Le Ruisseau Figuier, bien que discret dans les informations disponibles, nous plonge au cœur d'une région des plus fascinantes de Provence : les Alpilles et plus particulièrement le territoire des Baux-de-Provence. Ce cours d'eau, tel un fil conducteur, nous invite à explorer un patrimoine naturel et culturel d'une richesse insoupçonnée, entre randonnées vivifiantes, découvertes viticoles et vestiges historiques.

Les Alpilles : Un Paysage à Facettes
Le massif des Alpilles se révèle comme un écrin de biodiversité et de paysages contrastés. Au-delà du nord "classique" et ses vignerons vedettes, le versant sud des Alpilles se dévoile discrètement, en étages successifs, séparés par quelques roches blanches tourmentées. La garrigue partage l'espace avec vigne et oliviers, créant un tableau méditerranéen typique. Partir en randonnée dans les Alpilles, c'est s'assurer de trouver de l'insolite, du verdoyant et du grandiose, et ce pour tous les niveaux de difficulté. De la balade facile en famille aux sentiers de randonnée plus pentus, il y a de quoi marcher. Dans ce coin de Provence, les itinéraires traversent les oliveraies et étendues forestières, vous mènent auprès de curieux rochers, et vous emmènent découvrir le cadre bucolique et enchanteur du parc naturel régional des Alpilles.
De l'un des extraordinaires villages des environs, comme Maussane-les-Alpilles ou Saint-Rémy-de-Provence, il est possible de découvrir les plus belles randonnées. Le massif offre une atmosphère paisible entre abbayes, pins et oliviers, comme en témoigne la Montagnette, chère à Alphonse Daudet.
Randonnées et Découvertes Naturelles
Le territoire autour du Ruisseau Figuier, et plus largement des Baux-de-Provence, est un véritable paradis pour les randonneurs. Plusieurs sentiers permettent d'explorer la richesse naturelle de la région.
Une descente dans les chênes verts offre une immersion totale dans la garrigue. La recherche de la grotte des Chouans côté sud est une expérience impressionnante, avec ses 4 à 5 mètres d'ouverture menant à un boyau exploré sur une dizaine de mètres. La montée sur le Bau Redon, ancienne tour de guet, offre une vue splendide sur les environs.
Le sentier en balcon qui ramène à la Tête du Chien propose des panoramas exceptionnels. En suivant le sentier côté Encanaux, qui va jusqu’au sentier venant de la Coutronne, on peut explorer des sites remarquables. Une descente vers la Coutronne révèle une cascade sèche et des marmites, témoignant de la force de l'eau. Une charbonnière indique une ancienne activité humaine. Le sentier dégagé peut parfois finir au pied d'une petite barre rocheuse, invitant à la découverte pour rejoindre le sentier jaune qui ramène aux Encanaux, tout en apercevant un four à chaux au niveau du lit de la Coutronne. La question demeure cependant de savoir si la grotte des Chouans recherchée correspond à celle de la carte IGN ou si elle se situe vers le Baou Redon.

Dans les environs, des itinéraires variés invitent à l'exploration. La grotte du Figuier elle-même est une destination intéressante à découvrir en prenant de la hauteur et en longeant les falaises jusqu'à la Baume. Pour les amateurs de baignade, il est conseillé de prendre de quoi se baigner quand il fait chaud.
Parmi les autres pépites de la région, on peut citer :
- La Vallée de l’Eure à Uzès : L'occasion d'allier une balade facile à un cours d’histoire antique, le long de l’Alzon, petite rivière qui coule en contrebas de la cité millénaire du Gard. On y trouve des vestiges d’un aqueduc romain reliant Nîmes par le Pont du Gard, et une source plus que millénaire de la fontaine d’Eure.
- Les Gorges du Gardon : Falaises, garrigue et rivière sinueuse pour une randonnée inoubliable dans ce canyon de 29 kilomètres, regorgeant de sentiers pour tous les niveaux, tout près de Nîmes. Les activités y sont variées : canoë-kayak, via ferrata ou encore baignade.
- Les Concluses de Lussan : Une pépite du Gard, où la rivière de l’Aiguillon a façonné des gorges qui valent le détour, entre Alès et Bagnols-sur-Cèze.
- Les Cascades du Sautadet à La Roque-sur-Cèze : Une succession de sauts, rapides et marmites de géants, offrant également une plage pour la baignade.
- Le Massif d'Uchaux : Ce petit massif boisé du Vaucluse est réputé pour son calme et ses sentiers serpentant entre pins et vignobles, idéal pour une marche ressourçante vers le Castelas ou dans la forêt départementale.
- La Mer des Rochers de Sauve : Un décor lunaire recouvert de garrigue, à découvrir en Occitanie, à deux pas de Sauve.
- Le Ruisseau du Tiourre à Vallon-Pont-d’Arc : Un secret bien gardé, ce petit affluent de l’Ardèche coule paisiblement dans un vallon verdoyant et cache une source naturelle, des vasques turquoises et une cascade vertigineuse.
- La Cascade de Pissevieille en Ardèche : Une impressionnante chute d’eau de plus de 80 mètres de haut à explorer en balade le long du ruisseau du même nom.
- Le Bois de Païolive : Un labyrinthe naturel de 16 km² en Ardèche, avec une biodiversité riche et de magnifiques paysages de roches calcaires traversés par les gorges du Chassezac.
Gorges du Gardon Rive gauche Collias 30210 Gard 03 2020
Cyclisme et Panoramas
Les routes des Alpilles sont également très appréciées des cyclistes. La petite route qui relie Eygalières à Mouriès est un exemple parfait. On y devine très vite, de part et d'autre, des vallées s'appuyant sur les contreforts rocheux.
En suivant la route depuis Mouriès, on roule à travers les oliviers. Au second plan se dessinent les Alpilles, avant d'arriver sur Aureille. Le col de Meyrol est un incontournable pour les cyclistes de passage dans les Alpilles. Depuis le pied, on peut admirer la vue sur la Tour des Opies, point culminant de la chaîne des Alpilles (496m).
Cependant, il est important de noter que certaines routes peuvent être fréquentées, surtout les week-ends et en haute saison. Le parcours du Cap Figuier, par exemple, offre de beaux paysages marins et forestiers, mais certains tronçons peuvent être difficiles en raison d'éboulements, nécessitant d'être à l'aise avec l'équilibre.
Les Baux-de-Provence : Histoire et Viticulture
Les Baux-de-Provence, célèbre village perché, est entouré de paysages minéraux impressionnants. Des sentiers permettent de parcourir les falaises et de profiter de vues uniques sur la vallée. Dans les Bouches-du-Rhône, cette commune est une destination majeure pour la randonnée et la découverte d'un riche patrimoine historique.
Le Château des Baux-de-Provence : Un Voyage dans le Temps
Le château des Baux-de-Provence est un ensemble architectural imposant, témoin de siècles d'histoire et de la puissance des seigneurs des Baux.
- L'Hôpital Quiqueran : Construit au XVIe siècle, cet hôpital témoigne d'une culture raffinée dans le style régulier et sobre de la Renaissance classique. Il a été bâti sur la volonté de Jeanne de Quiqueran, épouse d’Honoré des Martins, gouverneur des Baux-de-Provence. Composé d'un portique de trois grandes arcades au rez-de-chaussée et d'une galerie à l'étage, il était une "maison de bienfaisance" vivant des rentes de particuliers.
- Les Basses-Cours : La première basse-cour donnait accès aux habitations seigneuriales, où l'on croisait armures et belles robes. La seconde basse-cour était le lieu de vie et de travail des artisans et paysans, avec sûrement des écuries pour les chevaux et les mulets.
- La Tour Sarrasine : Jouant un rôle majeur dans la défense du lieu, cette tour fermait le château côté sud, agissant comme la « garde du château ». Construite au sommet d’une saillie rocheuse, elle protégeait l’accès par la Porte « de l’Auro » avec un ingénieux système défensif.
- La Tour Paravelle : Encore debout aujourd’hui, elle protégeait l’angle nord-ouest du château.
- La Maison du Four : On décèle des traces de la délicate ornementation Renaissance dans cet endroit où l'on cuisait le pain. Elle comportait trois pièces au rez-de-chaussée et deux étages à l'origine.
- Le Donjon : De loin le vestige le plus représentatif du château, le donjon était la seule salle où vivaient le seigneur et sa famille. Pour le construire, les seigneurs des Baux avaient fait tailler le rocher sur une hauteur pouvant atteindre 20 mètres pour défier toute escalade, utilisant les pierres à disposition. Au début du XVe siècle, il était encore habité, comme en témoigne la mort de la dernière princesse des Baux, Alix, dans « la grande chambre de la tour ».
- La Chapelle Sainte-Marie : Construite près de l’entrée du Château, elle en assurait la protection religieuse et physique. On peut admirer sa voûte et sa croisée d’ogives à liernes et tiercerons de style gothique. Au XVe siècle, elle était abondamment meublée et décorée, avec deux tableaux, un petit orgue, des livres liturgiques et des pièces d’orfèvrerie. À l’extérieur, elle était surveillée par une terrasse assommoir aménagée dans la roche.
- Les Citernes et la "Baume de Roucas" : L'alimentation en eau ayant toujours posé problème sur l’éperon des Baux, il existait à l’origine trois citernes. Une rigole est creusée dans la ruelle castrale entre la première basse-cour et la maison du four. Des habitations creusées dans la roche, formant un quartier mentionné dans les cadastres du XVIe siècle comme la « Baume de Roucas » (grotte du rocher en occitan), témoignent de l'adaptation des habitants.
- Le Pigeonnier du Château : Un témoignage impressionnant de l’élevage de pigeon, pratique très développée au Moyen Âge. Les niches des pigeons taillées dans la paroi rocheuse sont appelées « boulins » et pouvaient contenir jusqu’à 2000 niches.

Le Vignoble des Baux-de-Provence : Entre Tradition et Innovation
Le versant sud des Alpilles, aux confins de l'AOC Coteaux d'Aix-en-Provence, abrite un vignoble de caractère, celui des Baux-de-Provence. Au moment d'élargir la découverte de ce vignoble, le choix est vaste, avec des domaines tels que Mas du Gourgonnier, Mas de la Dame, ou Mas Sainte Berthe.
Le Domaine de la Vallongue : Un Domaine Historique en Évolution
Le Domaine de la Vallongue est un domaine que l'on peut qualifier d'historique dans la région, créé par M. Paul-Cavallier en 1965. Il se fait assez discret dans les médias, mais sa diffusion est plutôt large, souvent présent dans la grande distribution. Le choix de l'agriculture biologique a été fait dès 1987.
Le domaine, qui compte pas moins de 36 hectares, est en ordre de marche malgré une sorte de torpeur qui semble s'être installée depuis la vente de la propriété au Groupe Fiducial il y a environ un an. Le personnel, dont une responsable, un chef de culture, un tractoriste et le gardien du mas, semble un peu perplexe face à l'arrivée de touristes curieux, habitués à recevoir des locaux pour remplir des bibs ou cubitainers.
Les vins ont un style assez traditionnel, sans être des "bêtes à concours". Les blancs, rosés et rouges sont le fruit de choix parfois originaux et un rien empiriques. Le blanc, par exemple, est une association de quatre cépages (grenache blanc, clairette, sémillon et rolle, tous à 25%) vinifiés par pressurage direct de raisins entiers et non foulés, à maturité différente, dans le but de préserver de la fraîcheur. Les rosés sont issus de saignées systématiques (15 à 25% des moûts) sur les cuves de rouge, pour garantir un volume défini et tenter de concentrer les rouges. Pour les rouges, il s'agit d'une fermentation simultanée de deux ou trois cépages, parmi grenache (45% de l'encépagement), cabernet sauvignon (15%), cinsault (15%), syrah (7%), carignan (7%) et counoise (3%).
La gamme, proposée à moins de dix euros (à l'exception de la Cuvée Murielle en AOC Baux-de-Provence rouge), vise la production d'une gamme cohérente et régulière, plutôt qu'une recherche de l'exceptionnel. Certaines cuvées sont aussi en Coteaux d'Aix et d'autres en Vin de Pays des Alpilles, et sont absolument superbes.
Le terroir est largement argilo-calcaire. Le plus étonnant est ce léger coteau exposé nord, composé presque exclusivement d'éboulis calcaires, où sont plantés l'essentiel des cépages blancs. Cette impression visuelle est impressionnante, et on devine tout le potentiel de ces quelques hectares, des parcelles dont peuvent rêver nombre de vignerons.
Le Domaine de Lauzières : L'Audace de la Singularité
Après avoir franchi les contreforts calcaires de la Vallongue, un magnifique vallon est partagé par deux domaines : le Mas de Gourgonnier et le Domaine de Lauzières. Ce dernier appartient à deux Suisses, Jean-Daniel Schlaepfer et Gérard Pillon, déjà associés dans un domaine genevois, le Domaine des Balisiers. En 1992, Jean-Daniel Schlaepfer découvre ce vallon et son terroir de rêve, et met tout en œuvre pour l'acquérir.
Le domaine, qui trouve sans doute ses origines au XVIe siècle, était en sommeil à l'arrivée des compères genevois. Tout ou presque est à reconstruire ou à restaurer, à commencer par le mas et les installations. Le vignoble, en mauvais état, doit être pour moitié arraché.
La nouvelle plantation, le long du coteau exposé au nord, se fait en lyre ouverte, les rangs dans l'axe principal du mistral. Syrah, mourvèdre et clairette sont plantés dans un premier temps. Puis, sur les conseils d'Alain Carbonneau, professeur de viticulture à Montpellier, huit hectares de petit verdot sont plantés en lyre sur ce superbe coteau de Lauzières. Ce choix est exigeant en main d'œuvre et en temps passé pour les opérations successives (ébourgeonnage, effeuillage, passages successifs dans les quatre hauteurs de fils, puis les vendanges vertes).
François Marsille, issu de la communauté gitane, est le chef de culture du domaine. Son parcours, de maçon à chef de culture, est atypique et inspirant, ayant appris à lire et écrire sur l'insistance du propriétaire.
En cave, les vinifications se font cépage par cépage, égrappés et en grains entiers. Les macérations sont de dix à douze jours maximum, avec des remontages à l'air. Le petit verdot est élevé en "amphores" (des œufs Nomblot de 600 litres), sur ses propres lies, pendant dix-huit mois.
La gamme se décline avec des assemblages destinés à l'AOC Baux-de-Provence sur les 16 hectares de vieilles vignes (50 ans et plus), dont un rosé Gris de Gris frais. Le reste du vignoble est dédié à deux cuvées "en marge de la pensée viticole unique", qualifiées d'insensées par la plupart des vignerons du cru : le rouge Sine Nomine et le blanc Astérie. Ces cuvées, en Vin de Table, sont un mariage audacieux de grenache noir et de petit verdot pour le rouge (80% petit verdot et 20% grenache noir), et de grenache blanc et clairette pour le blanc (80% grenache blanc et 20% clairette).
Sine Nomine est vendangé manuellement, égrappé à 100%, avec une fermentation alcoolique sans SO2 ni levurage exogène, et élevé en amphores pendant dix-huit mois. L'étiquette porte un numéro de lot "fondé sur un algorithme aléatoire, élémentaire et secret" en raison de l'interdiction du millésime par la législation française. Le dernier chiffre indique l'année (5761 pour 2001, 5764 pour 2004, etc.). Ce vin associe une sorte de virilité et un potentiel fraîcheur remarquable. Le Domaine de Lauzières est une véritable découverte, ayant pris acte de la singularité de ses choix, et démontrant un haut niveau de qualité.

Le Domaine Kennel : Polyagriculture et Passion
Le Domaine Kennel pratique une polyculture, avec une passion pour la culture du raisin et de la figue. Avec 38 hectares de vignes, le travail est continu presque tous les mois de l'année. En 2022, 400 pieds de figuiers de la variété "Violette de Solliès" ont été plantés, la terre de Pierrefeu étant située sur le terroir de l'AOP "Figue des Solliès", menées en bio et biodynamie.
Villages Provençaux et Ambiance Méditerranéenne
Au-delà des randonnées et des vignobles, la région autour du Ruisseau Figuier est parsemée de villages charmants qui invitent à la flânerie et à la découverte.
- Fontvieille : Terre d'inspiration littéraire, elle offre des sentiers qui serpentent entre oliviers et moulins, permettant de parcourir la campagne environnante, au cœur des Alpilles.
- Arles : Située aux portes de la Camargue et des Alpilles, cette ville majeure des Bouches-du-Rhône est riche en diversité, offrant des sentiers pour découvrir la faune de la Camargue ou les paysages des Alpilles, ainsi que 2000 ans d'histoire.
- Saint-Rémy-de-Provence : Au pied du massif des Alpilles, elle est un carrefour incontournable pour les passionnés de randonnée, avec des sentiers menant au site archéologique de Glanum ou aux crêtes des Alpilles, offrant des points de vue sur les oliveraies et les falaises calcaires.
- Maussane-les-Alpilles : Ce village allie nature et douceur de vivre, avec des sentiers qui traversent les oliveraies et montent vers les contreforts du massif.
- Avignon : Bordée par le Rhône, la cité des Papes renferme de fabuleux trésors à découvrir en randonnée en famille ou entre amis.
- Nîmes : Visite historique ou culturelle à pied dans le centre-ville, ou virée à vélo dans les vignobles en famille, Nîmes a tout pour plaire à ses visiteurs.

Les Fruits de la Terre : Figues et Olives
Outre la vigne, la région est également propice à la culture d'autres fruits emblématiques de la Méditerranée.
- La Figue des Solliès : Au Domaine Kennel, la variété "Violette de Solliès" est cultivée en bio et biodynamie, témoignant de l'importance de ce fruit dans l'agriculture locale.
- Les Oliviers : On trouve des oliviers en abondance, notamment au Domaine de Lauzières où 25 hectares leur sont dédiés, ainsi qu'à Fontvieille ou à Maussane-les-Alpilles, où les sentiers serpentent entre les oliveraies.
Le Ruisseau Figuier, qu'il soit un lieu réel ou une évocation, sert de porte d'entrée à un territoire d'une richesse inépuisable, où chaque sentier, chaque domaine viticole, chaque vestige historique raconte une histoire de la Provence authentique.