Le lombricompostage, également appelé vermicompostage, est une méthode de valorisation de la matière organique qui gagne en popularité pour son efficacité et son respect de l'environnement. Il s'agit d'un processus naturel où des vers spécifiques, les vers du fumier (principalement Eisenia foetida et Eisenia andrei), transforment des résidus organiques, comme le fumier, en un amendement organique de haute qualité. Ce processus diffère du compostage traditionnel par l'intervention directe de ces vers, qui dégradent la matière organique en particules plus petites et l'enrichissent en micro-organismes bénéfiques pour la vie du sol. Le lombricompost obtenu est un produit semblable à l'humus ou au terreau, très accessible aux plantes et présentant de nombreux avantages pour la fertilité des sols.

Les Acteurs Clés : Les Vers du Fumier
Les vers du fumier, à la différence des vers de terre qui vivent dans le sol, sont des espèces dites « épigées ». Cela signifie qu'ils vivent dans des litières, c'est-à-dire les couches superficielles du sol constituées de divers débris végétaux en décomposition. Ils se nourrissent de matière organique en décomposition et rejettent, par leurs déjections, un compost de haute qualité. Ils forent très peu le sol et n'ont pas de trous permanents.
Leur respiration se fait par la peau, à l'aide d'un mucus qui recouvre leur corps. Cette particularité rend les vers particulièrement sensibles à l'humidité : ils recherchent les endroits humides, mais sans excès d'eau car ils peuvent se noyer. Un taux d'humidité inférie# Le Lombricompostage du Fumier : Une Méthode Écologique pour un Amendement Organique de Haute Qualité
Introduction au Lombricompostage du Fumier
Le lombricompostage, également connu sous le nom de vermicompostage, représente une technique avancée et écologique de valorisation des matières organiques. Il s'agit d'un processus qui transforme efficacement le fumier, une ressource abondante dans le secteur agricole et équin, en un amendement organique précieux pour les sols. Le concept du lombricompostage est le même que le compostage classique dans son objectif principal : la dégradation de la matière organique présente dans le fumier. Cependant, il se distingue fondamentalement par l'emploi de vers spécifiques, les vers du fumier, qui orchestrent cette transformation en un humus stable, plus facilement assimilable par les plantes du sol. Cette approche offre une alternative durable pour la gestion des déchets organiques, contribuant à la santé des sols et à la réduction de l'empreinte environnementale des activités d'élevage.
Le Lombricompost : Un Amendement Organique Naturel Issu de la Biotransformation
Le lombricompost, ou vermicompost, est défini comme un amendement organique naturel, qui est issu de la digestion d'un fumier de cheval ou de bovin par des vers du fumier, principalement l'espèce Eisenia foetida. Ce processus de biotransformation confère au lombricompost des propriétés agronomiques exceptionnelles. Durant la phase de digestion par les vers, la matière organique est dégradée en particules plus petites, un processus indispensable à la formation de l'humus. Simultanément, cette matière est enrichie en bactéries bénéfiques pour le sol, ce qui en fait un substrat d'une grande valeur biologique.
Ce n'est pas le cas pour ce lombricompost qui est fabriqué à partir d'un mélange précis de fumier de bovin et de fumier de cheval, optimisant ainsi ses qualités nutritives et structurelles. Des algues marines sont également apportées au cours du processus de compostage afin d'enrichir le produit fini en éléments minéraux, ajoutant une dimension supplémentaire à sa composition déjà riche. Le résultat est un compost de haute qualité, riche en micro-organismes bénéfiques pour la vie du sol, un facteur essentiel pour la fertilité et la résilience des écosystèmes agricoles. Le rapport Carbone/Azote (C/N) de l'ordre de 12 pour le lombricompost témoigne d'un produit relativement équilibré, prêt à être utilisé par les plantes sans risque de faim d'azote.
Les retours d'expérience des utilisateurs soulignent la valeur de ce produit. Il est considéré comme un des meilleurs fertilisants pour tout le jardinage et s'avère très pratique aussi pour les jardinières, car il en faut peu. Son efficacité est éprouvée depuis des années par certains utilisateurs, qui apprécient son côté super efficace et très compact. Le lombricompost de fumier de cheval est un produit très demandé en agronomie, surtout chez les particuliers. Les données, bien que relativement rares et fluctuant beaucoup selon les sources, indiquent globalement qu'il s'agit d'un bon amendement. Les témoignages de "bonne qualité" pour les légumes et plantes d'intérieur, ou de "floraisons luxuriantes" et "fraises en abondance" confirment son impact positif. Le mélange conseillé pour un rempotage est de 65% terre de jardin, 5% sable de rivière et 30% lombricompost de fumier de cheval, ce qui démontre son intégration aisée dans les pratiques horticoles courantes.

Les Vers du Fumier : Des Ingénieurs Écologiques Cruciaux
Les vers responsables de cette transformation sont des organismes fascinants, spécifiquement adaptés au traitement des matières organiques en décomposition. Les espèces les plus couramment utilisées sont l'Eisenia foetida et l'Eisenia andrei, souvent désignées collectivement comme "vers du fumier" ou "vers composteurs". À la différence des vers de terre qui vivent dans le sol profond, ces vers sont des espèces dites « Épigé », c'est-à-dire qu'ils vivent dans des litières à la surface du sol et qu’ils se nourrissent de matière organique en décomposition. Ils forent très peu le sol et n’ont pas de trous permanents (Munroe, 2016), ce qui les rend idéaux pour les systèmes de lombricompostage en surface ou en andains.
Biologie et Exigences Physiologiques des Vers
La survie et l'efficacité des vers du fumier dépendent étroitement de certaines conditions environnementales. Leur respiration se fait par la peau à l'aide d'un mucus qui recouvre leur corps. Cette particularité physiologique impose une exigence fondamentale : les vers recherchent les endroits humides. Cette protection disparaissant dans un environnement sec, un taux d’humidité inférieur à 50 % dans la litière est dangereux. Hormis la chaleur ou le froid extrême, rien ne tuera plus rapidement les vers que le manque d’humidité. Cependant, il est tout aussi crucial d'éviter l'excès d’eau, car ils peuvent se noyer si l'environnement est saturé. La litière doit donc pouvoir absorber et conserver l’eau suffisamment pour que les vers prospèrent, avec un taux d’humidité optimal situé entre 60 et 70%.
Les vers du fumier sont également sensibles à la lumière, qu'ils fuient (Ferme lombricole du Moutta, 2024), ce qui explique leur préférence pour les environnements sombres et recouverts.
Température et Reproduction
La température est un autre facteur déterminant. Les vers du fumier sont résistants à une large gamme de température qui se situe aux alentours de 0-35°C. Il faut tout de même savoir qu’ils sont particulièrement efficaces entre 15 et 25 °C et que leur température optimale est de 20 °C (Ferme lombricole du Moutta, 2024). Pour un lombricompostage efficace, il faudra prévoir une température au-dessus de 15°C. En dessous de 10°C, il n'y a pas de reproduction des vers et très peu de consommation de nourriture. Pour la lombriculture, qui vise la production de vers, il faudra privilégier les 20°C. Au-dessus de 35 °C, les vers meurent. En-dessous de 0°C, certains peuvent résister au gel, notamment l'Eisenia andrei, mais à partir du moment où ils ne sont plus en capacité de se nourrir, ils meurent aussi (Munroe, 2016). Lors des périodes de froid, notamment pendant l'hiver, il faut donc s'assurer qu'il y ait toujours du fumier frais à disposition pour leur fournir de la chaleur et de la nourriture.
La capacité de reproduction des vers est rapide, un individu peut proliférer jusqu'à 250 descendants en moyenne, et la descendance dépend directement de la nourriture disponible. Cette prolificité est un atout majeur pour l'établissement et le maintien de populations suffisantes dans un système de lombricompostage.
pH de la Litière et Alimentation
Le pH des litières de vers a tendance à baisser avec le temps. Ainsi, il faut faire attention au type de nourriture que l’on apporte aux vers. Si la nourriture est plutôt alcaline, cela a un effet régulateur qui tend vers un pH neutre ou légèrement alcalin. En revanche, une source de nourriture ou une litière acide (marc de café, mousse de tourbe) peut faire baisser le pH des lits bien en dessous de 7, ce qui peut nuire aux vers. De manière générale, le pH du compost peut être mesuré avec un kit d’analyse de sol en suivant les instructions du fabricant ou, si votre compost est humide mais pas boueux, vous pouvez simplement utiliser une bande indicatrice de pH (Felicien, 2023).
Concernant les vermifuges, la plupart se dégradent assez rapidement et ne constituent pas un problème pour l’élevage de vers, ce qui est une bonne nouvelle pour les exploitants qui traitent des fumiers issus d'animaux vermifugés.
Lombricompostage du fumier équin - 18/11/2022
Les Matières Premières : Sélection et Préparation du Fumier
Le choix et la préparation des matières premières sont des étapes fondamentales pour un lombricompostage réussi. Tous les types de fumier peuvent être valorisés en lombricompostage. Au sein du label EquuRES, c'est le critère FD3 qui est concerné par la valorisation du fumier, soulignant l'importance de cette pratique dans une démarche de développement durable.
Types de Fumier et Caractéristiques des Litières
Les fumiers sont la matière alimentaire la plus fréquemment utilisée avec les vers. Le fumier de cheval est souvent considéré comme la litière idéale en raison de ses propriétés physiques et chimiques avantageuses. Il a un pouvoir absorbant allant de moyen à bon, son potentiel de gonflement est bon et son rapport C/N se situe entre 22 et 56. De plus, il est souvent gratuit et renouvelable, ce qui en fait un choix économiquement et écologiquement judicieux.
La paille constitue aussi une bonne litière avec un rapport C/N allant de 48 à 90, un potentiel de gonflement moyen bon et un pouvoir absorbant faible. Pour augmenter ce dernier, on peut la mélanger avec du fumier composté ou vieilli (Munroe, 2016). Les fumiers pailleux et les copeaux peuvent être tous deux lombricompostés. Le copeau présente l’avantage d’être plus absorbant et de retenir ainsi mieux l’humidité que la paille, mais il a l’inconvénient d’être plus long à composter.
La litière doit avoir un bon pouvoir de gonflement car un matériau de trop grande densité initiale, ou qui se tasse trop, réduira ou bloquera la circulation de l’air. Or, les vers ont besoin d’oxygène pour vivre et respirer, et ne peuvent survivre à des conditions anaérobies (absence d’oxygène). Ainsi, il est important de veiller à ce qu’on leur donne en guise de nourriture mais aussi de leur fournir une litière assez poreuse pour qu’ils puissent s’y déplacer et ainsi créer des aérations.
Préparation du Fumier : L'Importance du Précompostage
La première étape cruciale pour l'introduction du fumier dans un système de lombricompostage est le précompostage. Pendant cette phase de 3 semaines, le fumier est stocké en tas et réalise la phase thermophile du compostage. Cette étape est essentielle car elle permet la destruction des germes pathogènes, la désodorisation du fumier et une réduction partielle du volume (environ 25%). Cette montée en température initiale est nécessaire pour stabiliser le fumier et le rendre plus accueillant pour les vers. Des teneurs élevées en protéines ou en azote dans la matière fraîche entraînent une dégradation rapide et un dégagement de chaleur qui crée un habitat et des conditions inhospitalières, sinon fatales, pour les vers. Un dégagement de chaleur dans les couches de nourriture du système de lombriculture ou de lombricompostage est sans danger, mais pas dans la litière où vivent les vers.
Dans les cas de fumiers trop pailleux, il peut y avoir une étape de broyage préalable pour homogénéiser la matière et faciliter la décomposition ultérieure. Bien que les vers consomment leur litière au fur et à mesure qu’elle se dégrade, il est essentiel que ce processus de dégradation initiale soit lent afin d'éviter une surchauffe.
Il est également possible de donner aux vers d'autres types de déchets organiques, notamment des déchets alimentaires. Il faudra cependant veiller à ne pas y introduire de la viande ni des éléments riches en matières grasses pour éviter les désagréments olfactifs, la venue d'organismes nuisibles et la diminution de l’oxygène.
Techniques de Lombricompostage en Andains : Migration Verticale et Horizontale
Le principe fondamental du lombricompostage en andains est de créer des environnements propices à l'activité des vers, où ils transforment la matière organique en lombricompost. Les andains sont de simples tas de litière et de nourriture mélangées ou de litière avec la nourriture étalée par-dessus, dans lesquels on introduit les vers et que l’on ne touche plus jusqu’à l’achèvement du processus (France Galop et al., 2024). Contrairement au compostage classique, il n'est pas nécessaire de retourner le matériau, ce sont les vers qui se chargent de l’aérer (Munroe, 2016).
Deux techniques principales sont utilisées pour l’inoculation des vers et la progression du processus : la migration verticale et la migration horizontale. Ces deux systèmes sont basés sur la reproduction des vers et sur leur attrait vers les zones riches en matières organiques pour aider leur reproduction.
La Migration Verticale
Dans la méthode de migration verticale, les vers sont déposés à même le sol et le fumier est déposé sur les vers. Les vers vont alors migrer vers le haut, suivant la nouvelle couche de nourriture et d'humidité. Ils continuent leur travail de décomposition en montant progressivement jusqu'au haut de l'andain. Une fois qu'ils ont consommé la majeure partie de la matière organique à un certain niveau, ils se déplacent vers le haut pour chercher de nouvelles sources de nourriture. Les vers sont alors récupérés à l'extrémité supérieure du tas, et l'opération peut être répétée en ajoutant de nouvelles couches de fumier. Pour la migration verticale, plus les vers sont proches du haut du tas de fumier, plus ils auront avancé dans la décomposition. L'alimentation des andains se fait en surface dans ce cas.
La Migration Horizontale
La technique de la migration horizontale demande moins d’infrastructures que celle de la migration verticale. Dans ce système, l'andain est allongé, et l'alimentation se fait sur le côté. Il faut surveiller l'extrémité gauche ou droite pour connaître le sens de la décomposition, ce qui permet de bien positionner les tas de fumier les uns après les autres. Les vers se déplacent progressivement d'une section à l'autre de l'andain, suivant l'apport de nouvelle matière organique. Cela permet de récolter le lombricompost d'un côté pendant que les vers travaillent sur la section adjacente.
Mise en place détaillée d'un Andain
Pour la mise en place d'un andain, la technique décrite par France Galop et al. (2024) est la suivante :On dispose au sol le mélange vers + litière acheté chez un valorisateur. On l’étale de façon à ce que notre andain fasse 5 m de long sur 2 m de large. L’épaisseur litière + vers représentera une couche d’environ 20 cm de hauteur. Ensuite, on ajoute 40 cm de fumier déjà composté (ancien fumier bien foncé) afin d’éviter la montée en chaleur du processus de compostage. Cette étape est cruciale car, comme mentionné précédemment, une chaleur excessive est fatale aux vers. Après l'ajout du fumier pré-composté, on arrose l’andain pour assurer l'humidité nécessaire. Une fois que ce volume de fumier a diminué, signe de l'activité des vers, on ajoute à nouveau 40 cm de fumier (peu importe le stade de maturation). On répète ces ajouts jusqu’à atteindre la hauteur maximale que l’on souhaite pour notre andain, généralement limitée à moins de 2 mètres pour une gestion optimale.
Au bout de 3-4 mois, on dédouble l’andain, c’est-à-dire que les 20 premiers centimètres de ce dernier, contenant les vers actifs, sont récupérés et utilisés pour faire un autre andain de la même façon qu'expliqué précédemment. Il s’agit pendant 2 ans de se concentrer sur la multiplication des vers, afin d'établir une population robuste et auto-suffisante.
Dans les deux cas, le démarrage de la décomposition est plutôt lent, mais le processus s'accélère avec l'établissement des colonies de vers. Il faut alimenter les andains en matière organique fraîche assez régulièrement, que ce soit en surface (migration verticale) ou sur le côté (migration horizontale), pour maintenir l'activité des vers. Enfin, il faut couper les andains afin de séparer le lombricompost d’une part, et les vers d'autre part, pour un nouvel « ensemencement » ou pour la vente.

Gestion et Suivi des Andains pour un Lombricompostage Efficace
Une gestion attentive des andains est essentielle pour garantir l'efficacité du lombricompostage et la bonne santé des populations de vers. Cela implique une surveillance régulière de plusieurs paramètres clés, notamment l'humidité, l'aération et la protection contre les éléments extérieurs.
Maîtrise de l'Humidité
Le taux d’humidité optimal est situé entre 60 et 70%, un facteur déterminant pour la survie et l'activité des vers. Une bonne humidité pour un compost peut se mesurer simplement en prenant une poignée : si en serrant cette poignée, du liquide s’en échappe, c’est qu’il est trop humide et si en revanche la poignée est friable, très sèche avec peu de matière noire, c’est qu’il est trop sec (Permaculture Design, 2021).
En cas d'andain trop sec, il y a la possibilité d’installer un arrosage goutte-à-goutte la nuit avec un débit de 12 litres/heure, afin d'assurer une hydratation progressive et efficace. Sinon, un arrosage au tuyau peut suffire. Les andains consomment très peu d’eau ; en termes d’estimation, ce serait 10 m³ d’eau utilisée sur une année pour un andain de 1000 m², ce qui représente une consommation relativement faible.
Assurer une Bonne Aération
Bien que les vers se chargent d'aérer le matériau en se déplaçant, il est crucial que la litière soit suffisamment poreuse dès le départ. Un produit homogène et suffisamment aéré est nécessaire. Même si un retournement régulier n'est pas requis comme dans le compostage traditionnel, retourner une fois l’andain durant le cycle, par exemple au début du mois d’avril, peut permettre d’activer la dégradation en introduisant de l'oxygène frais et en mélangeant légèrement les couches.
Protection et Température
Les andains sont bâchés avec une bâche perméable laissant passer l’air et permettant ainsi de conserver l’humidité. Cette protection est essentielle pour maintenir un environnement stable pour les vers et éviter la dessiccation. Lors du séchage final du lombricompost pour la récolte, les andains peuvent être également bâchés avec une bâche non perméable et noire pour attirer la chaleur, ce qui favorise l'évaporation de l'humidité résiduelle.
La surveillance régulière de l'emplacement des vers dans le fumier est également une pratique de suivi importante. Dans la migration verticale, les observateurs noteront que plus ils sont proches du haut du tas de fumier, plus ils auront avancé dans la décomposition.
Suivi de la Santé de l'Andain
De manière générale, apprécier la santé d’un andain peut se faire simplement par l’observation de la quantité de vers qu’il contient, ainsi que de la présence de vers qui se reproduisent et de la présence de cocons. Une population dense et active, avec des signes de reproduction, est un indicateur clair d'un système de lombricompostage sain et performant. Un lombricompostage efficace nécessite une température au-dessus de 15°C.
Aspects Économiques et Réglementaires du Lombricompostage
Au-delà des bénéfices environnementaux et agronomiques, le lombricompostage du fumier présente des avantages économiques et est encadré par des considérations réglementaires importantes.
Coûts et Rentabilité
Le coût d’une installation de lombricompostage est très variable en fonction de la méthode utilisée (migration verticale ou horizontale), du matériel déjà possédé (chargeur, fumière, etc.) et du fournisseur des vers ou du matériel. Bien qu'un investissement initial soit nécessaire, la lombriculture, qui est l'élevage des vers, présente l’avantage de ne solliciter que peu de temps aux exploitants une fois le système mis en place.
Le prix des vers composteurs est un élément à considérer lors du démarrage d'une installation. Les prix sont à partir de 25€ les 500g. Il n'y a pas de quantité préconisée stricto sensu, mais il est établi que plus les vers sont nombreux, plus le lombricompostage sera rapide, et inversement.
Commercialisation des Produits
Le lombricompost est un produit fini de grande valeur, très demandé en agronomie, en particulier chez les particuliers, comme en témoignent les nombreux avis positifs sur sa qualité et son efficacité. La possibilité de vendre les vers eux-mêmes constitue une source de revenus supplémentaire pour les exploitants. Il faudra alors penser à offrir aux vers les conditions optimales à leur reproduction et ainsi intégrer de vrais objectifs liés à la lombriculture. Le prix des vers à la vente est d'environ une cinquantaine d’euros le kilogramme (Ferme Lombricole de Provence, 2024 ; Ferme lombricole Mister Green, 2024).
Le produit final doit être normé, c’est-à-dire qu’une analyse pour le lot est nécessaire avant sa commercialisation. Ces analyses garantissent la qualité et la sécurité du lombricompost.
Réglementation d'Épandage
L'épandage du lombricompost est soumis à des réglementations strictes visant à protéger l'environnement et la santé publique. Il est interdit d’épandre à moins de 35 m d'un puits, d'un forage, d'une source d'eau, d'un aqueduc en écoulement libre, d'un rivage, d'une berge, d'une installation souterraine d'eau potable, ou d'un lieu de stockage de l'eau. De plus, une distance de moins de 50 m d'une habitation non liée à l'exploitation agricole, habitée par des tiers, de zones de loisirs et de tout établissement recevant du public est également proscrite. Ces distances peuvent varier en fonction des départements, il est donc essentiel de consulter la réglementation locale.
Si l'épandage est effectué sur des terres labourables à moins de 100 m des habitations, alors il devra être immédiatement suivi d'un labour (enfoui au plus tard le lendemain) afin de minimiser les nuisances olfactives et la dispersion. L'épandage de fumier/compost peut être réalisé toute l'année, même sur des sols pris par le gel, offrant une flexibilité précieuse pour la gestion des exploitations.
Pour l'épandage du lombricompost, un épandeur à hérissons verticaux est adapté pour assurer une répartition homogène du produit sur les parcelles.

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