L'herbe de tonte sur tomates : un allié précieux pour un potager florissant

La tomate, fruit emblématique de l'été, est une plante gourmande en eau et en nutriments. Pour garantir des récoltes abondantes et savoureuses, le paillage s'impose comme une technique incontournable. Parmi les nombreuses options disponibles, l'herbe de tonte se révèle être un paillis particulièrement efficace et économique, transformant un déchet du jardin en une ressource inestimable.

Tomates sous paillage d'herbe de tonte

Pourquoi pailler les tomates ? Les principes fondamentaux

Pailler le sol n'est pas une simple astuce de jardinier, c'est un principe fondamental de la permaculture et du jardinage au naturel. La nature a horreur du vide : un sol nu est un sol qui souffre. En effet, comme on peut le constater en observant la nature, un sol n'est jamais à découvert, il est soit occupé par des végétaux, soit par des débris végétaux comme des feuilles et des racines sous terre. Ces débris se dégradent grâce à une multitude d'organismes et d'insectes, se transformant progressivement en nutriments essentiels au développement des plantes. Une couverture permanente du sol, telle que le paillage, offre de multiples bénéfices.

Elle limite l'érosion des sols, un phénomène particulièrement marqué sur les terrains pentus où la pluie peut emporter la terre et les nutriments. Le paillage protège la structure du sol.

Elle restreint l'évaporation due au soleil. La chaleur et l'absence de précipitations estivales assèchent le sol qui peut même se craqueler. Le paillis agit comme une barrière, évitant à l'humidité de s'échapper trop rapidement. Le sol en dessous reste frais plus longtemps, ce qui est bénéfique pour les végétaux et permet de diminuer les arrosages. Pour ceux qui "oublient" d'arroser leurs tomates, courgettes, potirons et autres gourmandes d'eau d'été, placer un paillis d'herbe tondue de 10 cm, anti-dessèchement et anti-herbe garantit. Pour éviter d'arroser trop les pieds de tomates, il est conseillé de ne pas enlever l'herbe qui pousse aux pieds, car la nuit avec le changement de température, l'eau descend le long de l'herbe et arrose vos pieds de tomate.

Elle évite le tassement dû aux pluies violentes, un phénomène appelé battance. Sans paillis, une croûte imperméable à l'eau et à l'air peut se former à la surface du sol, étouffant la vie souterraine et le système racinaire des plantations. Le paillage absorbe l'eau comme une éponge et la libère ensuite plus doucement et progressivement, modérant ainsi le lessivage des éléments nutritifs, particulièrement important en automne.

Elle régule les changements brutaux de température. Le paillis forme un tampon sur le sol, absorbant les variations thermiques sans les transmettre immédiatement. Les plantes et leur système racinaire en sont moins affectés. À l'automne, un bon paillis conserve la chaleur dans le sol, prolongeant la production des derniers légumes d'été.

En se décomposant, le paillis fournit les nutriments indispensables aux végétaux. Cette décomposition favorise la présence de tous les organismes "travailleurs de l'ombre" - vers de terre, champignons, nématodes, cloportes - qui concourent à la qualité et à la richesse du sol.

Elle gêne le développement des adventices, car une couche épaisse les prive de lumière. Le paillage offre une occultation totale qui empêche la repousse des adventices.

Comment pailler son potager

Choisir le bon paillis pour les tomates : focus sur l'herbe de tonte

Les matériaux composant les paillis sont très variés. Certains s'achètent en jardinerie, tandis que d'autres sont directement ramassés dans le jardin ou dans la nature, ces derniers étant les plus écologiques. Pour les tomates, un sol toujours frais et un taux d'humidité relativement stable sont essentiels, car elles sont sensibles aux à-coups d'humidité qui peuvent entraîner la maladie du "cul noir" (nécrose apicale). La présence d'un paillis peut aussi protéger les fruits et feuilles les plus bas de l'humidité du sol.

Les paillis "locaux" sont souvent les plus pertinents pour le jardinier soucieux de valoriser les ressources de son propre jardin.

L'herbe de tonte : une ressource abondante et gratuite

L'herbe de tonte est une matière première très rapidement renouvelable qui ne nécessite qu'une tondeuse pour être disponible au potager. C'est un truc très simple à faire après une tonte : il ne faut pas hésiter à mettre l'herbe ou la pelouse tondue aux pieds de toutes plantes et arbres. Cela aura pour but de conserver la fraîcheur de la terre et de diminuer les arrosages.

Richesse en azote et décomposition rapide : L'herbe de tonte est très riche en azote, avec un rapport carbone/azote de 10 à 15, bien inférieur à celui du foin sec (25 à 30) ou de la paille de blé (120 à 150). De ce fait, la tonte délivre très vite son azote aux plantes, mais ne sera pas un paillage très durable. En paillant à la plantation, les cultures bénéficient des minéraux présents dans la tonte au bout de quelques mois. L'azote est un élément fondamental pour le développement des feuilles, stimulant la croissance des végétaux et étant un constituant majeur de la chlorophylle et des protéines. Une plante bien nourrie en azote arborera des feuilles larges, d'un vert foncé et de belles tiges. Les légumes feuilles, comme la laitue ou les épinards, gourmands en azote, lui conviendront parfaitement.

Schéma du cycle de l'azote dans le sol

Précautions d'utilisation : Très (trop) riches en azote, les tontes ont l'inconvénient de ne pas rester perméables à l'air et à l'eau quand elles sont en couche épaisse. Il est préférable de ne pas les utiliser seules et de les laisser sécher 2 ou 3 jours avant de les utiliser. Leur teneur en azote peut cependant être bénéfique juste après la plantation. À ce moment-là, il faut éviter de mettre une couche épaisse car cette teneur en azote peut brûler les jeunes plants. Ces déchets de tonte seront parfaits mélangés à un paillis riche en carbone, la paille ou le broyat par exemple. On peut alors mélanger les deux pour la couche en contact avec le sol, et ajouter une couche uniquement de paille pour un paillis durable et très efficace. On préconise 5 à 7 cm d'épaisseur maximum d'un coup, sans quoi l'herbe a tendance à fermenter.

Si l'herbe est étendue fraîche, il faut se limiter à de petites épaisseurs de paillage (2 à 5 cm) aux pieds des plants. Pour utiliser la tonte en paillage avec une épaisseur importante (10 cm et plus), il faudra si possible prendre le temps de la faire sécher afin qu'elle ne rentre pas en fermentation et n'étouffe pas vos plantes. Laissez l'herbe coupée quelques jours au soleil. Une fois sèche, dix à vingt centimètres de tonte peuvent être apportés en paillage. Elle servira de nourriture et de protection pour le sol. En se décomposant, elle apportera de l'azote et limitera l'évaporation afin de conserver un sol humide pour les plantes. Déposez directement l'herbe coupée aux pieds de vos plantes et de vos arbres au fur et à mesure de la tonte. On peut mettre la tonte en plusieurs couches, au fur et à mesure.

Comparaison paillis frais et séché

Autres paillis organiques "locaux"

  • Les déchets de fin de culture : riches et variés, ils peuvent par exemple être mêlés à des tontes de gazon qu'ils aéreront. Selon la plante, ils seront laissés entiers ou découpés en tronçons. Quant à leurs racines, à moins qu'elles ne gênent vos plantations, il est fortement conseillé de les laisser en terre où elles se décomposeront tranquillement !
  • La paille : majoritairement composée de cellulose, la paille peut provoquer une faim d'azote si le sol en manque (puisque sa décomposition demande de l'azote). Il est préférable d'utiliser ce matériau en couverture de sol hors saison (en automne) ou bien de le placer au-dessus d'une couche de compost ou de déchets de tonte. C'est idéal pour les vers de terre et autres décomposeurs ! Les paillages carbonés comme la paille sont beaucoup plus durables dans le temps.
  • Le foin : il se décompose rapidement et présente un bon rapport C/N (carbone/azote). C'est intéressant pour les tomates car trop d'azote provoquerait un développement du feuillage au détriment des fruits. Pour autant, il en faut quand même car ce sont les feuilles qui permettent le processus de photosynthèse !
  • Les fougères : elles gardent le sol bien frais et sont riches en potasse. Fraîches, elles semblent avoir un rôle répulsif contre certains ravageurs. Elles sont un bon régulateur thermique.
  • Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) : c'est un bon paillis pour les tomates à qui il donne plus de goût. Le BRF est issu de jeunes rameaux de moins de 2 ans (voire moins de 1 an), peu ou moyennement lignifiés, très riches en nutriments.
  • Le broyat de bois : riche en lignine, il se décompose lentement car il est très riche en carbone et favorise énormément la vie du sol et donc une bonne nutrition aux pieds de tomates. Cependant, il ne sera pas employé seul, notamment en été car, comme le BRF ou la paille, il provoquerait une faim d'azote qui pénaliserait les tomates.
  • Les feuilles mortes : vous pouvez facilement les stocker dans un coin du jardin pour les utiliser en paillis durant l'été. Attention, le chêne ou le platane ont des feuilles à forte teneur en carbone, dont la décomposition sera donc plus longue, tandis que les feuilles de fruitiers ou de frêne ont un rapport C/N analogue à celui du foin, donc à décomposition très rapide. Pour accélérer la décomposition des feuilles mortes, il est recommandé de passer la tondeuse dessus avant de les mettre au compost.
  • Le compost : pour pailler avec du compost, il faut en disposer d'une grande quantité. Sa couleur noire captera les rayons du soleil et fournira aux tomates un sol bien chaud, et son apport en nutriments boostera la croissance des pieds et des fruits en plus de leur donner un goût inimitable. Les tomates tolèrent parfaitement un compost à demi mûr.

Comment pailler son potager

Paillis "importés" ou achetés en jardinerie

Certains résidus de culture sont intéressants pour les jardiniers dans une logique de travailler sur sol vivant, même s'ils ne sont pas directement issus du jardin.

  • Le paillis de lin : fort efficace pour protéger les racines des variations de températures, il présente également l'avantage de rendre plus légers les sols collants. Il est par contre très léger, à ne pas utiliser dans les endroits ventés ! Pour le rendre plus "stable", arrosez juste après sa pose pour qu'il s'agglomère. Le paillis de lin pour les tomates sera étalé en couche de 6 cm, jusqu'à 10 cm pour bien contrôler la repousse des adventices. Le paillage de lin est très efficace pour protéger les tomates des variations de température du sol et allège la terre.
  • Les coques de fèves de cacao : riches en potasse et en azote, elles sont esthétiques en plus d'être utiles. Elles se révèlent cependant un peu chères et peuvent être toxiques pour vos chats et chiens (présence de théobromine). Disposez-les en couches de 4 à 5 cm d'épaisseur.
  • Les cosses de sarrasin : elles se décomposent rapidement, ont une texture qui, bien que fine, révèle un fort pouvoir de rétention de l'eau et limite aisément la pousse des adventices. Et en plus elles ont une belle teinte !
  • Les coques de coco : très ornementales, elles ont l'avantage d'être lourdes et donc de ne pas s'envoler par grand vent. Elles ont une décomposition lente. Ces paillages peuvent tout à fait convenir pour la culture de la tomate. Dans une logique de produire ses tomates, cela peut sembler un peu à contre-courant d'utiliser des matériaux qui ont parfois fait plusieurs milliers de kilomètres. C'est par exemple le cas des coques de coco. Elles sont un déchet de l'industrie alimentaire mais devront être importées à l'autre bout du monde avant de finir dans votre jardin. Cela dit, même sans vous, elles auraient été importées. Autant valoriser ce déchet. Le recours à ces paillages peut donc être fait pour ceux qui n'en ont pas sous la main et qui ont de petites surfaces (en raison du coût) : en ville il est parfois difficile de trouver de la matière organique.
  • Le miscanthus : Également appelé « roseau de Chine » ou « herbe à éléphant », le paillage miscanthus est très apprécié des jardiniers et surtout de leurs tomates. Il est léger, mais résiste aux vents de force moyenne. Il est facile à utiliser et apporte de nombreux nutriments lors de sa décomposition. Son excellente absorption de l'humidité lui permet de maintenir longtemps la terre humide aux pieds des plants. Une épaisseur de 3 cm environ est préconisée.
  • Les écorces et copeaux de bois : Le paillage d'écorces de pin et le paillage de copeaux de bois présentent aussi bien des intérêts. Ils sont plus résistants que le lin ou le miscanthus et durent ainsi plus longtemps. Faciles à manipuler, ils résistent également bien aux bourrasques de vent. Attention toutefois à contrôler l’origine du bois, qui doit être garanti 100% naturel et si possible bio (idéal pour le paillage en permaculture), et au pH de la matière.
  • Le film ou la toile de paillage : La toile de paillage représente une solution économique et pratique. Elle résiste parfaitement au vent et aux UV et peut s'adapter à quasiment toutes les situations. Il est toutefois conseillé de la fixer avec des agrafes adaptées pour garantir une bonne tenue dans le temps. Elle est très utilisée et efficace pour les légumes du potager, notamment pour le paillage de la salade. Les bâches jouent très bien le rôle d'occultation que fait le paillage. Elles permettent de se débarrasser quasiment toute la saison des corvées de désherbage. En revanche, une fois installées, il est compliqué de venir amender son sol en dessous. Certaines variétés de tomates comme la ‘Roma’ se comportent très bien avec ce type de paillage. C’est une tomate qui est conduite en buisson sans taille. Il devient très compliqué de les désherber une fois qu’elles ont commencé à grandir. Elles peuvent aussi protéger des maladies. L’eau et donc l’humidité stagnent bien moins sur ces bâches que sur un paillage organique. En revanche, une bâche n’enrichit pas le sol. Vous pouvez tout à fait déposer à l'automne un bon gros paillage, du compost, du fumier, ou ce que vous avez, et bâcher par-dessus le paillage. Vous pourrez ensuite planter dans les trous et bénéficier des avantages de la matière organique. Si vous n’avez rien de tout ça, vous pourrez toujours compter sur la fertilité naturelle de votre sol, ou fertiliser avec des engrais organiques ou du fumier en bouchon.

Différents types de paillis

Le meilleur paillage pour les tomates

En réalité, tous les paillis se valent, car ils disposent de particularités intéressantes, de certains avantages, mais également d'inconvénients qu'il est nécessaire de connaître. Le meilleur paillage pour les tomates est une couche de tonte et du broyat (ou autre paillage carboné). Ce que l'on recherche, c'est un paillage qui protège le sol des intempéries, qui conserve l'eau et qui enrichit le sol de nos cultures. La plupart des paillages organiques font le travail pour ces trois critères.

  • Commencez par une couche de tonte de quelques centimètres pour nourrir les plants en seconde partie de saison (et éviter une faim d'azote si vous paillez au printemps avec du broyat ou de la paille).
  • Puis, ajoutez une bonne couche de paillage plus carboné pour protéger le sol de l'évaporation. Cela va garder l'humidité et surtout améliorer le taux de matière organique à moyen terme.

En vérité, le meilleur paillage pour vos tomates sera aussi celui que vous avez autour de chez vous. Si vous avez la possibilité de récupérer du foin ou de la paille auprès d'agriculteurs proches de votre potager, vous avez de la chance. La plupart des jardiniers peuvent tout de même bénéficier de tonte, de feuilles mortes et de résidus de taille en quantité, alors utilisez-les ! Encore une fois, c'est selon les contextes et les besoins de chacun. Mais si c'est possible pour vous, essayez de pailler les pieds de vos tomates.

Paillage mixte (tonte et broyat)

Techniques et astuces pour un paillage optimal des tomates

L'efficacité du paillage dépend aussi de sa bonne mise en œuvre et de sa gestion.

Préparation du sol avant paillage

Les différents paillis s'épandent sur un sol nettoyé, aéré, désherbé et éventuellement enrichi. Ces précautions améliorent les effets bénéfiques du paillage. Dans un potager, on s'efforce souvent d'enlever toutes les adventices dont la présence n'est pas souhaitée. Résultat : on se retrouve avec un sol à nu. Le paillage offre alors comme une occultation totale qui empêche la repousse des adventices.

Gestion des arrosages avec un paillage

Pour arroser ses tomates sous un paillage, il faut d'abord gorger le paillage d'eau. Sinon votre arrosage va juste imbiber le paillage d'eau sans même humidifier le sol. Si vous avez un arrosage automatique, privilégiez un goutte-à-goutte sous le paillage ou bien des goûteurs avec des aiguilles pour arroser directement le pied. Ces petites aiguilles d'irrigation sont très pratiques : on en met une par pied, et il n'y a plus qu'à arroser localement ! Pour arroser au tuyau ou à l'arrosoir, vous pouvez mettre une couche plus fine de paillage sur les 10 cm autour du pied de tomate. Ou encore enterrer une bouteille au pied du plant pour arroser directement le sol et non le paillage. Cette technique permet en plus d'arroser plus en profondeur : l'évaporation sera donc moindre et les racines plongeront plus profondément.

Le plus important, c'est de leur procurer des arrosages abondants au début, l'eau s'infiltrera ainsi profondément et cela les forcera à émettre des racines profondes pour aller la chercher. Après quelques arrosages de ce genre, elles seront capables d'aller chercher de l'eau là où il y en a. Lorsque arrosage il y a, réalisez-les seulement au pied des plants, sans éclabousser le feuillage. Autre point important, la température de l'eau : une eau glacée lorsqu'il fait très chaud est l'une des causes de la nécrose apicale.

Système d'irrigation goutte-à-goutte sous paillage

Paillage et fertilisation

Comme dit précédemment, les tomates apprécient un sol riche qui leur offre beaucoup d'éléments nutritifs. Il n'est pas pour autant obligatoire de fertiliser les tomates, cela va dépendre des cultures qui les ont précédées et/ou du paillage que vous avez utilisé le cas échéant.

On conseille de planter les tomates après des légumes-feuilles ou bien après un engrais vert qui peut être considéré comme un paillis vivant (du moins avant son fauchage !). La phacélie, la moutarde et la vesce de printemps sont des engrais verts que l'on sème souvent au printemps (et même à la fin de l'hiver, au mois de mars) car ils ont une croissance rapide. La biomasse qu'ils produisent est importante. Vous les faucherez début mai, 2 à 3 semaines avant de planter vos pieds de tomates, en laissant toute la végétation au sol. Et pour que le sol soit vraiment prêt à nourrir des plantes gourmandes comme les tomates, vous aurez déjà gardé votre sol couvert tout l'hiver, soit avec un mélange de paillis (carbone + azote), soit vous aurez semé après les dernières récoltes de l'année d'autres engrais verts : la vesce d'hiver et le seigle sont rustiques, parfaits pour cette saison. Ils apportent beaucoup d'azote et leur enracinement profond est un avantage important pour les cultures suivantes.

Un paillage à base de feuilles d'ortie peut également être intéressant à la plantation. L'ortie froissée aidera la reprise et fortifiera la croissance. Cependant, il est important de noter que mettre les orties dans le trou de plantation n'est pas toujours judicieux. En effet, comme avec toute matière organique, les organismes décomposeurs ont besoin d'oxygène pour décomposer les orties.

Sans couvert, il vous faudra offrir à vos tomates des amendements, du fumier en automne puis du compost (il n'a pas besoin d'être totalement décomposé) avant la plantation. Purin d'ortie et vinasse de betterave, en alternance, sont de bons apports, à utiliser en alternance. L'urine, grâce à l'ammoniac qu'elle contient, est un excellent engrais pour les rosiers et autres arbustes, les rendant plus vigoureux. De plus, elle éloigne les limaces, qui en raffolent mais en meurent. L'urine stimule la croissance de toutes les plantes par la présence d'acide urique. Les peaux de bananes, une fois congelées et placées aux pieds des rosiers au printemps, leur apportent tous les minéraux nécessaires. Les dosettes de café usagées, mises telles quelles dans le sol, permettent d'éviter l'ajout d'engrais et sont 100% naturelles. L'eau d'aquarium, lors des changements d'eau, ne doit jamais être jetée mais utilisée pour arroser les plantes, car elle est un excellent engrais. L'eau de cuisson des légumes verts, pleine de vitamines et d'oligo-éléments, peut également servir à arroser les plantes vertes. De même, l'eau de cuisson des œufs est un très bon engrais une fois refroidie.

Un engrais organique riche en potassium et en phosphore sera sinon apporté à la plantation, qui fournira progressivement ses éléments aux pieds de tomates.

Purin d'ortie

Paillage en fonction du lieu de culture

Le paillage peut être adapté aux spécificités de chaque environnement de culture.

  • Sous serre : Sous serre, un paillis aura tendance à maintenir un taux d'humidité peut-être trop élevé. La paille ou un fin paillage de feuilles peuvent être pertinents pour vos tomates sous serre, mais il faudra veiller à régulièrement contrôler le niveau d'humidité au niveau des pieds de vos plants.
  • En pot : Nous avons tendance à conseiller l'herbe de tonte ou le bois raméal fragmenté pour réaliser le paillis d'une plante en pot. L'herbe de tonte apportera un intéressant apport en azote dans un carré potager. Le BRF, quant à lui, enrichira le sol grâce à ses nombreux nutriments. Pour le rempotage, il est suggéré de mettre une bonne couche de billes d'argile au-dessus du terreau afin de conserver la fraîcheur au pied de la plante. Ces billes peuvent aussi être mélangées au terreau pour retenir l'eau à l'intérieur du pot. Alternativement, des noyaux de prunes, mirabelles, cerises ou abricots, rincés et passés en machine à laver dans un filet, peuvent remplacer les billes d'argile.

Comment pailler son potager

Entretien des tomates et gestion des "déchets" du jardin

Un entretien approprié des tomates et une valorisation des "déchets" du jardin sont des aspects cruciaux pour une culture réussie.

Plantation des tomates

C'est fin février que vous pouvez commencer à semer vos tomates, mais il est préférable d'attendre la mi-mars, voire la fin du mois. En effet, le peu de luminosité de cette période va donner des plants filants, maigrichons et blancs. Si par contre vous attendez un peu, ils seront plus robustes et ils rattraperont rapidement des plants semés plus tôt ! N'oubliez pas que les graines de tomates ont besoin d'une température de 20° minimum pour germer, vous les placerez donc à l'intérieur, près d'une source de chaleur, le temps de la levée seulement. Par la suite la chaleur sera moins importante que la lumière. Si vous avez semé en bacs, pensez au repiquage dès que les jeunes tomates ont 2 feuilles. Si vous achetez des plants, sélectionnez les plus vigoureux, à la tige épaisse : une quinzaine de centimètres de hauteur, 50 mm au moins de diamètre de tige. Avant de les mettre en place définitivement, faites-leur prendre le soleil auquel ils ne sont pas habitués, cela évitera au feuillage de prendre un coup de chaleur. Vous pouvez par exemple les mettre à l'extérieur la journée et les rentrer le soir, tant que les saints de glace ne sont pas passés. Vous pourrez alors les planter.

Astuce : les tomates ont la particularité de facilement émettre des racines à partir de leur tige. Profitez-en pour les planter profondément et penchées, voire presque horizontalement, elles se redresseront bien vite et surtout elles développeront un système racinaire dense et important, ce qui les rendra plus vigoureuses et leur apportera de nombreux nutriments.

Les tomates aiment le soleil, un sol riche et profond, et être à l'abri du vent. Espacez bien vos pieds de tomates, que chacun ait suffisamment de place pour se développer sans gêne et avec une bonne circulation de l'air. En général il est conseillé de laisser 50 cm entre les pieds et 80 cm entre chaque ligne.

Astuce : en permaculture, vous disperserez vos pieds parmi d'autres plantes potagères (hors autres Solanacées), des aromatiques et même des fleurs pour limiter l'expansion des parasites et autres pathogènes spécifiques. L'année dernière, une association de tomates cerises au milieu des fraisiers, avec un support en bambou, a permis de faire mûrir les tomates quand les fraises étaient finies.

Plant de tomate en terre

Utilisation de la tonte pour créer de nouvelles zones de culture

Si votre terrain vous le permet, laissez les herbes pousser dans certains endroits afin que les insectes puissent s'y épanouir. Fleurs et graines attireront aussi butineurs et oiseaux aux jardins, des auxiliaires indispensables pour tout jardinier qui souhaite travailler avec la nature. La nature se débrouille très bien toute seule et vous pourrez observer que ces espaces laissés en friche apportent de la vie au jardin. Pour l'entretien, réalisez une tonte une fois par an au moins pour éviter que les ronces ne s'installent.

En permaculture, le problème est la solution ! Et si vous utilisiez ce pouvoir désherbant de la tonte pour créer de nouvelles zones de culture ? En effet, en disposant une grosse épaisseur de tonte sur une prairie, vous allez détruire en partie les plantes poussant en dessous, grâce à la montée en température de la tonte. Après un bon mois, vous pourrez finir de désherber et planter directement dans votre terre nettoyée ! On aime beaucoup se servir de la tonte comme ceci, déposer une poignée entre 2 plants : cela permet de limiter la pousse des adventices.

Autres astuces et pratiques au potager

  • Conservation des carottes : Dès les premières gelées, coupez les fanes puis recouvrez les raies de carottes d'une épaisse couche de feuilles mortes. Vous pourrez en prélever au fur et à mesure de vos besoins, ce jusqu'au printemps, et toujours avoir des carottes fraîches, même par grand froid.
  • Protection des oignons : Pour avoir de gros oignons, pliez sans les casser les tiges quand elles ont atteint une bonne hauteur, toute l'énergie se dirigera vers le bulbe. Retirez un peu de terre autour du bulbe pour lui permettre de prendre plus d'expansion. Pour protéger les oignons des mouches, saupoudrez les plants en juin et juillet avec du charbon de bois en poudre. Dès les premiers signes de destruction (apparence jaunâtre et maladive), retirez les plants d'oignons sacrifiés et mettez-les sur le tas de compost. Un morceau de charbon de bois au fond d'un pot permet également d'éviter que les racines des boutures ne moisissent dans l'eau.
  • Culture sur grillage : Il est possible de cultiver melons, potirons et autres plantes gourmandes sur un grillage haut et solide. Avant de repiquer les plants, enfouissez une ou deux pelles de compost. Quand un fruit devient trop lourd, enveloppez-le d'un filet à pomme de terre accroché à un piquet pour éviter qu'il ne casse la tige. Cette méthode offre un gain de place important et de magnifiques fruits.
  • Élimination des mauvaises herbes : Pour supprimer l'herbe qui pousse entre les pierres des dallages extérieurs, l'eau bouillante de pommes de terre cuites à la vapeur, utilisée plusieurs fois de suite, a un effet herbicide. L'eau bouillante est également efficace et écologique pour éliminer les mauvaises herbes en général.
  • Protection des jeunes plants de salades : Pour protéger les plants de salades nouvellement repiqués des oiseaux, tendez une ficelle blanche au-dessus de la ligne. C'est plus rapide à mettre en place qu'un filet et tout aussi efficace.
  • Répulsif limaces : Pour éloigner les limaces, déposez du gros sel autour des plantes, formant un barrage. C'est très efficace.
  • Éloigner les oiseaux des fruitiers : Mettez de l'huile de cade sur un chiffon que vous accrochez dans vos arbres. L'huile de cade, disponible en pharmacie, a une odeur que les oiseaux n'aiment pas.
  • Mousse d'Irlande (Sagina subulata) : Très utile comme plante couvre-sol, la sagine, aussi appelée 'plante carpette', a pour capacité de tapisser une zone où le gazon pousse mal grâce à ses racines traçantes. De faible hauteur, elle se développe jusqu'à former un tapis uniforme.

tags: #herbe #de #tonte #sur #tomates