Insecticides biologiques pour arbres fruitiers : guide complet pour un jardin sain et productif

Arbre fruitier avec des fruits sains et sans insectes

La culture d'arbres fruitiers sains et productifs est l'objectif de tout jardinier, qu'il soit amateur ou expérimenté. Pour y parvenir, une fertilisation réfléchie et méticuleuse est indispensable, tout comme une protection efficace contre les ravageurs et les maladies. À l'heure actuelle, l'approche biologique gagne en popularité, offrant des solutions respectueuses de l'environnement et de la santé humaine. Cet article propose un tour d'horizon des solutions biologiques disponibles pour la protection et la fertilisation de vos arbres fruitiers, en mettant l'accent sur les produits et pratiques respectueux du vivant.

L'importance d'un environnement sain pour les arbres fruitiers

Pour des arbres fruitiers en bonne santé et des récoltes gourmandes et généreuses, il est essentiel d'assurer un environnement sain. Cela implique un sol adapté et nourricier, ainsi qu'une protection contre les nuisibles. La permaculture encourage d'ailleurs à soigner nos fruitiers différemment, en privilégiant des méthodes naturelles et en respectant l'écosystème du verger.

Préparer les trous de plantation

Engrais : nourrir l'arbre et le sol

Engrais et amendements interviennent dans le processus de fertilisation des cultures. Si les amendements ont pour mission d’améliorer la qualité des sols, les engrais, eux, sont censés nourrir directement le végétal, favoriser sa croissance en lui apportant des éléments nutritifs. Une fertilisation réfléchie et méticuleuse est nécessaire pour des arbres fruitiers en bonne santé. Il s’agira à la fois d’assurer un environnement sain, un sol adapté et nourricier avec des amendements appropriés, mais également de nourrir, quand nécessaire, l’arbre en lui-même.

Les éléments nutritifs essentiels

En fonction de leur origine et de leur composition, les divers engrais sont plus ou moins riches en azote (N), en phosphore (P), en potassium (K) ainsi qu’en oligo-éléments. Pour rappel, l’azote agit sur la partie aérienne des végétaux, il permettra de renforcer tiges et feuilles. Le phosphore agit sur le développement du système racinaire et la résistance du végétal. La potasse agit sur le développement de la floraison et des fruits. Dans le cas précis des arbres fruitiers, les éléments nutritifs sont essentiels, consommés en grande quantité, de manière différenciée selon l’espèce, le stade de développement et la saison.

Le calcium participe du développement racinaire et de la robustesse du bois et du feuillage. Le magnésium, le soufre ou le fer permettent la formation de la chlorophylle et impactent donc le processus de photosynthèse (une carence provoquera d’ailleurs le jaunissement des feuilles). Quant aux oligo-éléments - fer, manganèse, cuivre, zinc, bore, molybdène, etc. -, ils jouent un rôle essentiel dans le métabolisme des plantes, dans leur croissance comme dans leur bonne santé.

Les types d'engrais

  • Engrais minéraux : Ces engrais proposent diverses formules qui contiennent plus ou moins de chaque élément NPK. Facilement assimilables par le végétal et donc rapidement efficaces, ces engrais dits chimiques de synthèse ne contiennent cependant pas tous les éléments essentiels à votre arbre comme les oligo-éléments par exemple.
  • Engrais organiques : Constitués de matières animales ou végétales, parfois associés à de la matière minérale - on parle alors d’engrais organo-minéraux. On trouvera dans ceux-ci, toujours en proportions diverses, de l’azote - avec la corne broyée et le sang desséché, parfois en mélange -, du phosphore apporté par des phosphates naturels et enfin de la potasse organique le plus souvent issue de la transformation des betteraves à sucre.
  • Engrais organo-minéral NPK 3-2-5 avec MgO (2) et stimulateur de croissance racinaire : Un exemple de ce type d'engrais est le SOLABIOL, spécialement formulé pour répondre aux besoins de vos arbres fruitiers. Grâce à cet engrais, profitez d'une floraison plus abondante et d'un développement équilibré des fruits. Utilisé sur une surface de 30 m², cet engrais de 1,5 kg est idéal pour obtenir des arbres sains et productifs.

Les engrais sont parfois enrichis par des apports supplémentaires, des oligo-éléments par exemple qui corrigeront les carences de l’arbre et favoriseront sa croissance (le bore ou le zinc), l’aideront à absorber l’azote (le cuivre) ou la potasse (le molybdène) ou encore encourageront la synthèse de la chlorophylle (le fer ou le manganèse). Le purin d’ortie cumulera les deux avantages avec sa richesse naturelle en azote mais également la présence de nombreux minéraux et oligo-éléments qui lui permettront de réduire de nombreuses carences.

Tableau récapitulatif des rôles des nutriments pour les arbres fruitiers

Quelle fertilisation pour les arbres fruitiers ?

La qualité des sols, l’équilibre et la richesse du terroir seront des éléments fondamentaux dans l’épanouissement de votre fruitier, de votre verger. Amélioration du milieu et coup de pouce direct au végétal seront parfois nécessaires.

  • La fertilisation des sols : C’est à ce stade que commencera le processus de fertilisation avec la mise en œuvre des amendements - compost, fumier, paillis organiques, terreaux, sable, cendres, engrais verts, etc. - si et quand nécessaires. Une étape fondatrice d’une culture, d’un jardinage au naturel.
  • La nutrition de l’arbre : Au-delà de ces fertilisations d’implantation puis d’entretien, des apports d’engrais pour nourrir le végétal en lui-même seront à prévoir à chaque étape de la vie de votre verger, directement à l’arbre.
    • L’azote agira sur la croissance de l’arbre, la qualité des boutons floraux puis le grossissement des fruits. Il contribue également à un rendement plus régulier. Chez les fruitiers, les besoins se manifestent particulièrement à la fin de l’hiver, juste avant l’ouverture des bourgeons (le débourrement), à la mise à fruit (la nouaison) et juste après les récoltes.
    • Le phosphore, en dynamisant la croissance des racines, hâtera la nouaison, influera sur sa bonne maturité mais aussi sur sa saveur. Il encourage également la résistance au froid et aux maladies.
    • Le potassium influe sur la qualité des fruits et leur teneur en sucre. Il participe voire augmente sa résistance à la déshydratation.

Des spécificités selon le type de fruitiers

En termes d’apport nutritif, il existe des différences entre familles, espèces et variétés.

  • Agrumes : La gestion des oligo-éléments sera tout particulièrement importante. Une carence en zinc provoquera chute des feuilles, faible fructification, fruits de mauvaise qualité ; une carence en manganèse résultera en une décoloration du feuillage. Une carence en fer sera en partie responsable de la célèbre chlorose ferrique (jaunissement des feuilles) et altèrera croissance et production. Le manque de bore aura un effet dévastateur sur les fruits. Une carence en cuivre provoquera dégâts sur l’écorce, décoloration, déformation et perte des feuilles et des fruits.
  • Petits fruitiers : Vous pouvez vous tourner vers des engrais fraisiers et petits fruits qui proposent souvent une solution de fertilisation globale avec une double fonction d’amélioration du sol et de nutrition de la plante. Les fraisiers, framboisiers, myrtilliers, mûriers, groseilliers et cassissiers sont 6 petits fruits faciles à cultiver.
  • Fruitiers à noyaux (abricotier, cerisier, pêcher, nectarinier, prunier, etc.) : Plus gourmands en azote que les fruitiers à pépins (pommier ou poirier par exemple).
  • Arbres fruitiers nains en pots : Ils demanderont un arrosage plus soutenu et des apports en engrais plus réguliers que pour des plantations en pleine terre.

Schéma illustrant les besoins spécifiques des agrumes en oligo-éléments

Quels engrais naturels et à quelle période ?

  • À la plantation : Rebouchez le trou avec un mélange de terre de surface, d’amendements naturels et d’engrais organique azoté - un mélange de corne broyée et sang séché ou du guano, engrais naturel à effet rapide, riche en azote et en phosphore. Les deux années suivantes, soutenez la croissance et la consolidation par un apport de compost au pied.
  • Au printemps : La reprise de la végétation s’opère et l’arbre fruitier entame la nouaison ; ces besoins en nutriments sont importants. En parallèle d’un apport en compost bien mûr sous l’ensemble de la couronne - c’est-à-dire la totalité de la surface au sol couverte par la silhouette, ce sera le moment de nourrir plus directement l’arbre, surtout en cas de carence manifeste. L’engrais devra être rapidement assimilable. En matière d’engrais naturel, le guano semble à ce stade une bonne solution. Pour des sujets carencés, optez pour un engrais soluble ou liquide de type purin d’ortie.
  • Après la fructification (souvent à l'automne) : L’arbre fruitier refait ses stocks. On l’aide avec une fumure de réserve pour reconstituer les sols. L’apport d’engrais direct à la plante n’intervient lui qu’en cas de carence constatée car il ne s’agit pas de bousculer l’arbre, de le motiver de trop alors qu’il s’apprête à amorcer son repos végétatif. Il s’agit plutôt de pallier des manques trop prononcés qui pourraient mettre en danger sa reprise. Si l’arbre paraît particulièrement affaibli, optez pour un engrais riche en potasse, en magnésium et en phosphore.

Il est nécessaire de lire les indications mentionnées sur ces produits et de suivre les préconisations d’emploi. Privilégiez les formules 100% naturelles qui préservent votre santé et celle de la planète. Utilisez ces produits en respectant les dosages préconisés et les consignes inscrites sur les emballages pour éviter le surdosage.

Lutte biologique contre les ravageurs et maladies

Applications de badigeon, d’huile blanche, de bouillie bordelaise ou nantaise… traditionnellement, les jardiniers réalisaient ces traitements sur les arbres fruitiers en hiver pour prévenir les attaques de maladies et de ravageurs. Mais ces pratiques et ces produits sont-ils toujours d’actualité aujourd’hui ? À l’heure de la permaculture, il est possible de soigner nos fruitiers différemment.

Insecticides biologiques efficaces

L'insecticide fruitier à base d'huile essentielle d'orange est un produit efficace pour protéger vos arbres fruitiers contre les insectes nuisibles tels que les pucerons, les cochenilles, les acariens et les aleurodes. A base d'huile essentielle d'orange douce 60 g/L, il agit rapidement avec des effets visibles sous 2 à 3 heures maximum. Il est utile pour éliminer un grand nombre de ravageurs sur un grand nombre de cultures fruitières. Agitez bien le flacon avant utilisation. Diluez 10 ml d'insecticide fruitier dans 1 litre d'eau et mélangez bien. Appliquez la solution sur les feuilles et les branches de vos arbres fruitiers à l'aide d'un pulvérisateur. La période d'utilisation optimale est d'avril à septembre. Ne pas appliquer en présence d'insectes pollinisateurs et/ou auxiliaires. Ce produit est utilisable en agriculture biologique.

Image d'un pulvérisateur manuel pour insecticides

Le Vers et Chenilles des Fruits de Solabiol, à base de Bacillus Thuringiensis, est une solution efficace pour combattre les larves de papillons comme les noctuelles et les tordeuses des arbres fruitiers. Ce produit, avec ses 16 sachets doses prêts à l'emploi, agit rapidement en 1 à 3 jours. Appliquez-le en pulvérisation dès les premiers signes d’infestation sur les arbres tels que l'olivier, le pommier ou le prunier. Mélangez bien le produit et pulvérisez uniformément sur les deux faces des feuilles. Renouvelez le traitement si nécessaire. À utiliser en pulvérisation dès les 1ers signes d’infestation des arbres (olivier, pommier, poirier, cognassier, nashi, prunier et pêcher…).

Lutte contre la moniliose des pommiers, cognassiers…

  • Symptômes : En hiver, on observe parfois des fruits qui semblent momifiés sur les arbres, avec des extrémités de rameaux desséchés. Précédemment (ou plus tard lors de la conservation), on peut observer les fruits pourrir puis se couvrir curieusement de taches beiges qui forment des anneaux concentriques.
  • Que faire ? Malheureusement, les spores hivernent dans le sol et aucun traitement n’est réellement efficace contre la moniliose, pas même ceux à base de bouillie bordelaise (ou d’oxychlorure de cuivre) que l’on recommandait autrefois. Peut-être les purins d’ortie, de prêle ou autres extraits végétaux ont-ils un rôle de stimulation des défenses naturelles des arbres. Cela reste à expérimenter. Le jardinier est toutefois invité à inspecter son verger pour limiter les sources de contamination du champignon. On peut ainsi ramasser pour les brûler les feuilles mortes des arbres atteints, les fruits momifiés, les rameaux desséchés.

Préparer les trous de plantation

Traitement contre la cloque du pêcher

  • Symptômes : Les feuilles des pêchers se recroquevillent, s’épaississent, se gaufrent et se colorent plus ou moins de rouge violacé. Si l’attaque est très forte, les très jeunes plants peuvent avoir leur croissance limitée.
  • Que faire ? Traiter le fruitier avec un produit cuprique en février-mars. La cloque est causée par un champignon, Taphrina deformans. Celui-ci hiverne sous forme de spores dans les écorces des rameaux et sous les écailles des bourgeons. Aucune plante ou produit épandu (purins, décoction) sur le sol ne peut donc agir sur lui. En fin d’hiver, dès que les écailles des bourgeons s’entrouvrent, les spores contaminent les jeunes tissus végétaux. C’est à ce stade précis, que l’on appelle « pointe verte », que l’on peut intervenir. Seul le cuivre (celui présent dans la bouillie bordelaise ou dans l’oxychlorure de cuivre) a une efficacité. Et encore : son action n’est que préventive (le cuivre ne tue pas les champignons). La pulvérisation de cuivre forme un film qui empêche les spores de pénétrer les tissus végétaux lorsqu’elles germent. Il est à noter que la cloque est certes très impressionnante, mais sans aucune gravité pour les pêchers à l’exception des très jeunes plants qui peuvent en pâtir. Normal : il s’agit d’une maladie de jeunesse qui diminue au fur et à mesure que l’arbre vieillit. L’usage en permaculture est donc… de ne rien faire !

Les remèdes de grand-mères comme les coquilles d’œufs pendues aux branches du pêcher sont des superstitions. La coquille d’œuf n’a hélas pas plus d’effets que les squelettes que les Romains accrochaient dans les arbres.

Lutter contre les cochenilles

  • Symptômes : Les pruniers, pommiers, oliviers, agrumes… se couvrent de petites taches floconneuses et blanches ou bien de coques coriaces brunes ? Il s’agit des cochenilles. Elles sont parfois accompagnées d’une matière gluante qui, en cas de forte attaque, peut se couvrir de poudre noire : la fumagine (un champignon s’installant sur le miellat des cochenilles).
  • Que faire ? Vaporiser de l’huile. Les cochenilles font partie de la famille des pucerons. Comme ces derniers, elles piquent et sucent la sève des plantes. Une forte quantité de ces insectes peut affaiblir de façon conséquente les jeunes arbustes. Par chance, il existe un produit très efficace (et d’ailleurs utilisé depuis toujours) : l’huile. On trouvait autrefois commercialisé ce produit sous le terme de « traitement d’hiver » ou d’huile « blanche » (pour la différencier de l’huile « jaune » qui contenait en supplément une substance insecticide). L’huile a une action mécanique, en nappant le végétal elle recouvre et asphyxie non seulement les femelles (ce sont elles qui se cachent sous les boucliers que l’on voit), mais aussi leurs mâles, leurs larves et leurs œufs qui sont invisibles. Attention toutefois : l’huile détruit de la même façon les autres formes d’insectes inoffensifs ou auxiliaires. Bien que naturel, ce traitement sur un arbre fruitier doit réellement être justifié.

Le badigeon : une pratique à évaluer

Le blanc arboricole à base de chaux, le badigeon maison à base d’argile, de cendres de bois, du lait… on a longtemps utilisé ces pâtes de fabrication artisanale, pour enduire, au pinceau, des troncs et grosses branches préalablement débarrassées de leurs lichens et mousses. Le but était de protéger le tronc des arbres contre les coups de soleil, contre les aléas climatiques, mais surtout pour détruire les formes hivernantes des ravageurs et les spores des maladies. On recommandait ainsi un badigeonnage annuel en fin d’hiver : en février-mars.

Outre que l’on peut douter de l’efficacité des badigeons contre les pucerons, acariens et autres ravageurs, le « nettoyage » préalable des écorces détruit aussi les insectes auxiliaires, des végétaux, des bactéries. Tout un microcosme indispensable à la santé de l’arbre.

Réglementation et bonnes pratiques

La loi Labbé est entrée en application depuis janvier 2019. Elle encadre strictement les produits phytosanitaires commercialisés auprès des jardiniers. Il est impératif d'utiliser les produits phytopharmaceutiques avec précaution. Avant toute utilisation, il faut lire l’étiquette et les informations concernant le produit.

Fertiligène est une marque française spécialisée dans les produits de jardinage, proposant notamment un traitement préventif de contact contre l’oïdium, la tavelure et la pourriture grise. Il est prêt à l'emploi et résistant à la pluie.

Les tuteurs pratiques pour les fleurs, les légumes grimpants, etc., ont de nombreuses utilisations possibles, idéales pour les plantes d'intérieur ou de jardin (arbustes, hautes tiges, jeunes arbres, etc.).

En choisissant des engrais et insecticides biologiques et en adoptant des pratiques de jardinage respectueuses de l'environnement, vous contribuerez à la santé de vos arbres fruitiers et à la richesse de votre écosystème de jardin.

Diagramme illustrant l'équilibre d'un écosystème de jardin biologique

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