Le Basilic : Un Itinéraire Culturel, Agronomique et Horticole d'une Plante Aromatique Royale

illustration de différentes variétés de basilic

Le basilic, scientifiquement connu sous le nom d'Ocimum basilicum, est une plante aromatique dont l'histoire et l'utilisation remontent à des millénaires. Originaire d'Asie du Sud et du Moyen-Orient, il était autrefois considéré comme une plante sacrée en Inde et était également prisé par les anciens Égyptiens pour ses propriétés médicinales et son usage dans les rites funéraires, il y a plus de 4000 ans. Son nom latin, Ocimum basilicum, de la famille des Lamiacées, tire d’ailleurs son nom du grec Basilikos, qui signifie « Plante Royale ». Au IIème siècle de notre ère, le basilic est importé à Rome et vite adopté dans tout l’Empire. Il faudra attendre le XIVème siècle pour que le basilic franchisse la Manche et arrive sur les tables en Angleterre. Au début du XIXème siècle, suivant les flux migratoires vers l’ouest, le basilic part à la conquête des Amériques ! Aujourd’hui, le basilic est cultivé tout autour du monde, et reste symbolique de la cuisine asiatique et méditerranéenne. Appelée aussi "pistou" dans le Midi, cette aromatique bien connue pour son goût parfumé et ses feuilles odorantes est à la portée de tous.

Caractéristiques Botaniques et Variétés

Le basilic est une plante herbacée annuelle, atteignant généralement 20 à 60 cm de hauteur. Ses feuilles sont ovales, vertes ou pourpres, et dégagent un parfum caractéristique lorsqu’elles sont froissées. Bien que le basilic soit une plante pérenne dans son environnement d’origine en Asie, sous les climats plus frais, il est cultivé en annuelle, à la différence du thym ou du romarin, car il nécessite un climat chaud et ensoleillé toute l’année. En dessous de 12°C, il entre en pause végétative et est très sensible au froid : il ne tolère d’ailleurs aucune température négative. Les plants de basilic peuvent mesurer jusqu’à 60 cm de haut, avec des feuilles ovales et vertes de 3 cm de long pour la plupart des variétés, bien que certaines se distinguent avec des feuilles énormes bombées ou bien très petites et très fines. Comme beaucoup de plantes de la famille des Lamiacées, la tige du basilic est à section carrée.

schéma de la structure d'un plant de basilic

Il existe une grande diversité de variétés de basilic, chacune avec ses propres caractéristiques :

  • Basilic Genovese : C’est le basilic vert que l’on connaît tous. Il est largement utilisé en cuisine pour aromatiser les plats, les sauces, les salades, et les soupes, et est l’ingrédient principal du pesto, une sauce italienne classique.
  • Basilic grandes feuilles : Une variété commune avec des feuilles plus imposantes.
  • Basilic Tulsi (ou basilic sacré) : Cette variété possède un arôme camphré et est surtout utilisée en tisane. Ses feuilles sont velues, ce qui les rend moins agréables à manger crues.
  • Basilic Grec : Une variété verte à très petites feuilles. Son goût est très fin, consommable aussi bien crue que cuite. C'est la seule variété que nous recommandons de greffer.
  • Basilic citron : Cette variété à petites feuilles vert clair développe des saveurs de citron, au feuillage presque jaune.
  • Basilic Thaï : Parfait pour les poissons et plats asiatiques, il offre une saveur anis-réglisse, un feuillage presque violet et des feuilles un peu pointues.
  • Basilic feuille de laitue (ou basilic mammouth) : Une variété à feuilles gigantesques avec un goût anisé très particulier.
  • Basilic perpétuel (ou basilic du Kenya) : Bien qu'appelé perpétuel, il est plus résistant au froid que les autres mais reste sensible aux températures en dessous de 5°C et meurt quand il gèle.
  • Basilic de Crimée : Une des variétés qui pousse le mieux en Suisse. Il est solide, vigoureux et monte peu en graines.
  • Basilic pourpre : Une variété à feuilles violettes au goût très similaire au Genovese.

Agronomie et Conditions de Culture

La culture du basilic nécessite des conditions spécifiques pour un développement optimal. Une chose est sûre, le basilic est une plante facile à cultiver. En revanche, avoir de belles productions nécessite un peu de technique.

Sol et Fertilisation

Le basilic préfère un sol riche, léger et bien drainé. Les sols frais et bien drainés sont à privilégier pour sa culture, même si cette espèce peut s’adapter à tout type de sols à partir du moment où il se réchauffe suffisamment vite au printemps. Un apport de compost bien décomposé ou de fumier est recommandé avant la plantation pour améliorer la terre d'origine avec un peu d'amendement organique (deux poignées par trou). Dans les terres lourdes (argileuses), il est conseillé de jeter du sable grossier au fond du trou pour améliorer le drainage.

Actuellement, il n’y a pas de recommandations de fertilisation propres à l’Ontario. Les recherches et les recommandations provenant de l'extérieur de l'Ontario ne s’appliquent pas nécessairement aux conditions de croissance ontariennes. Des recherches menées au Mississippi, de même qu’en Iran, ont montré des rendements optimaux entre 50 et 100 kg/ha, avec cependant une diminution de la teneur en huiles essentielles qui variait en relation inverse avec le taux d’azote.

TOUT SAVOIR SUR LA FERTILISATION ! 🌱☀️💧

Semis et Plantation

Le basilic est long à pousser. Pour une germination optimale des graines, la température doit idéalement être comprise entre 20 et 25°C. Il en va de même pour les températures en culture. On vous recommande de semer le basilic en même temps que les semis de tomates, entre début et mi-mars. Le basilic se sème en intérieur ou sous abri à partir de mars, puis les plants peuvent être repiqués en pleine terre après les dernières gelées, généralement en mai. On ne le répétera jamais assez : n’installez pas de basilic au jardin, surtout en pleine terre, avant la fin des saints de glace. Cette plante aromatique est très frileuse et vous risquez de la perdre rapidement. Laurent Bourgeois souligne qu'un basilic ne s’installe pas au jardin avant début ou mi-mai car c’est une plante gélive, et au début du printemps on n’est pas à l’abri d’une gelée tardive. Si on veut garder son basilic longtemps, il ne faut jamais l’acheter ni le planter avant le mois de mai.

Le taux de germination est très aléatoire, c’est pour cela qu’il est conseillé de ne pas semer les graines une à une dans des pots ou plaques alvéolées. Dans un pot individuel ou en plaque alvéolée, faites un trou de quelques mm (pas plus, la graine est très petite et n’a pas la force de traverser 1cm de terre). Dans une terrine, semez à la volée quelques dizaines de graines. Pour réussir le repiquage, il est important de savoir que le basilic aime les sols riches et bien drainés# Le Basilic : Un Itinéraire Culturel, Agronomique et Horticole d'une Plante Royale

Illustration du basilic avec ses feuilles ovales vertes et pourpres

Le basilic (Ocimum basilicum), dont le nom latin Ocimum basilicum ou O. de la famille des Lamiacées, est bien plus qu'une simple herbe aromatique. Son appellation du grec Basilikos, signifiant « Plante Royale », témoigne de son histoire riche et de sa valeur inestimable à travers les millénaires. Originaire d’Asie du Sud et du Moyen-Orient, cette plante herbacée annuelle, atteignant généralement 20 à 60 cm de hauteur, a voyagé à travers les continents, s'imposant comme un pilier de la cuisine et de la phytothérapie dans de nombreuses cultures. Ses feuilles ovales, vertes ou pourpres, dégagent un parfum caractéristique lorsqu’elles sont froissées, un arôme délicat qui séduit et parfume une multitude de plats.

Son périple a débuté il y a plus de 4000 ans en Asie et en Égypte, où il était considéré comme une plante sacrée en Inde et prisé par les anciens Égyptiens pour ses propriétés médicinales et son usage dans les rites funéraires. On lui découvrit alors des propriétés antibactériennes et conservatrices efficaces pour la momification. Au IIème siècle de notre ère, le basilic fut importé à Rome et rapidement adopté dans tout l’Empire. Il fallut attendre le XIVème siècle pour qu'il traverse la Manche et arrive sur les tables en Angleterre. Au début du XIXème siècle, suivant les flux migratoires vers l’ouest, le basilic partit à la conquête des Amériques ! Aujourd’hui, le basilic est cultivé tout autour du monde, restant un symbole fort des cuisines asiatique et méditerranéenne.

Agronomie et Conditions de Culture Idéales

Bien que le basilic soit une plante pérenne dans son environnement d’origine en Asie, sous les climats plus frais comme en Europe, il est cultivé en annuelle. Cette différence, à l'inverse du thym ou du romarin, s'explique par son besoin d'un climat chaud et ensoleillé toute l'année. En dessous de 12°C, il entre en pause végétative et est très sensible au froid, ne tolérant aucune température négative.

Schéma des besoins en lumière et température du basilic

Préparation du Sol et Semis

Le basilic préfère un sol riche, léger et bien drainé. Un apport de compost bien décomposé ou de fumier est recommandé avant la plantation pour améliorer la terre d'origine. Les sols frais et bien drainés sont à privilégier, même si l'espèce peut s'adapter à tout type de sols à partir du moment où il se réchauffe suffisamment vite au printemps. Dans les terres lourdes (argileuses), il est conseillé d'ajouter du sable grossier au fond du trou de plantation. Pour une germination optimale des graines, la température doit idéalement être comprise entre 20 et 25°C. Il en va de même pour les températures en culture.

Le semis du basilic est une étape cruciale pour assurer une récolte abondante. Il est recommandé de semer le basilic en même temps que les semis de tomates, entre début et mi-mars. Le basilic se sème en intérieur ou sous abri à partir de mars, puis les plants peuvent être repiqués en pleine terre après les dernières gelées, généralement en mai. On ne le répétera jamais assez : n’installez pas de basilic au jardin, surtout en pleine terre, avant la fin des saints de glace. Cette plante aromatique est très frileuse et vous risquez de la perdre rapidement. Laurent Bourgeois insiste sur le fait qu'un basilic ne s’installe pas au jardin avant début ou mi-mai, car c’est une plante gélive, et au début du printemps, on n’est pas à l’abri d’une gelée tardive. Si on veut garder son basilic longtemps, il ne faut jamais l’acheter ni le planter avant le mois de mai.

Le taux de germination est très aléatoire, c’est pour cela qu’il est conseillé de ne pas semer les graines une à une dans des pots ou plaques alvéolées. Dans un pot individuel ou en plaque alvéolée, faites un trou de quelques millimètres (pas plus, la graine est très petite et n’a pas la force de traverser 1 cm de terre). Dans une terrine, semez à la volée quelques dizaines de graines. Pour réussir le semis, il est conseillé de mettre 4 à 5 graines, d’apparence noire, sur toute la surface du godet pour s’assurer qu’il y ait au moins une graine qui germe. Tamisez 0,5 cm de terre sur le dessus du semis. Ensuite, déposez vos semis dans un récipient adapté, comme une mini serre de germination pour semis, adaptée pour garder la chaleur où vous pourrez remplir le fond de la serre avec de l’eau. Recouvrez la boîte et placez-la dans un endroit lumineux. La chaleur sera votre alliée pour faire germer les graines, en maintenant la température à 15-20°C. Au bout de 6 à 8 jours, les graines auront germé, produisant de petites feuilles qu'il faudra éclaircir pour ne garder qu’un plant. Le semis peut débuter en avril ou en mai pour les productions de plein champ.

Plantation et Espacement

Une fois que les plants ont suffisamment grandi et atteint environ 10 cm de hauteur, ils sont prêts pour le repiquage. Il est recommandé de planter les pieds de basilic en lignes espacées de 30 à 40 cm, avec un espacement de 20 à 30 cm entre chaque plant. Pour le repiquage, creusez des trous de la taille de vos godets, suffisamment grands pour ne pas plier les racines. Placez le plant dans la terre et rebouchez le trou avec du terreau aéré. Arrosez doucement le plant sans le noyer. La distance de plantation conseillée est de 5 plantes par m² ou un espacement de 40 cm. La culture en pot est possible toute l’année sous serre (chauffée et éclairée en hiver) avec une densité d’environ 40 graines par pot (10/12 cm de diamètre). La densité en culture de plein champ est de 100 plants par mètre linéaire, avec un espacement de 20 à 30 cm entre les rangs. La quantité de graines pour 1 ha est de 4 kg. La culture dure environ 80 jours en plein champ, contre 45 jours en pots.

Exposition et Arrosage

Concernant l'exposition, le basilic aime avoir la tête au soleil. Cependant, les étés caniculaires actuels nécessitent une adaptation. Il y a 10 ans, on aurait conseillé « c’est facile, les basilics, en plein soleil ! ». Aujourd’hui, il est plutôt recommandé de les planter à mi-ombre (à partir de mi-mai), en les protégeant surtout du soleil de midi. L’idéal est de les placer à l’ombre de plantes grimpantes (haricots, tomates…). Vous pouvez également les planter en pots et déplacer le pot durant la saison. De mai à juin, placez le pot en plein soleil. En juillet/août, déplacez le pot pour le mettre à l’ombre (sous un arbre ou derrière un bâtiment pour qu’il ne prenne que le soleil du matin et/ou du soir).

Le basilic a besoin d’un arrosage régulier, surtout pendant les périodes sèches. Le sol doit être maintenu humide, mais il est important d’éviter l’excès d’eau, qui peut provoquer la pourriture des racines. Le basilic aime avoir un sol humide, mais n’aime pas avoir les pieds dans l’eau. Un conseil de Provençal dit : le basilic, c’est la tête au soleil, les pieds dans l’eau. Bon, ce n’est pas aussi tranché que cela… Il ne faut pas que ce soit trop humide non plus ! Mais le basilic aime bien les arrosages réguliers. Il est fortement recommandé de pailler votre sol pour maintenir le sol frais plus longtemps. Cela permettra au plant de basilic de profiter d’une humidité et d’une chaleur constantes et de limiter la pousse des mauvaises herbes.

TOUT SAVOIR SUR LA FERTILISATION ! 🌱☀️💧

Fertilisation

Actuellement, il n’y a pas de recommandations de fertilisation propres à l’Ontario. Les recherches et les recommandations provenant de l'extérieur de l'Ontario ne s’appliquent pas nécessairement aux conditions de croissance ontariennes. Des recherches menées au Mississippi, de même qu’en Iran, ont montré des rendements optimaux entre 50 et 100 kg/ha, avec cependant une diminution de la teneur en huiles essentielles qui variait en relation inverse avec le taux d’azote. Des études telles que celles de Biesiada et Kuś (2010) sur « L'effet de la fertilisation azotée et de l'irrigation sur le rendement et l'état nutritionnel du basilic doux (Ocimum basilicum L.) » et de Sharafzadeh, Esmaeili, et Mohammadi (2011) sur « Les effets d'interaction de l'azote, du phosphore et du potassium sur la croissance, l'huile essentielle et le contenu phénolique total du basilic doux » apportent des éclaircissements sur ces questions. Verma et al. (2008) ont également étudié « L'effet de l'azote et de la densité de population végétale sur le rendement en herbe et en huile essentielle du basilic indien (Ocimum basilicum) ». Zheljazkov et al. (2008) ont examiné « La productivité, le contenu en huile et la composition en huile du basilic doux en fonction de la fertilisation azotée et soufrée ».

Variétés de Basilic : Une Richesse Aromatique

Le monde du basilic est étonnamment diversifié, offrant une palette de saveurs et d'apparences pour satisfaire tous les goûts et toutes les utilisations. Les plants de basilic peuvent mesurer jusqu’à 60 cm de haut, avec des feuilles ovales et vertes de 3 cm de long pour la plupart des variétés, mais certaines se distinguent avec des feuilles énormes bombées ou bien très petites et très fines. Comme beaucoup de plantes de la famille des Lamiacées, la tige du basilic est à section carrée.

Parmi les variétés les plus courantes et appréciées, on retrouve :

  • Basilic Genovese : C’est le basilic vert classique que l’on connaît tous, idéal pour le pesto et les plats méditerranéens.
  • Basilic grandes feuilles : Une variété aux feuilles plus imposantes, souvent utilisée pour envelopper des aliments ou pour ajouter une touche de fraîcheur visuelle.
  • Basilic Tulsi (ou basilic sacré) : Un arôme camphré caractéristique, cette variété est surtout utilisée en tisane. Ses feuilles sont velues, ce qui ne les rend pas des plus agréables à manger crues.
  • Basilic Grec : Une variété verte à très petites feuilles. Il offre un goût très fin, consommable aussi bien cru que cuit. C'est la seule variété que nous recommandons de greffer.
  • Basilic citron : Variété à petites feuilles vert clair, dégageant une saveur citronnée rafraîchissante.
  • Basilic Thaï : Parfait pour les poissons et les plats asiatiques, il se distingue par une saveur anis-réglisse, un feuillage presque violet et des feuilles un peu pointues.
  • Basilic feuille de laitue (ou basilic mammouth) : Caractérisé par des feuilles gigantesques et un goût anisé très particulier.
  • Basilic perpétuel (ou basilic du Kenya) : Bien que nommé "perpétuel", ici en Suisse, il n’est pas vraiment perpétuel. Il est clairement plus résistant au froid que les autres, mais reste un basilic, donc en dessous de 5°C il fait la tête et meurt quand il gèle.
  • Basilic de Crimée : Une des variétés qui pousse le mieux en Suisse. Solide, vigoureux et montant peu en graines, c’est un favori pour sa robustesse.
  • Basilic pourpre : Basilic à feuilles violettes, au goût très similaire au Genovese, mais avec une esthétique unique.

D'autres basilics développent des saveurs de cannelle, offrant une diversité pour les amateurs d’originalité. En cherchant un peu, on trouve beaucoup de variétés originales, toutes faciles à cultiver. Certains vendeurs vous diront qu’il ne faut surtout pas le cultiver au soleil parce qu’il grille, mais sachez que les basilics qui grillent ont été élevés sous serre chauffée et que ces conditions de culture très particulières font qu’elles ont du mal à s’habituer à vivre dehors, en plein soleil.

Entretien et Récolte pour une Production Maximale

Le basilic est une plante facile à cultiver. En revanche, avoir de belles productions nécessite un peu de technique.

Taille et Pincement

Afin d’augmenter les récoltes, il est conseillé de tailler le basilic pour le contraindre à prendre une forme de chandelier. Pour cela, on étête le basilic après le 3ème nœud. Ce renouvellement régulier du pincement des têtes stimule la croissance du basilic. Si vous cultivez le basilic pour récolter les feuilles, coupez les fleurs dès qu’elles apparaissent, car elles empêchent le développement des feuilles. Cependant, si vous décidez de garder les fleurs, elles vous permettront de récupérer des graines pour planter du basilic l’année suivante. Il est astucieux d’avoir plusieurs plants de basilic : un pour les feuilles et un pour les fleurs qui donneront les graines.

Récolte

Le basilic peut être récolté dès que les plants ont suffisamment de feuilles, généralement environ 2 mois après le semis. Il est préférable de cueillir les feuilles régulièrement pour encourager la plante à produire de nouvelles pousses. Il ne faut JAMAIS couper le basilic avec une paire de ciseaux, ni avec un sécateur ! Le basilic craint l’oxydation. Dès qu’on utilise un outil pour le couper, il noircit très vite, ce qui n'est pas très agréable dans une assiette. Il faut simplement utiliser ses doigts pour le récolter. On appelle cela « pincer ». Pour la récolte, il est conseillé de couper des branches plutôt que de couper des feuilles. Les récoltes multiples sont issues d’un même semis. De façon typique, le basilic est récolté deux fois par an : une fois juste avant la floraison (en y laissant au moins quatre ensembles de feuilles), et une seconde fois juste avant la nouvelle floraison. La récolte est presque exclusivement effectuée avant la floraison car ce sont les feuilles qui sont commercialisées (sauf pour certaines variétés spécifiques commercialisées en fleurs). Les tiges principales des plants sont souvent pincées pour favoriser la pousse et retarder la floraison. La récolte s’effectue à la main ou de façon mécanisée (chez les spécialistes). En général 3 coupes peuvent aisément être réalisées sur une saison avec un rendement approximatif d’un kilo par m². Récolter durant les moments les plus frais de la journée afin de réduire les pertes d’humidité et les coûts de refroidissement.

Conservation

Pour conserver du basilic frais, il suffit de couper des tiges et de les placer dans un verre d’eau. Pour conserver le basilic une année, vous pouvez le congeler. Pour cela, coupez les tiges et rincez-les. Après essorage, effeuillez les tiges puis faites-les sécher sur un papier ménage (pendant au moins une heure). Quand il est bien sec, mettez-le dans un sachet zip au congélateur. À la maison, on coupe les feuilles finement, on les met dans des bacs à glaçons et hop, au congélo. Ensuite, durant l'hiver, on récupère un ou deux glaçons qu’on glisse dans une soupe. On peut aussi en parfumer de l’huile ou en faire des pestos à conserver au congélateur. Si vous ne voulez pas les consommer dans la journée, inutile de les sécher, elles perdraient leur parfum.

Production de Semences

Pour produire vos graines de basilic, il suffit de laisser les fleurs et les abeilles faire leur travail. Une fois pollinisé, attendez que les bouquets floraux sèchent sur pied. Quand la fleur est complètement sèche et que les graines commencent à tomber seules, c’est le moment de les récolter. ATTENTION : Les basilics s’hybrident facilement.

Maladies et Ravageurs : Défis et Solutions

La culture du basilic, bien que réputée facile, n'est pas exempte de défis. Plusieurs maladies et ravageurs peuvent affecter sa santé et son rendement.

Image d'infographie sur les maladies courantes du basilic

Maladies Fongiques

  • Mildiou : Une maladie fongique redoutable qui se manifeste par des taches jaunâtres et des moisissures sur les feuilles. La maladie la plus problématique est sans aucun doute le mildiou. Cette maladie cryptogamique est causée par le pathogène Peronospora belbahrii, différent de celui qui atteint les autres cultures de légumes (notamment les tomates). Elle a été détectée pour la première fois en 2021 en Suisse, avant de se propager à tout le continent. Le pathogène se diffuse à l’aide du vent et ses spores peuvent rester vivantes entre 7 et 10 jours dans ou sur le sol après la sporulation. Les premiers symptômes sont des taches ou zones devenant jaunes, visibles sur la face supérieure des feuilles. Au fur et à mesure de l’avancement de la maladie, grâce à des nuits fraîches et des rosées notamment, les taches se diffusent et tournent au brun. Si l’infection n’est pas combattue, les taches peuvent atteindre les tiges de la plante après avoir colonisé les feuilles. Si les variétés atteintes sont non-tolérantes ou non-résistantes et que les conditions restent favorables, la maladie se développe et peut totalement tuer le plant. Par ailleurs, la présence de taches sur les feuilles et/ou les tiges empêchent la commercialisation des produits. Les conditions favorables sont un haut taux d’humidité, durant une longue période de temps, avec des températures comprises entre 12 et 27°C et peu d’ensoleillement. Ces paramètres expliquent une propagation de la maladie plus importante à la fin de l’été. Toutes les variétés testées à ce jour se sont montrées très sensibles au mildiou, sauf les variétés épicées. Les risques de maladie peuvent être réduits par un choix judicieux de l’emplacement, et en favorisant une bonne aération sous le couvert végétal.
  • Fusariose : Une autre maladie qui peut affecter les cultures de basilic. Elle est causée par un champignon (Fusarium oxysporum ssp. basilici) et peut se propager très rapidement, surtout sous tunnel ou serre. Sur les jeunes plants, la fusariose se manifeste par de la pourriture brune au bas des tiges et peut entraîner la mort du plant. Sur les plantes adultes, l'infection est caractérisée par des chancres brun foncé, situés sur certaines parties des tiges ou des branches. Les parties de la plante affectée ont de fortes chances de mourir. Les parties intactes de la plante survivent mais les feuilles peuvent se décolorer et devenir "moins" vertes. Comme pour le mildiou, des mesures prophylactiques sont conseillées pour éviter la maladie, tout comme l’utilisation de variétés résistantes. Ainsi, le stress hydrique, une atmosphère humide et des températures comprises entre 25 et 28°C peuvent accentuer le développement de la fusariose.
  • Oïdium : Caractérisé par un feutrage blanc farineux sur les feuilles.
  • Pourriture grise (Botrytis) : Reconnaissable à son duvet gris sur les boutons floraux et les fruits. Appelée également pourriture grise, elle est due à une hygrométrie trop élevée. Éliminer les parties infectées. Tailler quelques branches pour favoriser la circulation d’air.
  • Pourriture de la racine : Comme dit plus haut, le basilic n’aime pas avoir les pieds dans l’eau.

Ces maladies peuvent être favorisées par une mauvaise aération (respectez les distances de plantation), un surdosage d’engrais, et des écarts de température trop importants entre le jour et la nuit.

Ravageurs

  • Pucerons : Ces insectes suceurs de sève peuvent affaiblir les jeunes pousses. Quand l’attaque est trop importante, les pucerons peuvent tuer un basilic. Pour s’en débarrasser, vous pouvez pulvériser un mélange savon noir/bicarbonate (pour 1 litre d’eau, un bouchon de savon noir et une cuillère à café de bicarbonate). Ce mélange tue tous les insectes à carapaces. Agissez dès l’apparition des premiers pucerons. Rien de tel qu’un mélange eau-huile d’olive pour vous en débarrasser et nourrir votre plante.
  • Mouches blanches (Aleurodes) : Ces petits insectes peuvent se rassembler sous les feuilles. Ici, vous pouvez utiliser du savon noir/bicarbonate. Mais nous préférons utiliser des auxiliaires. La société Biogarten en Suisse propose des Encarsia forma, des guêpes parasitoïdes qui pondent leurs œufs dans les larves de mouches blanches.
  • Mouches de terreau : Ces petits moucherons sont généralement présents dans les terreaux de mauvaise qualité. Achetez du bon terreau. Si les moucherons sont présents, vous devrez intervenir sur leur phase larvaire. (Les pièges jaunes n’agissent que sur la phase aérienne. Ils doivent être utilisés pour identifier et quantifier l’infestation, ils ne résolvent pas le problème).
  • Scarabées japonais : Des organismes nuisibles qui peuvent causer des dommages.

Lutte et Prévention

Seuls les produits de lutte contre les organismes nuisibles homologués spécifiquement pour le basilic dans le « Groupe de culture 19 : Épices et fines herbes » et le « Sous-groupe 19-A : Fines herbes » peuvent être appliqués à ce type de culture. Toujours lire les étiquettes de produits et suivre toutes les instructions qui y sont mentionnées avant d’utiliser un produit antiparasitaire. Pour plus de renseignements, consultez un spécialiste du MAAARO. Des recherches ont été menées sur l'évaluation des variétés de basilic pour leur susceptibilité au mildiou (Filotas, M. et S. Westerveld. 2010), l'identification et la gestion du mildiou du basilic en Ontario (Saude, C., M.R. McDonald, et C. Bakker. 2011-présent), et des jardins de démonstration d'herbes aromatiques (McKeown, A.W., C.J. Bakker et J. Schooley. 1998-2002 ; Westerveld, S., Elford, E., Filotas, M. et J. Todd. 2010-présent).

Le basilic pousse bien aux pieds des tomates et piments/poivrons. Il pousse également bien à l’ombre des haricots à rame. Son odeur très forte participe à la protection intégrée du potager en permaculture en gênant certains insectes qui s’orientent à l’odorat.

Le Basilic en Phytothérapie et Cuisine

Le basilic est largement utilisé en cuisine pour aromatiser les plats, les sauces, les salades, et les soupes. Il est l’ingrédient principal du pesto, une sauce italienne classique. Appelée aussi "pistou" dans le Midi, le basilic est de nos jours très utilisé dans la cuisine méditerranéenne. Ses feuilles ont beaucoup de goût et sont très odorantes. Il est conseillé de les manger crues car elles peuvent perdre de la saveur si vous les cuisez. Les feuilles de basilic accompagneront très bien tous vos plats et particulièrement ceux de l’été. Elles seront idéales pour parfumer les salades, crudités et sauces. Le meilleur est de consommer vos feuilles de basilic directement pour plus de fraîcheur. Différents groupes ethniques peuvent avoir une préférence pour des variétés particulières ou pour différents stades de croissance de la plante.

Plats méditerranéens avec du basilic frais

Au-delà de ses qualités gustatives, le basilic est riche en vitamines A, K, et C, ainsi qu’en minéraux tels que le fer, le calcium, et le magnésium. Il est reconnu pour ses propriétés digestives, antioxydantes et anti-inflammatoires. En phytothérapie, il est utilisé pour soulager les troubles digestifs, réduire le stress et l’anxiété, et améliorer la santé respiratoire. Cette plante aromatique a aussi des propriétés anti-moustique et anti-mouche, contribuant ainsi à un potager plus sain.

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