Hydroseeding et Hydromulching : Guide complet des techniques de végétalisation par projection

Dans le domaine de l'aménagement paysager et de la gestion des espaces verts, la quête de solutions efficaces, rapides et respectueuses de l'environnement a conduit au développement de technologies innovantes. Parmi celles-ci, l'hydroseeding et l'hydromulching occupent une place centrale. Bien que ces deux termes soient aujourd’hui utilisés pour désigner le même procédé, il est essentiel de comprendre les nuances techniques qui les séparent et les avantages qu'ils offrent pour la végétalisation de surfaces variées, qu'il s'agisse de terrains résidentiels, de cimetières ou de zones industrielles.

Schéma de fonctionnement d'un hydroseeder projetant un mélange sur un talus

Fondements et définitions des techniques de projection

Inventé dans les années cinquante, l’hydroseeding consiste à projeter sur une surface généralement nue un mélange d’eau et de semences pour la végétaliser, précise Christophe Lignier, directeur général d’Euro-Tec, fournisseur de solutions de végétalisation par projection. Plus récemment est arrivé l’hydromulching, qui inclue en plus une matrice, qu’on appelle un mulch, composé d’un mélange de fibres de bois, de liant, d’activateur. Cette matrice a pour effet d’améliorer les conditions de germination. Le liant limite les effets de lessivage que pourrait occasionner une grosse pluie.

L’hydromulching est en réalité une évolution de l’hydroseeding, la différence étant l’ajout d’agents stabilisants, en plus des semences et des engrais déjà présents comme pour l’hydroseeding. Il s’agit de projeter sur les surfaces une émulsion composée d’eau, de semences, d’engrais, de conditionneurs de sol, d’un complexe fibreux type mulch, d’agents gélifiants, de fixateurs type cellulose. Les graines se retrouvent alors dans un lit propice à leur germination, sous réserve que le sol ait des propriétés compatibles avec le mélange de graines semées.

Mise en œuvre et matériel spécialisé

La mise en œuvre est réalisée à l’aide d’un appareil composé d’une cuve dans laquelle sont mélangés l’eau, la semence et le mulch. Un système d’agitation maintient les différents composants en suspension, afin d’avoir un produit homogène et d’éviter la ségrégation des différentes espèces de semence. L'hydroseeder est l’appareil spécialisé qui permet d'effectuer la pulvérisation du mélange sur le terrain. Cet équipement est conçu pour garantir une application uniforme et sous pression, ce qui facilite la végétalisation de grandes surfaces.

Si dans le milieu des espaces verts, l’application est encore très souvent réalisée à la main, un opérateur dirigeant la lance, certains viticulteurs et prestataires viticoles cherchent à pouvoir piloter l’ouverture et la fermeture à distance. L’un de nos clients a installé deux sorties à l’avant de son tracteur, qu’il ouvre et ferme depuis la cabine de son tracteur, confie Fabrice Chiavaro, gérant d’Urbavert, une autre société spécialisée dans les solutions de végétalisation par projection. L’application est réalisée à une vitesse de 4 à 5 km/h. Avec une cuve de 1 200 litres, vous avez une autonomie d’environ 10 minutes, poursuit Christophe Lignier. Il faut compter 4 litres d’eau au mètre carré.

Photo d'un opérateur utilisant une lance d'hydroseeding pour végétaliser un talus

Préparation du terrain et optimisation de la germination

Pour optimiser la réussite du semis et donc limiter la concurrence, il convient d’avoir un sol le plus nu possible. En évitant le travail du sol, l’un des avantages de l’hydroseeding est de limiter la levée de dormance des espèces d’adventices, note Christophe Lignier. On favorise ainsi la germination exclusive des semences projetées par hydromulching. Le processus d'hydromulching commence par la préparation du sol, qui implique généralement l'élimination des mauvaises herbes, le nivellement et l'ameublissement du sol. La préparation est très souvent plus rapide qu'une préparation dite traditionnelle car elle se pratique seulement sur les quelques premiers centimètres du sol afin de préserver la vie sous le futur gazon.

Il est recommandé de tester le pH du sol avant l’ensemencement. Une analyse du sol et de ses caractéristiques constitue la première étape du processus d’hydromulching ou d’hydroseeding. Ainsi, les prestataires étudient la nature du substrat, la pente, l’accès, l’exposition, le climat, la végétation souhaitée et l’objectif poursuivi. Suivant ces caractéristiques, il convient d'orienter le choix de la quantité et la qualité des intrants.

Avantages écologiques et économiques

Le développement de cette technique intervient, suite aux mesures zéro-phyto de la Loi Labbé, comme alternative à l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse. L'hydromulching permet d'enrichir et de rééquilibrer le sol, de plaquer et « coller » les graines au sol et de favoriser la germination. L’hydromulching est, elle, une technique qui permet d’engazonner sur sol pauvre sans matière organique, sans terre, sans compost et avec gazon résistant à la sècheresse, explique Benjamin Bolmont, technico-commercial chez Deevert.

Les avantages sont d’ordre économique, écologique, esthétique, et sécuritaire. Avec cette technique, le sol en place n’est pas déstructuré, favorisant ainsi le maintien de la biodiversité. L’hydro-mulching permet de limiter l’évapo-transpiration en retenant l’eau et en protégeant du vent. Elles nécessitent peu d’intervention. Cela permet de semer plus tôt en saison, de septembre à mars, permettant de mieux gérer les problématiques de délai. 3 semaines à 1 mois après le chantier le gazon commence à verdir.

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Applications spécifiques et solutions professionnelles

L’hydromulching est idéal pour redonner vie aux cimetières pas ou peu engazonnés, offrant ainsi aux populations de la commune un lieu de vie pour se recueillir paisiblement dans un cadre calme et reposant. Ces techniques permettent d’enherber des zones urbaines, comme des rond-points, des espaces verts publics, sans utiliser des produits phytosanitaires. L’hydromulching est une technique appropriée pour les espaces dégradés comme les anciennes mines et carrières.

L’hydrocovering est une autre technique, sans ajout de végétation. Aussi, il est utilisé dans des sites industriels, pour éviter l’érosion, l’envol de poussières ou de déchets, l’émanation d’odeurs de gaz. Cette alternative au bâchage est plus facile et rapide à mettre en œuvre. Elle peut intéresser des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement).

Analyse des coûts et modèles économiques

Exemption faite de la semence, dont la densité est comparable à du semis conventionnel, le coût se décompose en trois principaux axes : le matériel, la main-d’œuvre, ainsi que la matrice. Pour ce qui est de la main-d’œuvre, le prix varie selon que l’application est réalisée à la main ou pilotée depuis la cabine, ainsi que de l’accès à l’eau à proximité, qui va déterminer le débit de chantier. Selon les sociétés et le volume appliqué, le prix du mulch varie entre 0,3 et 1 euro par mètre carré.

Plutôt que d’acheter, il est également possible de louer le matériel. Il faut compter autour de 500 euros la journée, selon la configuration, précise Christophe Lignier. L’intérêt de la location est de se faire son propre avis sur la technique, d’en évaluer les coûts en fonction de sa situation personnelle, estime Fabrice Chiavaro. Concernant les essais en viticulture, le coût s’évalue à environ 2 500 euros à l’hectare, dans des vignes à deux mètres d’interrang, à mettre en perspective avec la suppression des produits phytosanitaires et du travail mécanique sous le rang.

Graphique comparatif des coûts entre ensemencement traditionnel et hydromulching

Matériaux et composition des mélanges

L’utilisation de mulchs appliqués par projection hydraulique permet la réalisation d'engazonnement ou de protections contre l’érosion sur de grandes surfaces ou des zones difficilement accessibles aux méthodes traditionnelles. Le ratio généralement préconisé est d’environ 23 kg (1 sac) pour 380 litres d’eau soit 30 kg d'un produit type HydraCX², HydraCM ou GeoSkin pour 500 litres d’eau. Nos mulchs sont appliqués par projection hydraulique en une seule opération (250 à 500 g/m²) avec les graines et amendements, ce qui leur confère simplicité et rapidité de mise en oeuvre.

Ils ne contiennent pas de fibres synthétiques ce qui les rend écologiquement neutres. Le mulch GeoSkin est un mulch de contrôle de l’érosion par projection hydraulique fabriqué avec un mélange de paille, coton, agents liants et polymères. Le mulch Hydra CM protège le sol de l’érosion en créant une couverture continue poreuse et absorbante, favorisant la germination et la croissance de la végétation. Enfin, le mulch Hydra CX² permet une fixation du sol optimale et immédiate.

Perspectives pédagogiques et formation technique

Le développement de ces compétences est crucial pour les futurs professionnels du paysage. En septembre, les élèves de l’École d’Horticulture et des Paysages de Roville-aux-Chênes ont pu participer à une démonstration active d’hydromulching. L’enseignant a organisé cette journée pour montrer concrètement aux élèves des notions abordées de manière théorique en cours. Il explique : « En classe, on peut faire beaucoup de choses mais à un moment il faut passer sur le terrain. Les images c’est beau mais la réalité c’est mieux ! »

Une simple formation de quelques heures suffit pour former une équipe à la technique de l’hydroseeding. Puis, à l’arrivée de la machine sur le chantier, une formation de 2h est donnée aux personnes y travaillant afin de leur expliquer comment faire le mélange, l’appliquer et nettoyer la machine. Cela leur permet d’être autonomes jusqu’à la fin de leur chantier. Cette approche pratique garantit une adoption efficace de la technologie, permettant aux professionnels de répondre aux enjeux de demain tout en préservant la qualité de leurs aménagements.

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