Guide complet pour la culture et l'entretien du groseillier à maquereau

Le groseillier à maquereau (Ribes uva-crispa), aussi appelé groseillier épineux, ou encore Ribes grossularia, est un petit arbuste fruitier caduc, apprécié pour ses baies acidulées à maturité. Ne confondez pas le groseillier à grappes (Ribes rubrum) avec le groseillier à maquereau. Le premier produit des grappes de petits fruits ronds de couleur rouge ou blanche. Le second produit des gros fruits translucides et duveteux, de forme ronde. On trouve des groseilles à maquereau de couleur jaune, verte, rose, blanche ou rouge. Cet arbrisseau de port buissonnant fait environ 1,5 m de hauteur avec des branches qui portent des épines plus ou moins présentes suivant les variétés. Bien conduit, il reste productif 10 à 20 ans.

Schéma illustrant les différences morphologiques entre le groseillier à grappes et le groseillier à maquereau

Les exigences climatiques et l'emplacement idéal

Cet arbuste à petits fruits demande du soleil et un emplacement abrité des vents. Le groseillier à maquereau fructifie mieux avec au moins 4-5 heures de soleil, idéalement un soleil non brûlant. Une orientation est (soleil du matin) ou ouest (soleil de fin de journée) est souvent la plus équilibrée. Dans le Sud, préférez l’installer à la mi-ombre car le soleil brûlant toute la journée n’est pas apprécié par l’arbuste. En revanche, en Atlantique ou au Nord, le plein soleil est mieux toléré si le sol ne sèche pas.

Laissez 60-80 cm par rapport à un mur ou une clôture pour l’aération et l’accès à la récolte, ce qui limite également l'oïdium. Le groseillier à maquereau aime les sols frais, riches en humus, avec une texture limono-argileuse légère ou limoneuse, mais il s’adapte si le drainage est correct. Visez un pH 6,0 à 7,0. Évitez les zones où l’air stagne, car cela favorise le développement de maladies fongiques.

Plantation et installation au jardin

La meilleure saison pour garantir une bonne reprise est l’automne (septembre à novembre), qu’il soit vendu dans un pot ou à racines nues. Le sol encore tiède favorise l’enracinement avant l’hiver, et la reprise au printemps est plus vigoureuse. En climat continental et montagnard, on peut aussi planter au printemps (mars-avril) en évitant les périodes de gel tardif.

Pour planter, creusez un trou de deux à trois fois plus grand que la motte. Mettez un engrais de fond dans le trou. Griffez légèrement les racines, installez la plante, comblez avec un mélange de terreau universel et de terre de jardin, tassez, puis arrosez abondamment. Pour une meilleure fixation, placez le collet un peu en-dessous du niveau du sol.

Dès la plantation, il est conseillé de placer un paillis végétal au pied des arbustes à petits fruits. Il va ainsi limiter l’évaporation, conserver les pieds sans mauvaises herbes et garder la fraîcheur des arrosages ou de la pluie.

Arrosage et fertilisation

Le groseillier à maquereau est généralement peu exigeant en eau, mais il apprécie un sol qui reste frais. En pleine terre, prévoyez en moyenne 1 arrosage profond par semaine (8-12 L) et montez à 2 fois par semaine en sol léger. Si la pluie dépasse 10 mm par semaine, l'arrosage devient inutile. En zone méditerranéenne lors des semaines très sèches, passez à 2-3 arrosages et paillez généreusement.

Pour la nutrition, apportez chaque printemps quelques pelletées de compost mûr au pied pour le nourrir. Binez le sol autour du pied avant d’appliquer le compost. En pleine terre, il est conseillé d'apporter au début mars 2-4 poignées de compost plus une poignée de fertilisant organique type petits fruits.

L'arrosage des tomates

La taille : clé de la productivité

Ces arbustes ne se taillent pas tous les ans, mais tous les 4 ou 5 ans, au mois de février ou mars, hors gel, avant la reprise de végétation. La taille est la clé pour garder un groseillier à maquereau productif, bien aéré et moins sensible à l’oïdium.

Commencez par couper toutes les branches sèches au ras du sol. Ensuite, éclaircissez les branches qui poussent vers l’intérieur car l’arbuste a besoin d’aération. Le but est de conserver du bois jeune (1 à 3 ans) et d’éviter un centre étouffé. Gardez 8 à 12 rameaux bien répartis, et assurez une bonne pénétration de la lumière. Si l’arbuste vieillit, supprimez 1 à 3 vieilles branches à la base.

Conduite palissée

Il s’agit de leur offrir une structure pour accrocher les branches, faciliter les récoltes et gagner de la place dans le jardin. Chaque pied est associé à un piquet ; les piquets sont reliés entre eux par des fils qui vont soutenir les branches. Utilisez du raphia ou autre lien souple pour ne pas blesser l’arbuste. Faites passer vos branches entre les fils de fer afin qu’elles soient maintenues.

Multiplication : bouturage et marcottage

La méthode la plus simple et la plus fiable pour multiplier un groseillier à maquereau est le bouturage de bois aoûté (tiges de l’année durcies), avec un bon taux de réussite en fin d’automne à hiver (novembre à février, hors gel).

  1. Bouturage ligneux : Les extrémités tendres des pousses sont coupées et le reste du bois est coupé en morceaux de 10 à 15 cm de long. Une grande partie de la bouture (au moins la moitié, voire les deux tiers) doit être enfouie dans la terre.
  2. Bouturage d'été : Taillez des boutures d'environ 10 cm de long, retirez les feuilles dans la partie inférieure et placez-les dans des caisses ou des pots plats remplis d'un terreau meuble et uniformément humide.
  3. Marcottage : Fixez une branche au sol, par exemple à l'aide d'un crochet métallique ou d'une pierre, puis recouvrez-la d'un mélange de terre meuble. Au cours de l'été, la partie abaissée forme ses propres racines.

Schéma expliquant les étapes du bouturage de bois aoûté pour les groseilliers

Gestion des maladies et parasites

La maladie la plus fréquente est l’oïdium (feutrage blanc), surtout en conditions chaudes et sèches avec mauvaise aération. La prévention repose sur la règle des « 3 A » : Aérer (taille et espacement), Arroser au pied (jamais sur le feuillage) et Amender (compost + paillage).

D'autres nuisibles peuvent être présents :

  • Pucerons : Peuvent être limités par des associations avec la ciboulette ou l'ail.
  • Sésie et zeuzère : Larves de papillons qui creusent les tiges. Il faut couper à la base les tiges attaquées et les détruire.
  • Phytopte : Acarien provoquant des déformations des bourgeons. Coupez et détruisez rapidement les tiges atteintes.

Récolte et conservation

Les groseilles à maquereau se récoltent tous les jours de juin à août. Cueillez quand les fruits ont atteint leur taille et leur couleur typiques et qu’ils se détachent facilement. Pour les préparations (tartes, confitures), vous pouvez récolter un peu avant pleine maturité pour garder de l’acidité.

Une fois arrivées à maturité, dégustez-les naturellement. Elles se conservent quelques jours au réfrigérateur. Vous pouvez aussi les congeler, en les faisant prendre sur une plaque au congélateur avant de les mettre en sachet. Cela permet d’éviter que tous les fruits ne s’agglomèrent entre eux.

Culture en pot

Oui, la culture en pot est possible à condition d’utiliser un grand contenant (40-60 L minimum), bien percé, avec un substrat riche mais drainant. Placez-le au soleil doux (est/ouest). Arrosez plus régulièrement qu’en pleine terre : arrosez dès que les 3-5 premiers centimètres du substrat sont secs, souvent tous les 2-4 jours en période chaude. Fertilisez modestement au printemps puis toutes les 4-6 semaines en saison.

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