L’activité agricole de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur génère 41 500 emplois et près de 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Le tissu d’entreprises couvre un large spectre de situations, de la petite exploitation agricole traditionnelle aux firmes multinationales de l’agroalimentaire. Les surfaces agricoles recouvrent plus d’un quart du territoire et sont particulièrement orientées vers la production de vin, de fruits et de légumes. La région Sud est notamment le 1er producteur national de cerises, de poires, de salades, de vins rosés AOP, de fleurs coupées et de figues et le 2e producteur de tomates, pêches et pommes. Elle est également la principale région productrice de riz ou de plantes à parfum aromatiques et médicinales.
Une structure agricole atypique et diversifiée
L’agriculture de la région est atypique : 78 % des exploitations ont une orientation exclusivement végétale (contre 42 % sur le plan national), 17 % une orientation exclusivement animale (35 % sur le plan national) et 5 % un profil mixte culture-élevage (23 % sur le plan national). Les exploitations agricoles recouvrent 632 000 hectares, soit 28 % du territoire régional. Elles sont deux fois plus petites que la moyenne française, et pour les trois quarts, individuelles.
En valeur, la région Paca produit presque autant de vin (1,2 milliard d’euros en 2022) que de fruits (1 milliard) et des huiles essentielles (1 milliard). Légumes, fleurs et productions animales ferment la marche, loin derrière. Globalement, la viticulture est surtout présente dans le Var et le Vaucluse, l’élevage et l’horticulture dans les départements alpins, et le maraîchage dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Var.

Les spécificités du maraîchage et des cultures légumières
La production légumière en PACA se caractérise par la grande diversité des produits et des modes de production. Elle est concentrée dans les Bouches du Rhône (54 % des exploitations légumières), le Vaucluse (32 %) et le Var (13 %). Les principales cultures sont la tomate, les salades, les melons et les produits de la ratatouille. Vient ensuite une palette de produits très diversifiés : épinards, pommes de terre primeur, artichauts, choux-fleurs, plantes aromatiques vendues en vert (persil, basilic etc..), certaines exploitations se spécialisant sur une seule production.
Très dynamique, la filière des légumes biologiques en Provence-Alpes-Côte d’Azur, permet à la région de se classer au 7ème rang des régions maraîchères bio françaises en 2020, en termes de surfaces. Afin d’accompagner cette filière en plein développement, le Réseau Bio de PACA est là pour vous, que vous soyez maraîcher·ère bio déjà installé, en conversion ou en devenir. Au niveau régional, Catherine MAZOLLIER, Chercheuse au Groupement de Recherche en Agriculture Biologique (GRAB), est la référente technique en maraîchage bio.
L’agriculture biologique : un moteur de transition
Un peu plus d’un tiers des surfaces agricoles est consacré à l’agriculture biologique. La région arrive à ce titre à la 1re place métropolitaine. La part du bio est importante, avec 30 % de la production des fruits en bio, 25 % pour les légumes et les céréales, et 34 % pour le vin. En termes de surfaces engagées, Paca est la première région de France pour le bio.
Dans chaque département, les agriculteurs bio se sont organisés en association, AgriBio, et au niveau régional avec Bio de Provence. Pierre Koffi Alanda, président de Bio de Provence, souligne : « En Bio on a un cahier des charges avec des contrôles stricts par rapport à l’utilisation des produits. Mais au-delà, nous sommes attachés à la place de l’humain ». La FNAB travaille sur un label « Bio France Equitable » pour pousser la démarche sur le plan humain et social, garantissant une rémunération équitable tout au long de la chaîne.
Quelles sont les techniques de production de légumes en agriculture biologique ?
Les défis du changement climatique et de l’eau
Tous les départements de Paca ont connu en 2022 une année difficile avec des températures plus élevées que la normale, et des pluies plus faibles et plus concentrées dans le temps. La région PACA est l’une des plus touchées par l’augmentation des températures et la sécheresse. Pour les élevages en plein air, la pousse d’herbe a baissé de 27 % par rapport à la période de référence de trente ans, entre 1989 et 2018.
La viticulture et le maraîchage ont réussi pour le moment à tirer leur épingle du jeu mais le stress hydrique touche l’ensemble de la région, avec des communes en crise de plus en plus tôt dans l’année. « Tous les voyants sont au rouge, face aux 80% de déficit en eau, s’alarme le président de Bio de Provence. Mais nous travaillons sur des systèmes innovants. Notamment les techniques de travail du sol et la présence de prairies autour des fermes ».
Emploi et renouvellement des générations
En 2022, la région comptait 38 900 équivalents temps-plein en emplois agricoles, soit 2 % des emplois régionaux. Plus de la moitié (20 500) sont des emplois salariés, et plus du quart (10 200) des emplois saisonniers. L’âge moyen varie de plus de 40 ans pour les salariés, à plus de 53 ans pour les chefs d’exploitations.
Le prix du foncier est un obstacle majeur à la reprise et à l’installation. Pour autant, des solutions existent. Le réseau travaille avec d’autres acteurs, comme Terre de Liens et les Safer. L’accompagnement des territoires, notamment au travers des Projets Alimentaires Territoriaux, a pour objectif de relocaliser l’agriculture et l’alimentation. L’enjeu reste de taille : en cinq ans, malgré les engagements de l’État et des collectivités locales de préserver les terres agricoles, près de 7 000 hectares ont été artificialisés.

Diversification et transformation : vers une agriculture durable
Près de 3 600 exploitations de PACA (soit 16 % de l’ensemble) pratiquent une activité de diversification, la principale étant la production d’huile d’olive (7 % des exploitations). Les activités d’accueil à la ferme (hébergement, activités de loisirs et, plus marginalement restauration) sont présentes dans près de 6 % des exploitations agricoles de la région.
Le concept d’agriculture durable repose sur trois piliers : environnemental, social et économique. Comme l’explique un animateur du réseau « Agricultures durables en Méditerranée » : « Beaucoup de questions émergent. Combien de temps pourra-t-on irriguer sans conflit majeur sur l’eau ? La viticulture a-t-elle sa place dans les territoires où une production alimentaire est possible ? Faut-il relocaliser la production agricole autour des villes ? ».
Les filières emblématiques : PAPAM et élevage ovin
La région est la principale région productrice de plantes à parfum et aromatiques. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, un millier d’exploitations agricoles cultivent ces plantes sur près de 14 000 hectares. Il s’agit essentiellement de lavande et de lavandin sur les plateaux secs et calcaires de Haute Provence mais aussi de nombreuses autres espèces.
Avec près de 2 000 éleveurs et 600 000 brebis, PACA est la 3ème région française de production ovine. Les deux départements alpins (04 et 05) regroupent près de 60% de l’effectif régional. Mérinos d’Arles, Mourérous et Préalpes du Sud sont les trois races rustiques, bien adaptées au terrain et au climat d’une région qui pratique encore massivement la grande transhumance estivale vers les alpages (500 000 brebis transhument chaque année).
Perspectives d’avenir et formation
Pour qui se penche sur ce secteur dans notre région, la première caractéristique qui saute aux yeux est sa diversité. Le lycée d’enseignement général et technologique François Pétrarque (Vaucluse), qui fête son cinquantenaire, incarne cet effort de formation. Il a conservé le projet éducatif inspiré par le ministre Edgard Pisani : former des agriculteurs à un haut niveau technique, des citoyens au sens critique développé, bien dans leur corps, au sein d’un cadre à l’architecture novatrice.
La dynamique des plantations s’accélère avec l’objectif de passer de 300 hectares à plus de 1000 d’ici trois ans. Les utilisateurs régionaux, producteurs de confiserie (calissons, nougats…) ou de cosmétiques souhaitent poursuivre leur engagement dans la relocalisation régionale de leurs approvisionnements pour mettre en valeur les circuits courts et garantir une traçabilité complète à leurs clients. « On a le climat et le soleil, on peut arriver à l’autonomie alimentaire, souligne l’agriculteur. Il faut que les élus prêtent l’oreille à ce problème et qu’ils accompagnent les organismes agricoles dans ce travail ».
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