Que vous ayez choisi de prendre soin d'un bonsaï d'intérieur ou que vous ayez succombé à la culture au jardin d'un bonsaï d'extérieur, vous savez combien ces miniatures végétales peuvent séduire tant leurs silhouettes confinent à la pièce d'art. Mais vous savez également combien il est important de leur apporter toute une série d'attentions et de soins pour profiter au mieux de leur incroyable esthétique. Miniature végétale qui confine à la pièce d’art, le bonsaï séduit depuis des siècles des publics de plus en plus larges. Venu du Japon et de ses arts de la taille aussi minutieux qu’élégant, ces silhouettes délicates ont pris place dans nos foyers pour y apporter élégance et sérénité. Le bonsaï d’extérieur est, quant à lui, une véritable œuvre d’art végétale pour votre terrasse ou balcon.

Généralités et histoire de l'art bonsaï
Venu de Chine, magnifié par le Japon, cet art miniature a traversé les siècles pour atteindre l'excellence technique et parvenir jusqu'à nous, riche de son histoire et prêt à conquérir les jardins et intérieurs européens. Il y a quelques 2000 ans, les Chinois pratiquaient avec assiduité le paysagisme miniature. Quelques siècles plus tard, le Japon s’inspira de cette technique de réduction horticole en la pratiquant non plus sur des paysages entiers mais sur des végétaux uniques. Si le terme "Bon-saï" signifie littéralement "planté en pot", la mise en œuvre de la technique consiste en la miniaturisation d'arbustes et d'arbres grâce à une succession de tailles spécifiques, précises et minutieuses. Symbole d’éternité, le bonsaï est un lien entre la terre et le ciel. Il conduit le jardinier vers le spirituel. La forme du triangle est omniprésente et prend différentes formes selon la silhouette du bonsaï. Chez les sujets à tronc unique, on trouve quatre styles principaux (« Chokkan » au tronc vertical, « Shakan » au tronc penché, « Kengai » retombant ou cascade et « Bankan » enroulé en torsade) et des styles dérivés. Il existe également des sujets à troncs multiples ou à plusieurs individus évoquant une forêt.
Choisir et installer son bonsaï d'extérieur
Une idée fausse répandue à propos des bonsaïs est qu’ils devraient être maintenus à l’intérieur. En fait, la plupart des arbres doivent vivre dehors, exposés aux quatre saisons, comme des arbres normaux. Bon nombre de végétaux se prêteront à l'exercice. Des conifères bien sûr comme les genévriers, les ifs ou les cyprès. Des arbustes, feuillus, à baies ou à fleurs comme le cotonéaster ou le buis. Des végétaux très graphiques comme l'érable du Japon ou le cerisier d'ornement qui apporteront une touche très japonisante sur une terrasse, un balcon ou au cœur d'un jardin zen. Olivier (Olea europea), Grenadier (Punica granatum), Fuchsia (Fuchsia), Orme de Chine (Ulmus parvifolia), Mûrier (Morus), Chêne liège (Quercus suber), Troène de Chine (Ligustrum sinensis) conviennent bien. Les érables palmés (Acer palmatum) et les érables tridents (Acer buergerianum) peuvent croître correctement si les hivers sont suffisamment froids. Micocoulier de Chine (Celtis sinensis), Pin noir du Japon (Pinus thunbergii), Cyprès chauve (Taxodium distichum) et certaines espèces méditerranéennes de genévriers peuvent aussi prospérer dans un climat subtropical ou méditerranéen.
Il est important de prendre en compte les conditions spéciales de votre jardin ou de votre balcon. Si vous êtes exposé au plein soleil toute la journée, vous avez le choix entre de nombreuses variétés, mais il faudra peut-être installer des ombrières pour les espèces sensibles. Si vous avez un jardin très ombragé ou un balcon orienté au nord ou à l’est, il n’y a que peu d’options. Vous pouvez tenter un if ou un faux-cyprès mais bien qu’ils puissent survivre, ils ne seront pas parfaitement heureux. Choisissez un emplacement lumineux et abrité des courants d’air froids et évitez de le changer ensuite de place. Durant les mois les plus doux de l'année, votre bonsaï d'extérieur se plaira au jardin, à l'ombre de préférence et à l'abri du vent.

Les règles d'entretien : arrosage et fertilisation
S'il est un geste primordial dans l'entretien d'un bonsaï, c'est bien l'arrosage. La règle la plus importante est de ne jamais arroser par habitude. Surveiller chaque arbre et ne l'arroser que quand il en a besoin. Comment faut-il arroser un bonsaï installé en pleine terre ? Suivez les préconisations d'arrosage liée à la variété que vous cultivez. Privilégiez toujours une eau de pluie. L'arrosage doit se faire avec doigté, car le bonsaï craint les excès d’eau qui font pourrir ses racines. Les feuilles finissent alors par sécher. Souvent, on arrose alors davantage pensant que le bonsaï a soif ! Attendez que la surface du substrat sèche légèrement pour arroser à nouveau. Évitez de laisser de l’eau dans la soucoupe. N’arrosez jamais quand il gèle. Si un arrosage par semaine suffit en hiver, passez à une fréquence quotidienne en été. Profitez des arrosages pour vaporiser le feuillage pendant toute la belle saison. Ce bassinage rafraîchit le bonsaï, nettoie son feuillage et limite les attaques de parasites.
La fertilisation est également cruciale. Fertilisez votre bonsaï d’extérieur du début du printemps jusqu’en fin d’été avec un engrais pour bonsaï ou un engrais organique à lente assimilation. Nourrissez plus fréquemment un bonsaï cultivé dans un petit pot. Généralement, l’apport est réalisé une fois par mois, interrompu donc en hiver durant le repos végétatif. Vous trouverez également, dans votre jardinerie, des engrais « Spécial Bonsaïs » que vous utiliserez en suivant les recommandations des fabricants.
Comment ARROSER après un REMPOTAGE
Le substrat et les secrets du rempotage
Le terreau pour bonsaï fera preuve d’une bonne rétention d’eau afin de conserver une humidité relative mais constante, de qualités drainantes afin que les racines ne pourrissent pas et d’une aération hors pair pour que les racines s’oxygènent. Le terreau universel ne conviendra pas au bonsaï, tournez-vous vers un terreau spécial bonsaï car ses composants sont spécifiques ; il s’agit généralement d’un mélange de matières volcaniques tendres comme la pumice et dures comme la pouzzolane et d’une argile appelée akadama.
Le rempotage survient généralement au début du printemps tous les 2 ans pour les essences caduques jusqu’à 4/5 ans pour les conifères. Fiez-vous à la motte de racines. C’est le moment de rempoter quand celles-ci ont colonisé le pot. Dépotez l’arbre avec précaution. Ses racines doivent être à ce stade denses, nombreuses, visibles ; grattez la terre délicatement, démêlez et peignez la masse racinaire. Coupez au ciseau les racines abîmées, rabattez les racines très longues. Conservez cependant suffisamment de masse racinaire, généralement au moins 70% du volume d’origine. Un pot à bonsaï doit être doté de plusieurs trous assez larges pour assurer un drainage impeccable. Avant de positionner votre arbre, placez au fond du contenant un carré de grillage fin qui évitera à la terre de plantation et aux racines de s’échapper par les trous. Versez une première fine couche de substrat, placez l’arbre puis ajoutez graduellement le reste de substrat en vous assurant qu’il pénètre bien entre chaque racine.

La taille et la protection hivernale
La taille du bonsaï est tout un art. Si la taille de formation du bonsaï est affaire de spécialiste, soyez attentif à conserver sa forme, à fortifier sa ramure tout le nanifiant. Il s’agit de pincer les nouvelles pousses, généralement au printemps, de pratiquer une taille en vert du feuillage en été pour limiter la taille des feuilles ou éclaircir la ramure, et enfin de raccourcir ou d’éliminer des rameaux du printemps jusqu’en automne selon l’essence. Les passionnés peuvent continuer à « sculpter » leur bonsaï en ligaturant le tronc et les branches avec du fil de cuivre ou de laiton. Ces ligatures forment l’arbre et ralentissent sa croissance en gênant la circulation de la sève.
Concernant l'hivernage, la majorité des bonsaïs d’extérieur sont adaptés à la vie à l’extérieur toute l’année et sont résistants au gel. Néanmoins, certaines espèces (agrume, jasmin, olivier) craignent le froid. Facteur aggravant : le faible volume de substrat protège mal les racines et diminue la rusticité naturelle de l’arbre. Protégez ces bonsaïs du gel en plaçant leur coupe dans une caisse emplie de paillis. En climat froid (continental ou montagnard), hivernez le bonsaï dans une pièce claire non chauffée. Si vous protégez votre bonsaï d’extérieur du gel dans une pièce chauffée, ne le laissez pas plus de trois jours. En effet, ce printemps artificiel va provoquer une mise en végétation précoce et le sensibiliser encore plus au froid hivernal.