne pas trop en faire au risque d’agacer vos collègues ou de susciter des jalousies. Votre soif de progression doit être connue mais il ne faut pas que ce soit un sujet central dans votre travail.

Sachez notamment faire preuve de patience. En effet, l’expérience acquise avec le temps est un gage rassurant. En d’autres termes : la confiance, ça se gagne ! Et dans la plupart des entreprises, priorité est donnée aux plus expérimenté.es, qui ont fait leurs preuves. Sachez également doser votre désir de mobilité, sans vouloir aller trop vite. Un consultant en ressources humaines m’expliquait un jour la théorie de l’oiseau en cage pour mesurer la prise de risque lors d’un changement de poste. Imaginez un oiseau qui se tient aux grilles de sa cage grâce à son bec et ses 2 pattes. Ces 3 membres qui le font tenir sont les 3 piliers du changement : la fonction, le service, l’entreprise. S’il se déplace dans sa cage en bougeant à la fois son bec et une patte, il risque de tomber, ne se tenant plus qu’avec une seule patte. S’il se déplace en ne bougeant qu’une patte à la fois, ou son bec, il ne tombera pas.

Une notion qui nous échappe parfois, c’est celle de l’image que l’on dégage, et celle de notre réputation. Pour évoluer en entreprise, vous devez prendre les devants et soigner votre image. Ce terme est largement répandu dans les grands groupes, il s’agit d’avoir une attitude qui corresponde aux codes de l’entreprise. Pour vous démarquer, rien de tel qu’une petite dose d’auto-promotion. En interne, pensez à communiquer vos réussites par le biais de l’intranet ou en étant cité.e dans la newsletter.

L'art du leadership : éviter les pièges du pouvoir

Le fait d’accéder à certaines fonctions peut isoler les dirigeants et managers et biaiser leur jugement. J’ai été amenée, en 2014, à travailler avec un cadre supérieur - appelons-le Steve. Son patron avait eu vent que Steve usait de ses nouvelles fonctions de manière déplacée. Selon lui, Steve avait développé une façon subtile d’avoir toujours raison lors des réunions, un procédé qui vidait la salle de tout son oxygène. Plus personne ne s’aventurait à proposer des idées une fois que Steve avait donné son point de vue. Depuis sa promotion, Steve avait abandonné son esprit d’équipe et se positionnait davantage comme un supérieur hiérarchique sachant mieux que tout le monde.

Pourquoi ce changement de comportement est-il si fréquent chez les personnes nouvellement promues managers ? Les travaux de recherche montrent que le pouvoir contrarie notre disposition à l’empathie. Dacher Keltner, auteur et spécialiste en psychologie sociale à Berkeley (université de Californie), a mené des études montrant que les personnes en position de pouvoir souffraient d’un déficit d’empathie et d’une moindre capacité à lire les émotions et à adapter leur comportement aux autres. Les échecs les plus fréquents auxquels sont confrontés les leaders ne concernent pas d’éventuels détournements de fonds, fraudes ou scandales sexuels. Il est plus courant de voir échouer ces dirigeants à cause de leur mauvaise pratique du self-management au quotidien - et d’un usage du pouvoir motivé par l’ego et l’intérêt personnel.

Psychologie du pouvoir | Dans la tête d'un politicien

Comment cela se produit-il ? Les débuts sont timides, puis tout se précipite. On observe tout d’abord des choix mineurs effectués sans discernement, peut-être de manière inconsciente. Cela peut aussi se traduire par une façon feutrée de s’imposer : exiger un traitement spécial, prendre des décisions et parvenir à ses fins sans consulter les autres. Les leaders appréhendés par la police pour excès de vitesse ou conduite en état d’ébriété s’indignent et vocifèrent : « Vous savez à qui vous avez affaire ? » Cela renvoie à un problème plus large de pouvoir et de notoriété. Comment des personnes parties à la poursuite d’un rêve en viennent-elles à se magnifier ? Après avoir fait bénéficier autrui de leur générosité, elles rencontrent un goulet d’étranglement qui les amène à user de leur pouvoir pour leur propre bénéfice.

Prenons le cas de Patrick Cannon, ancien maire de la ville de Charlotte (Caroline du Nord). Parti de rien, il a surmonté la pauvreté et, à l’âge de 5 ans, la perte tragique de son père. Diplômé de l’université d’Etat de Caroline du Nord, il intègre la fonction publique à 26 ans et devient le plus jeune membre du conseil municipal de l’histoire de Charlotte. Mais en 2014, à l’âge de 47 ans, il plaida coupable d’avoir accepté 50 000 dollars de pots-de-vin dans le cadre de ses fonctions. En entrant dans le palais de justice, il trébucha et tomba. Les médias ne manquèrent rien de sa chute, qui symbolisait avant tout la faillite d’un élu et d’un petit entrepreneur, exemple vivant d’une réussite triomphant de nombreux obstacles.

Prévenir l'abus de pouvoir et maintenir son intégrité

Que devez-vous faire si, en tant que leader, vous craignez de franchir la ligne qui sépare le pouvoir de l’abus de pouvoir ? Tout d’abord, acceptez de travailler avec d’autres personnes, soyez prêt à vous mettre en position de vulnérabilité et sollicitez des avis. Un bon spécialiste en coaching exécutif pourra aussi vous aider à retrouver une attitude empathique et à prendre des décisions fondées sur des valeurs. Toutefois, veillez à solliciter le feed-back d’un large éventail de personnes. Evitez les questions faciles (« Est-ce que je me débrouille bien ? ») et posez les questions délicates (« Que pensent mes employés de mon style de management et de ma vision d’ensemble ? »).

A titre préventif, faites un travail sur vous-même et osez un inventaire personnel. Voici quelques questions importantes à vous poser :

  1. Disposez-vous d’un réseau composé d’amis, de membres de votre famille et de collègues qui tiennent à vous, indépendamment de votre fonction, et qui vous aideront à garder les pieds sur terre ?
  2. Avez-vous un spécialiste du coaching exécutif, un mentor ou une personne de confiance à qui parler ?
  3. Exigez-vous certains privilèges ?
  4. Honorez-vous certaines promesses gênantes qui n’ont pas été mises en lumière ?
  5. Invitez-vous les autres à se mettre en avant ?
  6. Vous isolez-vous lors du processus décisionnel ? Vos décisions reflètent-elles vos valeurs profondes ?
  7. Reconnaissez-vous vos erreurs ?
  8. Etes-vous fidèle à vous-même dans le cadre du travail, en famille et sous les projecteurs ?
  9. Pensez-vous qu’il peut exister des exceptions ou des règles différentes pour des personnes telles que vous ?

Si un leader gagne notre confiance, nous attendons de lui qu’il respecte des normes non négociables. Ne pas respecter la parole donnée ou de se laisser aller à un abus de pouvoir est inadmissible. Nous attendons tous des dirigeants qu’ils soient hautement compétents, visionnaires et doués pour le leadership. Cependant, l’empathie, la sincérité et la générosité sont les qualités qui marquent la différence entre la compétence et la grandeur.

Conseils pratiques pour passer du management à la direction

Pour gravir les échelons, il faut des compétences permettant d'instaurer la confiance et d'obtenir des résultats. Si vous occupez un poste de cadre intermédiaire et que vous souhaitez accéder à la direction de l'entreprise, comment commencer dès aujourd'hui à vous perfectionner ?

1. Travailler avec un modèle

Bev White, PDG du recruteur Nash Squared, souligne la différence entre les deux niveaux : "L'un gère des équipes qui doivent faire le travail et respecter les délais. L'autre doit communiquer sa vision et montrer la voie". Selon elle, identifiez un grand leader que vous admirez et étudiez son travail. "Apprenez de ces modèles. Faites-en votre mentor ou votre coach, que ce soit de manière informelle ou formelle."

2. Prenez les gens sous votre aile

Madoc Batters, responsable du cloud chez Warner Leisure Hotels, explique que pour passer du statut de cadre intermédiaire à celui de chef d'entreprise, il faut se concentrer sur son équipe plutôt que sur soi-même. "Vous devez faire preuve d’empathie", dit-il. "Il faut comprendre d'où viennent les gens et connaître leurs défis". Les personnes qui réussissent cette transition écoutent attentivement leur personnel. "J'entends toujours dire que les gens ne quittent pas leur entreprise, mais leur manager ! Vous devez donc vous assurer que vous pouvez inspirer les gens".

3. Montrez votre authenticité

Caroline Carruthers, du cabinet de conseil Carruthers and Jackson, affirme que la meilleure façon d’atteindre le sommet est de comprendre ce en quoi vous êtes doué et d’être authentique. Elle s'appuie sur le concept japonais Ikigai. "Lorsque je me suis dit : 'Vous savez quoi ? Là, c'est moi. C'est ce que je pense', ma carrière est montée en flèche !"

Infographie expliquant le concept d'Ikigai appliqué à la carrière professionnelle

4. Gagner une vraie réputation

Michael Vuong, responsable de la gestion des projets chez BrandAlley, affirme que travailler très dur est la seule façon de parvenir au sommet. "Cette approche vous permettra d’obtenir la reconnaissance dont vous avez besoin". M. Vuong insiste sur l'importance du réseau : "Travaillez à construire le réseau qui vous permettra d’atteindre vos objectifs".

5. Devenir un pionnier dans le secteur

Stephen Mason, directeur du numérique chez Jaguar Land Rover (JLR), dit que les personnes qui dépassent le stade de l'encadrement intermédiaire adoptent une vision tournée vers l'avenir. "Il s’agit de ne pas faire ce que l’on a toujours fait, de comprendre la direction que prend l’industrie et d’essayer d’être à l’avant-garde du changement".

Évolution interne et gestion des compétences

Pour faire avancer votre carrière, rien de mieux que d’avoir une cible afin de savoir quelles étapes franchir. Évoluer en entreprise, c’est aussi cultiver votre réseau. Clubs de sport, meetups, veille technologique, réseaux sociaux… utilisez tous ces leviers pour développer votre réseau. Ils contribuent à votre ouverture d’esprit, votre veille sur votre secteur d’activité et géographique, votre capacité à innover et à vous adapter.

Développer son sens critique est très important en entreprise. Lorsque les idées sont amenées avec subtilité et humilité, elles seront très appréciées par votre responsable et votre hiérarchie. Nombre de changements de postes ont lieu lors de rachats, ou lors de réorganisation d’un service, fusion, rachat de filiales, etc… Si vous sentez le vent venir, tâchez de vous positionner au plus tôt sur un poste pour évoluer à ce moment-là.

Enfin, pour éviter le principe de Peter - où un salarié est promu jusqu'à son seuil d'incompétence - assurez-vous de toujours aligner vos compétences techniques avec vos aspirations réelles. Apprenez à accepter votre personnalité et à faire valoir vos talents. Si, d’une manière ou d’une autre, vous contribuez à améliorer le fonctionnement du service, ou de l’entreprise, ces compétences deviennent clés. La patience est indispensable lorsque vous souhaitez évoluer. La mobilité interne est parfois un processus assez long. Une fois vos souhaits identifiés et partagés avec vos chefs, vous aurez certainement plusieurs étapes à valider avant d’accéder au poste souhaité. Rapprochez-vous régulièrement de vos chefs pour savoir où cela en est ! Montrez votre motivation quotidiennement, prenez le temps de vous former, de discuter avec vos collaborateurs, de vous nourrir de leur savoir-faire.

tags: #grimper #dans #la #hierarchie