Le noisetier, cet arbrisseau au charme rustique et aux fruits délicieux, incarne bien des aspects de la nature que l'on chérit. Appartenant à la famille des Betulaceae et au genre Corylus, il se distingue par sa silhouette élancée. Sa véritable notoriété repose sur les précieuses noisettes qu'il produit, une nourriture prisée depuis des siècles, et sur son rôle écologique et culturel profond. En scrutant de près ce compagnon de nos sous-bois, nous découvrons un univers riche en biodiversité et en interactions avec la faune et la flore qui l'entourent, ainsi qu'une présence marquée dans l'histoire, la mythologie et les traditions humaines.

Description Botanique et Cycle de Vie du Noisetier
Considéré comme un arbuste, le noisetier (Corylus avellana L., 1753), également nommé coudre, coudrette, coudrier, ou avelinier, possède généralement plusieurs tiges et peut s'élever jusqu'à 6 mètres de haut, voire rarement atteindre une dizaine de mètres avec un houppier arrondi. Il est diploïde (2n = 2x = 22 ; génome de 378 Mb) et très rustique. Il se caractérise par des touffes buissonnantes composées de multiples troncs fins et droits, qui rejettent d’un même rhizome et drageonnent à proximité immédiate de la souche, pouvant vivre de 30 à 90 ans.
Ses jeunes rameaux sont flexibles et pubescents. Son écorce est lisse, brillante, légèrement ridée et couverte de lenticelles brunes qui s’éclaircissent avec l’âge. Les feuilles du noisetier sont caduques, grandes (6-12 cm), simples et alternes. Elles se caractérisent par leur forme largement ovale ou cordiforme, presque ronde, leurs bords doublement dentelés, une forte nervuration et sont terminées par une courte pointe. Elles sont également pubescentes sur le revers, ainsi que leur pétiole assez court. En automne, son feuillage vire au jaune avant de tomber.

La Floraison Unique et la Pollinisation Anémophile
Le noisetier est une espèce monoïque, ce qui signifie que les fleurs mâles et femelles sont portées sur la même plante, mais sont séparées. Ces deux types de fleurs apparaissent avant la feuillaison, qui a lieu en mai. C'est le vent, et non les insectes, qui transporte le pollen pour assurer la fécondation des fleurs femelles (espèce anémophile). Le noisetier produit énormément de pollen, car une infime partie seulement se retrouvera sur une fleur femelle. Le reste subsistera en suspension dans l'air, pouvant provoquer des réactions allergiques précoces telles que les yeux qui pleurent, le nez qui démange ou des éternuements.

Les fleurs mâles fleurissent très tôt, entre janvier et mars, voire parfois dès décembre si les températures sont clémentes, sur de longs chatons jaunâtres, cylindriques, pendants, sessiles, fasciculés par 2-5. Ce caractère précoce en fait une espèce mellifère très importante, fournissant du pollen aux abeilles dès les premiers mois de l’année, au sortir de l’hiver. Les chatons mâles sont portés sur le bois de l'année précédente, en bout de rameau. Un chaton mâle est au sens botanique un épi (grappe de fleurs sessiles). À l'intérieur de chaque écaille et soudée à elle, on trouve une seconde écaille bilobée sur laquelle se trouvent insérées les étamines. Les fleurs mâles sont dépourvues de pétales et de sépales, sauf si l'on considère l'écaille du dessous comme un calice rudimentaire. Les étamines sont sub-sessiles (filet très court), bifides (bifurquées), et barbues (le sommet des sacs polliniques est pourvu de poils). Chaque étamine bifurquée porte une anthère constituée de quatre sacs polliniques, répartis en deux loges contenant chacune deux sacs polliniques, chaque loge étant portée par une des deux bifurcations terminales de l'étamine. Bien que des ouvrages botaniques, surtout anciens, mentionnent 6 ou 8 étamines par écaille, une observation attentive peut parfois révéler plus de 8 loges d'anthères, un phénomène encore inexpliqué mais documenté par des botanistes comme Gustav Albert Peter.
Les fleurs femelles, plus discrètes, apparaissent quelques semaines plus tard lors du début de la libération du pollen sur le même arbuste. Elles sont regroupées en une inflorescence contenue dans un bourgeon mixte à ébauches florales terminales (un bourgeon mixte contient des fleurs, mais aussi des ébauches de feuilles). Seuls les stigmates des fleurs apparaissent au sommet du bourgeon en une houppe rouge. Ces bourgeons mixtes à fleurs femelles apparaissent, comme les chatons mâles, sur le bois de l'année précédente et ont l'aspect des bourgeons à feuilles et à bois dont on ne les distingue qu'au moment de l'anthèse. Ils sont alors surmontés par les stigmates rouges des fleurs qu'ils contiennent. C'est uniquement par la houppe rouge de stigmates à leur sommet que l'on peut les repérer. Les fleurs femelles ne sont pas visibles et la particularité de cette floraison est qu'elles n'apparaîtront jamais, le bourgeon ne s'ouvrant pas pour les libérer. Le bourgeon mixte contenant les fleurs femelles est composé d'écailles brun verdâtre serrées les unes contre les autres, protégeant l'inflorescence. Le bord des écailles est rougeâtre et présente des cils blancs appressés. L'inflorescence est un épi court (voire tassé sur lui-même) constitué de 5 à 6 bractéoles (rarement plus et en moyenne 4) attachées le long d'un axe central. À l'aisselle de chacune des bractéoles se trouvent deux fleurs femelles sessiles, entourées chacune par un involucre à deux ou trois lobes ou lacinié (cet involucre est accrescent et deviendra l'involucre des futures noisettes, si elles se forment). Les fleurs femelles sont dépourvues de pétales. Le périanthe, réduit à un calice rudimentaire, est très petit et soudé à l'ovaire, qui est infère. Son limbe est très court et irrégulièrement denticulé. Il entoure la base du style, qui est divisé en deux longues branches stigmatifères rouges faisant saillie au sommet du bourgeon. Un des deux ovules est en général avorté.
Pollinisation Noisetier Vent France 5 Au royaume de la forêt
Après la fin de l'anthèse, le support des bourgeons mixtes s'allonge et donne naissance aux feuilles. Le bourgeon s'élargit, les écailles s'écartent et laissent apparaître des masses vertes et poilues, qui sont les feuilles qui commencent à se développer. Les stigmates sont toujours présents, parfois avec des grains de pollen restés collés. Pour une bonne fructification, il est souvent nécessaire de planter au moins deux variétés de noisetier pour assurer une pollinisation croisée, car le pollen est souvent auto-incompatible. La fécondation se complique encore par le fait que beaucoup de variétés de noisetier sont protandres (les fleurs mâles libèrent leur pollen avant que les fleurs femelles ne soient réceptives). Il faut alors planter des variétés dont les fleurs mâles des unes et les fleurs femelles des autres arrivent à maturité en même temps.
Le Fruit : La Noisette
Le fruit du noisetier, la célèbre noisette, est un akène ovoïde (1 à 2 cm de long), apiculé, à péricarpe ligneux. D’abord jaune-vert, il devient brun clair à maturité. Solitaire ou par groupe de 2 à 4, le fruit est constitué d'une coque ligneuse (péricarpe) et d'une graine comestible. Il est recouvert d'un involucre de bractées (organes foliacés réduits), denté, en forme de cloche, allusion à la forme des bractées membraneuses et frangées (cupules) qui entourent la noisette, d’où l’étymologie de "Corylus" du grec "korus" signifiant "casque" ou "capuchon". Le mot « Noisetier » découle de « noisette », et non l’inverse, lui-même étant issu de « noix », qui provient du latin nucis.
Écologie et Distribution du Noisetier
Originaire des régions tempérées de l'hémisphère nord, notamment d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord, le noisetier s'épanouit dans divers habitats. On le trouve des forêts mixtes ou feuillues aux sous-bois bien éclairés, en passant par les lisières et clairières forestières. Il est également abondant dans les haies et le long des berges de rivières. Le noisetier préférera les sols humides et bien drainés et la mi-ombre, mais il peut aussi tolérer des sols plus secs et des conditions lumineuses différentes. Il apprécie un sol bien drainé, de préférence calcaire, et une exposition ensoleillée à ombragée. Il peut se développer jusqu'à 1700 mètres d'altitude et résiste à -20°C, voire moins. Sa distribution s’étend des plaines côtières jusqu’à 1800 m d’altitude, même s’il est plus fréquent en dessous de 1000 m. Au nord, résistant à -20°C, voire moins, il pousse jusqu’au 63e degré de latitude et à l’est jusqu’à l’Oural. Résistant au vent et peu exigeant, il supporte aussi bien le plein soleil que la mi-ombre.

Lors de la dernière période glaciaire, le noisetier sauvage aurait trouvé refuge en Europe du sud, dans le sud-ouest de la France et en Italie, et peut-être dans les Balkans. Ensuite, au début de l’Holocène, il se serait propagé à partir de ces zones-refuges dans son aire actuelle en Europe et en Asie Mineure, puis en Afrique septentrionale. Il a de plus largement été planté dans les haies au Moyen-Âge.
Rôle Écologique Essentiel
Le noisetier joue un rôle crucial en offrant un habitat et une source de nourriture pour la faune. Les noisettes sont consommées par divers insectes, écureuils, petits mammifères et certains oiseaux tels que la sitelle torchepot et les mésanges, tandis que le feuillage fournit un abri et des sites de nidification. Les chatons de noisetier produisent également du pollen, constituant ainsi une source de nourriture pour les abeilles, les papillons et d'autres pollinisateurs, notamment au sortir de l'hiver.
Il aide également à prévenir l'érosion du sol et à améliorer sa fertilité grâce à la fixation de l'azote atmosphérique dans le sol, par une symbiose avec des bactéries présentes dans ses racines. Cela enrichit le sol en nutriments, favorisant ainsi la croissance des plantes mitoyennes. Ses systèmes racinaires denses contribuent à stabiliser les sols, réduisant ainsi l'érosion et fournissant un habitat pour les micro-organismes. Cette stabilité favorise également la croissance d'une variété de plantes herbacées et ligneuses, augmentant ainsi la diversité végétale locale. Diverses études ont mis en évidence le rôle positif du sous-bois de noisetier, véritable parapluie écologique pour la flore herbacée, lequel atteint un niveau de richesse spécifique élevé avec des espèces comme le lamier jaune, la violette de Rivin, l’actée en épi, la parisette, la campanule à fleur de pêcher, le fraisier des bois, la véronique petit chêne ou encore l’anémone Sylvie.

Le noisetier est cependant parasité par l'acarien Phytopte du noisetier, Eriophyes avellanae, mais aussi par un petit coléoptère, le Balanin des noisettes, Curculio nucum, qui attaque non seulement les noisettes mais aussi les feuilles et jeunes pousses du noisetier. Le charançon du noisetier se nourrit principalement de feuilles de noisetier. Par ailleurs, les gros bourgeons ronds que l'on peut observer sur le noisetier sont des bourgeons parasités par un insecte, qui se développent de façon anormale.
Le Noisetier et l'Homme : Une Relation Millénaire
L'homme a instauré une relation importante avec le noisetier, ses noisettes étant une source de nourriture précieuse depuis la Préhistoire. Avec la faine du hêtre et le gland du chêne, c'était alors le seul fruit sec de nos régions capable d’être stocké durant l’hiver. Des noisetiers ont été cultivés en Chine voici 5000 ans, même si c’était probablement des « cousins » de notre noisetier européen. Il est prouvé que des noisettes sauvages de noisetier européen ont été échangées au moins régionalement voici plus de 4000 ans. Par ailleurs, la culture et la domestication de l’espèce voici plus de 2000 ans se sont probablement développées de manière indépendante dans l’ouest de la Méditerranée et des Balkans à la Caspienne. Une étude liée à l’emploi de marqueurs SSR des chloroplastes des noisetiers européens et asiatiques dessine une diffusion post-glaciaire spontanée de l’arbre vers le reste de l’Europe à l’est, sauf l’Italie et les Balkans. Un travail de génétique sur des cultivars espagnols, italiens, turcs et iraniens montre un accroissement de sa diversité en allant de l’Espagne à l’ouest et en se dirigeant vers l’est en passant par l’Italie, la Turquie puis l’Iran, ce qui suggère un autre flux de gènes de l’est vers l’ouest, tandis que les cultivars turcs forment un groupe isolé. Ces résultats indiquent que la culture du noisetier n’a pas été introduite du bassin méditerranéen oriental vers le sud de l’Italie et l’Espagne par les Grecs, ou même plus tard par les Arabes. En outre, ils suggèrent que la Campanie en Italie du sud a été le centre de domestication initial des cultivars romains et de leur diffusion vers l’Espagne par la Catalogne vers 150 av. J.-C. et dans une moindre mesure vers l’Asie mineure à compter de 130 av. J.-C. Ultérieurement, des variétés fruitières ou ornementales modernes, dont des hybrides interspécifiques, ont été sélectionnées et diffusées mondialement depuis le XXe siècle, en particulier dans la Willamette valley à l’initiative de l’Oregon State University aux USA.

Utilisation Alimentaire et Économique
Les noisettes sont consommées crues, grillées, ou utilisées dans diverses préparations culinaires telles que les pâtisseries, les confiseries et les sauces. La Turquie se distingue en tant que principal producteur de noisettes, avec 246 641 hectares dédiés à cette culture, représentant environ 70 % à 80 % de la production mondiale (420 000 tonnes en 2018), suivie de l'Italie et des USA, avec respectivement 23 000 hectares de plantations.
En plantations, il est courant en forme libre, mais rare en tige. Il est fortement recommandé de mélanger des plants de plusieurs variétés différentes pour améliorer la fructification. La taille d’entretien n’est pas nécessaire. On peut néanmoins soit éliminer les ramifications de la base pour donner un aspect de cépée arborescente, soit au contraire couper les plus vieilles branches pour renouveler le houppier et le limiter. Pour éviter les rejets de souche, il est possible de le greffer au collet sur le noisetier de Byzance (Corylus colurna), de plus grande taille, qui ne rejette pas de souche.

Le noisetier suscite un vif intérêt chez les trufficulteurs, car il peut vivre en symbiose avec des truffes telles que la Tuber uncinatum et la mythique truffe noire (Tuber melanosporum Vitt.).
Propriétés Nutritionnelles et Médicinales
La noisette décortiquée, consommée crue ou en confiserie, pâtisserie, est riche en oligo-éléments (calcium, phosphore, fer, cuivre, magnésium, manganèse, zinc, …) et en vitamines (A, B1, B5, B6, B9, C, E). La noisette est un oléagineux parmi les plus riches en oméga 3, très utile contre le mauvais cholestérol. Par ailleurs, les noisettes sont parmi les fruits oléagineux ceux qui contiennent le plus d’huile, à hauteur de 50 à 60 %, soit bien plus que l’amande ou la noix. Dans celle-ci on trouve une très grande proportion d’acides gras insaturés (87 à 92 %) dont une partie importante d’oméga 9, alors qu’échoit aux acides gras saturés la portion congrue (7 à 10 %). Elle contient aussi de la vitamine A et de la vitamine D. Cette huile jaune ambré possède un goût exceptionnellement fin et est très digeste, reconnue comme anti-lithiasique et possédant des propriétés circulatoires. L'huile est également utilisée en cosmétique (en savon par exemple).
Diverses parties du noisetier ont été utilisées à des fins médicinales. Par exemple, les feuilles et l'écorce étaient parfois utilisées pour leurs propriétés astringentes ou pour traiter certaines affections cutanées. Elles portent leurs actions sur les troubles de l’insuffisance veineuse (varices, phlébites, œdèmes des membres inférieurs, etc.) et sont également cicatrisantes, d’où leur utilisation en externe sur dermatoses, plaies, ulcères variqueux, hémorroïdes, etc. L’écorce, elle, est fébrifuge et dépurative. L’essence qui se dégage du bois de noisetier porté en bracelet est réputée particulièrement efficace pour soulager les maux reliés à un taux d’acidité élevé : acnés, eczéma, psoriasis, ulcère buccaux, brûlures d’estomac, arthrite, asthme, maux de tête, migraines, constipation. Elle diminue également les aigreurs d’estomac chez la femme enceinte.
Utilisation Artisanale et en Agroforesterie
Le bois de noisetier est apprécié pour ses qualités de densité, de dureté et de flexibilité, et a été traditionnellement utilisé pour fabriquer une variété d'objets artisanaux, notamment des paniers, des outils de jardinage, des baguettes, des bâtons de marche et même des instruments de musique. Nos ancêtres celtes et gaulois utilisaient des éclisses de son bois léger et relativement souple (moins que l’osier) en vannerie pour fabriquer des paniers ou des hottes susceptibles de porter des choses lourdes et pour le cerclage des tonneaux.
En agroforesterie, les noisetiers sont utilisés comme source de fourrage pour le bétail, notamment les vaches et les chèvres, combinés avec des cultures intercalaires telles que les petits pois ou les céréales. Le bois est également utilisé comme combustible, et les feuilles peuvent être fumées à la place du tabac.
Le Noisetier dans la Culture, la Mythologie et les Traditions
Le noisetier demeure un puissant symbole magique, conservant sa réputation mystique à travers les âges. Il est souvent mentionné dans la mythologie grecque et les anciens contes populaires, faisant partie depuis des siècles du paysage et de la culture.
Symbole de Sagesse et de Connaissance
À l’époque médiévale, le noisetier était un des trois arbres sacrés qu’il était interdit d’abattre, épargné pour la sagesse qui lui était attribuée, aux côtés du pommier pour sa beauté et du chêne pour sa force. Pour les peuples nordiques, germaniques et celtes, la noisette incarnait la connaissance, la sapience, la sagesse, autrement dit le savoir divin et magique dans ce qu’il a de plus élevé. Le bois de coudrier était utilisé par les druides comme support d’incantation et pour y tailler des tablettes sur lesquelles on gravait les glyphes de l’alphabet oghamique. En mangeant simplement des noisettes, on gagnait en réflexion et en connaissance, ainsi qu’en pouvoirs magiques.
Un mythe irlandais explique qu’un saumon, ayant mangé neuf noisettes magiques, fut tout pénétré de science et de sagesse. Cette créature, considérée comme la plus ancienne et incarnation du premier homme, fut capturée par Finn mac Coll (« fils du noisetier »). Celui-ci, goûtant la chair du poisson qui ne meurt jamais et se régénère toujours, fut également imprégné de connaissance universelle. On assiste donc là à une transmission indirecte de la noisette au personnage de Finn, à qui échoit la fonction de devin omniscient, « druide et sage mythique primordiale, expert en jugements justes ».
Arbre des Sourciers et des Pratiques Divinatoires
Le noisetier est toujours associé à la pratique ancestrale de la rhabdomancie, où les sourciers utilisent ses branches, également appelées coudriers, pour localiser les sources d’eau souterraine, ainsi que les métaux précieux et les trésors. Les druides utilisaient des baguettes de noisetier, seules capables de transmettre une énergie pure, dans leurs pratiques divinatoires, pour écarter les serpents, s’attirer des bénéfices et notamment pour chercher de l’eau. Il s’agit d’une branche fourchue en forme de Y, la furcelle, nécessairement en bois de noisetier, taillée dans un seul jet. La tradition en Auvergne veut toujours que le sourcier coupe les jeunes branches à la Saint-Jean, le 24 juin, avec un couteau neuf. Les muscles du sourcier réagissent aux variations du champ magnétique terrestre lorsque ce dernier passe à l’aplomb d’un filon aquifère, ce que l’on visualise en observant la fourche du noisetier qui se « tord » alors.
Le noisetier s’adresse au monde du dessous « parce que, rapporte la tradition, les bourgeons de ses feuilles et ses feuilles croissent en direction du sol et sont donc en affinité avec les énergies du monde souterrain ». Ainsi, cette baguette est censée entrer en résonance avec les ondes émises par la concentration des eaux dans le sol, mais également avec les radiations des nœuds métallifères, ce qui en a fait la baguette des chercheurs de trésors et de gisements d’or.
Symbole de Fertilité et de Prospérité
Avec ses touffes buissonnantes qui produisent année après année de multiples rejets, le noisetier représentait également un symbole de fécondité et de prospérité, d’autant que la noisette, qui mettait des mois à grandir et mûrir bien protégée par sa coque, faisait penser par analogie à la gestation dans le ventre d’une mère. D’où la pratique qui se perpétue dans certains pays de Bretagne de placer lors des mariages une corbeille de noisettes près du lit nuptial afin d’obtenir facilement des enfants. En Allemagne, l’expression « casser des noisettes » était employée comme un euphémisme amoureux. Si deux amoureux jetaient deux noisettes dans le feu de l’âtre et qu'elles brûlaient ensemble, c’était un excellent présage. Pour assurer la fécondité de leur mariage, il était important de jeter des noisettes sur leur passage, à la sortie de l’église, parfois au cri de « Noisettes, noisettes ! » pour exhorter les jeunes mariés à « croquer la noisette ».
Références Culturelles
Le noisetier est omniprésent dans notre culture. Dans le roman Tristan et Iseult, l'amour existe à la seule condition que le coudrier puisse s'enlacer au chèvrefeuille. Dans le calendrier républicain, le Noisetier était le nom attribué au 27e jour du mois de pluviôse. Angelo de Gubernatis ajoute une note très intéressante : « Dans Roméo et Juliette, de Shakespeare, Mercutio nous montre la reine des fées Mab arrivant la nuit sur un carrosse qui est une noisette ». Il est bien connu que « les bonnes fées de nos contes populaires [font tailler] leurs carrosses dans des noisettes, et tissent ou font tisser des robes si fines, qu’elles peuvent tenir aisément dans une seule noisette ».
Le bois de noisetier était enfin employé comme support de l’écriture sacrée ogamique, et représentait la justice : les druides rendaient la justice une baguette de noisetier à la main car elle est droite et sans nœud.

Noisetier Tortueux et Variétés Particulières
Le noisetier tortueux (Corylus avellana « Contorta »), parfois appelé noisetier tire-bouchon, est une plante qui rend tout de suite joyeux avec ses drôles de branches tortueuses. Il est aussi connu comme arbre de Pâques et comme beauté botanique dans un vase, mais il est également très beau dans le jardin, en bac ou en pleine terre. Il s'agit d'un arbuste qui peut toutefois atteindre 4 m de hauteur. Il fleurit en février et mars avec de belles guirlandes de petites fleurs jaunes sur ses tiges sans feuilles. Sa croissance est très lente et il est greffé par l’arboriculteur sur le tronc d’un noisetier ordinaire, qui pousse plus vite et l’aide ainsi à grandir plus facilement.
Le genre Corylus compte onze espèces, dont le noisetier de Chine, Corylus chinensis ou le noisetier de Byzance, Corylus colurna, qui font de grands arbres allant de 35 à 40 mètres de haut. Il existe une multitude de variétés de noisetiers, des noisetiers aux graines rondes, ovales ou aux feuilles pourpres pour embellir un jardin, ou des variétés produisant des fruits de plus de 2 centimètres de long, comme le noisetier à feuilles pourpres, Corylus maxima purpurea.
Entretien du Noisetier
Le noisetier aime les endroits ensoleillés et semi-ombragés. Il se contente d’un terreau de jardin ordinaire qui retient bien l’humidité. Il est important de lui donner un emplacement où ses tire-bouchons auront la possibilité de pousser un peu en largeur. Le noisetier n’aime pas la sécheresse et le terreau doit toujours être un peu humide. Inutile de le tailler, il suffit de retirer après la floraison le bois mort ou endommagé. Le noisetier est une plante vivace.