Klervyoga et l'influence de la Lune sur les semences : entre traditions et découvertes scientifiques

Illustration de la Terre et de la Lune avec des plantes stylisées

Le lien entre la Lune et la vie sur Terre, notamment en ce qui concerne les plantes et les semences, est un sujet de fascination et de débat depuis des millénaires. Alors que de nombreux détracteurs préfèrent affirmer que la Lune n’a que très peu d’influence sur notre planète, les expérimentations et recherches actuelles ouvrent des portes nouvelles quant à la compréhension du subtil et prouvent l’inverse à qui sait observer. Personne ne peut affirmer de manière catégorique que les cycles lunaires ont une influence ou non, mais une exploration approfondie révèle des perspectives intrigantes.

La genèse cosmique et le lien fondamental entre la Terre et la Lune

La Terre a été créée il y a 4,5 milliards d’années, née de la rencontre de métaux lourds se trouvant dans l’espace, ce qui explique que son centre est composé de fer et de nickel. Peu après sa formation, la Terre entre en collision avec une autre planète, un événement d'une violence extraordinaire qui a laissé le sol terrestre en fusion pendant plusieurs millions d’années. Cet impact a eu des effets bénéfiques notables : la Lune est directement issue de cette collision, formée par un agrégat de roches et de débris. À cette époque, la Lune était 15 fois plus proche de nous, apparaissant énorme dans le ciel. Cette collision a également incliné la Terre sur son axe, créant par là même les saisons.

La Lune est donc intrinsèquement liée à la Terre, et ses rythmes sont intégrés aux cycles de la vie sur notre planète. Parmi ces rythmes, on distingue le cycle nodal lunaire d’une part, et le positionnement de la Lune par rapport à la Terre (périgée et apogée) d’autre part.

Les nœuds lunaires et la danse céleste

Le cycle nodal correspond aux nœuds lunaires, qui sont les points de l’orbite de la Lune où elle traverse l’écliptique, la trajectoire du soleil dans le ciel. Le point où elle traverse l’écliptique depuis l’hémisphère céleste sud vers l’hémisphère nord s’appelle nœud ascendant ou nœud nord ; celui où elle le traverse depuis l’hémisphère nord vers l’hémisphère sud s’appelle nœud descendant ou nœud sud. Ces points sont considérés comme des moments défavorables à toute intervention en agriculture biodynamique.

Périgée et apogée : variations de proximité et d'influence

Lorsque la Lune est à son apogée (406 700 km), elle est au plus loin de la Terre et a probablement peu d’influence sur notre planète. Par contre, lorsqu’elle est au plus proche, le périgée (356 500 km), elle a certainement plus d’influences sur le vivant. L’astrologie karmique s’emploie à expliquer cette influence, tout comme la biodynamie. Les expériences menées par des jardiniers ont maintes fois constaté le peu de germination des semences placées dans les plaques de semis lors du périgée, confirmant d’anciennes observations.

L'influence lunaire : entre scepticisme scientifique et observations traditionnelles

JARDINER avec la LUNE 🌙 🧑🏻‍🌾 : MYTHE OU RÉALITÉ ?

L’influence de la Lune est surtout de stabiliser la Terre et de permettre des saisons équilibrées. Elle provoque ainsi les effets de marée par l’attirance qu’elle fournit sur l’eau. Cependant, les effets des actions de la Lune sur la Terre ne sont pas encore totalement compris. Le défi consiste à démêler ce qui relève du mythe et à déterminer quand notre compagnon lunaire a réellement une influence.

Par exemple, la lune rousse est un indicateur de l’arrivée de rosée très froide durant la nuit qui peut même geler les plantations. Ici, la lune a une fonction indicatrice. Néanmoins, la revue Science et Vie est très claire à ce sujet : non, la Lune n’a aucune influence sur les plantes. La gravitation de la Lune est sans effet à si petite échelle ; à l’échelle d’une plante ou d’un arbre, cette force est totalement négligeable. La Lune ne peut donc en aucun cas faire « monter la sève », contrairement à ce que l’on peut lire dans certains manuels de biodynamie, en particulier en viticulture. Noëlle Dorion, professeur d’horticulture ornementale et membre de la Société nationale d’horticulture de France, affirme que « si la lune a une influence sur la performance agronomique des plantes, elle est infinitésimale ». La Lune ne peut pas éclairer la Terre avec ses 0,25 lux durant la nuit, en opposition au soleil qui en fournit entre 20 et 100 000 lux selon la couverture nuageuse. La gravité lunaire n’a rien à voir avec la Terre et n’a aucune influence sur cette dernière, si ce n’est sur les marées. Certains soutiennent que les plantes ont peut-être une variation de quelques millimètres en fonction des cycles lunaires, mais que cela ne vaut pas la peine de creuser plus loin.

Les racines historiques des pratiques lunaires

Avant d'aborder les recherches modernes, il est intéressant de noter que le premier livre relatant le lien entre la Lune et la croissance des plantes est « Histoire naturelle » de Pline l’Ancien (23 av. J.-C.). Il donne de nombreux conseils tant sur les semis, l’entretien et la récolte des plantes, et possède une connaissance approfondie sur la taille des arbustes et l’abattage des arbres. Ainsi, si l’on veut vendre des fruits, il faut les récolter à la pleine lune pour en obtenir le jus le plus riche et avoir le meilleur aspect. Si l’on veut les conserver longtemps, il est intéressant de les cueillir à la nouvelle lune. Il donne des conseils aussi pour obtenir le meilleur fumier et nourrir le sol de manière adéquate. Pas moins de 37 livres abordent les travaux des champs.

Lors de la phase ascendante de la Lune, les anciens disent que la sève monte dans les parties hautes de la plante. Ce phénomène se justifierait par l’attraction gravitationnelle de la Lune comme les marées des océans. À cette période, il est conseillé de semer, de prélever les greffons, de greffer et de récolter. Lorsque la Lune est en phase descendante, la gravité, à l’inverse, favoriserait la présence de sève dans les racines.

La déconnexion moderne et le renouveau de l'intérêt

La révolution industrielle du XIXe siècle a déconnecté l’Homme de la nature. Seule la rigueur scientifique était alors censée donner des explications concernant le vivant. Et pourtant, tant de croyances anciennes s’avèrent justes. Ce qui est intéressant dans le travail des chercheurs actuels est qu’ils confrontent leurs recherches aux savoirs des anciens. Il semble clair qu’il n’y a que la biodynamie qui, actuellement, est le type d’agriculture qui fait référence, dans sa totalité, au cosmos.

La biodynamie et l'approche holistique du cosmos

L'agriculture biodynamique, dont les bases ont été posées par Rudolf Steiner, propose une approche de culture tenant compte des forces cosmiques et terrestres, comme les rythmes de la Lune et des planètes. L’idée est donc en biodynamie de suivre les rythmes lunaires et planétaires pour capter leurs forces cosmiques et ainsi dynamiser les plantes, les sols et par conséquent la culture au sens général.

Calendrier biodynamique stylisé montrant les phases lunaires et les constellations

Les paysans et jardiniers amateurs d’antan le savaient déjà : toutes les étapes de l’horticulture sont influencées par les phases lunaires, des semis de légumes et fleurs jusqu’à leur récolte ou floraison. Le calendrier lunaire biodynamique réside en partie sur le respect du calendrier lunaire qui se définit comme un calendrier réglé sur les phases de la Lune. Dans celui-ci, un mois du calendrier est appelé lunaison. Dans le cas d’un calendrier lunaire tenant compte des saisons, on parlera de calendrier luni-solaire.

Les deux cycles lunaires et les quatre phases

On distingue les deux cycles lunaires et les quatre phases lunaires. Lors de sa rotation autour de la Terre, la Lune est croissante (cycle ascendant), puis décroissante (cycle descendant). Ce mouvement ascendant puis descendant de la Lune a une durée d’un peu plus de 27 jours. Selon Rudolf Steiner, ces cycles lunaires ont une incidence sur les plantes et les sols, dont le cultivateur tient compte au quotidien pour favoriser les cultures.

Les deux grandes positions qui exercent le plus d’influence sur la Terre et ses occupants sont les phases montante (ou ascendante) et descendante. Elles sont déterminées par la position de la Lune dans le ciel, et non par sa forme. Les termes « Lune croissante » ou « décroissante » font référence à la forme de la Lune. La Lune croissante est la période qui suit une nouvelle Lune jusqu’à ce qu’elle soit pleine.

  • Lune ascendante : Lorsque la Lune va du point bas de l’horizon au point haut, elle est dite ascendante. Durant la Lune ascendante, la Lune monte dans le ciel tout comme la sève dans les plantes, ce qui favoriserait la croissance des parties aériennes des plantes. La Lune exerce son attraction sur la sève, notamment, qui va monter des racines vers les parties en surfaces : tiges et feuilles. C’est pourquoi le jardinier attentif encouragera le développement des tiges, la production de feuilles, de fruits ou de graines. C'est le moment idéal pour la récolte des fruits, qui seront plus riches en vitamines et minéraux.
  • Lune descendante : Lorsque la Lune progresse du point haut de l’horizon au point bas, la Lune est dite descendante. Elle concentre la sève dans les racines. Durant la Lune descendante, la Lune redescend dans le ciel et la sève des plantes redescend vers les racines des plantes. Les parties enterrées (racines et bulbes) sont cette fois privilégiées par la présence de la sève. C'est le bon moment pour repiquer les plantules de légumes et de fleurs, pour les bouturages et les pincements de végétaux.

Les constellations du zodiaque et les quatre éléments

Lors de sa rotation autour de la Terre, la Lune passe au travers des 12 constellations du zodiaque. Par observation de la nature, nos aïeux agriculteurs ont remarqué que les plantes se comportaient différemment selon les constellations traversées par la Lune. Par observation et déduction, il a été conclu que la Lune transmettait à la Terre et aux plantes ses forces cosmiques, mais aussi des forces issues de son passage devant chaque constellation. Ces douze constellations sont divisées en 4 groupes, chacun lié à un élément et à une partie spécifique de la plante :

  • Élément Terre : S’exprime dans ce qui est dur, figé, fermé, obscur. Chez la plante, c’est la racine. Les constellations du Taureau, de la Vierge et du Capricorne sont des éléments Terre. Lorsque la Lune passe devant une constellation de Terre, l’énergie de la plante est orientée vers les racines.
  • Élément Air : Est de l’ordre du subtil, difficilement palpable bien qu’il transporte le son, les odeurs, les couleurs de notre environnement. Dans la plante, c’est cet élément qui transforme la feuille en fleur. L’Air se rapporte aux constellations Gémeaux, Balance et Verseau. Si l’on parle d’une constellation d’Air, la force transmise en sera une aux fleurs.
  • Élément Eau : Est d’une mobilité extrême. Chez la plante, c’est la feuille qui est liée à l’eau. Les constellations Eau sont Poisson, Cancer et Scorpion. Si l’il s’agit d’une constellation d’eau, l’énergie est alors orientée vers la tige et le feuillage.
  • Élément Feu : Dispense de la chaleur, essentielle à la vie. Dans le monde végétal, le feu est représenté avec les graines et le fruit. Dans le fruit, c’est la concentration de la chaleur solaire qui engendre les sucres et les arômes. Ce sont les constellations du Bélier, Lion et Sagittaire qui sont reliées au feu.

La division des plantes en quatre catégories (racine, fleur, feuille et fruit/graine) est devenue une classification commune en fonction de la consommation de la plante, retenue par la plupart des maraîchers et les potagistes en permaculture.

Les pionniers de la recherche sur l'influence lunaire

Ernst Zürcher : l'ingénieur forestier et les rythmes subtils

Une exception existe parmi les scientifiques : le chercheur Ernst Zürcher, ingénieur forestier suisse, docteur en sciences naturelles, chercheur et professeur dans différentes écoles polytechniques de Lausanne et de Zurich. Auteur de nombreux articles et livres scientifiques sur les arbres, il s’intéresse à l’évolution de l’arbre durant les rythmes de nature solaire. Il est aussi intéressé aux rythmes plus subtils comme la synchronicité du rythme des arbres avec le positionnement de la Lune passant devant les autres corps célestes. Voilà donc une nouvelle notion : les énergies des astres auraient donc une influence sur la Lune qui nous les rétrocède !

La chronobiologie permet d’analyser ces influences tant solaires que lunaires de tous les processus vitaux des êtres vivants, y compris les arbres. Ainsi, les traditions dans beaucoup de pays du monde quant à la période de l’abattage des arbres se correspondent d’un pays à l’autre. Les arbres doivent être abattus lors d’une lune décroissante pour donner un bois de construction durable, exempt d’insectes et de champignons. Le bois sèche beaucoup plus vite que s’il était abattu en lune croissante.

Zürcher a analysé que durant la plupart des rythmes lunaires, l’écorce, les branches et même les bourgeons gagnent en amplitude. Sa phrase à propos de l’influence de la Lune sur les arbres, « souvent invisible pour celui qui ne les cherche pas », suggère une complexité qui dépasse la simple mesure.

Francis Hallé : le botaniste qui défend les traditions

Botaniste et biologiste, Francis Hallé est cité parmi les quelques scientifiques qui défendent les traditions agricoles prétendant que la Lune a une influence sur la croissance des plantes. Dans son livre La vie des arbres ainsi que dans un ouvrage collectif sous sa direction Aux origines des plantes, il soutient que la Lune a bien une influence sur la croissance des végétaux. L’hypothèse évoquée par Francis Hallé est une explication assez habituelle que l’on trouve un peu partout : la Lune influencerait les masses d’eau présentes dans les plantes de la même manière qu’elle agit sur les océans en provoquant des marées.

Maria Thun : la pionnière du calendrier biodynamique

Maria Thun, chercheuse allemande (1922-2012), a consacré sa vie, depuis les années 1950, à semer des radis et des salades. Elle est partie de la compilation des notes des agriculteurs qui ont reçu un cours de Rudolf Steiner, fondateur de la biodynamie. Suite à ses nombreuses expérimentations, Maria Thun a réalisé un calendrier des semis biodynamiques, qu'elle a perfectionné depuis 1963.

Dans ce calendrier, elle adopte le système géo-héliocentrique pour mieux intégrer le cosmos dans notre environnement. En tant qu’habitant de la Terre, nous percevons tous les astres comme si la Terre était au centre du monde, un système inventé par Tycho Brahé (1546-1601). Grâce à ce système, Maria Thun peut mieux nous faire comprendre l’influence de la Lune, des planètes et des constellations zodiacales astronomiques.

Dans son livre sur les arbres, Maria Thun analyse le rapport des nœuds planétaires de Saturne avec les conifères. Ces derniers arbres sont en relation avec Saturne, alors que le chêne est en connexion avec la planète Mars. À l’instar des nœuds lunaires, les nœuds planétaires sont les situations où les planètes coupent l’écliptique, c’est-à-dire la trajectoire du soleil. Les expériences de Maria Thun montrent que lorsque les semis des conifères ou des légumes liés à Saturne sont semés au moment de ces nœuds, ils ont des problèmes de croissance durant leur vie.

Le couple Kolisko : douze ans d'expérimentations sur la croissance des plantes

Le couple Kolisko a travaillé, entre 1925 et 1937, sur la mise en évidence des influences du cosmos sur la croissance des plantes. Il en est sorti un livre intitulé L'agriculture du futur, traduit en 2017 par le Mouvement d'Agriculture Biodynamique (MABD). Ce livre est une capitalisation de l'ensemble de leurs travaux.

Graphique montrant la croissance moyenne du blé en fonction des phases lunaires

Les Kolisko ont réalisé, durant 12 ans, tant en laboratoire qu’à l’extérieur, ces mêmes expériences dans les mêmes conditions pour avoir assez de recul et tirer des conclusions. Ils ont aussi travaillé sur les moments de semis. Ainsi, pour la tomate, il est intéressant de semer en pleine lune. Ces plants-là seraient plus productifs et auraient une durée de vie plus longue. Les tomates semées 2 jours avant la pleine lune auraient des feuilles jaunissantes en automne, alors que celles semées en pleine lune seraient encore vertes. Par contre, les légumes racines peuvent être semés deux jours avant la pleine lune, elles seraient plus vigoureuses au moment de la récolte. Les Kolisko ont découvert que ces mêmes semis de légumes racines donnaient des plantes nettement plus petites si elles étaient semées deux jours avant la nouvelle lune.

L'application pratique des rythmes lunaires en agriculture

Infographie expliquant les différents rythmes lunaires et leur influence

Le calendrier lunaire, cosmique, astral… Vous voyez à peu près de quoi il s’agit. Concrètement, ces calendriers s’appliquent à la biodynamie en travaillant en harmonie avec les rythmes cosmiques. Même si scientifiquement parlant, l’influence de la Lune et des astres sur les plantes fait toujours débat, l’utilisation du calendrier lunaire par certains jardiniers, agriculteurs et vignerons de renom (telle le domaine de la Romanée-Conti ou le château Pontet-Canet) est aujourd’hui un lieu commun.

Le postulat de départ est simple : la Lune, qui suscite notamment le phénomène des marées, aurait également une influence - infime et subtile, mais non négligeable - sur le développement des plantes. Ainsi, chaque étape du travail de la plante doit tenir compte de ce calendrier, des mouvements ascendants et descendants de la Lune et de son passage devant les constellations. L’idée est donc que les plantes seraient sensibles aux positions de la Lune, du Soleil et des planètes par rapport aux constellations, et qu’il faudrait donc en profiter pour optimiser la date des différents travaux de viticulture et vinifications. Un calendrier a été mis au point et prescrit les travaux et traitements des plantes qu’il faut effectuer à certaines dates.

Les trois principaux rythmes lunaires en biodynamie

Trois principaux rythmes lunaires sont pris en compte dans les calendriers biodynamiques :

  1. Le rythme synodique : C'est le plus connu, il s’agit du rythme de lune croissante-décroissante, la succession des phases de la lune, allant de la nouvelle lune à la pleine lune. Pour certains, les semis deux jours avant la pleine lune donneraient de meilleurs rendements, mais rendraient également les plantes plus sensibles aux maladies.
  2. Le rythme tropique : Il s’agit du rythme de lune montante-descendante : durant un mois, la distance de la lune à la terre varie. Pendant cette phase montante, la montée de sève serait maximale et la plante serait stimulée dans sa partie émergée de terre. Ce serait donc le moment idéal pour les greffes ou pour récolter les fruits. Ce cycle n’a rien à voir avec le précédent, il est séparé de 2,21 jours.
  3. Le rythme sidéral : C'est celui qui indique si un jour est plus favorable à la partie plante (racine, feuille, fleur ou fruit). Des variations qui s’expliquent par la position de la Lune devant les constellations du zodiaque, selon un rythme d’environ 27 jours qui sépare deux passages de la Lune devant un même groupe d’étoiles. Ces constellations sont mises en rapport avec les quatre éléments (eau, terre, feu, air) et avec l’une des parties de la plante à laquelle la période serait favorable.

Le calendrier biodynamique est ainsi découpé selon les signes du zodiaque, comme dans l’astrologie, sauf qu’ici, on ne considère pas que le ciel est découpé en 12 tranches égales de 30°. Le calendrier des semis biodynamiques s’appuie sur la taille réelle des constellations. Par exemple, la constellation de la Vierge est bien plus étendue que celle de la Balance, l’influence racine dure donc plus longtemps que l’influence fleur de la Balance (72 heures contre 31 heures).

Les moments défavorables et les pratiques spécifiques

Les histoires de périgées lunaires, de nœuds lunaires ou planétaires, d’occultations ou d’éclipses sont considérées comme des éléments perturbateurs et des moments défavorables à toute intervention.

En pratique, pour jardiner ou cultiver en biodynamie, il convient de suivre le calendrier biodynamique pour profiter des effets positifs de la Lune en associant ses mouvements ascendants et descendants (cycle lunaire) et les constellations du zodiaque que la Lune traverse avec les types de végétaux ou "légumes" qui correspondent : Légumes-Feuilles, Légumes-Fleurs, Légumes-Fruits et Légume-Racines.

Dans le cas particulier de la viticulture, l’utilisation du calendrier lunaire repose sur le principe d’adapter les gestes à réaliser dans les vignes en tenant compte du rythme de la Lune et des planètes. Il est par exemple préférable de vendanger en jour « fruit » pour stimuler le fruité dans le futur vin et de soutirer, filtrer et embouteiller en lune descendante afin d’en favoriser l’expression aromatique. Ce calendrier est aussi valable pour la dégustation, plus favorable lors des jours « fruit », les vins se présentant alors sous un meilleur profil. Et quoi qu’il en soit, que l’on soit convaincu ou non par la pertinence de suivre les rythmes lunaires, ce qui est à peu près certain, c’est que les vignes cultivées de cette manière semblent bichonnées avec les meilleurs soins possible, et permettent de créer des vins qui se distinguent par une certaine finesse de grain, une pureté du fruit.

Réflexions sur la science et la perception

Image symbolique d'une main tenant une graine sous la lumière de la Lune

La démarche scientifique de dire que s’il y a influence, elle est infinitésimale, est intéressante en soi. Le scientifique laisse, ainsi, la porte ouverte vers ce qu’il ne comprend pas. Entre le terme « invisible » de Zürcher et « infinitésimal » de Dorion, le fossé est-il aussi insurmontable que cela puisse paraître ?

Les comparaisons se font généralement entre les agricultures bio et biodynamique. Cela devient lassant de lire ces écrits qui finissent par se copier l’un et l’autre, mot à mot, sans apporter la moindre preuve scientifique de leurs dires ! Pourtant, comme l'a souligné le jardinier paresseux, Larry Hodgson, les croyances varient et les publications se contredisent souvent, car jardiner selon la lune est extrêmement complexe.

Malgré les débats, l'utilisation des calendriers lunaires biodynamiques est une pratique courante dans de nombreuses cultures. La bonne utilisation de ce type de calendrier est avant tout d’adopter le principe d’observation de la nature en fonction des rythmes lunaires et cosmiques pour adapter les gestes de culture au moment jugé le plus opportun. Il ne s'agit pas de suivre une liste rigide de gestes, mais plutôt d'une approche consciente et attentive à l'environnement.

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