L'Innovation de l'Eau Gélatineuse et la Gestion des Risques Climatiques pour les Arbres Fruitiers

La gestion de l'eau et la protection contre les aléas climatiques représentent les défis majeurs de l'arboriculture moderne. Face au réchauffement climatique, qui accentue à la fois les épisodes de sécheresse et l'imprévisibilité des gels tardifs, des solutions innovantes voient le jour. Parmi celles-ci, l'utilisation d'hydro-rétenteurs comme le Polyter et les techniques de protection contre le froid, telles que l'émulsion d'eau et d'argile ou l'aspersion, redéfinissent les pratiques agricoles.

Schéma illustrant le fonctionnement d'un hydro-rétenteur au contact des racines

Le Polyter : Le « garde-manger » des plantes

Le Polyter est un hydrorétenteur fertilisant qui se présente sous la forme de petits granulés provenant de la chimie organique, composés d’un engrais organique, de cellulose et de polyacrylate de potassium. Surnommé par son créateur « le garde-manger des plantes », ce procédé est très intéressant puisqu’il permet de maintenir l’humidité, y compris dans du sable. Sous l’action de l’eau, les petits granulés absorbent l’eau, ce qui permet de retenir jusqu’à 500 fois le poids initial du granulé.

Lors de la plantation, les petits granulés sont disposés à proximité de la plante concernée. Dès qu’ils sont arrosés, chaque granulé absorbe 97% d’eau. Du côté des racines de la plante, celles-ci s’enroulent autour du polyter. Avec le polyter, son inventeur a permis aux plantes de créer une sorte de symbiose entre les racines et le polyter. Il s’adapte à tous types de cultures telles que les fleurs, plantes, arbustes, gazon et légumes. A la différence de l’arrosage classique, cet hydrorétenteur présente un intérêt majeur : il évite un pourrissement des racines des végétaux.

Sur les plantes, le polyter a un effet bénéfique : leurs racines sont notamment plus solides, ce qui permet une meilleure robustesse de la plante face à la sécheresse et aux parasites. Sa croissance est également plus rapide. Pour les arbres fruitiers, ces derniers produisent des fruits plus rapidement et en plus grande quantité. En utilisant du polyter, vous réalisez également des économies intéressantes puisque vous arrosez moins et réduisez la quantité de fertilisants chimiques. Dans la terre, son efficacité est optimale pendant 3 ans. A partir de la troisième année, il commence à se dégrader, et au bout de 3-5 ans, ils sont entièrement dégradés par les bactéries.

Applications et impact international

D’Arcachon à Fourcès, en passant par Dax, Monaco, jusqu’aux Émirats Arabes Unis, au Burkina Faso, en Égypte, au Canada et surtout au Sénégal, le polyter fait des miracles en changeant le sable en gazon et en relançant la production agricole dans des zones arides ou sinistrées. Au Sénégal par exemple, son utilisation a permis à des maraîchers d’augmenter considérablement leur production de tomates : ils sont passés de 400 kilos par an à deux tonnes. Ceci en utilisant seulement trois cristaux de polyter pour chaque plant.

Pour les pays arides et ceux à forte densité de population, le polyter constitue aussi un réel espoir. À l’heure actuelle, son efficacité est reconnue aux quatre coins de la planète et dans différents domaines de production végétale tels que l’agriculture. La solution de Philippe Ouaki Di Giorno se traduit par de petits granulés qui se composent d’une solution concentrée, secrète, biodégradable en moins de cinq ans. Les granulés viennent alors fusionner avec la masse racinaire et multiplient sa croissance par cinq.

Le gel : une menace sournoise pour les vergers

Si la gestion de l'eau est cruciale, le gel printanier demeure un adversaire redoutable. Le gel ne sévit pas qu’en plein cœur de l’hiver ; il est aussi un adversaire sournois au printemps. Lorsque les températures chutent brutalement, les bourgeons encore fragiles des arbres fruitiers sont particulièrement exposés. Les gels tardifs, souvent en mars ou avril, sont encore plus dévastateurs. Imaginez vos pommiers ou vos cerisiers en pleine floraison, prêts à éclore, et une nuit glaciale qui réduit tous vos efforts à néant.

Ludovic Declercq, arboriculteur dans le secteur de Nancy, en fait régulièrement l'amère expérience. Le gel nocturne frôlant les - 5 degrés a saisi les pêchers en pleine floraison : « à -1 degré, ça commence à devenir critique, on sait qu'on aura 20% de dégâts ». Avec le changement climatique, les arbres fleurissent plus tôt et sont plus vulnérables aux gels tardifs.

Techniques de lutte contre le gel

Pour protéger ses vergers du gel, les arboriculteurs utilisent plusieurs moyens disponibles :

  1. Les brûlots : Ces gros pots de paraffine peuvent faire chuter la température de 3 degrés. Inconvénient, le coût : il faut en aligner 600 pour protéger un hectare.
  2. La tour de brassage : Un grand ventilateur d'une dizaine de mètres surplombe les vergers. Sa fonction consiste à rabattre vers le sol l'air toujours plus chaud en hauteur.
  3. Le thermonébulisateur : Très utilisé dans les vignes du sud-ouest, cet équipement vaporise un brouillard protecteur chargé en glycérol et oligo-éléments naturels.
  4. L'aspersion : Cette technique consiste à vaporiser de l'eau sur les arbres afin de créer une gangue de glace protectrice. Cependant, elle est déconseillée pour les vergers qui poussent sur des sols argileux.

L'émulsion d’eau et d’argile apparaît également comme une solution innovante et accessible. L’argile, utilisée depuis des siècles en agriculture, est connue pour ses propriétés isolantes. Mélangée à de l’eau, elle forme une barrière protectrice autour des bourgeons et des jeunes pousses. L'application se fait à l’aide d’une brosse large ou d’un pulvérisateur, en couvrant chaque bourgeon et jeune pousse.

Vers une agriculture résiliente

L'utilisation d'hydro-rétenteurs comme le Polyter et la mise en œuvre de systèmes de protection antigel illustrent la nécessité d'une approche technique et réfléchie de l'arboriculture. Si le polyter permet de réaliser des économies d’eau considérables, allant de 50% à 80%, il ouvre également de nouvelles perspectives agricoles. Philippe Ouaki Di Giorno souligne : « Je ne veux pas que ma technologie appartienne à un grand groupe. Le polyter permet de réaliser des économies d’eau considérables. Il ouvre également de nouvelles perspectives agricoles ».

La combinaison de ces méthodes, adaptée aux spécificités de chaque terroir, permet de lutter contre le stress hydrique et les aléas climatiques. Dans la terre, l'efficacité des hydro-rétenteurs est optimale pendant 3 ans, offrant un répit précieux aux agriculteurs confrontés à des sols pauvres ou à des sécheresses prolongées. De même, la maîtrise de l'aspersion ou de l'émulsion argileuse permet de sécuriser les récoltes face à des épisodes de gel de plus en plus précoces.

Diagramme comparatif : besoin en eau avec et sans hydro-rétenteur

Le gel d’arrosage, qu'il soit industriel ou fabriqué maison à base d'agar-agar, suit un principe similaire : faciliter l’arrosage et limiter la fréquence des apports. La fabrication maison du gel d’arrosage est assez simple et plutôt économique. Pour cela, il vous faut 5 g d’agar-agar et 1 litre d’eau. Malgré tous les avantages qu’offre le gel d’arrosage, mieux vaut le considérer comme une solution ponctuelle de dépannage. L’eau reste la solution d’arrosage la plus simple et la plus naturelle. Optez dans tous les cas pour des gels respectueux de l’environnement avec des composants biodégradables.

En fin de compte, l'avenir de l'arboriculture repose sur cette capacité à innover, tant par des solutions chimiques organiques que par des méthodes naturelles ancestrales remises au goût du jour. Le polyter, en changeant le sable en gazon et en relançant la production agricole, tout comme les techniques de protection antigel, forment un arsenal de solutions permettant d'aborder avec sérénité les défis environnementaux qui attendent le monde agricole.

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