Vous avez envie de planter un ou plusieurs arbres fruitiers dans le jardin ou le verger ? Effectivement c’est une excellente idée, mais veillez à choisir vos plantes en fonction de la taille qu’elles occuperont à l’âge adulte. Que vous ayez un très grand jardin ou une simple terrasse, les arbres fruitiers sont une façon efficace de diversifier les productions au jardin. Les fruitiers nains conservent une petite taille, un atout donc pour les petites surfaces. Mais pas que ! Il existe des arbres fruitiers de toutes les tailles. Selon la dimension de votre jardin, vous pouvez donc trouver des arbres adaptés.

Comprendre les catégories de taille et de port
On considère qu’il existe cinq tailles différentes de fruitiers lorsque l’on se rend chez un pépiniériste. Les arbres de haute tige ou de plein vent, les demi-tige, les basses tiges, les nains et les colonnaires. Le choix d’une forme d’arbre fruitier dépend essentiellement, pour le jardinier amateur, de la place dont il dispose et de son savoir-faire.
Les arbres de plein vent : Haute-tige et demi-tige
Les arbres fruitiers haute-tige, souvent appelée tige, sont les formes les plus grandes et les plus encombrantes pour les arbres de plein vent : un tronc, dépourvu de branches, de 1,80 à 2 mètres de haut et une couronne arrondie de largeur conséquente, pouvant atteindre 10 à 15 mètres. L’arbre vit longtemps, produit beaucoup, et la ramure ne gêne pas le passage ou la tonte mécanique ou écologique. Une taille annuelle n’est pas nécessaire pour obtenir une récolte : la fructification intervient naturellement.
Les demi-tiges et les hautes-tiges se ressemblent en termes de forme, mais les arbres fruitiers en demi-tiges ont un tronc plus petit : de 1 à 1,5 m environ. Leur couronne mesure entre 10 et 15 m de diamètre et leur hauteur n’excède guère 4 à 6 m à l’âge adulte.
Les arbres fruitiers à basse tige
Mentionnons que les arbres fruitiers à basse tige possèdent un tronc de 80 cm tout au plus. Parfaits pour les petits jardins, les arbres fruitiers en basse-tige ont un tronc de 40 à 60 cm et atteignent de 4 à 6 m tout au plus. La ramure est aérée et les branches réparties dans toutes les directions. L’arbre vit moins longtemps, entre 20 ans et 30 ans, avec une mise à fruits plus rapide.
Optimiser l'espace avec les formes palissées
Dans nos jardins contemporains plus petits que jadis, il reste peu de place pour planter des arbres fruitiers. La plantation en haie fruitière est beaucoup utilisée, car la mise à fruits est rapide, puisque la récolte débute un ou deux ans après la plantation. La haie fruitière est idéale pour les petits jardins et elle a une mise à fruits plus rapide que les autres formes.
- Le cordon simple : Ces arbres ont un tronc vertical de 60 à 80 cm de hauteur, qui se prolonge par un bras. Celle-ci porte le nom de « branche charpentière », quasiment à angle droit, se poursuivant à l’horizontale, sur 1,5 m environ.
- Le U simple : Comme son nom le laisse entendre, le U simple consiste à faire pousser, à partir d’un même tronc, deux branches parallèles. Cette forme est largement répandue sur les pommiers et les poiriers.
- Le U double : Les arbres fruitiers palissés en U double se séparent une fois de plus. On obtient alors deux U côte à côte, les branches verticales étant séparées de 30 cm environ. Elles peuvent s’allonger jusqu’à 3 m de haut. Productive, cette forme permet d’obtenir de 15 à 20 kg de fruits chaque année.
- La palmette Verrier : À la fois originale et élégante, elle convient à bon nombre de fruitiers dont les nashis, les kakis, les abricotiers. On l’appelle également « fruitier en espalier ». L’un des avantages est la facilité avec laquelle le soleil pénètre au cœur de l’arbre, assurant ainsi une fructification abondante.

Les variétés naines et colonnaires : La révolution des petits espaces
Nous allons nous pencher sur les deux derniers, particulièrement intéressants pour les petits espaces. Les arbres nains ne dépassent généralement pas un mètre cinquante de haut. Ils ne produisent pas pour autant des fruits plus petits.
Le rôle crucial du porte-greffe
Les arbres fruitiers que vous achetez sont systématiquement greffés. C’est le porte-greffe qui va déterminer la taille finale de l’arbre. Pour les arbres nains, les portes-greffes sont issus de croisements récents sélectionnant le gène nanifiant (exemple : M27 ou M9 pour les pommiers). “Pour les portes-greffes nanifiants, on retrouve toutes les variétés nouvelles, celles qui ont moins de cinquante ans d’âge” affirme Frédéric Dannequin, président de l’Association des Croqueurs de pommes de la Marne.
Les colonnaires
Vous avez peut-être déjà remarqué ces arbres qui poussent sur une seule tige et ne s’élèvent pas plus haut qu’un mètre cinquante. Un arbre colonnaire est en fait dû à une malformation qui a été sélectionnée : une anomalie du gène Co du chromosome 10. Cela a pour résultat d’entraîner une pousse sur une tige, dépourvue de coursonne (branche latérale). Cette sélection s’est faite à partir d’un pommier Wijcik McIntosh apparu en 1960 au Canada.
Comment cultiver des arbres fruitiers palissés ? - Truffaut
Réglementation et voisinage : Ce qu'il faut savoir
Votre voisin vous demande d’élaguer vos arbres qu’il juge trop hauts. Avant d'élaguer vos arbres, penchez-vous sur le règlement. L’article 671 du code civil dispose que « il n'est permis d'avoir des arbres, arbrisseaux et arbustes près de la limite de la propriété voisine qu'à la distance prescrite par les règlements particuliers ».
Distances légales et hauteurs
À défaut de disposition particulière, il ne vous est pas permis d’avoir un arbre de plus de 2 mètres de hauteur s’il est planté à moins de 2 mètres de la clôture de votre voisin. S’il dépasse cette hauteur de 2 mètres, il faudra l’élaguer. En revanche, si votre arbre est planté à plus de 2 mètres de la limite séparative, alors, il pourra dépasser la hauteur de 2 mètres. La hauteur d’une plantation se calcule depuis le sol jusqu’à sa cime, tandis que la distance se mesure à partir du milieu du tronc.
Cas particuliers : Murs mitoyens et espaliers
Vous pouvez planter des arbres, arbustes ou arbrisseaux directement contre un mur mitoyen, sans avoir à respecter de distance minimale. En revanche, ces plantations ne doivent pas dépasser la hauteur du mur (appelée la crête du mur). Contrairement aux plantations classiques, qui doivent être éloignées d’une certaine distance de la limite séparative, celles qui sont guidées le long du mur (elles sont fixées pour pousser à plat) peuvent être installées directement contre celui-ci.
Conseils d'entretien pour les petits fruitiers
Que ce soit les colonnaires ou des arbres sur porte-greffe nanifiants, ils ne produiront que si fertilité et arrosage sont au rendez-vous. En pot, la terre a tendance à sécher très rapidement en été. Pensez à bien pailler vos fruitiers en pot pour limiter qu’ils ne sèchent trop vite.
Fertilisation et arrosage
La jardinière Lydie, qui cultive des fruitiers nains, utilise du sang séché et parfois du purin d’ortie. Le sang séché est un engrais biologique azoté qui fonctionne très bien sur les arbres nains. Pour les arbres en pot, elle précise : “Un arbre greffé sur MM9 ou MM106 pourra rester en pot 5 ou 6 ans sans problème, mais il aura plus de mal à fructifier. Je les mets en pots de 30 L, noir de préférence pour le réchauffement racinaire.”
La taille : Nécessaire ou facultative ?
Frédéric Dannequin procède à une taille en espalier ou en palmette pour la plupart de ses pommiers nains : “une première taille en hiver puis une taille en vert par pinçage au début et au cours de l’été”. De son côté, Lydie ne taille presque pas les colonnaires. Si vous êtes familiers à la taille, vous pouvez vous orienter vers un arbre en palmettes qui sera plus productif.

Précautions et limites des arbres de petite taille
Si ces arbres modèles réduits font rêver, ils ne sont pas non plus parfaits. Tout d’abord, les racines superficielles des fruitiers nains les rendent beaucoup plus sensibles au manque d’eau, aux gelées et au manque de fertilité. En hiver, un épais paillage permet de protéger les racines du gel.
De plus, les variétés se greffant sur un porte-greffe nain sont limitées. Frédéric Dannequin explique : “les variétés anciennes ont été adaptées aux arbres demi-tige ou pleine tige. J’ai déjà essayé d’en greffer sur nanifiant, mais ce n’était pas une réussite.” Autre point d'attention : la floraison précoce. Si des gels tardifs surviennent au cours du printemps, les fleurs risquent de geler. Pour des abricotiers par exemple, ils auront du mal à fructifier tous les ans dans la moitié nord de la France. Concernant la longévité, ces arbres nains vivent moins longtemps que des arbres de plein vent. On considère tout de même que ces arbres peuvent fructifier jusqu’à 50 ans avant de perdre en vigueur. Dans les faits, au bout de 20 ans, on note une diminution de la production.