L'ail, Allium sativum, est une vivace aromatique de la famille des alliacées, dont on consomme le bulbe comme condiment. Originaire d’Asie centrale, mais inconnu à l’état sauvage, l’ail forme un bulbe divisé en caïeux. Il porte de longues feuilles plates vert grisâtre partant de la base. Ses fleurs globuleuses sont blanc rosé. L'ail est réputé pour ses mille et une vertus, il est riche en sels menéraux, en soufre, en iode et en silice, l’ail est un excellent remède des troubles circulatoires. Il est aussi antiseptique, stimulant et hypotenseur. Présente dans les ragoûts, le pesto ou les pommes de terre sarladaises ou encore mixé avec les légumes de votre plancha, l’ail (Allium sativum) est un ingrédient incontournable dans nos cuisines.

Les exigences du sol et l'exposition pour une culture réussie
Dans quel sol cultiver l'ail ? L'ail apprécie un sol argilo-siliceux ou argilo-calcaire, il s'accommode de toute terre bien drainée. Ne plantez pas l'ail dans une terre fumée récemment, le dernier apport doit dater au moins d'un an. Il est recommandé de faire pousser l'ail dans un sol riche, bien drainé et bien exposé. Avant la plantation, préparez le sol en enfouissant du compost ou du fumier bien décomposé. L'ail pousse dans tous les sols pourvu qu’ils soient aérés et non sableux. Il se contente de reliquats de fumure des cultures précédentes. Une fumure de fond, pourvue en potasse et en soufre mais non azotée, peut néanmoins être profitable.
N.B. : évitez de planter l'ail dans une terre lourde, retenant l'eau, le bulbe aurait plus de risques de pourrir. Dans les terrains qui se ressuient mal, on plante sur des billons d’une dizaine de centimètres de hauteur. L'ail peut se cultiver en toutes régions. Il supporte bien le froid et pousse bien dans tous les types de sol. Il craint seulement ceux longtemps humides en hiver. Pour une culture en pleine terre, choisissez un endroit ensoleillé. Un bêchage à l’automne et un griffage du sol juste avant la plantation suffisent pour préparer le sol.
Choisir le bon moment et les variétés adaptées
Quand planter l'ail ? Plantez d’octobre à décembre les variétés d’automne, ainsi que les variétés de printemps ou alternatives dans le Midi. Ailleurs, plantez-les dès décembre (Sud-Est, Sud-Ouest) ou de la mi-février à fin mars en climat moins clément. Les variétés d'automne regroupent l'ail dit blanc et l'ail violet. Ils sont de moins longue conservation, sensibles à l’humidité excessive mais résistent au froid. Les variétés de printemps regroupent l'ail rose et l'ail rouge, elles sont dites "alternatives" car pouvant être plantées à l’automne ou au printemps en climat doux. Elles se conservent mieux que les variétés d'automne, mais leur productivité est plus faible.
L'ail blanc, très populaire, se décline sous de nombreuses variétés différentes comme "Messidrôme", "Thermidrôme", etc. Il produit de gros bulbes, composés de nombreux caïeux blancs de grande taille. L'ail violet compte différentes variétés telles que "Germidour", "Primor", etc. Il offre, comme l’ail blanc, un très bon rendement avec toutefois une capacité de conservation supérieure. L'ail rose se plante de février à mars et résiste mieux à l’humidité que l’ail d’automne. Il offre des bulbes et des caïeux plus petits que l’ail d’automne, mais de meilleure conservation : de 9 mois à presque 1 année.
Techniques de plantation : caïeux et bulbilles
La multiplication de l’ail se fait en plantant des plants d’ail, il suffit de diviser une tête complète pour récupérer les caïeux. Formez de légers sillons de 3-4 cm de profondeur. Plantez uniquement les caïeux situés sur le pourtour du bulbe, pointe en l'air, en les espaçant de 10-12 cm. Disposez-les en quinconce. Les caïeux se plantent avec les doigts en les enfonçant dans le sol. La tête doit "voir le jardinier", c’est-à dire pointer hors du sol. Comptez un écartement de 10cm entre les plants, 20 cm entre les lignes.
5 conseils pour bien planter l'ail cet automne #potager
Une méthode alternative consiste à utiliser les bulbilles. Si vous laissez la hampe florale grandir et mûrir, vous pourrez, à peu près au même moment de la récolte du bulbe souterrain, récolter de minuscules « bulbilles » en forme de larme tout en haut de la hampe. Chaque bulbille est comme une petite gousse d'ail, et il se développera si vous le plantez au moment opportun. Semer les bulbilles d’ail réduit la propagation de maladies et de ravageurs qui passent par les caïeux ou le sol. Comme la bulbille est très petite, sa pousse sera très petite aussi et ressemblera à une seule feuille de gazon. Il est très facile de les perdre dans la mauvaise herbe, c’est pourquoi nous suggérons de les planter en pots la première année.
La culture en pot : une solution accessible
La plantation d'ail en pot d'extérieur fonctionne parfaitement bien. Choisissez une jardinière sans réserve d’eau. Remplissez-la d’un mélange de tourbe et de terreau. Placez-la sur le rebord d’une fenêtre exposée au soleil. Plantez les caïeux à 10-15 cm d’écart et 2,5 cm de profondeur, avec les extrémités pointant vers le haut. Toutefois, vous devez la laisser à l’extérieur jusqu’à fin janvier. En effet, les bulbes puis les jeunes plantes ont besoin d’une période de froid pour se développer. Il est possible de rentrer la jardinière dans la maison, cela permet de hâter la récolte de quelques jours.
Entretien, rotation des cultures et associations bénéfiques
Ne cultivez pas l'ail sur la même parcelle avant 5 ans. Avant, cultivez des légumes fruits, et après, des légumes grains. Évitez de cultiver sur cette même parcelle des oignons ou des poireaux, sensibles aux mêmes maladies et nuisibles que l'ail. Une précaution indispensable : éviter de planter dans un sol qui a porté l’année précédente une plante de la même famille.
L’ail protège les fruitiers et les rosiers. Comme toutes les alliacées, l’ail nuit à la croissance des pois et des haricots. Il apprécie en revanche la compagnie des tomates, des betteraves, de la camomille, des carottes, des céleris, des fraisiers, ou encore des laitues. Une fois planté, l’ail ne nécessite pas de soins spécifiques. Quelques binages pour éliminer les mauvaises herbes et, si le mois de mai est sec, des arrosages au moment de la formation des bulbes suffiront à obtenir une culture pleine de vigueur.
Gestion des maladies et ravageurs
La culture de l’ail est considérée d’une manière générale comme peu sensible aux maladies et ravageurs. Cependant, la pourriture blanche : ce champignon fait pourrir les bulbes et jaunir les feuilles jusqu’à la mort. Malheureusement, aucun traitement ne peut actuellement en venir à bout. La rouille du poireau, une autre maladie cryptogamique, se manifeste par des points orange sur les feuilles. Les cas bénins ne menacent pas forcément la récolte, mais il vaut mieux enlever rapidement toutes les feuilles infestées dès l’apparition des symptômes. La rouille du poireau se rencontre plus souvent lors de longues périodes d’humidité, sur des plants trop rapprochés.
Récolte et conservation : les étapes clés
Nettoyez bien le sol pendant toute la durée de la culture jusqu'en juillet. Quand la verdure fane, c'est le signe des récoltes. Les bulbes d’aulx eux-mêmes devraient être prêts en début d’été. Les bulbes sont prêts à être stockés lorsque leur peau est sèche et a l’aspect du papier. Récoltez à pleine maturité, par temps sec, de préférence l’après-midi. N’arrosez pas votre culture d’ail pendant le dernier mois avant la récolte.

Il suffit de laisser les bulbes sécher à l’ombre quelques jours (le soleil provoque des brûlures et diminue la conservation). Pour une longue conservation, maintenez les têtes d’ail bien sèches à l’abri de la lumière et dans une pièce bien ventilée et fraîche. En botte, en tresse, en filet, ou encore en cagette, l’ail se garde de différentes manières. Surveillez votre récolte et retirez les aulx présentant des signes de moisissures.
Variétés spécialisées et ail d'ornement
Les bulbes d’ails se partagent entre ail à cou dur, de type rocambole, et à cou tendre. Les premiers produisent un épi floral. Les bulbes à cou dur sont plus résistants que leurs comparses tendres, et seront plus indiqués pour les zones à hiver froid. Ces aulx possèdent souvent un goût plus fort et plus complexe. Les ails à cou tendre poussent plus volontiers sous climat tempéré. Les bulbes ont une saveur plus douce et peuvent être conservés pendant des mois.
Concernant l'ail d'ornement, depuis quelques années maintenant, des inflorescences globuleuses violettes, améthystes, pourpres ou rose magenta mais aussi blanches, se dressent au sein des massifs de fleurs dans les parcs publics comme dans les jardins des particuliers. Ils font merveille en association avec des plantes au feuillage argenté, dans les jardins sur graviers en sols pauvres, ou autour de rosiers, d'hostas, de graminées ou d'arbustes printaniers. Les bulbes d'ail d'ornement s'enrichissent naturellement de petites bulbilles qui se forment autour du bulbe initial. En début, milieu ou fin d'automne, déterrez le bulbe et divisez-le en détachant les bulbilles que vous devrez replanter immédiatement. Vous choisirez un emplacement ensoleillé, voire mi-ombragé pour certaines espèces ou dans les régions au soleil brûlant, abrité des vents forts, dans un sol plutôt léger, pas trop riche donc peu fertile, tout en étant parfaitement drainé.