Le Lierre Collant : Un Guide Complet pour Comprendre et Traiter ce Phénomène

Le lierre, qu'il soit d'intérieur ou d'extérieur, est une plante fascinante, souvent appréciée pour sa capacité à décorer les espaces de vie ou à habiller les façades. Cependant, il arrive parfois que cette plante se mette à "coller", un phénomène qui peut intriguer et inquiéter les propriétaires. Ce caractère collant est presque toujours le signe d'une infestation parasitaire, qu'il est crucial de comprendre et de traiter rapidement.

Lierre en pot avec des feuilles collantes

Identifier la cause du lierre collant : un signe d'alerte

Lorsque vous remarquez que votre lierre devient collant, et que la surface autour de lui, comme l'appui de fenêtre, colle jusqu'à 10 cm, il est impératif de prendre des mesures. La présence d'une matière blanche, parfois décrite comme de petites gouttes qui semblent en sortir des tiges et des feuilles, est également un indicateur clair. Beaucoup se demandent s'il s'agit d'œufs de parasites ou même d'œufs de mouches. En réalité, une plante qui colle est à 100% infestée par un parasite. Il faut agir vite avant qu'il ne soit trop tard.

Ce caractère collant est dû à une substance appelée "miellat", produite par certains parasites qui se nourrissent de la sève de la plante. Le miellat est un liquide sucré et visqueux qui se dépose sur les feuilles et les surfaces environnantes. Pour sauver votre plante, il faut d'abord savoir quelle colonie se développe dessus. Si rien ne paraît anormal à part cette substance collante, il est recommandé de regarder sous les feuilles, les tiges ou le tronc, car c’est là que ces minuscules bêtes se cachent.

Le lierre : utile ou nuisible ?

Les principaux coupables : Cochenilles, Pucerons et Aleurodes

Trois types de parasites sont fréquemment responsables du miellat collant sur le lierre : les cochenilles, les pucerons et les aleurodes. Chacun a ses propres caractéristiques et requiert des méthodes de traitement spécifiques.

Les Cochenilles

Les cochenilles laissent des traces caractéristiques et peuvent se développer très rapidement. Elles sont cependant très discrètes au début de l'invasion. Si vous avez des cochenilles, il est conseillé de réagir très rapidement. Vous trouverez des amas blancs ouatés, cotonneux, ou des traces qui pourraient ressembler à de vilaines taches de calcaire un peu épaisses dans le cas d’un début d’invasion.

Cochenilles Carapaces

Les cochenilles carapaces sont un peu plus difficiles à détecter car elles ne ressemblent presque pas à un insecte : pas de pattes, pas d’antennes, elles sont lisses et de couleur grise/brune. Leur camouflage est presque parfait. Elles se déplacent seulement au stade de larves, où elles sont indétectables, puis se fixent sur une tige où elles passent le reste de leur vie. Pour être sûr de ne pas les confondre avec une cicatrice ou une boursouflure de la plante, donnez un petit coup sur ce qui ressemble à une bosse.

Traitements contre les Cochenilles

Il existe des produits tout prêts vendus en jardinerie ou en ligne qui sont efficaces et brutaux. Il est recommandé de les utiliser le soir pour ne pas exposer la plante au soleil immédiatement après traitement, et de manipuler le produit avec précaution, dans la douche par exemple. Le Neudorff Anticochenilles est un produit qui a très bien fonctionné après plusieurs pulvérisations réparties en une semaine.

Il est important de noter que les cochenilles ont besoin d’un climat assez chaud pour vivre et pullulent souvent dans les serres où les plantes grandissent avant d’arriver en jardinerie. Il est donc recommandé d'isoler toujours une nouvelle plante pendant quelques semaines et de la rempoter le plus tôt possible au cas où la terre abrite un intrus. Certaines personnes peuvent passer des mois à se débarrasser des cochenilles, c’est impressionnant.

Les Pucerons

Les pucerons s’attaquent à toutes les plantes. Ils peuvent être plus difficiles à trouver en raison de leur petite taille et de leur couleur camouflage. Les pucerons sont plus faciles à éliminer et les traitements naturels sont également efficaces.

Traitements contre les Pucerons

Pour un début d’invasion, vous pouvez juste passer votre plante sous l’eau du pommeau de douche pour enlever les pucerons. Faire pousser des plantes que les pucerons n’aiment pas à proximité est une autre solution. Certaines plantes sont réputées pour éloigner les pucerons comme la menthe, le thym, la lavande, la sarriette et l’œillet d’Inde. Un mélange d’eau et de savon noir naturel est très efficace pour éliminer les pucerons. Le purin d’ortie marche mieux sur les pucerons.

Les Aleurodes (Mouches blanches)

Les aleurodes sont de la même famille que les pucerons et sont également des piqueurs de feuilles. Les adultes résistent assez bien aux insecticides du commerce. D’ailleurs ces insecticides sont inefficaces sur les œufs d’aleurodes car ils possèdent une pellicule cireuse qui les protègent.

Traitements contre les Aleurodes

Une autre solution existe pour piéger les adultes, c’est l’utilisation de pièges collants de couleur jaune. La couleur les attire et ils viennent se coller dessus. C’est une manière d’en venir à bout à condition que toutes les bêtes adultes tombent dans ces pièges. J’admets que c’est une solution peu esthétique mais elle marche bien. En revanche, attention, les abeilles, coccinelles, etc. peuvent également se coller dessus !

Piège collant jaune pour aleurodes

La Fumagine : une conséquence du miellat

Ce champignon se développe sur les feuilles à partir du miellat expulsé par les cochenilles, pucerons et aleurodes. Vous devrez nettoyer les feuilles avec un coton ou un chiffon pour retirer la fumagine et le miellat. Il n’y a pas de remède miracle. La fumagine peut envahir une plante, et les fourmis aussi, car elles sont attirées par le miellat.

Feuilles de lierre atteintes de fumagine

Précautions et conseils pour le traitement

Pour chaque produit pulvérisé sur vos plantes, attendez la fin de journée pour agir. Attention aux plantes fragiles qui peuvent mal supporter le traitement à l’huile, comme les plantes translucides, les feuillages duveteux ou bien les cactus et fougères.

Il est aussi possible de pulvériser un mélange d'eau, d'huile et de quelques gouttes de produit vaisselle pour émulsifier l'huile. Cela permet de déposer sur la plante une légère couche qui empêche les insectes piqueurs de tenir.

L'importance de l'entretien préventif du lierre

En tant que passionnée de jardinage, il est essentiel de prendre soin de chaque plante. Le lierre ne fait pas exception à cette règle. En fait, l'entretien régulier du lierre est crucial pour assurer sa santé et sa beauté et prévenir l'apparition de parasites.

La taille du lierre

La taille régulière du lierre est essentielle pour maintenir sa forme, sa santé et sa beauté. La taille de régénération des lianes peut se faire en mars, en coupant les tiges de moitié.

L'arrosage du lierre

L'arrosage est un aspect essentiel de l'entretien du lierre, car il influence directement sa santé et sa croissance. Le lierre a besoin d'un arrosage régulier pour rester en bonne santé. Cependant, il est important de ne pas trop arroser la plante, car cela peut entraîner la pourriture des racines. En général, il est recommandé d'arroser le lierre environ une fois par semaine. Cependant, il est important de vérifier régulièrement l'humidité du sol avant d'arroser. Insérez votre doigt dans le sol jusqu'à environ 5 centimètres de profondeur. Lors de l'arrosage, assurez-vous de mouiller tout le sol autour de la plante. Cela permettra aux racines du lierre de s'étendre et de puiser l'eau dont elles ont besoin.

Erreurs courantes d'arrosage à éviter

Lors de l'arrosage du lierre, il est important d'éviter certaines erreurs courantes. Tout d'abord, évitez d'arroser la plante de manière excessive. Un excès d'eau peut entraîner la pourriture des racines et affaiblir la plante. Évitez également d'arroser le lierre de manière insuffisante. Un manque d'eau peut entraîner le flétrissement des feuilles et le dessèchement de la plante. Enfin, évitez d'arroser le lierre pendant les heures les plus chaudes de la journée. L'eau peut s'évaporer rapidement sous le soleil intense, ce qui réduit l'efficacité de l'arrosage.

Signes de sous-arrosage ou de sur-arrosage

Il est important de surveiller attentivement les signes de sous-arrosage ou de sur-arrosage du lierre. Un lierre sous-arrosé présentera des feuilles flétries et sèches. Les feuilles peuvent également devenir jaunes ou brunes et tomber prématurément. D'autre part, un lierre sur-arrosé peut présenter des feuilles molles et flasques. Les racines peuvent également devenir pourries et dégager une odeur désagréable. Assurez-vous de fournir à la plante la quantité d'eau appropriée pour maintenir son sol humide, mais pas détrempé.

La fertilisation du lierre

Le lierre a besoin de nutriments pour maintenir sa santé et sa croissance. Les principaux nutriments dont le lierre a besoin sont l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K).

Types d'engrais et application

Pour fertiliser le lierre, vous pouvez utiliser des engrais organiques ou des engrais chimiques. Les engrais organiques sont fabriqués à partir de matières végétales ou animales et se décomposent lentement, libérant ainsi les nutriments progressivement. Les engrais chimiques, quant à eux, sont fabriqués à partir de sels minéraux et sont rapidement disponibles pour la plante. Ils peuvent fournir des nutriments rapidement, mais peuvent également brûler les racines du lierre s'ils sont utilisés en excès. Lors de l'application de l'engrais, il est important de l'étaler uniformément autour de la base du lierre, en évitant de le mettre en contact direct avec les feuilles. Un engrais plante verte, une fois par mois de mars à septembre, aide au bon développement des tiges qui peuvent atteindre plus de 2 mètres de long.

Erreurs courantes de fertilisation à éviter

Lors de la fertilisation du lierre, il est important d'éviter certaines erreurs courantes. Tout d'abord, évitez de surdoser l'engrais. Un excès d'engrais peut brûler les racines du lierre et compromettre sa santé. Évitez également de fertiliser le lierre pendant les périodes de dormance, comme l'hiver. Pendant cette période, la plante n'est pas active et n'a pas besoin de nutriments supplémentaires. Enfin, évitez d'utiliser des engrais contenant des produits chimiques nocifs pour l'environnement.

Le lierre : une plante polyvalente et parfois mal comprise

L'Hedera, aussi commun qu’il puisse paraître, est en réalité assez méconnu. Le lierre est une plante rustique qui pousse en extérieur, mais les spécimens à petites feuilles sont adaptés à la culture en intérieur. Il existe de nombreuses variétés aux coloris panachés de blanc, d’argent et de jaune. Dans une suspension, le lierre offre une jolie décoration "jungle". Le végétal demande un terreau humide (mais pas détrempé) de mars à octobre ; de novembre à février, laissez sécher le terreau entre deux apports d’eau et brumisez le feuillage. Les lierres aux feuillages panachés ont besoin d’une exposition lumineuse mais sans soleil direct. Ceux aux feuillages verts préfèrent l’ombre.

Diversité des feuilles de lierre

Le lierre grimpant : ses mystères d'accrochage

Le lierre est bien connu en tant que plante grimpante avec sa remarquable facilité à s’accrocher à des murs ou des parois rocheuses de dizaines de mètres de hauteur ou à escalader les grands arbres pour finir par s’étaler dans leur cime et y fleurir une fois la lumière atteinte. Le lierre s’accroche à son support par des sortes de racines courtes serrées et raides, des crampons en brosses. Ainsi commence le processus d’accrochage du lierre, un peu au hasard des rencontres avec le support.

Le processus d'adhésion

Dès 1679, l’observation microscopique apporte un élément supplémentaire pour comprendre le fonctionnement de ce dispositif : la présence sur ces racines des poils racinaires microscopiques, concentrés vers la pointe de celles-ci, comme chez toutes les racines de plantes. Au départ, les jeunes pousses sont libres et c’est au cours de leur croissance qu’elles vont peut-être entrer en contact avec un support physique.

Le contact initial qui va déclencher le processus constitue la première étape. Il y a deux hypothèses quant aux auteurs de ce contact initial : soit il s’agit de la racine la plus longue d’un paquet de crampons, vu qu’elles pointent vers le bas et qu’elles sont plus ou moins inégales, ou soit ce sont les poils racinaires déjà présents dès l’initiation des racines, vu qu’ils dépassent un peu au bout des racines vers leur extrémité.

La seconde phase, initiée par le contact, consiste en une transformation morphologique des racines qui vont s’adapter au support imprévisible. La partie de la racine entrée en contact avec le support s’élargit, ce qui augmente la surface de fixation et va commencer à tirer les autres racines adjacentes vers le support, lesquelles vont pouvoir entreprendre à leur tour le même processus une fois entrées en contact.

La troisième phase, probablement initiée dès la prise de contact, révèle le point fort du lierre en tant que plante grimpante : une adhésion chimique puissante et durable. Quand on observe les racines crampons déjà fixées, on note qu’elles sont réunies entre elles par des fils de colle qui émergent des poils racinaires. Ces derniers portent à leurs extrémités des excroissances rondes (au microscope) qui semblent être le site de production de la « colle » forte qui va les souder au support. Pour forte qu’elle soit, cette colle ne permet néanmoins pas tout : le lierre (contrairement à certains figuiers grimpeurs) ne peut s’accrocher à une vitre, trop lisse ; il est capable de se fixer sur des bâches réfléchissantes en Mylar (connu sous l’acronyme PET), sorte de plastique fin et très lisse.

La phase finale voit une transformation physique profonde des poils racinaires eux-mêmes suite à un dessèchement progressif en même temps qu’ils se durcissent. Les parois de ces poils se déforment par des modifications de répartition de microfibrilles de cellulose qui se réorganisent sous l’effet de la perte d’eau progressive. Sur une surface lisse, les poils racinaires orientés perpendiculairement à la racine libèrent la colle et quand ils atteignent leur longueur maximale, ils s’aplatissent tandis que la colle libérée se durcit. Les bords et la pointe se recourbent vers le haut, ce qui crée une tension qui tire sur ces poils. Sur une surface rugueuse avec des aspérités et des creux, les poils s’insinuent dans des fissures et s’y collent ; ensuite, toujours sous l’effet du dessèchement, ils se vrillent et s’aplatissent, ce qui accentue leur tension et renforce leur ancrage dans la cavité investie. Cette transformation morphologique des racines du lierre renforce l’accrochage final.

Des études récentes ont révélé le secret de la super glu des racines du lierre : la substance excrétée contient des polysaccharides et des nanoparticules sphériques de 60 à 85 nanomètres de diamètre ! Comme ces particules peuvent disperser la lumière, elles ont attiré l’attention en cosmétique comme source d’écran solaire en évitant de recourir à des nanoparticules métalliques potentiellement nocives.

Le lierre : réputation de "bourreau des arbres" ?

Une réputation de "bourreau des arbres" est parfois injustifiée. Le lierre est une plante ligneuse, rampante ou grimpante. Il ne tire aucune concurrence sur la pollinisation. Dans une certaine mesure, on pourrait même parler de symbiose. Il protège le tronc des arbres du froid et des intempéries, surtout en été. Comme couvre-sol, son usage présente également un grand intérêt. Le lierre n'est pas un danger pour votre façade, votre terrain ou vos arbres.

Le lierre pousse sur les terrains légers, frais ou même calcaires. On le trouve sous toutes les orientations : ensoleillées, mi-ombre ou ombre.

La toxicité du lierre

Les baies du lierre, noires et alternes, apparaissent entre août et septembre. Elles sont toxiques pour l'homme, tout comme les feuilles. L'utilisation du lierre est strictement réservée aux herboristes avertis.

Baies de lierre

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