Analyser notre impact environnemental quotidien est un aspect crucial dans la lutte contre le changement climatique. Le compostage, quant à lui, fait partie des solutions qui s’offrent à vous pour agir en faveur de l’environnement. Le compostage, c’est la décomposition de matériaux biodégradables, comme l’herbe, les produits et le papier. Ces matériaux se transforment en une matière organique, connue sous le nom de compost, qui peut ensuite être utilisée pour former un sol de qualité pour vos plantes. Composter chez soi peut être une pratique aussi simple que vous le souhaitez. Vous pouvez ainsi facilement réduire votre empreinte carbone.
Votre empreinte carbone est déterminée par la quantité totale de gaz à effet de serre générés par vos activités. Les aliments que vous consommez et les déchets que vous générez contribuent également à votre empreinte carbone. Composter, et ainsi réduire la quantité de vos déchets alimentaires dans les sites d’enfouissement, est un excellent moyen de lutter contre le changement climatique. L’alimentation pèse lourd dans l’empreinte carbone individuelle des français. Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets (déchets alimentaires et déchets verts) est généralisé.

Méthodologie et bonnes pratiques pour le compostage domestique
Selon où vous habitez dans le monde et votre type de logement, vous devez déterminer quelle méthode de compostage vous convient le mieux. Si vous vivez dans une maison avec un jardin, il sera sûrement plus pratique pour vous d’installer votre propre composteur. Vous pourrez ainsi y mettre tous vos déchets alimentaires biodégradables pour créer du compost, utile pour vos plantes et votre potager.
Afin que le compost soit de qualité, vous devrez trouver un équilibre d’eau, de matériaux « verts » et « bruns ». Les matériaux verts (restes de nourriture, déchets de jardin, marc de café, etc.) apporteront de l’azote à votre compost. Quant aux matériaux bruns (feuilles, branches, brindilles, etc.), ils complémenteront votre compost avec du carbone. Pour les personnes intéressées par le compostage, mais qui ne souhaitent pas mettre en place un composteur, vous pouvez facilement consacrer un petit espace pour les restes de nourriture dans votre cuisine ou votre congélateur. Mettez de côté un récipient ou achetez une petite boîte à compost et mettez-y tout dedans : du marc de café aux morceaux d’essuie-tout. Pour éviter l’apparition de mouches et d’odeurs désagréables, conservez votre compost au congélateur jusqu’à ce que vous soyez prêt à les déposer.
Les intrants : ce que vous pouvez et ne pouvez pas composter
Bien que le compostage soit un excellent moyen d’arrêter de jeter des aliments non consommés dans la poubelle, tout ne peut pas être composté. Les produits laitiers, les matières grasses et la viande ne doivent pas être compostés, car cela peut entraîner des problèmes d’odeur et attirer les parasites sur le site de compostage. Les déchets d’animaux de compagnie (qui peuvent contenir des parasites ou des germes) et tous les déchets de jardin traités avec des pesticides ne doivent pas non plus être compostés, ils peuvent notamment endommager le tas de compost.
En revanche, beaucoup d’autres déchets biodégradables peuvent être compostés :
- Les épluchures et restes de fruits et légumes (base d’un compost réussi).
- La tonte de gazon et feuilles mortes (ne pas dépasser 25 % de tonte fraîche).
- Le papier et le carton non traités.
- Les branches et copeaux de bois (broyez-les en morceaux de 5 à 10 cm).
- Le pain et les produits céréaliers (humidifiez-les et enterrez-les au cœur du compost).
- Le marc de café et les sachets de thé.
- En petites quantités, les coquilles d’huîtres peuvent être ajoutées au compost, de préférence broyées pour faciliter leur dégradation.
[TUTO] Comment faire du compostage en tas ? – Jardinerie Gamm vert
Le rôle surprenant du lait et des produits laitiers au jardin
Le lait périmé, souvent jeté, recèle lui aussi des bienfaits insoupçonnés. Il peut jouer un rôle inattendu au jardin. Diluez-le dans l’eau d’arrosage pour nourrir les cultures. Il peut également être utilisé pour protéger certaines feuilles comme les épinards, le chou frisé ou la laitue, avant la croissance des cultures. Cependant, il faut être vigilant : si le lait peut servir de fertilisant liquide, son introduction directe dans un composteur domestique est complexe.
Les produits laitiers (lait, fromage, yaourt, etc.) posent problème pour plusieurs raisons :
- Décomposition lente : Ils nécessitent des températures très élevées pour se décomposer correctement, ce qui n'est pas toujours possible dans un compost individuel.
- Nuisances : Ils attirent les insectes ou les animaux, risquant d'endommager votre jardin ou de créer des odeurs désagréables.
- Déséquilibre : Ils peuvent créer des odeurs intenses si on y met de grandes quantités.
Néanmoins, certains utilisateurs expérimentés notent que le petit-lait peut être digéré par le « petit monde » du compost si celui-ci est bien équilibré, notamment en présence de cendres pour neutraliser l'acidité, bien que cette pratique reste délicate pour les débutants.
Gestion des déchets organiques par la collectivité
Les biodéchets collectés par la collectivité sont envoyés en compostage industriel ou dans des méthaniseurs. Le compost peut servir aux agriculteurs de la région et réduira leur dépendance aux engrais chimiques. Dans certaines collectivités, une partie du compost produit est parfois aussi donnée ou vendue aux habitants du territoire qui en font la demande.
Le biogaz, quant à lui, peut être injecté dans les réseaux de gaz et ainsi se substituer au gaz fossile ou servir à produire de l’électricité ou servir de carburant pour des véhicules. Suite à la production du biogaz, un résidu appelé digestat reste disponible pour les agriculteurs. La réglementation européenne définit la manière dont les matières de chaque catégorie doivent ou peuvent être éliminées ou valorisées pour certains usages dans le souci de maintenir un niveau élevé de protection de la santé publique et animale.

Conseils avancés pour optimiser le processus
Pour les personnes souhaitant aller plus loin, il est conseillé de supprimer les racines des mauvaises herbes avant de les mettre au compost, car elles ont la vie dure. Il est également recommandé d'avoir plusieurs tas de compost séparés par des grillages et d’âge différent : les lombrics, quand ils n'ont plus grand chose à manger dans l’un, migrent dans le nouveau à côté.
Concernant les cendres, il n'est pas recommandé de les mettre au compost, car cela bloque le processus de décomposition en gênant les bactéries et autres microorganismes. Pour les déchets un peu « sensibles », certains préconisent l'usage de sacs poubelle mélangés avec des débris végétaux et un peu de terre, bien mouillés avant de fermer : des bactéries anaérobiques feront la quasi totalité du travail. Enfin, sachez que les sacs plastiques dits « biodégradables » ne se décomposent pas aussi facilement que prévu et risquent de polluer votre compost : privilégiez des solutions réutilisables.
L’emplacement de votre composteur détermine directement son efficacité : installez-le directement sur la terre, dans un coin ombragé et aéré du jardin. En suivant ces principes, vous transformez vos déchets en un précieux fertilisant naturel, tout en réduisant significativement le volume de votre poubelle et votre empreinte environnementale globale.