Le lierre commun, scientifiquement connu sous le nom d'Hedera helix, est une liane remarquablement répandue en Europe, une des rares à pousser spontanément sur ce continent et en Asie Mineure. Son ancêtre lointain est sans doute d'origine tropicale, mais au fil des millénaires, il s'est adapté pour devenir un élément caractéristique des forêts de feuillus à feuilles caduques d'Europe centrale, des plaines jusqu'à l'étage submontagnard. Considérée comme une espèce océanique, son centre de répartition se trouve dans les régions d'Europe centrale qui bénéficient d'hivers doux et humides. Son aire de répartition naturelle s'étend de manière continue depuis la péninsule ibérique, l'Italie, la Grèce et la Turquie, remontant vers le nord jusqu'aux îles Britanniques et au sud-est de la Scandinavie, et sa frontière orientale s'étire des pays baltes à la mer Noire, en passant par les Carpates.
Malgré sa présence ubiquitaire et ses nombreux atouts, le lierre est souvent sujet à de nombreux préjugés et idées reçues. Il est fréquemment stigmatisé et peu apprécié, alors qu'il recèle des avantages considérables tant sur le plan de la biodiversité que dans le contexte des changements climatiques. Que ce soit comme plante grimpante ornant les façades et les troncs d'arbres, ou comme couvre-sol efficace empêchant la croissance des adventices, le lierre est une plante qui mérite d'être redécouverte pour sa résilience, son rôle écologique et sa capacité à transformer un espace. Cet article vise à démystifier le lierre, à explorer ses caractéristiques, ses bienfaits pour l'environnement et l'importance de son entretien pour une cohabitation harmonieuse.
Identification et Caractéristiques Botaniques d'Hedera helix

Le lierre (Hedera helix) est tout sauf une plante ordinaire. Appartenant à la famille des Araliacées, il se distingue par un ensemble de caractéristiques botaniques uniques. C'est une liane dont les tiges sont ligneuses et peuvent adopter une forme grimpante ou rampante, conférant à la plante une grande polyvalence. Certains lierres peuvent atteindre des hauteurs impressionnantes, grimpant jusqu'à 30 mètres et s'étendant sur 100 mètres de longueur. Pour s'accrocher à son support, qu'il s'agisse d'un mur ou d'un tronc d'arbre, le lierre produit des poils crampons dans ses entre-nœuds, qui agissent tels des ventouses, lui permettant de se fixer solidement. Les racines adhérentes du lierre utilisent le tronc uniquement comme support pour grimper et comme soutien. Ces racines sont exclusivement formées au cours des premières années (forme juvénile).
Ses feuilles sont persistantes, d'une couleur vert foncé brillante sur le dessus, avec des nervures aux tons plus clairs. Une particularité notable du lierre grimpant est son dimorphisme foliaire, c'est-à-dire la présence de deux types de feuilles distincts. Sur les rameaux stériles, les feuilles sont divisées en trois à cinq lobes, tandis que sur les rameaux fertiles, elles sont entières, ovales ou en forme de cœur. Cette transformation de la forme des feuilles est un indicateur de l'âge de la plante ; après une dizaine d’années, le lierre change d’aspect extérieur et atteint sa forme mature, où les feuilles trilobées deviennent non lobées et ovales.
La floraison du lierre s'étale de septembre à octobre, produisant des fleurs de couleur vert-jaune recouvertes de petits poils. Chaque fleur est composée de 5 pétales et les fleurs sont regroupées en ombelles. Cette floraison tardive est d'une importance capitale pour l'écosystème, car elle apporte une nouvelle source de nourriture à une saison où les autres plantes ont généralement fini de fleurir.
Après la floraison, des fruits ronds et globuleux se développent, réunis en grappes de baies. D'abord verts, ces fruits deviendront bleu-noir à maturité. Chaque petite baie sphérique, mesurant environ 10 mm, contient de 2 à 4 graines. Ces fruits, visibles d'octobre à mars, sont une source de nourriture hivernale essentielle pour de petits animaux et les oiseaux non migrateurs.Il est crucial de noter, cependant, que les baies du lierre sont toxiques, en particulier pour les enfants, et peuvent provoquer des diarrhées, des nausées et des vomissements. De même, les feuilles de lierre fraîches ou sa sève peuvent entraîner des inflammations allergiques en cas de contact avec la peau.
Le lierre peut vivre jusqu'à 400-500 ans, témoignant de sa robustesse et de sa longévité. Après une vingtaine d’années, il commence à porter des fleurs en ombelles et à produire ses baies. Sa capacité à tolérer l’ombre et sa résistance au froid en font une plante résiliente, que l'on retrouve aussi bien dans les forêts, les ruines ou les carrières, que très fréquemment dans les zones urbaines, où il colonise les façades des maisons, les cimetières ou les coins ombragés des parcs.
Un Habit de Croissance Polyvalent : Entre Grimpante et Couvre-sol
Le lierre est reconnu pour sa grande adaptabilité, se manifestant par ses deux principaux modes de croissance : grimpant et rampant. Cette polyvalence lui permet d'occuper diverses niches écologiques et d'offrir des solutions d'aménagement paysager variées, que ce soit pour habiller des structures verticales ou pour végétaliser des surfaces horizontales.
Le Lierre Grimpant : Végétalisation Verticale
Le caractère grimpant du lierre est sans doute son aspect le plus connu. Il se plaît particulièrement sur les façades des maisons, les murs, les poteaux et les troncs d'arbres, utilisant ses poils crampons pour s'accrocher et s'élever. Cette capacité en fait une plante intéressante pour la conception d’un mur végétal. Sur les murs, le lierre ne présente pas de dangers lorsque les joints sont en bon état, car il s’accroche aux aspérités sans pouvoir les endommager. C'est une erreur courante de penser qu'il détériore les murs sains ; il se fixe simplement à la surface.
IsabelleS38 a partagé son expérience de végétalisation d'un mur ombragé avec du lierre. Pour cette démarche, elle recommande de suivre quelques étapes simples. Le bon moment pour transplanter le lierre est l'automne ou le printemps, car les températures sont plus douces et les conditions de croissance sont favorables. Avant de déplacer les plants, il est essentiel de creuser un trou au pied du mur ombragé et de préparer le sol en le rendant meuble et fertile. Ensuite, les plants de lierre peuvent être délicatement déterrés en veillant à ne pas endommager leurs racines. Si certains plants sont trop volumineux, ils peuvent être coupés en morceaux pour faciliter la transplantation. Une fois les plants de lierre replantés au pied du mur, il est crucial de bien les arroser régulièrement pour favoriser leur enracinement.
Selon IsabelleS38, les lierres ont pris racine très rapidement et ont commencé à grimper le long du mur après une transplantation au début du printemps, une période propice précédant leur phase de croissance active. Elle s'est assurée d'arroser régulièrement les plants, surtout durant les semaines suivant la transplantation. Le temps nécessaire pour que le mur soit complètement recouvert dépendra de la vitesse de croissance du lierre et des conditions environnementales, mais il semblerait que cela puisse prendre quelques années. Le lierre est assez résistant et nécessite peu de soins une fois qu'il est bien établi. Cependant, il est important de le tailler régulièrement pour contrôler sa croissance et éviter qu'il ne devienne envahissant. La surveillance de la croissance est donc essentielle pour éviter qu'il n'envahisse d'autres espaces ou n'endommage le mur.
Le Lierre Couvre-sol : Une Alternative Naturelle

Au-delà de sa capacité à grimper, le lierre est également un couvre-sol très efficace. Son caractère rampant, associé à son feuillage dense et opaque, lui permet de tapisser le sol, formant un tapis végétal qui empêche efficacement la croissance des plantes adventices dans un parterre. Cette propriété est particulièrement utile pour limiter l'entretien des massifs et préserver l'humidité du sol. En forêt, le lierre pousse souvent comme couvre-sol.
Le lierre peut être planté dans toutes les expositions, même les très ombragées, ce qui en fait un excellent choix pour les zones difficiles où peu d'autres plantes prospèrent. Il offre un vert persistant tout au long de l’année, son feuillage vert foncé, contrasté par des nervures blanchâtres, gardant sa couleur même en hiver, contrairement aux plantes caduques qui perdent leurs feuilles. Cette caractéristique lui permet de faire de la photosynthèse en hiver, contribuant ainsi à la dépollution de l'air urbain même pendant les mois froids.
Il est important de distinguer le lierre (Hedera helix) de la Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia). La Vigne vierge est une espèce exotique envahissante et représente une menace pour l'environnement, tandis que le lierre est une espèce indigène aux nombreux bénéfices. Bien que cette dernière grimpe également grâce à des crampons, elle est caduque et perd ses feuilles en hiver, contrairement au lierre qui conserve son feuillage toute l'année.
Le Lierre et les Arbres : Démystifier les Préjugés
Les propriétaires d’arbres se demandent souvent si le lierre est inoffensif pour l’arbre ou plutôt à considérer comme nuisible. Les avis sont assez partagés à ce sujet et les préjugés sont tenaces. Il est temps d’apporter un peu de lumière dans cette confusion.
Le Lierre n'est pas un Parasite

L'une des idées reçues les plus tenaces concernant le lierre est qu'il serait un parasite, se nourrissant de la sève des arbres qu'il envahit. Or, cette affirmation est fausse. Le lierre n'est pas un parasite, car c’est avec son propre système racinaire qu’il se nourrit. Il possède des racines souterraines ou nourricières qui servent à l’ancrer dans le sol et à lui fournir de l’eau et des nutriments. Les troncs d’arbres sont uniquement utilisés comme support par les racines aériennes ou adhérentes, qui servent à fixer les pousses et les tiges plus épaisses du lierre. Ces racines n’interfèrent pas avec les vaisseaux conducteurs de l’arbre et ne représentent pas un grand danger. Très occasionnellement, de jeunes racines adhérentes en contact avec l’eau ou le sol peuvent se transformer en racines nourricières, leur permettant de pousser dans des fissures de roches humides ou des arbres morts. En cas de fissures dans l’écorce vitale d’un arbre, il est également possible que les racines poussent vers la zone humide à l’intérieur.
Le lierre ne prive donc pas les arbres de nutriments. Si les conditions de la station sont mauvaises, il pourrait y avoir une concurrence entre les racines du lierre et celles de l’arbre hôte pour les ressources du sol, puisqu’elles se retrouvent côte à côte. Cependant, la littérature spécialisée ne mentionne généralement pas ce « problème », ou les opinions prévalentes sont que le lierre est inoffensif pour la plupart des arbres et ne représente un danger que pour quelques-uns. De nombreuses hypothèses sur la nocivité du lierre ne sont pas fondées, comme le prouvent les études scientifiques.
Contrairement aux parasites des arbres comme le gui (Viscum album), qui s’enracinent directement sur les branches de leurs plantes hôtes, le lierre utilise les arbres uniquement comme support pour grimper vers la lumière.
Pas d'Effet d'Étranglement
Une autre crainte fréquente est que les tiges grimpantes du lierre puissent étrangler l’arbre. Le lierre pousse généralement d’un seul côté du tronc porteur, vers le haut, et non pas en s’enroulant autour du tronc comme d’autres plantes (par exemple le chèvrefeuille) qui peuvent étrangler leur hôte. Dans les forêts, le lierre pousse souvent d’un seul côté des troncs, car la lumière pénètre principalement d’un seul côté et la plante pousse ainsi à l’opposé de la lumière.

Pour démontrer un éventuel effet d’étranglement du lierre, il faudrait le prouver par les cernes annuels. Or, dans de nombreux cas où cette opinion est défendue, une telle vérification n’a jamais eu lieu. Lorsque l’effet d’étranglement par le lierre a été vérifié, une limitation de la croissance en épaisseur n’a jamais pu être confirmée. Si le lierre pousse longtemps sur un arbre, une sorte de corset peut se former avec le temps à partir des ramifications qui se sont soudées et qui exercent une pression sur l’écorce de l’arbre. Il arrive parfois que les arbres enveloppent les tiges de lierre comme des corps étrangers, ce qui peut éventuellement affaiblir la stabilité de l’arbre, car sa croissance en épaisseur n’est pas constante. Cependant, il est prouvé que ces ramifications n’endommagent pas l’arbre hôte.
Concurrence Lumineuse et Types d'Arbres Affectés
Le lierre grimpe de préférence sur des individus de grande taille, avec des couronnes étalées. Ses feuilles s’implantent principalement là où la plupart des rayons du soleil parviennent, ce qui est particulièrement important pour sa photosynthèse. La photosynthèse de l’arbre se déroule principalement sur les branches fines et sur les côtés de la couronne. Le lierre, quant à lui, pousse principalement sur le tronc et sur les grosses branches porteuses. Ainsi, la plante n’entre que rarement en concurrence avec l’arbre hôte pour la lumière. Il n’est pas prouvé que le lierre prive l’arbre de lumière et d’air lorsqu’il pousse sur le tronc. Sur les grands arbres de soutien aux couronnes étalées, le lierre pousse le long du tronc, la couronne de l’arbre à feuilles caduques reste libre et sa photosynthèse n’est pas affectée. Les arbres sains et bien feuillus ne sont colonisés par le lierre que dans des stations lumineuses.
La situation est légèrement différente pour les arbres plus petits ou les jeunes arbres dont la couronne n’est pas étalée. Dans ce cas, le lierre peut envahir toute la couronne, ce qui peut entraîner la mort de l’arbre par assombrissement. Même si l’arbre meurt, le squelette mort reste un support pour le lierre pendant des années. Plus la couronne d’un arbre est clairsemée, plus il est facile pour le lierre de grimper. En revanche, les couronnes denses créent beaucoup d’ombre et ralentissent la croissance du lierre. Les conifères sont donc nettement moins souvent envahis par le lierre que les feuillus à grande couronne.
Les espèces d’arbustes telles que l’aubépine, qui se développe en petits arbres forestiers, ou les essences de petite taille comme le saule marsault (Salix caprea) ou le bouleau pendant (Betula pendula), peuvent être endommagées par le lierre. Les espèces d’arbres à couronne étroite, comme le poirier (Pyrus sp.) ou le bouleau pendant, sont menacées par l’assombrissement. En ce qui concerne les grandes espèces d’arbres indigènes comme le chêne (Quercus sp.), le frêne (Fraxinus excelsior) ou l’érable des montagnes (Acer pseudoplatanus), les connaissances actuelles ne permettent pas de penser que le lierre puisse nuire à l’arbre par concurrence lumineuse. Des études ont montré que le lierre ne représente un risque plus important que pour les arbustes ou les jeunes arbres dans la strate arbustive, où l’effet de voile de la végétation de lierre est proportionnellement plus élevé lorsque l’arbre couvert est petit.
Inversement, il est prouvé qu’un arbre couvert de lierre pousse souvent mieux que ses voisins exempts de lierre, car le feuillage du lierre ne possède pratiquement pas de substances inhibitrices de décomposition et exerce donc une influence positive sur le renouvellement des substances dans le sol.
Un Trésor de Biodiversité et d'Avantages Écologiques
Le lierre est bien plus qu'une simple plante ornementale ; il est un acteur écologique majeur dont les nombreux avantages sont souvent méconnus. Il contribue significativement à la biodiversité et joue un rôle crucial dans les écosystèmes naturels et urbains.
Refuge et Nourriture pour la Faune
Lierre grimpant, un bijou pour la biodiversité
Le lierre crée un milieu protecteur pour les populations d’insectes, d’oiseaux et de rongeurs, leur offrant abri et nourriture. Il sert de lieu d’hibernation à des insectes utiles et à des papillons, comme le « Citron ». C'est une plante mellifère importante pour la faune.
Comme le lierre fleurit à l’automne, après la floraison des autres plantes (de septembre à novembre), il apporte une nouvelle source de nourriture essentielle aux insectes et aux abeilles, notamment pour les derniers pollinisateurs de la saison. On y retrouve très souvent de nombreuses espèces de papillons, de mouches, de guêpes et d’abeilles. Les abeilles peuvent ainsi se constituer des réserves nutritionnelles essentielles avant l’hiver. Il n’y a qu’une vingtaine d’autres espèces de plantes qui fleurissent également à cette période, ce qui souligne l'importance du lierre comme source de pollen et de nectar en fin de saison.
La fructification du lierre est tardive et longue, les fruits mûrissant entre janvier et avril. Ces baies servent de nourriture à de nombreuses espèces d’oiseaux (>17), telles que le bruant zizi, le rouge-gorge, le rougequeue à front blanc, l’étourneau sansonnet, le merle noir, la fauvette à tête noire et les grives, à un moment où les autres baies sont rares. Le lierre constitue une ressource alimentaire formidable pour les insectes et les oiseaux car il produit du pollen, du nectar et des fruits charnus à une saison où toutes ces ressources se font rares.
Le lierre recouvre les troncs d’un entrelacs dense qui s’épaissit avec l’âge, créant ainsi des possibilités de nidification protégées. Une étude menée dans une forêt de protection du Bade-Wurtemberg a montré que plusieurs espèces d’oiseaux, dont le grimpereau des bois, la fauvette à tête noire, le merle noir, la grive musicienne, le troglodyte mignon, le roitelet huppé, le roitelet à triple bandeau, l’orite à longue queue, le pigeon ramier et le geai des chênes, utilisaient le lierre comme site de reproduction. De plus, les oiseaux trouvent dans le lierre des abris pour dormir pendant l’hiver. Le lierre abrite également près de 50 espèces de champignons, enrichissant encore la biodiversité.
Protection et Régulation Environnementale
Le lierre protège les arbres adultes contre les excès d’humidité et les grands froids. Par ailleurs, il libère des substances qui inhibent le développement des champignons, des bactéries ou des parasites qui peuvent s’attaquer à un arbre.
De plus, le lierre protège les troncs d’arbres comme le hêtre (Fagus sylvaticus), le frêne (Fraxinus excelsior) ou le charme (Carpinus betulus) par son ombrage contre les coups de soleil (brûlure de l’écorce), en particulier lorsque les arbres ont grandi à l’ombre d’autres arbres et sont soudainement dégagés par l’abattage de ces derniers. En hiver, le lierre peut protéger les troncs des fissures causées par le gel, car il atténue les variations de température.
En milieu urbain, le lierre joue un rôle important dans l'amélioration de la qualité de l'air. Il isole les murs des maisons des grandes chaleurs, et son feuillage persistant capte les poussières contenues dans l’air ainsi que les particules chimiques toxiques, purifiant ainsi l’air. Le lierre fait partie des plantes ligneuses qui stockent le CO2 et peuvent donc apporter une contribution précieuse au climat et à la régulation climatique dans les villes. De plus, il libère de l’oxygène, améliorant ainsi la qualité de l’air. La présence accrue de lierre en zone urbaine est une contribution précieuse à la protection du climat et des insectes.
Des études récentes soulignent l’importance du lierre en tant que bio-indicateur du changement climatique en Europe centrale. Une augmentation significative des peuplements à certains endroits au cours des dernières années est interprétée comme une indication de l’augmentation des hivers doux. Outre la propagation végétative au sol, où le lierre est souvent protégé des dommages causés par le gel par des couches de neige, c’est surtout une formation accrue de la forme grimpante et arborescente qui doit être interprétée comme un signe de réchauffement climatique, car le lierre grimpant peut provoquer des dommages plus importants que la forme au sol.
L'Entretien du Lierre : Conseils et Précautions
En tant que passionné de jardinage, il est essentiel de prendre soin de chaque plante, et le lierre ne fait pas exception à cette règle. L'entretien régulier du lierre est crucial pour assurer sa santé, sa beauté et pour qu'il puisse pleinement jouer son rôle écologique sans devenir envahissant.
La Taille : Essentielle pour le Contrôle et la Forme

La taille régulière du lierre est essentielle pour maintenir sa forme, sa santé et sa beauté. Sans intervention, le lierre peut rapidement devenir envahissant et couvrir des zones non désirées. Il est important de le tailler pour contrôler sa croissance et éviter qu'il n'envahisse d'autres espaces ou n'endommage le mur. Ne pas laisser le lierre envahir la couronne des arbres, mais supprimer régulièrement les pousses. Ainsi, les effets positifs du lierre sont conservés et la survie des deux plantes est assurée. Si la couronne d’un arbre est effectivement envahie, le propriétaire doit faire un choix entre l’arbre et le lierre. Si l’arbre a la priorité, le lierre peut être taillé à la base de la couronne. Il n’est en aucun cas nécessaire de le retirer complètement, car ainsi, le lierre peut continuer à remplir ses autres fonctions importantes dans l’écosystème.
L'Arrosage : Maintenir l'Équilibre Hydrique
L'arrosage est un aspect essentiel de l'entretien du lierre, car il influence directement sa santé et sa croissance. Le lierre a besoin d'un arrosage régulier pour rester en bonne santé. Cependant, il est important de ne pas trop arroser la plante, car cela peut entraîner la pourriture des racines.
En général, il est recommandé d'arroser le lierre environ une fois par semaine. Cependant, il est important de vérifier régulièrement l'humidité du sol avant d'arroser. Pour ce faire, insérez votre doigt dans le sol jusqu'à environ 5 centimètres de profondeur. Si le sol est sec à cette profondeur, un arrosage est nécessaire. Lors de l'arrosage, assurez-vous de mouiller tout le sol autour de la plante. Cela permettra aux racines du lierre de s'étendre et de puiser l'eau dont elles ont besoin.
Il est crucial d'éviter certaines erreurs courantes lors de l'arrosage. Tout d'abord, évitez d'arroser la plante de manière excessive. Un excès d'eau peut entraîner la pourriture des racines et affaiblir la plante. Évitez également d'arroser le lierre de manière insuffisante. Un manque d'eau peut entraîner le flétrissement des feuilles et le dessèchement de la plante. Enfin, évitez d'arroser le lierre pendant les heures les plus chaudes de la journée. L'eau peut s'évaporer rapidement sous le soleil intense, ce qui réduit l'efficacité de l'arrosage.
Il est important de surveiller attentivement les signes de sous-arrosage ou de sur-arrosage du lierre. Un lierre sous-arrosé présentera des feuilles flétries et sèches. Les feuilles peuvent également devenir jaunes ou brunes et tomber prématurément. D'autre part, un lierre sur-arrosé peut présenter des feuilles molles et flasques. Les racines peuvent également devenir pourries et dégager une odeur désagréable. En fournissant à la plante la quantité d'eau appropriée pour maintenir son sol humide, mais pas détrempé, on assure sa vigueur.
La Fertilisation : Apport en Nutriments
Le lierre a besoin de nutriments pour maintenir sa santé et sa croissance. Les principaux nutriments dont le lierre a besoin sont l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K). Ces éléments sont essentiels pour le développement du feuillage, des racines et pour la floraison et la fructification.
Pour fertiliser le lierre, vous pouvez utiliser des engrais organiques ou des engrais chimiques. Les engrais organiques sont fabriqués à partir de matières végétales ou animales et se décomposent lentement, libérant ainsi les nutriments progressivement. Ils contribuent également à améliorer la structure du sol. Les engrais chimiques, quant à eux, sont fabriqués à partir de sels minéraux et sont rapidement disponibles pour la plante. Ils peuvent fournir des nutriments rapidement, mais peuvent également brûler les racines du lierre s'ils sont utilisés en excès.
Lors de l'application de l'engrais, il est important de l'étaler uniformément autour de la base du lierre, en évitant de le mettre en contact direct avec les feuilles, ce qui pourrait les brûler.
Lors de la fertilisation du lierre, il est important d'éviter certaines erreurs courantes. Tout d'abord, évitez de surdoser l'engrais. Un excès d'engrais peut brûler les racines du lierre et compromettre sa santé. Évitez également de fertiliser le lierre pendant les périodes de dormance, comme l'hiver. Pendant cette période, la plante n'est pas active et n'a pas besoin de nutriments supplémentaires. Enfin, évitez d'utiliser des engrais contenant des produits chimiques nocifs pour l'environnement, favorisant ainsi une approche plus durable du jardinage.
Le Lierre en Milieu Urbain et son Rôle Climatique

Le lierre, bien que souvent associé aux paysages forestiers, trouve également une place de choix et un rôle essentiel dans nos environnements urbains. Son adaptation aux conditions variées des villes, combinée à ses multiples avantages écologiques, en fait un allié précieux pour l'aménagement durable et la résilience urbaine face aux défis climatiques.
En ville, le lierre est très fréquent et se plaît sur les façades des maisons, dans les cimetières ou dans les coins ombragés des parcs. Sa capacité à tolérer toutes les expositions, même les très ombragées, lui permet de s'épanouir là où d'autres plantes peinent, végétalisant ainsi des espaces souvent délaissés.
Amélioration de la Qualité de l'Air et Régulation Thermique
Le lierre est un dépolluant urbain efficace. Grâce à son feuillage persistant, il permet de dépolluer l’air urbain des particules fines et des particules chimiques toxiques, et ce, toute l’année. Contrairement aux plantes caduques qui perdent leurs feuilles en hiver et cessent alors leur activité photosynthétique, le lierre continue à fonctionner, contribuant ainsi de manière continue à l'amélioration de la qualité de l'air que nous respirons.
En outre, le lierre joue un rôle important dans la régulation thermique des bâtiments. Il isole les murs des maisons des grandes chaleurs estivales, agissant comme une barrière naturelle qui réduit la température de surface des façades et, par conséquent, la consommation d'énergie liée à la climatisation. En hiver, son feuillage dense peut également offrir une certaine isolation thermique, protégeant les murs du froid intense et des variations de température. Des études ont même suggéré que l'effet de couverture thermique du lierre (Hedera helix L.) peut protéger la pierre de construction des gelées destructrices (Coombes, M. A., Viles, H. A., & Zhang, H., 2018). Le lierre peut protéger les troncs des fissures causées par le gel en hiver, car il atténue les variations de température.
Contribution à la Biodiversité Urbaine
La présence accrue de lierre en zone urbaine est une contribution précieuse à la protection du climat et des insectes. En tant que plante mellifère importante, sa floraison tardive (de septembre à novembre) est extrêmement importante pour les derniers pollinisateurs de la saison, qui trouvent alors une source de pollen et de nectar rare. Cette ressource est cruciale pour la survie de nombreuses espèces d'insectes, y compris les abeilles, les papillons et les guêpes, qui jouent un rôle vital dans la pollinisation des cultures et des plantes sauvages.
De même, sa fructification tardive et longue offre une source de nourriture essentielle aux oiseaux pendant les mois d'hiver, lorsque les autres ressources se raréfient. Le lierre offre également un refuge pour les oiseaux dans ses rameaux aériens, leur permettant de se protéger des prédateurs et des intempéries. Plus le lierre est vieux, plus il est riche en biodiversité, créant des micro-habitats complexes pour une multitude d'espèces.
Le lierre, comme toutes les plantes ligneuses, stocke le CO2, apportant une contribution précieuse au climat et à la régulation climatique dans les villes. Il libère également de l'oxygène, ce qui participe à améliorer la qualité de l'air global.
Bio-indicateur du Changement Climatique
Des études récentes soulignent en outre l’importance du lierre en tant que bio-indicateur du changement climatique en Europe centrale. Une augmentation significative des peuplements à certains endroits au cours des dernières années est interprétée comme une indication de l’augmentation des hivers doux. Outre la propagation végétative au sol, où le lierre est souvent protégé des dommages causés par le gel par des couches de neige, c’est surtout une formation accrue de la forme grimpante et arborescente qui doit être interprétée comme un signe de réchauffement climatique, car le lierre grimpant peut provoquer des dommages plus importants que la forme au sol. Ces observations confirment la valeur du lierre non seulement pour la biodiversité actuelle, mais aussi comme un témoin silencieux des évolutions environnementales.
Points de Vigilance et Gestion Raisonnée du Lierre
Malgré ses nombreux avantages, une gestion réfléchie du lierre est nécessaire pour maximiser ses bénéfices tout en évitant d'éventuels inconvénients. Comprendre les situations où le lierre pourrait poser problème et savoir comment intervenir est essentiel pour une cohabitation harmonieuse avec cette plante résiliente.
Inconvénients et Risques Potentiels
Bien que le lierre soit majoritairement bénéfique, certains aspects nécessitent une attention particulière :
- Sécurité des arbres : Les arbres couverts de lierre ne sont pas toujours faciles à contrôler lors d’une évaluation de la sécurité. Les points faibles, tels que les pourritures ou les faiblesses structurelles, peuvent être moins visibles sous le manteau de feuillage. Si le lierre ne pose généralement pas de problème en forêt, il en va tout autrement en zone urbaine où la sécurité est primordiale.
- Arbres jeunes ou affaiblis : Il est déconseillé de planter du lierre au pied des jeunes arbres, en particulier ceux de moins de 5 ans, car cela pourrait entraver leur croissance. Mieux vaut ne pas le laisser pousser sur des arbres jeunes et affaiblis dont l’écorce est endommagée si l’on veut les préserver. Les jeunes arbres malades pourraient éventuellement être endommagés par le lierre.
- Concurrence sur les branches : Si le lierre pousse sur les branches, l’arbre reçoit moins de lumière et les branches peuvent dépérir.
- Poids de la neige : En hiver, le lierre peut retenir la neige, et son poids peut, le cas échéant, provoquer la rupture de branches, surtout sur des arbres déjà fragilisés ou de petite taille. Lorsque le lierre s’étend fortement dans la couronne de l’arbre, la surface exposée au vent et à la neige est augmentée. Cependant, les arbres hauts et vigoureux peuvent facilement compenser le poids et la surface accrus.
Recommandations pour l'Entretien des Arbres
Pour maintenir les effets positifs du lierre et assurer la survie des deux plantes, une gestion simple est préconisée :
- Contrôle de la croissance : Ne pas laisser le lierre envahir la couronne, mais supprimer régulièrement les pousses. La taille régulière est essentielle pour maintenir sa forme, sa santé et sa beauté.
- Priorisation de l'arbre : Si la couronne d’un arbre est effectivement envahie et que la priorité est donnée à la santé de l'arbre, le lierre peut être taillé à la base de la couronne. Il n’est en aucun cas nécessaire de le retirer complètement. Ainsi, le lierre peut continuer à remplir ses autres fonctions importantes dans l’écosystème.
- Climat sous le lierre : Certes, les racines du lierre ne pénètrent pas dans l’écorce, mais les champignons trouvent sous le lierre un climat parfait. Une surveillance peut être nécessaire pour les arbres sensibles.
Précautions Lors des Interventions
Si vous décidez de supprimer le lierre sur le tronc, n'oubliez pas que cela doit être fait avec précaution. L'enlèvement brutal peut endommager l'écorce de l'arbre. De plus, il est préférable de ne pas retirer complètement le lierre d'un arbre à moins que cela ne soit absolument nécessaire, compte tenu de ses nombreux bénéfices écologiques.
En résumé, le lierre est une plante résiliente et extrêmement bénéfique pour l'environnement, capable de s'adapter à divers milieux. Sa compréhension, sa gestion et son appréciation sont essentielles pour promouvoir des écosystèmes urbains et ruraux plus riches et plus durables.