Maîtriser le marcottage aérien et le bouturage des clématites : Guide complet

La multiplication des plantes est une étape gratifiante pour tout jardinier, qu’il s’agisse de pérenniser une variété rare ou d’agrandir son espace vert à moindre coût. Si le bouturage est une méthode classique, le marcottage aérien et le marcottage au sol offrent des alternatives puissantes, particulièrement pour les sujets ligneux ou les plantes grimpantes comme les clématites.

Schéma illustrant le processus de marcottage aérien sur une tige

Les fondamentaux du marcottage aérien

Le marcottage aérien est une méthode de multiplication des plantes qui consiste à provoquer l'émission de racines sur une tige sans la séparer de sa plante mère. Cette technique, bien que moins connue que le bouturage ou le semis, offre un taux de réussite élevé et permet d'obtenir des plantes identiques au pied d'origine, avec un développement racinaire déjà conséquent. Elle est particulièrement adaptée aux arbres et arbustes âgés, aux plantes dont les branches ne peuvent être abaissées jusqu'au sol, ou à celles dont le bouturage est réputé difficile.

Période et sélection du sujet

La période idéale pour entreprendre un marcottage aérien se situe au printemps, généralement entre avril et juin. C'est à ce moment que la sève circule le plus activement dans la plante, ce qui favorise le décollement de l'écorce et l'émission de nouvelles racines. Agir à l'automne est également possible, mais le risque de dessèchement des jeunes racines pendant l'hiver est accru.

La procédure commence par la sélection d'une tige ou d'une branche saine et vigoureuse, idéalement d'un an. Il est recommandé de choisir une branche dont le diamètre est compris entre 1 et 10 centimètres. Les feuilles et les pousses latérales sur une section d'environ 30 centimètres doivent être supprimées pour faciliter l'accès à la zone de marcottage.

Multiplier un figuier par marcottage aérien

Techniques de préparation de la tige

L'étape suivante consiste à créer une plaie sur la tige pour stimuler la cicatrisation et l'enracinement. Deux méthodes principales sont couramment utilisées :

  • L'anneau d'écorce : Sur la tige sélectionnée, retirez un anneau d'écorce d'une largeur d'environ 1 à 3 centimètres. Cette opération se réalise avec un greffoir bien aiguisé. Il est parfois conseillé de réaliser une seconde incision à une distance d'environ 4 cm de la première et de les relier par une incision verticale pour faciliter le retrait de l'écorce.
  • L'incision : Une autre approche consiste à réaliser une incision légère sur l'écorce sur une longueur de 5 à 10 cm, sans nécessairement retirer l'écorce, mais en veillant à ne pas endommager le bois sous-jacent.

Dans certains cas, pour faciliter la formation du bourrelet cicatriciel qui précède l'émission des racines, un fil d'aluminium de faible diamètre peut être posé à mi-hauteur de l'anneau d'écorce retiré. L'application d'hormone de bouturage sur la zone écorcée est une étape facultative qui peut aider à stimuler l'enracinement.

Création du microclimat et enveloppement

Une fois la plaie préparée, il est temps d'appliquer le substrat qui permettra le développement des racines. Le matériau de choix est la mousse de sphaigne (Sphagnum), reconnue pour sa capacité à retentir l'eau et à maintenir une bonne aération. D'autres substrats peuvent être utilisés en remplacement, tels qu'un mélange de terreau et de vermiculite, ou de tourbe et de perlite. L'important est que le substrat soit léger, retienne l'humidité sans être détrempé, et soit exempt d'impuretés.

Le substrat est ensuite façonné en une boule, d'un diamètre approximatif de 15 cm, puis enveloppé autour de la zone préparée de la tige. Pour maintenir ce substrat en place, un manchon est utilisé. Traditionnellement, il s'agit d'un sac plastique transparent, ouvert aux deux extrémités. La base du manchon est fixée à la tige avec du ruban adhésif, puis le substrat est inséré. L'extrémité supérieure est refermée. Pour protéger la marcotte de la lumière directe, le manchon est recouvert d'une feuille de papier aluminium.

Photographie montrant une marcotte aérienne protégée par de l'aluminium

Surveillance et sevrage de la marcotte

Durant les mois qui suivent, une surveillance régulière est nécessaire. Il est primordial de maintenir la sphaigne constamment humide. L'apparition de fines racines blanches ou rougeâtres à travers le substrat est le signe que le marcottage réussit. Il est souvent recommandé d'attendre que ces racines deviennent brunes avant de procéder au sevrage.

Le sevrage consiste à séparer la nouvelle plante de sa plante mère en coupant la tige juste en dessous de la zone où les racines se sont formées. Pour les marcottes de plus grand diamètre, il est souvent possible de les planter directement en pleine terre. Cependant, pour les marcottes plus petites, une phase transitoire en pot, dans un mélange de terreau fertile et de sable, est fortement recommandée.

Le cas spécifique des clématites : entre marcottage et bouturage

Les clématites font craquer tous les jardiniers par la profusion de leur floraison et la délicatesse de leur feuillage. Bien qu'elles aient la réputation d'être capricieuses, elles sont tout à fait cultivables et se multiplient aisément.

Le marcottage au sol des clématites

Pour les clématites, le marcottage au sol est la méthode la plus utilisée pour les tiges souples. Le procédé consiste à enterrer une tige pour lui faire produire des racines. Le mois d'août est une bonne période, après la floraison, mais agir au printemps est également possible.

  1. Préparation : Préparez des pots de taille moyenne remplis d'un mélange de terre végétale et de terreau.
  2. Mise en terre : Sélectionnez des tiges basses, supprimez les feuilles excepté à l'extrémité, et réalisez une petite entaille dans l'écorce.
  3. Fixation : Enterrez la zone incisée dans le pot à l'aide d'un cavalier. Un tuteur doit maintenir l'extrémité de la tige à la verticale.
  4. Entretien : Gardez le substrat au frais et à l'abri du soleil direct. Le sevrage intervient lorsque les racines mesurent au moins 7 à 8 centimètres.

La technique du bouturage

Le bouturage des clématites se pratique de la fin du printemps au début de l'été. Sélectionnez un sujet implanté depuis au moins 2 ans. Prélevez des tiges d'une quinzaine de centimètres possédant au moins 2 yeux. Supprimez toutes les feuilles hormis celles de l'extrémité que vous couperez à moitié. Installez vos boutures dans un pot avec une couche de drainage et rempli de sable et de terreau.

L'utilisation d'une cloche permet de créer un environnement humide et chaud, favorisant l'enracinement. Les boutures doivent être placées à la lumière, mais sans soleil direct. Vérifiez régulièrement l'humidité du substrat.

Infographie comparant le taux de réussite entre bouturage et marcottage

Conseils de plantation et entretien des jeunes sujets

Une fois la marcotte ou la bouture prête, le choix de l'emplacement est crucial. Les clématites aiment avoir la tête au soleil et le pied à l'ombre. Dans les régions situées au-dessus de la Loire, prévoyez pour l'hiver une bonne protection contre le froid.

Lors de la plantation, prévoyez des arrosages copieux les jours précédents pour avoir des mottes bien hydratées. Si vous installez la clématite contre un mur, gardez un espace d'au minimum 10 centimètres pour que l'air circule bien. La marcotte de clématite doit être placée horizontalement dans le trou, en direction du support, pour un meilleur système racinaire.

L'entretien durant les premières années demande une attention particulière à l'arrosage, sans excès. Des apports en matière organique sont bienvenus à l'automne et au printemps. Pour les espèces à floraison tardive, taillez sévèrement juste avant la reprise de la végétation à la fin de l'hiver, en rabattant la moitié des tiges à une trentaine de centimètres, au-dessus d'un œil. Les associations avec des arbustes ou des arbres fruitiers sont vivement recommandées pour protéger le pied de la plante et offrir un support naturel à cette magnifique grimpante.

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