Valorisation des végétaux : Du broyage au BRF, les clés d'un jardin fertile

La gestion des déchets verts et l'entretien des sols constituent des enjeux majeurs pour tout jardinier soucieux de son impact environnemental. Loin d'être anecdotique, le broyage des végétaux permet de réaliser des économies non négligeables. En effet, il permet de valoriser sur place (sans l'impact carbone du transport) les déchets de tailles issus du jardin tout en fournissant un broyat pour couvrir le sol. Cette solution limite la pousse des herbes indésirables et l'assèchement du sol et apporte un enrichissement de ce dernier. Un paillage vaut 5 arrosages et fait gagner beaucoup de temps dans le jardin.

Schéma illustrant le cycle de décomposition du broyat au pied d'un arbuste

Les aides de Laval Agglomération pour le broyage

L'engagement des collectivités est essentiel pour encourager ces pratiques. Sur demande auprès de la Direction Prévention et gestion des déchets de Laval Agglo, plusieurs dispositifs sont mis en place. Pour toute première location d'un broyeur à branches, une aide plafonnée à 100 € par foyer chez le fournisseur de votre choix est accordée. Ensuite, un montant de 20 euros par demi-journée avec un maximum annuel de 40 euros est fixé. Pour l'achat d'un broyeur de végétaux, une aide à hauteur de 10% du montant de l'achat et plafonnée à 100 € est accordée.

Pour bénéficier de ces aides, trois étapes sont nécessaires : habiter sur le territoire de Laval Agglomération (justificatif de domicile à fournir), louer ou acheter un broyeur auprès des loueurs, dans le commerce ou sur internet, et enfin faire une demande de remboursement avec une copie de la facture accompagnée d'un RIB et d'un justificatif de domicile. La demande peut être envoyée par courrier à la Direction Prévention et Gestion des déchets, Hôtel communautaire, 1 place du Général Ferrié, CS 60809, 53000 Laval, ou en remplissant le formulaire de demande en ligne.

Utilisation optimale du broyat au jardin

Pour plus d'efficacité, le paillis doit être étalé, avec soin, sur une épaisseur suffisante à la surface d'un sol désherbé, ameubli et nivelé. Un apport de compost, en amont du paillis, est utile pour fournir rapidement de l'humus au sol et stimuler ses êtres vivants. Les paillis ne doivent pas être enfouis, même de façon superficielle. Il est recommandé de varier la nature des paillis utilisés sur une parcelle, surtout au potager.

Pour le jardin ou les arbustes et arbres, le broyat peut être utilisé en paillis. Une couche de 3 à 12 cm d’épaisseur est à déposer au pied des plantes. Il peut être apporté au compost, car se décomposant plus lentement, il est source d’humus stable à fort pouvoir structurant. Pour les petites tailles de branches, une solution simple et rapide est de les disposer au sol et de passer la tondeuse dessus. En fonction de l'espèce, elles pourront ensuite être redéposées aux pieds des plantes. Efficaces et adaptables à tous les sols, les paillis de tonte de pelouse et de feuilles mortes apportent une solution pratique pour couvrir le potager, les arbustes, et limitent les dépenses et corvées d'entretien. Vous pouvez récupérer du broyat gratuit dans certaines déchetteries de l’agglomération (L'Huisserie, Laval, Louvigné, Montigné, Port-Brillet), toute l'année (hors été), dans la limite des stocks disponibles.

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Le concept de Bois Raméal Fragmenté (BRF)

Le BRF consiste à broyer de jeunes branches et feuillages d’arbres pour les utiliser en paillage ou en amendement. Le terme signifie « Bois Raméal Fragmenté ». « Raméal » fait référence aux rameaux : on parle ici des branches jeunes, d’un diamètre inférieur à 7 cm, encore souples et riches en nutriments.

Il y a quelques décennies, le livre de Ida et Jean Pain, « Un autre jardin ou les Méthodes Jean Pain », a révélé comment transformer un terrain rocailleux en jardin luxuriant grâce au compost de broussailles. À la même époque, les recherches du professeur Gilles Lemieux, de la faculté de foresterie de l’Université Laval, ont inventé le terme de « bois raméal fragmenté » et documenté son rôle sur l’aggradation des sols. La partie vivante de l’arbre est située juste sous l’écorce : le cambium, cette mince couche de tissu végétal très actif qui produit du bois vers l’intérieur et de l’écorce vers l’extérieur. Donc, plus les branches sont minces, plus elles comportent du cambium et d’éléments nutritifs comme des sucres, amidon, cellulose, hémicellulose, protéines, acides aminés, enzymes et sels minéraux.

Principes biochimiques et impact sur le sol

Le principe est de récupérer des branches de l’année ou de deux ans, car ces dernières renferment des fibres ligneuses riches en cellulose, hémicellulose et un peu de lignine, qui se dégradent facilement. Une fois broyées, ces particules offrent beaucoup de surface de contact avec les microorganismes (bactéries, champignons, actinomycètes). Ces derniers vont consommer la cellulose, l’hémicellulose et la lignine pour leur survie. Cette étape s’appelle la transformation enzymatique : la cellulose devient des cellulases, l’hémicellulose devient des hémicellulases, et la lignine des ligninases. Ces éléments deviennent des nutriments assimilables pour les plantes.

Au début de ce processus, il faut comprendre que la décomposition induit une immobilisation temporaire de l’azote en raison d’un rapport carbone/azote élevé. On appelle ça la "faim d’azote". C’est pourquoi, lors de l’installation du BRF, il est nécessaire d’attendre cette étape avant d’introduire des plantes dans le sol. Cependant, lorsqu’on applique le BRF comme paillis, il se décompose petit à petit en surface et ne crée pas de faim d’azote chez les plantes.

Avantages et gestion du BRF

L’ajout de BRF aide sérieusement à aérer le sol et à améliorer sa capacité de rétention d’eau. La décomposition progressive crée une structure poreuse qui favorise un bon enracinement. La décomposition conduit à la formation d’humus, une matière organique stable essentielle pour la rétention des nutriments. L’activation de la vie microbienne favorise également le développement des mycorhizes, ces champignons qui forment une association bénéfique avec les racines des plantes.

Pour préparer et utiliser le BRF, ramassez des branches de diamètre inférieur à 7 cm, issues d’arbres sains. Broyez pour obtenir des copeaux entre 1 et 5 cm de long. Étalez une couche de 3 à 5 cm sur la surface à enrichir. Travaillez-les juste en surface pour stimuler l’action des champignons et bactéries. Une bonne humidification facilite la décomposition. Si vous craignez la faim d’azote, ajoutez un engrais organique (compost, fumier, engrais vert). Le bois raméal des conifères, dont la lignine est différente des arbres feuillus, est à déconseiller, car il a des effets inhibiteurs sur la croissance des plantes.

Infographie comparant les racines d'une plante avec et sans mycorhizes

Le compostage domestique comme complément

Le compostage est un processus de décomposition contrôlée de la matière organique. Dans le cas du compostage domestique, seule la matière organique d'origine végétale est utilisée. Les organismes vivants, comme les bactéries, champignons, actinomycètes, protozoaires, vers de terre, centipèdes et cloportes, assurent cette décomposition. Le compost produit, surnommé « l'or brun du jardinier », améliore les qualités physiques, chimiques et biologiques du sol.

Composter permet de réduire de 40% le volume des matières résiduelles, de faire des économies sur l'achat d'engrais et de retourner à la terre ce qu'elle produit. Il est recommandé de placer le composteur en cour latérale ou arrière, de garder les résidus dans un contenant fermé, et de ne pas déposer d'excréments ou de matières organiques animales. Le composteur devrait être sans fond, doté de côtés rigides mais aérés, et d'un couvercle étanche à l'eau.

Techniques de gestion du compost

L'entretien du compost se résume à offrir aux petits organismes responsables de la décomposition les conditions idéales : un milieu légèrement humide et un milieu aéré. Brassez le compost régulièrement et retournez-le totalement deux fois ou plus par année. La durée moyenne de maturation du compost domestique est d'un an, mais peut varier selon la proportion des matériaux verts (riches en azote) et des matériaux bruns (riches en carbone).

La méthode d'accumulation graduelle est idéale pour les débutants : mettez 10 à 20 cm de matériaux bruns au fond du composteur, ajoutez les matériaux verts au fur et à mesure de leur production, et ajoutez de temps à autre une pelletée de terre du jardin ou de vieux compost. Le vermicompostage, quant à lui, est un procédé qui permet de décomposer les résidus organiques de la cuisine à l’aide de petits vers rouges à l’intérieur, 12 mois par année, ce qui est particulièrement adapté pour ceux qui vivent en appartement.

Résolution des problèmes courants

Un dégagement d'odeurs désagréables indique généralement un manque d'aération ou une quantité trop importante de matières riches en azote (comme les rognures de gazon). Pour résoudre cela, ajoutez une pelletée de terre ou de vieux compost, puis effectuez un brassage. Si les matériaux ne semblent pas se décomposer, vérifiez l'aération, le taux d'humidité, ou le ratio brun/vert.

La plupart des insectes retrouvés dans le compost jouent un rôle important dans la décomposition et il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Toutefois, pour minimiser la présence de mouches, enfouissez les résidus de cuisine en profondeur ou ajoutez une couche de matériaux bruns en surface. Enfin, rappelez-vous que nourrir la terre, c’est semer un futur où abondance rime avec respect du vivant, en veillant toujours à respecter les périodes de nidification des oiseaux lors de vos travaux de taille.

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