Le lierre, connu scientifiquement sous le nom de Hedera helix L., est une liane arborescente à feuilles persistantes appartenant à la vaste famille des Araliaceae. Il est également désigné par divers noms communs tels que « rondette », « herbe de Bacchus » ou encore « herbe à dents ». Cette plante est un arbuste qui peut atteindre jusqu'à 20 mètres de hauteur, adoptant un port sarmenteux, couché-radicant, ou grimpant à l'aide de crampons sur un support, ou encore croissant librement.

Bien que le lierre ait souffert d'une réputation tenace et souvent négative depuis l'Antiquité, le décrivant comme un « bourreau des arbres » capable de ruiner les vieux murs, de fissurer les maisons, de sucer la sève de son hôte ou de soulever des pierres tombales dans les cimetières, cette perception est largement erronée. En réalité, ses racines superficielles ne lui permettent pas de traverser l'écorce des arbres. Il ne soutire pas non plus la sève de son support, mais s'en sert uniquement comme tuteur.
Description Botanique Détaillée
Le lierre est caractérisé par ses feuilles persistantes, coriaces et luisantes, qui présentent un polymorphisme remarquable. Celles des rameaux stériles sont palmatinervées, arborant 3 à 5 lobes triangulaires, tandis que celles des rameaux fleuris sont entières, ovales ou rhomboïdales, obtuses ou acuminées. Ces feuilles sont alternes et coriaces, et leur durée de vie est d'environ trois ans avant d'être remplacées. Elles conservent leur couleur verte tout au long de l'année. Les feuilles plus jeunes se distinguent par leurs trois ou cinq lobes découpés, alors que les plus âgées sont unilobées.
La plante est pubescente à glabre, selon les individus et les conditions de croissance. Ses fleurs, de couleur vert jaunâtre, sont regroupées en ombelles terminales subsphériques et multiflores. Elles sont composées de 5 pétales réfléchis et pubescents. Ces fleurs suivent la « règle des cinq », présentant 5 sépales, 5 pétales et 5 étamines. La floraison du lierre est particulièrement tardive, s'étendant de fin septembre à novembre, à un moment où la majorité des autres plantes ont déjà achevé leur cycle floral. Cette particularité est due à son cycle de développement décalé, héritage de l'ère tertiaire, il y a des millions d'années. Le lierre était déjà présent à cette époque et a survécu aux ères glaciaires en maintenant son rythme de vie. Les fleurs mesurent de 15 à 22 mm de long, avec des pédicelles d'environ 1 mm. Le calice, long de 5 à 6,5 mm, est doté de dents triangulaires aiguës ne dépassant pas 2 mm de long.

Les fleurs peuvent être mâles, femelles ou bisexuées, faisant du lierre une plante polygame. Après la floraison, le lierre produit des fruits globuleux, d'un diamètre d'environ 8 mm. Ces fruits arrivent à maturité au début du printemps, entre mars et mai, et adoptent alors une couleur noire. Il est important de noter qu'ils sont très toxiques pour l'être humain en cas de consommation excessive.
Le lierre possède également des « racines » aériennes, appelées crampons, dont la fonction principale n'est pas la nutrition de la plante mais uniquement la fixation au support. Ces crampons ont la capacité de se transformer en racines véritables lorsque le support devient humide, leur permettant ainsi d'absorber l'humidité présente.
Le lierre, ses avantages...
La Famille des Araliaceae
La famille des Araliaceae, à laquelle appartient le lierre, est presque cosmopolite, mais sa concentration est particulièrement notable en Indo-Malaisie et en Amérique tropicale. En dehors des régions tropicales, les Araliaceae sont moins nombreuses. Le lierre (Hedera helix) est d'ailleurs le seul représentant de cette famille originaire d'Europe.
Les Araliaceae se caractérisent généralement par des feuilles alternes, plus rarement opposées, souvent de grande taille et regroupées à l'extrémité des rameaux. Elles peuvent être simples ou composées, et dans ce cas, elles sont palmatilobées, palmées composées, ou mono à tripennées. La base du pétiole est fréquemment élargie et plus ou moins engainante, et les stipules sont soit absentes, soit réduites, formant alors une ligule parfois membraneuse autour du pétiole.
L'anatomie de ces plantes révèle la présence de canaux sécréteurs constitués de deux rangées de cellules sécrétrices situées dans le parenchyme cortical ou à la périphérie de la moelle. On y trouve également des fibres péricycliques, ainsi que des macles ou des prismes d'oxalate de calcium.
Les inflorescences sont terminales ou pseudo-latérales, et prennent des formes ombelliformes, qu'elles soient simples ou composées, ou encore des ombelles racèmiformes ou paniculiformes. Plus rarement, elles se présentent sous forme de racèmes ou sont réduites à des fleurs solitaires. Les fleurs sont actinomorphes, de petite taille, et souvent de couleur verdâtre ou blanchâtre. Elles peuvent être bisexuées ou unisexuées, la plante étant alors dioïque ou polygame. Le pédicelle est fréquemment articulé juste en dessous de l'ovaire. Le calice est très réduit, voire absent, formant un anneau parfois ondulé ou muni de 4 à 5 dents courtes, et il est soudé à l'ovaire. Il y a généralement 5 pétales, mais parfois de 3 à 20, qui sont libres ou partiellement soudés, généralement valvaires, plus rarement imbriqués.
Les étamines sont libres, en nombre égal aux pétales, et alternent avec ceux-ci. Elles sont attachées sur un disque épigyne, souvent charnu, situé au sommet de l'ovaire. Les anthères sont versatiles, bi- ou tétraloculaires, et présentent une déhiscence longitudinale et introrse. L'ovaire est infère, exceptionnellement supère, et surmonté par 5 ou 10 styles, parfois absents, libres ou soudés, avec des stigmates terminaux, décurrents ou sessiles et radiés. Le fruit des Araliaceae est une drupe ou une baie, avec un exocarpe charnu, ou encore des pyrènes cartilagineux ou membraneux.
Cette famille présente des liens avec les Cornaceae et les Apiaceae. Différents caractères permettent de distinguer les genres les plus importants. Par exemple, Kalopanax, Fatsia, Hedera et Tetrapanax ont tous des feuilles simples, bien que souvent profondément lobées. En revanche, Aralia, Polyscias, Dizygotheca, Acanthopanax et Panax ont tous des feuilles composées. Dans ce dernier groupe, Aralia et Polyscias ont des feuilles pennées, tandis que les autres genres possèdent des feuilles palmées.
Certaines Araliaceae sont utiles pour l'homme. Panax ginseng, que l'on trouve du Népal à la Corée, est une herbe vivace dont l'épaisse racine fusiforme a été considérée par les Chinois, pendant des siècles, comme un remède universel. Cette racine semblant plus efficace chez les plantes sauvages que chez les plantes cultivées, l'espèce est devenue extrêmement rare dans la nature. Tetrapanax papyrifer, originaire de Formose et cultivé en Chine, est un arbuste au port de palmier. Des extraits médicinaux ont également été obtenus à partir de plusieurs espèces, dont Aralia cordata et A. racemosa. Enfin, certaines Araliaceae au feuillage élégant sont cultivées comme plantes d'appartement ou pour la décoration des jardins dans les régions tropicales, comme les Fatsia et les Aralia. Parmi les plus répandues figurent le lierre (Hedera helix) et H. colchica.

Distribution et Habitat
Le lierre est une plante très commune, notamment dans les bois de basse et moyenne altitude. Sa distribution s'étend à travers l'Europe et l'Asie, et il est présent partout en France, y compris en Corse. C'est une plante des régions tempérées, avec des affinités plutôt atlantiques et méditerranéennes.
Il s'adapte à diverses conditions d'exposition, poussant aussi bien à l'ombre qu'au soleil. Cependant, pour fleurir abondamment, il a besoin de beaucoup de lumière, car les fleurs ne se développent que sur les rameaux bien exposés au soleil. Le lierre préfère les sols calcaires, frais mais non gorgés d'eau, ce qui lui permet de s'épanouir dans une large gamme d'environnements.
Rôle Écologique et Importance
Contrairement à sa mauvaise réputation, le lierre joue un rôle écologique crucial, constituant une véritable aubaine pour la faune, en particulier à des périodes où les ressources se font rares.
Grâce à sa floraison automnale tardive, le lierre nourrit de nombreux insectes butineurs à la fin de l'automne, offrant une source abondante de pollen et de nectar à un moment où la plupart des autres plantes ont terminé leur cycle floral. De plus, étant le premier à produire des fruits dès le mois de mars, il permet aux premiers oiseaux migrateurs de se repaître de ses baies avant d'installer leur nid entre ses feuilles accueillantes. De nombreuses espèces d'oiseaux cohabitent et se reproduisent dans le couvert dense du lierre, trouvant là un abri sûr et des ressources alimentaires. Au-delà des oiseaux, quelques mammifères peuvent également y trouver refuge.
Il est à noter que le lierre est une plante indicatrice d'un excès de matière organique végétale dans le sol, et donc d'une carence en matière organique animale. Il est parfois nécessaire de limiter son développement, car si le lierre atteint le houppier de son arbre support, une concurrence pour la lumière peut s'installer, bien que cela ne soit pas toujours préjudiciable à l'arbre.

Statuts de Protection et Réglementation
Les informations concernant la protection des espèces, telles que celles fournies par InfoFlora, sont reprises avec le plus grand soin à partir des lois cantonales. Il est cependant important de noter que dans de nombreux cas, les espèces mentionnées ne peuvent être adoptées sans une interprétation de la taxonomie ou de la nomenclature. De plus, la signification précise des catégories telles que « protection totale » et « protection partielle » varie considérablement d'un canton à l'autre. InfoFlora ne peut donc garantir l'exactitude et l'exhaustivité de toutes les informations sur le statut de protection.
Il convient de mentionner des cas comme Glechoma hederacea L. subsp. hederacea, également connu sous Glechoma hederacea L. s.str., dont la classification taxonomique a évolué au fil des publications telles que Flora alpina 2004, Flora Helvetica 2001, 2012, 2018 et l'Index synonymique 1996. Des statuts comme « Éteint au niveau mondial (Extinct) » ou « Éteint au niveau régional (Extinct) » sont des classifications qui s'appliquent à d'autres espèces et ne concernent pas le lierre commun (Hedera helix).
Il est important de souligner que les statuts de protection, la réglementation et la sauvegarde des espèces traitées sur certains sites, comme celui initialement créé pour la flore du département des Hautes-Alpes (Région PACA), sont traités séparément. D'autres rubriques peuvent aborder le reste de la France.
Ces informations soulignent la complexité de la gestion et de la conservation des espèces végétales, nécessitant une attention particulière aux détails taxonomiques et aux législations spécifiques à chaque région.