Le ligaturage est une technique fondamentale du bonsaï qui consiste à enrouler délicatement du fil autour des branches d’un arbre pour les plier et les façonner selon un schéma artistique souhaité. En enroulant du fil autour des branches de l’arbre, il est possible de plier et positionner les branches. Cette méthode permet aux artistes du bonsaï d’exprimer leur créativité et de créer des formes élégantes et équilibrées pour leurs arbres miniatures. Presque tous les bons bonsaïs ont été ligaturés à un moment donné, souvent sur de longues périodes. La ligature des bonsaïs est un processus continu souvent mis en œuvre progressivement, sur plusieurs années.

Fondements et objectifs du ligaturage
Les objectifs du ligaturage sont multiples. Tout d’abord, il permet de donner une direction spécifique à la croissance des branches, créant ainsi une structure harmonieuse pour l’arbre. En contrôlant la position des branches, le ligaturage favorise également le développement de la ramification, ce qui contribue à la densité des feuillages. Enfin, le ligaturage permet d’atteindre un équilibre esthétique en donnant à l’arbre une apparence mature et équilibrée.
Cette technique de conception permet un meilleur contrôle lors de la formation d’un bonsaï, du mouvement du tronc aux plus petites pousses. Les avantages du ligaturage résident dans sa capacité à transformer un jeune plant en un arbre élégant et mature en peu de temps. Cette technique offre une liberté artistique considérable pour créer des formes uniques. Cependant, le ligaturage nécessite une grande prudence car une mauvaise utilisation du fil peut entraîner des dommages irréparables aux branches et à l’écorce de l’arbre.
Matériel et choix des fils
Il est essentiel d’utiliser le bon matériel pour ligaturer les bonsaïs. Deux types de fils peuvent être utilisés : l'aluminium anodisé et le cuivre recuit. Le fil en aluminium est l’un des types les plus couramment utilisés, en particulier pour les espèces à feuilles caduques. Il est disponible dans une gamme de diamètres, ce qui en fait un choix polyvalent. L’aluminium est facile à plier et à enlever après la formation souhaitée, sans laisser de marques permanentes sur l’écorce. Pour les débutants, il est conseillé d’utiliser l’aluminium, qui est plus facile à appliquer.
Le fil en cuivre recuit est préféré pour le ligaturage des conifères et des pins, ainsi que pour les branches plus épaisses. Le cuivre est plus rigide que l’aluminium, ce qui en fait un choix solide pour maintenir les branches dans la position désirée. Cependant, il est également plus difficile à travailler. Il n’est pas nécessaire d’acheter tous les fils disponibles ; les épaisseurs de 1 mm, 1,5 mm, 2,5 mm et 4 mm sont parfaites pour commencer.
Sélection du diamètre et ancrage
Le choix du bon calibre de fil est essentiel pour réussir le ligaturage. Le fil doit être choisi en fonction du diamètre de la branche. Comme approximation, le fil doit faire à peu près 1/3 de l’épaisseur de la branche que l’on ligature. De façon générale, le fil de cuivre étant plus rigide que celui en aluminium, il sera d’environ 1/4 du diamètre de la branche, et 1/3 pour le fil d’aluminium.
Pour connaître l'épaisseur de fil adaptée, effectuez le test suivant : prenez le fil entre vos doigts et laissez environ 2 à 3 cm de longueur. Appuyez sur l’extrémité saillante contre la branche. Si un fil trop fin est utilisé, la branche se plie rapidement à partir de la position souhaitée. Dans ce cas, le fil peut être retiré et remplacé par un autre plus résistant.
Pour rester dans la position où il est mis, le fil doit être ancré, c’est-à-dire solidaire d’un endroit « stable ». Sur un tronc ou une grosse branche, un demi-tour de circonférence donne une surface de contact suffisante (ancre en U) ; si ce n’est pas le cas, on effectue un tour et demi du tronc. L’ancrage est toujours fait sous la première branche à ligaturer. Le fil est utilisé des deux côtés de l’ancrage pour ligaturer deux branches.
Suture Ligature
Procédures de mise en forme
Il faut ligaturer toutes les branches que l’on veut former avant de commencer la mise en place de celles-ci. Lorsqu’on travaille un arbre entier, il faut commencer par le tronc, puis les branches principales, puis les secondaires. On ligature un arbre de bas en haut et de la base d’une branche vers son extrémité.
D’abord, sélectionnez la paire de branches que vous voulez ligaturer ; celles-ci doivent être de la même taille et positionnées proches l’une de l’autre sur l’arbre. Il faut essayer de ligaturer deux branches qui ont la même épaisseur en utilisant une seule portion de fil là où c’est possible, et ligaturer les branches restantes séparément.
Autour d’une branche, on enroule le fil avec un angle d’environ 45° jusqu’à 60° pour les branches les plus fines. Le fil sert à répartir la tension lors du pliage d’une branche ; aussi, pour que cette tension soit homogène, on ne croise pas les fils. Il ne faut jamais croiser le fil de bonsaï. Pour ligaturer les branches secondaires, on ligature deux branches avec un fil en prenant ancrage sur la partie intermédiaire en suivant les spires existantes. Un minimum d’un tour et demi donne un ancrage suffisant.
Périodes et saisonnalité du ligaturage
La période idéale pour le ligaturage varie en fonction des espèces de bonsaï. En général, le ligaturage peut être effectué tout au long de l’année pour la plupart des espèces. Cependant, pendant la période de croissance, les branches s’épaississent assez vite et le fil risque de s’incruster dans l’écorce, faisant des cicatrices disgracieuses.
Pour les arbres à feuilles caduques, le ligaturage est souvent préférable en fin d’hiver ou au début du printemps, lorsque l’absence de feuilles facilite le travail. Pour les conifères, le ligaturage peut être effectué à tout moment de l’année, mais il est recommandé de l’éviter pendant les périodes de croissance active pour minimiser les dommages. En été, les arbres poussent vite, ce qui permet aux plaies de guérir rapidement, mais impose une surveillance accrue. L’automne est un bon moment dans les régions plus douces, car la croissance la plus forte est terminée.
Manipulation et entretien post-ligature
Après avoir ligaturé entièrement l’arbre, on peut commencer à plier et repositionner les branches. Utilisez vos mains pour tenir la branche avec vos doigts à l’extérieur de la courbe que vous voulez faire, et pliez la branche depuis l’intérieur avec vos pouces. De cette manière, l’on réduit le risque de casser des branches en répartissant la force sur l’extérieur de la branche. Dès que la branche est dans la bonne position, il faut arrêter de la bouger : si l’on multiplie les pliages, on abîme la branche.
Il faut placer l’arbre à l’ombre et lui mettre de l’engrais comme on le fait normalement. Ne pas oublier d’observer l’arbre pendant la saison de croissance et retirer les fils à temps pour éviter qu’ils ne s’incrustent dans l’écorce. Dès que le fil commence à vouloir s’incruster, vous devez le retirer. Selon la variété de l’arbre, cela se produit généralement de six mois à un an après la ligature. Ne déroulez pas le fil des branches, car vous risquez alors de les casser ou d’endommager l’écorce : il est préférable de le couper segment par segment avec une pince appropriée.

Alternatives et techniques complémentaires
Le haubanage est une technique alternative ou complémentaire à la ligature. Vous pouvez également former des courbures par haubanage avec du fil, en prenant soin de protéger auparavant la partie de la branche où vous allez fixer le hauban. Ces techniques pour le maintien de la petite taille et de la mise en forme sont complémentaires et interdépendantes. La ligature travaille en harmonie avec la taille de structure et la taille d’entretien pour sculpter l’arbre.
Dans les espèces dont le bois est plus tendre, comme le pin ou l’épicéa, les branches se plient souvent un peu en arrière après la pose du fil, nécessitant parfois une tension légèrement supérieure lors de la mise en forme initiale. Pour réussir, gardez à l'esprit que l'observation est votre meilleur outil : avant de vous lancer, prenez le temps d'observer votre arbre dans tous les sens afin d'en saisir son potentiel caché. Un bon ligaturage, bien que demandant de la pratique, est la clé pour transformer un arbre brut en une œuvre d'art vivante et harmonieuse.