Aussi célèbre - en ce qu’il résume parfois l’œuvre de Tolkien aux yeux du grand public, aux dépens de ses autres textes - que difficile à cerner pour un lectorat francophone, Le Seigneur des anneaux a longtemps été classé par erreur comme appartenant au genre de la science-fiction, puis à celui de l’heroic fantasy. Nombre de films, de séries et de jeux vidéo exploitent et développent son « monde », laissant souvent dans l'ombre la richesse de son texte.

L’épopée de l’anneau : genèse d’un chef-d’œuvre
L’intrigue du Seigneur des anneaux est simple et reconnaissable, d’autant qu’elle a fondé le genre de la fantasy moderne. À une époque imaginée par l’auteur, pré-historique mais très marquée par la référence au Moyen Âge européen, un groupe de personnages, issus des peuples « libres » (Hobbits, Hommes, Elfes et Nains) et guidés par le magicien Gandalf, entreprend de traverser la Terre du Milieu (une transposition de l’Europe) pour détruire un anneau magique et mortifère. Ces personnages tentent de le rapporter au Mordor, pays où il a été forgé par Sauron, le seigneur des Ténèbres et maître des anneaux, avant que ce dernier, aux desseins belliqueux, ne le retrouve.
Faisant alterner épisodes épiques, aventures et phases contemplatives dans un décor stupéfiant - où se déroulaient déjà certaines histoires du Silmarillion, le grand projet inachevé de Tolkien -, le récit de mille pages prend donc la forme d’une quête inversée, d’une odyssée à l’envers où il faut fuir sa terre natale pour la sauver. Ce romance - roman d’inspiration médiévale - fait le pari de mêler merveilleux, effets de suspense, épisodes comiques et coups de théâtre, ce qui n’empêche pas la recherche de cohérence et de vraisemblance, deux marques distinctives de la fantasy selon Tolkien.
Douze années d’écriture, des revirements éditoriaux innombrables et un piratage tombé du ciel : le roman le plus célèbre de J.R.R. Tolkien a connu une existence presque aussi épique que celle de ses glorieux héros. Lorsqu’il s’attelle à la rédaction de l’œuvre de sa vie, Le Hobbit, paru le 21 septembre 1937, a en effet rencontré un franc succès, y compris le prix du Meilleur Livre pour enfants du New York Herald Tribune. Sentant le bon filon, Stanley Unwin, fondateur des éditions Allen & Unwin, presse alors son nouvel auteur fétiche de lui envoyer les manuscrits qui traînent dans ses tiroirs, à la recherche d’autres histoires de Hobbits. Mais aucun des contes déjà rédigés par Tolkien - Monsieur Merveille, Le Fermier Gilles de Ham, Roverandom - ne fait mention des Hobbits. « Le Silmarillion est plein de matériaux merveilleux : en fait, c’est une mine à explorer pour d’autres livres comme Le Hobbit plutôt qu’un livre en soi », juge Stanley Unwin dans une lettre adressée à Tolkien.
Dans cette introduction, restée inachevée, Bilbo donne une réception à Hobbiton pour son anniversaire et, après un discours devant ses hôtes, passe l’Anneau à son doigt puis disparaît pour de nouvelles aventures. La raison de ce départ brusque : « il ne reste à Bilbo ni argent ni bijoux ». Il imagine un temps un fils à Bilbo, avant de songer à une nouvelle idée, griffonnée sur un pense-bête : « Qu’un thème soit le retour de l’Anneau ». Déjà largement employé dans Le Hobbit, cet anneau magique pourrait après tout avoir d’autres propriétés. Il écrit encore : « L’Anneau : son origine ? Le Nécromancien ? Pas très dangereux, quand employé pour le bien ». L’esprit du roman est là, et Tolkien en rédige rapidement un nouveau début, qu’il fait lire à Rayner Unwin, le fils de Stanley, qui fut à dix ans le premier lecteur du Hobbit. Celui-ci le pousse à poursuivre dans cette voie.
De la structure narrative et des complexités du récit
Souvent publié en trois volumes, Le Seigneur des Anneaux n'est cependant pas une trilogie. « Ce livre n'est pas, bien entendu, une “trilogie”. Cela, et les titres des volumes, a été un subterfuge jugé nécessaire à sa publication, en raison de la longueur et du coût. Il n'y a pas de vraie division en 3, de même qu'aucune des parties n'est compréhensible séparément. L'histoire a été conçue et rédigée comme un ensemble, et les seules divisions naturelles sont les “livres” I à VI (qui à l'origine avaient des titres). »
Le récit commence dans la Comté, mais Tolkien prend son temps : entre les événements décrits au début du roman et le départ effectif de Frodo à l'aventure, il va se passer presque 20 ans à l’échelle du récit. 20 longues années d’exposition. Et quand bien même Frodo décolle enfin de sa chère Comté natale avec son petit groupe, il va se perdre en chemin et faire la rencontre de personnages étranges et atypiques coupés de l’adaptation cinématographique. Oui, c’est vers toi Tom Bombadil que je regarde. Conseil d’ami, si vous souhaitez vous lancer dans Le Seigneur des Anneaux pour puiser à la source le récit homérique de la guerre de l’anneau, mais que vous n'êtes pas un lecteur régulier, je vous encourage de tenter l’aventure ; mais plutôt que d'abandonner au bout de quelques pages, je vous recommande de zapper littéralement les 4 premiers chapitres qui font office de Prologue et d’y revenir comme on le ferait d'un appendice, une fois que vous serez sous le charme, en complément. Si même là vous éprouvez des difficultés - ça reste encore très lent et féerique - filez directement au chapitre 9 : « À l’enseigne du Poney Fringant ».
Le livre du Seigneur des Anneaux est bien plus complexe que les films. Certains faits sont absents de l’adaptation, certains personnages ont été supprimés ou fusionnés. Certaines punchlines ne sont plus dites au même moment ou par les mêmes protagonistes, et les enjeux ici, sont bien plus détaillés et riches. Lire Le Seigneur, c’est se rendre compte du souci du détail de Tolkien, qui ne laisse rien au hasard. Pas un nom propre, de héros, de personnage secondaire, de lieu-dit ou de cours d’eau n’est dû au hasard. Tolkien était avant tout philologue : un spécialiste des mots et des langues. Notez que le découpage est lui aussi très différent des films : Arachnée et le destin de Boromir, c’est dans le second livre par exemple…
L’héritage et la mythologie : le Silmarillion
Le Silmarillion c’est la théogonie totale de la Terre du Milieu. C’est un recueil d’histoires détachées mais qui s’inscrivent dans une suite à travers le temps, de la création du monde à la fin du Seigneur des Anneaux. Soit un récit qui s’étale sur presque 10 000 ans, sans compter les âges mythiques d’avant la création même du temps… Mais prenons ça dans le bon sens. Le Seigneur des Anneaux, c’est la fin. Oui oui, la fin. L’œuvre de Tolkien débute avant une sorte de Big Bang et s’achève avec les évènements relatés dans Le Seigneur des Anneaux. On y parle de divinités éthérées et chantantes qui se décident un jour à manifester matériellement leurs songes. De la naissance d’une terre, de la lumière, de la formation des montagnes et des forêts et de la création de la vie, de la faune, de la flore, et espèces conscientes et intelligentes.

Le Silmarillion regroupe ainsi plusieurs grands ensembles : la création du monde ou Ainulindalë, ses premières menaces le Valenqueta, l’avènement des elfes, des nains, des hommes, puis l’avilissement de tout par un esprit supérieur et jaloux, Morgoth. Une divinité maléfique terrible et presque omnipotente qui sera remplacée après son bannissement du cercle du monde par un de ses sbires : Sauron. Oui, Sauron n’était qu’un subalterne à l'origine. Il est d’ailleurs de même nature divine dite « inférieure » que Gandalf, Saruman ou le Balrog… Mais je m’égare.
Le Silmarillion, c’est trois Âges du temps de plusieurs millénaires qui retracent les guerres entre les elfes et Morgoth. Le récit s’attache rarement au quotidien. C’est l’histoire d’un monde né d’une chanson et qui s’éteint peu à peu. Tolkien était quelqu’un de très croyant, et il a intégré dans son histoire un syncrétisme certain. Il faut imaginer le panthéon de la Terre du Milieu comme une sorte de mix new age entre la philosophie d’un dieu unique et un rassemblement de divinités proches des dieux et déesses antiques. On retrouve ainsi Eru, le dieu absolu, et son concile de dieux incarnés : Manwë, sa figure tutélaire est une sorte de Zeus, de Jupiter, d’Odin ; Ulmo est Poséidon, etc.
Les défis de la réception et de la publication
Le 31 août 1938, il écrit : « [Le livre] coule de source, j’en ai même perdu le contrôle. [Il] en est à peu près au chapitre VII et avance vers une destination inconnue. » Il pressent néanmoins que ce nouvel opus n’aura pas la fantaisie enfantine du premier et qu’il versera davantage dans l’épopée héroïque. Avant la fin de l’année, il boucle ce qui deviendra le premier tome et trouve le titre de la saga : Le Seigneur des Anneaux. Surtout, il prend conscience qu’il peut y insérer de nombreux éléments déjà développés dans Le Silmarillion, de la mythologie de la Terre du Milieu aux langages elfiques.
Le début de la guerre et son travail à l’université retardent toutefois la rédaction de l’ouvrage. Fin 1940, Tolkien en suspend l’écriture pendant près d’un an. Mais, en décembre 1942, il écrit à son éditeur, promettant d’achever le livre pour le début de l’année suivante : « J’en suis au chapitre XXXI et il m’en faut encore au moins six (qui sont déjà ébauchés). » Erreur : il lui en faudra trente de plus pour venir à bout de l’histoire - la faute aux batailles menées dans le Rohan et le Gondor. Il reçoit bien l’aide de son fils Christopher, qui met peu à peu à jour la carte de la Terre du Milieu afin de mieux situer le récit.
Heureusement, son ami C.S. Lewis l’encourage à continuer, lui qui a déjà pris connaissance d’extraits du roman au fil de lectures faites au cercle littéraire des Inklings, dont ils sont membres. Tolkien se remet donc au travail et adresse de longues lettres à Christopher, enrôlé dans l’aviation en Afrique du Sud. « Passé une partie de la journée (et de la nuit) à me battre avec un chapitre. Gollum fait de son mieux pour son retour », révèle-t-il le 8 avril 1944. Pourtant, le manuscrit avance, cahin-caha. Et, en 1947, Tolkien en fait lire une première version au fidèle Rayner Unwin, désormais étudiant à Oxford. Celui-ci trouve le livre « étrange » mais « brillant ». « Honnêtement, je ne sais pas qui le lira », écrit-il à son père. Il faudra encore presque deux ans pour que Tolkien vienne à bout de l’histoire, avec le départ des principaux personnages des Havres gris et les derniers mots de Sam Gamegie.
Une œuvre qui transcende les genres
Si le roman est achevé, il n’est pas encore près d’être publié. Car l’écrivain songe depuis quelque temps à changer d’éditeur et à faire confiance à Milton Waldman, des éditions écossaises Collins, qui se dit prêt à publier aussi bien Le Seigneur des Anneaux que Le Silmarillion. Voilà donc Tolkien de retour chez Allen & Unwin… Le 10 novembre de la même année, le livre est officiellement accepté par la maison, qui propose à l’auteur de le diviser en trois volumes, vendus 21 shillings pièce. Suivront encore de longs mois de relectures, de corrections, d’édition des index et appendices.
Enfin, le 29 juillet 1954 est publié La Communauté de l’Anneau. « J’ai très peur de la parution car je ne pourrai pas ignorer ce qu’on dira, confie Tolkien à son ami le père Robert Murray. J’ai exposé mon cœur pour qu’on le fusille. » La première critique, parue dans Times and Tide, est dithyrambique : « Ce livre est comme un éclair dans un ciel serein […]. Pour l’histoire du roman - une histoire qui remonte à L’Odyssée et au-delà -, ce n’est pas un retour mais une avancée, une révolution : la conquête d’un terrain nouveau. » Ces mots sont signés de son ami C.S. Lewis. D’autres se montreront plus réservés, regrettant notamment l’absence de femmes et d’esprit religieux. Quand il ne s’agit pas de sa prose « biblique à la Brewer, chargée d’inversions et pleine d’archaïsmes » (John Metcalf, dans le Sunday Times) !
Qu’importe : les ventes suivent, et le premier tirage de 3 500 exemplaires est épuisé en six semaines. Par la suite, les ventes continuent d’augmenter régulièrement, sans changement notable jusqu’en 1965. Cette année-là, un éditeur américain peu scrupuleux, Ace Books, publie une version pirate du roman en livre de poche, à 75 cents le volume. Pour garder le contrôle de son œuvre (et de ses droits d’auteur), Tolkien doit donc la faire paraître chez un autre éditeur américain, Ballantine Books. Mais, le temps qu’il apporte de nouvelles corrections, l’édition pirate le devance. « L’illustrateur n’avait pas eu le temps de lire le livre… », ce qui ne manque pas de déclencher la fureur de Tolkien : « Je commence à croire que je suis enfermé dans un asile de fous ! » Cette ultime péripétie lui apporte néanmoins la gloire. La double version poche inonde bientôt les campus américains, et le livre atteint les trois millions d’exemplaires vendus en 1968. Trente ans après sa première ébauche, Le Seigneur des Anneaux, ce « monstre triste et terrifiant » selon son auteur, entrait par la grande porte dans l’histoire littéraire.

Perspectives sur l’univers : au-delà du texte
Passé Le Silmarillion, Christopher Tolkien s’est jeté à bras ouverts dans l’entreprise d’une vie : il passera le restant de ses jours à réitérer l’exercice. Dès la parution du Silmarillion, il s’attaque à la publication des Contes et légendes inachevés, puis à la colossale Histoire de la Terre du Milieu en douze volumes, qui permet d'observer la genèse des textes, les tâtonnements du père, les changements de noms et les évolutions de la cosmogonie. C’est un travail d’érudition sans précédent qui fait de l’œuvre de Tolkien un cas unique dans la littérature du XXe siècle.
Le genre sera par la suite développé, codifié, déconstruit, mais comme dit plus haut : « ça part de là ». L’histoire raconte comment un Hobbit du nom de Frodo se verra confier un anneau magique par son oncle aventurier, et comment un groupe de héros viendra l’aider en vue de le détruire et par extension, sauver le monde. D’abord prévu comme suite au Hobbit, Le Seigneur des Anneaux se distingue par son ton, bien plus épique et adulte, et par sa complexité : l’auteur entame son roman d’aventures par une sorte d’encyclopédie sur les Hobbits. La plupart des lecteurs seront déroutés par le début du Seigneur, qui semble se chercher, entre l’exposé théorique et un début qui flirte encore un peu avec le conte.
D’ordre général, les motivations et le récit sont plus spirituels dans le livre, et s’il ne faut rien enlever à la qualité de l’adaptation, certains choix me font mal au cœur à chaque visionnage. Le traitement de Gimli par exemple, passe de guerrier digne à « Nain Balourd » et ses actes héroïques sont coupés au montage. Il est où mon Gimli qui gagne le jeu du compte de victimes face à Legolas ? Ou celui qui défend seul l’entrée des grottes où sont réfugiées femmes et enfants toute la nuit ? Funfact, les nains chez Tolkien n’ont pas cette dimension caricaturale qui leur fait roter leur bière ou s’en foutre partout dans la barbe. Le Seigneur des Anneaux est une œuvre colossale et majeure moins manichéenne que son adaptation. Les enjeux sont bien plus développées dans le livre, et il existe une vraie hauteur de lecture, notamment sur la symbolique du mal et de l’asservissement des peuples, du libre arbitre, de l’héritage, etc.
Le livre recèle enfin de moments anthologiques. Vous vous souvenez de la grande bataille du Retour du Roi ? Celle avec les éléphants géants en armure - oui, les Mûmakils ou Oliphants - ? Elle se termine à l’écran par un Deus Ex-Machina : l’Armée des Morts met fin au conflit d’un claquement de doigts. Et bien sachez que dans la version écrite, l’Armée des Morts permet seulement à Aragorn de battre les pirates qui tiennent le fleuve, ce qui lui permet de débarquer avec les renforts des pays voisins et des états vassaux. Dans le livre, l’arrivée d’Aragorn, c’est juste la moitié de la bataille. Il débarque là, déploie pépouze le drapeau de Nùmenor, accompagné des rôdeurs du nord et des deux fils d’Elrond, puis se lance à corps perdu dans un conflit dantesque qui dure quasiment 12h, sur fond de soleil couchant, tandis que Theoden affronte un roi rival en 1v1.
Bilbo le Hobbit est la première œuvre de Tolkien sur la Terre du Milieu, le monde où se déroulent ses histoires. C’est un conte pour enfants que l’auteur a d’abord écrit pour ses propres rejetons. On y suit les aventures de Bilbo donc, mais cette fois-ci Tolkien ne s’encombre pas de descriptions alambiquées ou de quelconques perspectives encyclopédiques. Bilbo est tranquille chez lui, et de curieux invités viennent saper sa quiétude : une douzaine de nains joviaux envoyés là par un magicien viennent l’embarquer comme « voleur professionnel » pour récupérer leur trésor qu’un dragon géant leur a chapardé. Plus sérieusement, même en rajoutant les appendices du Seigneur des Anneaux - des chapitres analytiques et explicatifs que Tolkien s’est senti obligé d’ajouter pour expliquer hors-texte les tenants et aboutissants des intrigues sur son univers - il n’y avait pas là de quoi assurer une trilogie entière au cinéma.

Bilbo le Hobbit est avant tout un conte léger et merveilleux destiné aux enfants. Pas une fresque épique et guerrière. Les personnages rencontrés sont hauts en couleurs mais servent toujours à faire progresser l’action. En résulte une adaptation racoleuse et dispensable, plutôt grossière et en tous cas très éloignée de la philosophie globale de Tolkien, malgré quelques moments de brillance où le temps s’arrête, comme lors de la rencontre avec Gollum. Lorsqu'il écrit Bilbo, l'auteur n’avait pas encore à cœur de le faire entrer dans son univers encore balbutiant. Mais je comprends néanmoins la démarche de Jackson qui s’est attaché aux directives du Professeur, qui lui-même travaillait à une réécriture plus dans le ton du Seigneur, ou du moins à faire entrer Le Hobbit dans sa logique - on l’a vu - très précise. Les Gobelins du Hobbit devenant des Orques, et cet anneau magique qui rend invisible the first, my last, my everything, a.k.a. La lecture de Bilbo est à conseiller aux plus jeunes, mais avec ses un peu plus de 300 pages, il reste très simple d’accès et pas dénué d’intérêt pour les fans de l’univers. Attention, si le récit est plus abordable, il vous faudra faire preuve de pas mal d’efforts d’imagination : à cette époque, l’auteur est plus attaché à l'enchaînement des faits qu’à la description ; aussi, l’expression « les nains » désigne souvent douze personnages sans dialogue ni signes distinctifs, leur leader, Thorin, mis à part. Une réflexion sur la mort et la perte potentielle des choses auxquelles on tient, sur la perte de la naïveté et de la candeur et sur la prise de conscience de soi liée à la fin de l’idéalisation des aînés.
En conclusion de cette exploration, il apparaît que l’œuvre de Tolkien, loin de se réduire à ses adaptations cinématographiques, propose une profondeur littéraire, linguistique et mythologique unique. Entre la rigueur du philologue et l’imagination débordante du conteur, J.R.R. Tolkien a offert à la littérature mondiale un monument qui continue de nourrir l’imaginaire collectif, invitant chaque lecteur à plonger toujours plus profondément dans les arcanes de la Terre du Milieu.