Kokopelli : Libérons les Semences, Cultivons la Biodiversité

Logo de Kokopelli et différentes semences

Introduction : La Semence, un Patrimoine Menacé

La semence, essence même de la vie, est aujourd'hui gravement menacée. Fruit de 12 000 ans de construction collective patiente et réfléchie, elle représente un patrimoine végétal, technique et culturel inestimable, commun à toute l’humanité. Malheureusement, ce trésor est aujourd'hui en passe d'être confisqué par une infime minorité. L'aliénation de la semence par l’agro-industrie constitue un danger sans précédent pour l'avenir, menaçant l'indépendance alimentaire et la santé des peuples. Des lobbys puissants, souvent aidés par l’État, cherchent à obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, en voulant supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte. Cette situation met en péril non seulement la diversité agricole, mais aussi la souveraineté alimentaire et la santé globale.

La Philosophie Kokopelli : Fertilité et Résilience

L’Association Kokopelli est un fer-de-lance dans la lutte pour la préservation de la biodiversité. Depuis plus de 20 ans, elle distribue des semences libres et reproductibles, s'opposant fermement à la logique de l'agro-industrie. Basée à Alès, dans le Gard, Kokopelli est une équipe de militants qui œuvrent avec un très grand dynamisme et un dévouement total pour la cause de la biodiversité et des Semences de Vie. Leur engagement reflète une vision profonde : comment aider l’humanité, et toutes les autres espèces, à traverser cette extinction globale ; comment aider l’humanité à retrouver le chemin vers la Sagesse Planétaire, pour libérer les Semences et l’Humus, mais aussi pour libérer la Conscience Humaine de cette erreur fondamentale qui semble y avoir été implantée depuis bien longtemps.

Dans les traditions Amérindiennes, Kokopelli est aussi un "trickster", un personnage qui ne joue pas le jeu des conventions sociales stérilisantes, ni celui du complexe victime-perpétrateur à la base du système occidental depuis 2000 ans, ni celui de l’esclavagisme économique. Kokopelli est un hérétique, dans le sens Grec du terme, "heresia" ou "capacité de choisir". L’Association Kokopelli ne joue ni le jeu d’un catalogue franco-français à la solde de l’agro-chimie, ni le jeu de dupe de la concertation avec des institutions politiques qui se moquent du bien-être des générations futures et de la survie même de l’espèce humaine et du reste de la biosphère. Kokopelli joue le jeu de la Fertilité, du latin "fero", qui signifie "porter".

Pierre Rabhi et Bernard Ronot à propos de l'importance des semences paysannes

Le Réseau de Producteurs de Semences Biologiques

Les semences proposées par Kokopelli sont produites par un réseau d’une trentaine de producteurs professionnels, tous certifiés en agriculture biologique et installés, pour une très grande majorité, en France. Ces artisans de la terre incarnent la résilience et l'autonomie, en cultivant des variétés potagères, médicinales, aromatiques, céréalières ou florales, toutes libres de droits, reproductibles et bien sûr biologiques.

Parmi ces producteurs dévoués, on trouve :

  • Alan, producteur de semences depuis plus de 30 ans dans les montagnes rocheuses des Alpes Maritimes.
  • Alexandre, qui cultive pour Kokopelli depuis plusieurs années.
  • Benoît et Thomas, installés en Belgique sur une ferme aux divers projets agroécologiques, reproduisent des semences pour Kokopelli depuis 2020 avec leur société agricole Anthesis.
  • Cédric, installé en Indre-et-Loire, cultive pour Kokopelli depuis 2017.
  • Ivan G. Ivan et Fanny ont rejoint le réseau de producteurs de Kokopelli en 2019.
  • Mathieu, installé en Lot-et-Garonne, sur un terrain de 5 hectares de prairie, bois et marais, au bord d’un lac de 9 hectares.

En Ariège, sur la commune de Camarade, non loin de la maison de Kokopelli, la SCEA Cotylédon produit également des plants biologiques issus de graines libres et reproductibles. Le responsable de cette production témoigne de son approche : « Je suis installé sur une terre pauvre, ce qui oriente naturellement les souches qui me sont confiées vers plus de rusticité. J’ai essayé plusieurs formes d’agronomies durant mon parcours professionnel. Aujourd’hui l’approche Hérody me guide, l’observation des plantes bio-indicatrices aussi, ou encore la biodynamie et la bioélectronique de Vincent. » Il souligne également l'importance des cultures de plein champ pour la résilience énergétique, même si un tunnel de 200 m² est utilisé pour les plants de printemps et les cultures plus méridionales comme la tomate, le poivron et les aubergines.

Ce producteur, après des études en horticulture et plusieurs années en tant que salarié chez des maraîchers, a été animé par l'envie de créer sa propre ferme. Une première installation difficile l’a poussé à retrouver des pratiques de production anciennes, ce qui l'a amené à autoproduire les semences dont il avait besoin. « La passion était au rendez-vous ! », dit-il. Après une période chez Germinance à suivre le réseau de producteurs, l'envie de redevenir paysan fut la plus forte. Ce métier fait une belle synthèse de son parcours professionnel, étant à la frontière de nombreuses activités agricoles. Il implique une agronomie avisée en conservant la complexité et la diversité du maraîchage, offre l’adrénaline des moissons que connaissent les céréaliers, et nécessite, comme toujours en agriculture, que la météo soit de la partie pour une fécondation correcte des fleurs par exemple. Sa variété coup de cœur est le Haricot à rame “Soissons Gros Blanc”, qui lui rappelle son enfance dans le Soissonnais et le merveilleux jardin de ses grands-parents, et qui embellit son champ par la verticalité des architectures qu'elle requiert. Il conclut en partageant un souvenir familial : « Mes grands-parents étaient de fins jardiniers. Ils ont su me transmettre les joies de cultiver sainement. Mais aussi celles de se régaler. Ainsi j’ai hérité de la recette d’un fondant au chocolat que ma grand-mère faisait uniquement avec de la farine de haricots de Soissons. Ce gâteau est en quelque sorte la madeleine de Proust de ma famille ! »

En Suisse, Sativa regroupe et distribue les semences biodynamiques de près d’une centaine de producteurs multiplicateurs situés en Suisse, en France, en Allemagne et en Italie, renforçant ainsi la portée de cette démarche collaborative et écologique.

Champ de haricots à rames

Qualité et Contrôle des Semences

La qualité des semences est une priorité absolue pour Kokopelli. À la réception de chaque lot de semences, correspondant à la production d’une variété par un producteur sur une saison de culture, son contenu est minutieusement contrôlé. Il peut arriver que le lot ne soit pas suffisamment séché, trié ou nettoyé ; dans ce cas, il passe en premier lieu entre les mains de l’équipe de tri pour faciliter les étapes de contrôles de qualité.

Le taux de germination - la capacité germinative en conditions favorables et à un instant t - est systématiquement mesuré à l’arrivée du lot grâce à des tests, afin de garantir la qualité des semences. Si ce lot n’est pas épuisé sur l’année en cours, de nouveaux tests sont réalisés tous les ans ou dès la suspicion d’une baisse du taux de germination. À titre d'exemple, le taux légal minimum pour les Aubergines est de 65 %.

Un échantillon d’une centaine de graines est prélevé aléatoirement dans chaque lot. Pour la majorité des variétés, les semences sont déposées sur un buvard, dans une boîte de Petri avec un taux d’humidité, une température et une luminosité contrôlés. Tous les deux jours, ces boîtes sont examinées afin de relever le nombre de graines ayant germé. Selon les espèces, la germination nécessitera des conditions plus spécifiques. À l’issue de cette étude, si les tests ne sont pas satisfaisants, un retour à la première étape de nettoyage est réalisé afin d’éliminer toutes les graines vides ayant pu interférer sur la capacité germinative du lot. Le résultat du test de ce lot ainsi obtenu est apposé au dos des sachets.

La valeur du taux de germination d’une espèce est plafonnée par un seuil naturel. Il est donc important de connaître la méthode de reproduction d’une plante. Par exemple, l’Arroche produira naturellement, pour pallier un pouvoir germinatif plus faible, une grande quantité de semences. Si la levée des semences dépend d’une multitude de facteurs relatifs à chacune des nombreuses espèces existantes et aux conditions de semis, il convient de faire preuve de patience pour ne pas conclure trop vite à un échec. À titre d’exemple, dans des conditions idéales, le Radis lève en 3 ou 4 jours alors qu’il faut patienter parfois plus de 3 semaines pour le Poireau ou la Carotte. Certaines graines, telles que le Quinoa, peuvent germer dès la récolte et dès le contact avec la moindre humidité. D’autres espèces, notamment certaines fleurs, ont besoin d’un long passage au froid pour lever leur dormance. Les semences d’Aubergine, quant à elles, préfèrent un séjour au congélateur afin d’offrir un taux de germination élevé.

La durée germinative peut aussi être mise en cause lors des échecs. En effet, les semences de chaque espèce possèdent une longévité définie comme optimale, au-delà de laquelle le taux de germination peut chuter. Cette période est généralement exprimée sous forme de moyenne, car une trop grande précision serait démentie par la nature ; le vivant reste imprédictible et ne possède pas de date de péremption !

Les semences doivent être idéalement stockées à l’abri de la lumière, à une température et une humidité basses. Chez Kokopelli, le lieu de stockage est maintenu à une température d’environ 12 °C et à un taux d’humidité inférieur à 50 %.

Schéma du processus de contrôle qualité des semences

Les Défis de la Germination et les Solutions

Malgré tous les efforts, il arrive que des semences ne lèvent pas, selon les conditions de stockage, les méthodes de semis ou de nombreuses autres raisons. Plusieurs facteurs peuvent expliquer un échec de levée :

  • La disparition pure et simple des semences : certains animaux (rongeurs, oiseaux, etc.) s’en repaissent volontiers dès le semis réalisé.
  • La fonte des semis : cette maladie cryptogamique (causée par un champignon) s’attaque généralement aux plantules, mais peut, dans certains cas, s’attaquer directement à la semence.
  • La disparition des plantules : certaines semences lèvent très rapidement. Les jeunes plantules peuvent être englouties par les limaces et autres gastéropodes tout aussi rapidement, avant que le malheureux jardinier n'ait eu le temps d’observer la catastrophe !

Si malgré tout un doute subsiste sur la qualité des semences, Kokopelli invite à remplir un formulaire de réclamation pour accompagner au mieux les jardiniers.

L'Urgence d'une Prise de Conscience face à la Crise Planétaire

Nous sommes au cœur d’une extinction planétaire. Et il importe peu que cela soit la sixième ou la huitième extinction depuis que Gaïa a émergé du cosmos il y a quelque 4 milliards d’années, une flambée de Conscience jaillissant du cœur de la galaxie pour s’incarner en un joyau bleu : la Terre. Et cette fois-ci, point de météore à l’horizon, c’est l’humanité qui sombre dans la démence : elle souille son nid, ce qu’aucune autre espèce planétaire n’est capable de faire. Vingt siècles de théologie de l’annihilation ont conduit l’humanité au bord du gouffre. Tous les jours des centaines d’espèces disparaissent, tous les jours des dizaines de milliers d’enfants meurent de faim. L’humanité s’est cancérisée et un manteau de désertification recouvre inexorablement la planète.

Le Titanic Agricole est en train de sombrer et les premières déferlantes du “tsunami alimentaire” que nous annoncions commencent à se faire sentir. Les prix sont à la hausse vertigineuse, les récoltes sont médiocres ou complètement anéanties et les stocks sont au plus bas ou inexistants. Cette crise alimentaire, Pierre Rabhi, le vice-président de l’Association Kokopelli, l’a évoquée depuis une quinzaine d’années. La nourriture se fera de plus en plus rare de par la désertification généralisée, de par la stérilisation des sols par l’agro-chimie, de par les bouleversements climatiques, de par l’augmentation de la population mondiale, de par la perte de la biodiversité agricole et de par la folie des nécro-carburants végétaux que certains inconscients (ou criminels) continuent de promouvoir en prétendant qu’ils ne mettent pas en danger la sécurité alimentaire. Ce sont, bien sûr, les pauvres qui dans un premier temps vont souffrir le plus de cette insécurité alimentaire grandissante, les pauvres de l’Occident, en nombre sans cesse croissant et puis la petite paysannerie du Sud, dont l’agriculture de subsistance a été éradiquée par la globalisation et par les agricultures industrielles du Nord archi-subventionnées.

Les bouleversements climatiques se sont dramatiquement accentués : mais s’il est vrai que la banquise arctique est en pleine débâcle et prend l’eau, on assiste davantage à un changement climatique global qu’à un réchauffement. La bulle financière et immobilière, qui est une insulte permanente à la misère humaine, n’a pas encore complètement éclaté parce que les grands gangsters de la finance internationale en ont décidé ainsi en sommant leurs banques régulatrices “d’injecter” en l’espace de quelques jours des centaines de milliards de dollars ou d’euros sans que les grands médias aient posé la moindre question pertinente quant à la nature, à l’origine et à la destination de ces liquidités injectées.

Et s’il était encore besoin d’un signe des temps : l’Abeille, une des quintessences de la co-évolution entre l’humanité et la nature, se meurt. L’abeille, dans sa générosité, non seulement confère à l’espèce humaine cinq de ses trésors (le miel, le pollen, la gelée, la propolis et le venin) mais elle constitue aussi l’un des vecteurs principaux de la pollinisation des cultures potagères, fruitières et fourragères. Les abeilles disparaissent de la planète et le syndrome d’effondrement des colonies sévit dans de très nombreux pays : les abeilles quittent la ruche sans laisser de traces. Les USA ont perdu, l’hiver passé, entre 60 et 90 % de leurs ruches, en fonction des régions. Les causes peuvent être multiples : pesticides, chimères génétiques, destruction des jachères, dégénérescence des races de par l’insémination artificielle des reines en laboratoire… et la pollution électromagnétique. En effet, si la téléphonie mobile est capable de brûler le cerveau des êtres humains, les cobayes de l’industrie des télécommunications, elle est sans doute aussi capable de détraquer le système de navigation très sensible des abeilles.

La France, qui fut si belle et l’un des fleurons de l’agriculture, est maintenant une poubelle agricole et nucléaire génératrice de cancers. Que propose-t-elle face à ce marasme ? Des réformettes à la sauce Grenelle ! On comprend difficilement comment des fondations et des associations environnementales, dignes de ce nom, peuvent cautionner une telle farce et se compromettre dans le fossoyage du peu d’écologie vivante qui restait dans ce pays. L’origine du financement de certaines ne laisse aucun doute sur leurs motivations profondes et quant aux autres, peut-être en fait ne cherchent-elles qu’à pérenniser un système, fut-il mortifère, bien confortable pour leur existence. Il y aurait même une commission Grenelle de biodiversité qui bien évidemment ne parlera que de grenouilles et de plantes messicoles mais ô grand jamais de biodiversité alimentaire pour ne pas fâcher la clique des multinationales agro-toxiques.

Ils peuvent briser une structure associative mais comme le chantait le poète “vous n’aurez pas ma fleur, celle qui me pousse à l’intérieur”. Kokopelli est à l’image de la poésie : des paroles semées sur l’autel de la terre. Ce que nous avons semé depuis 14 ans a été semé, que ce soit dans le cœur de l’humus ou dans le cœur de l’humain.

Carte mondiale des zones touchées par la désertification

Les Semences Industrielles : Un Danger pour l'Avenir

L’aliénation de la semence par l’agro-industrie constitue un danger sans précédent pour l’avenir : l’indépendance alimentaire et la santé des peuples. Les lobbys, aidés par l’État, pour obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte. Les sélections de terroir garantissent des plantes saines et savoureuses. La semence industrielle, en revanche, est malade ; elle ne peut vivre sans pesticides, engrais chimiques ou manipulations génétiques. Polluante pour l’environnement, elle est le point de départ de la mal-bouffe.

Aujourd'hui, nous préservons des milliers de variétés et proposons à la vente chaque année entre 1 600 et 2 000 références. Qu'elles soient potagères, médicinales, aromatiques, céréalières ou encore florales, nos semences sont toutes libres de droits, reproductibles et bien sûr biologiques !

L'association Kokopelli a commercialisé pendant plusieurs années des semences non-inscrites aux jardiniers amateurs. Face aux attaques juridiques de l’agro-industrie, elle a lancé la pétition « Libérons les semences ». Cette pétition demande à l’État que la loi affirme le droit inaliénable de toute personne de cultiver, semer, multiplier, acheter, échanger, offrir, céder, transmettre, tout végétal (graine, bouture, plant, tubercule, etc.) sans restriction légale d'aucune sorte. L'association Kokopelli a d'ailleurs gagné le premier des deux procès qui lui étaient intentés, un signe encourageant dans cette lutte essentielle.

Pierre Rabhi et Bernard Ronot à propos de l'importance des semences paysannes

Expéditions et Engagement Participatif

Afin de garantir la bonne qualité des plants à la livraison, les expéditions sont effectuées uniquement du lundi au jeudi, au printemps, de mars à mai. En raison des jours fériés, aucune expédition n’est réalisée les jeudis veilles de jours fériés (comme les jeudi 30 avril et jeudi 7 mai 2026 mentionnés), afin d’éviter toute immobilisation des colis durant le week-end. En visitant les locaux de Kokopelli en Ariège, il est possible de vivre une expérience unique et enrichissante.

Kokopelli, c'est aussi l'occasion de supprimer la publicité et de s'engager vers un webmedia participatif d'intérêt général, avec pour raison d'être de recenser et partager les solutions utiles et durables pour agir et coopérer avec le vivant. Cette démarche s'inscrit pleinement dans une volonté de construire un avenir où la biodiversité est préservée et partagée, pour le bien de tous.

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