Le marcottage est une méthode de multiplication des végétaux qui suscite un intérêt croissant chez les jardiniers, novices comme expérimentés. Particulièrement simple et économique, elle permet d'obtenir de nouvelles plantes fidèles à la plante mère. Parmi les différentes techniques, le marcottage aérien se distingue comme une solution idéale pour des espèces spécifiques, dont l'actinidia, plus communément appelé kiwi. Cette approche, pratiquée hors-sol, offre un taux de réussite élevé et permet d'obtenir rapidement un nouveau plant autonome.

Comprendre le Marcottage : Principes et Avantages
Le marcottage est un procédé ingénieux qui utilise le pied mère pour provoquer la multiplication des végétaux. Contrairement au bouturage, cette technique permet aux racines de se développer sur la partie aérienne de la plante, recréant ainsi un clone du pied mère. Cette rhizogenèse, ou formation de racines, s'opère en "mariant" une branche avec un substrat humide, pour ensuite sevrer la nouvelle plante une fois qu'elle est suffisamment enracinée.
Pourquoi choisir le marcottage pour le kiwi ?
Le marcottage offre de multiples avantages, notamment pour le kiwi. Il permet d'obtenir un nouveau plant qui reprend toutes les caractéristiques de la plante mère, qu'il s'agisse de son esthétique, de ses besoins spécifiques ou encore de la qualité de ses fruits. De plus, il garantit un taux de réussite assez élevé puisque la jeune pousse bénéficie toujours de l'apport en sève de la plante mère pendant qu'elle développe son propre système racinaire. Cela contraste avec le bouturage, où le segment coupé doit survivre de manière autonome dès le départ.
Les lianes du kiwi sont particulièrement souples et peuvent dépasser 10 mètres par an, ce qui les rend très faciles à marcotter. En utilisant cette méthode, il est possible d'obtenir plus rapidement un nouveau plant qu'avec le bouturage, avec une mise à fruit plus précoce. Toutefois, il est important de noter que le marcottage ne permet pas d'obtenir autant de nouveaux plants simultanément qu'un semis ou un bouturage à grande échelle.
Le Marcottage et le Marcottage Aérien 🌳 de A a Z !!!
Marcottage aérien versus marcottage traditionnel
Le marcottage aérien, comme son nom l'indique, diffère du marcottage traditionnel où la branche est directement en contact avec le sol. Dans le cas du marcottage aérien, la formation des racines se fait sur une portion de branche qui reste attachée à la plante mère, mais qui est enveloppée d'un substrat humide et confiné, généralement dans une capsule ou un manchon. Cette technique est souvent recommandée pour les arbustes difficiles à enraciner ou les plantes ligneuses, ainsi que pour certaines plantes d'intérieur.
Le Marcottage Aérien du Kiwi : Un Guide Étape par Étape
Le marcottage aérien est une technique simple et peu coûteuse pour obtenir de nouvelles plantes de kiwi. Si vous avez déjà un pied de kiwi et que vous souhaitez en avoir d'autres, que ce soit pour obtenir plus de fruits ou pour agrémenter un espace libre avec cette jolie liane, pas besoin de vous précipiter en jardinerie ! Le marcottage aérien vous permettra d'obtenir rapidement une nouvelle plante autonome.
Période propice au marcottage aérien du kiwi
Pour le kiwi, le marcottage aérien se pratique idéalement au printemps (avril à juin), lorsque la production de sève est la plus active. Cela permet à la plante de créer suffisamment de racines avant l'hiver. Si le sujet est marcotté trop tard, il pourrait ne pas avoir le temps de développer un système racinaire robuste avant les périodes de froid. Cependant, certaines sources indiquent également que le marcottage aérien du kiwi peut se pratiquer à l'automne, au moment de la récolte des fruits. Il est alors conseillé de conserver la capsule en place jusqu'au printemps suivant pour un enracinement optimal.
Matériel nécessaire
Pour réussir le marcottage aérien de votre kiwi, rassemblez le matériel suivant :
- Un greffoir propre et désinfecté (ou un couteau à greffer bien aiguisé). La désinfection est cruciale pour éviter la transmission de maladies.
- Une capsule de marcottage en plastique (ou un manchon en plastique résistant). Ce dispositif crée un environnement confiné et humide propice à l'enracinement.
- De la mousse (sphaigne), ou à défaut, de la tourbe ou du terreau de semis, voire du terreau horticole. La sphaigne est particulièrement appréciée pour sa capacité à retenir l'humidité.
- Du fil de fer (pour fixer la capsule si elle n'est pas auto-serrante).
- Un récipient pour la préparation du substrat.
- Un pulvérisateur à eau (pour humidifier le substrat).

Sélection de la plante mère et de la branche
Avant de commencer, la sélection de la plante mère est primordiale. N'oubliez pas que les kiwis sont des plantes dioïques, ce qui signifie qu'il existe des pieds mâles et des pieds femelles. Pour produire des fruits, vous devez prévoir un pied mâle pour au moins 4 pieds femelles, à moins de marcotter une variété autofertile comme 'Issai', 'Solo' ou 'Jenny'. Si vous marcottiez un pied mâle, le nouveau plant serait également mâle et ne produirait pas de fruits.
Choisissez une branche vigoureuse et saine, de préférence une pousse de l'année ou âgée d'un ou deux ans tout au plus, pour assurer une meilleure reprise. Vous la reconnaîtrez aisément grâce à son écorce marron clair et souple, alors que les branches plus âgées foncent et durcissent. L'épaisseur de la branche doit être d'au moins 1 cm, en évitant les trop gros diamètres.
Préparation de la branche
- Réalisation de l'incision : À l'aide de votre couteau à greffer bien aiguisé et désinfecté, réalisez une incision annulaire sur tout le pourtour de la branche. Le marcottage se fera toujours au niveau d'un nœud (là où se trouvait une feuille), car c'est un endroit plus propice au développement racinaire.
- Deuxième incision et retrait de l'écorce : Faites une seconde incision à une distance égale à 1,5 fois l'épaisseur de la tige. Ensuite, réalisez une incision reliant les deux premières et retirez délicatement l'écorce. Suite à cette opération, vous devez voir le bois de la tige (le cambium doit être à nu). Certains préfèrent gratter l'écorce sur 3 à 5 cm de long pour favoriser la formation des racines.
Préparation du substrat
Récupérez la mousse (sphaigne) et essorez-la délicatement. Si vous ne pouvez pas vous procurer de sphaigne, remplacez-la par de la tourbe ou du terreau de semis ou horticole. Humidifiez le substrat jusqu'à obtenir une consistance qui permet de former des boules qui se tiennent bien.
Installation et stabilisation de la capsule
- Remplissage de la capsule : Remplissez chaque moitié de la capsule de marcottage avec le substrat humide jusqu'à ras bord.
- Mise en place sur la branche : Placez la branche préparée (zone dénudée) au centre de la capsule, en veillant à ce qu'elle soit bien en contact avec le terreau (quitte à en rajouter un peu).
- Fermeture et fixation : Refermez ensuite soigneusement la capsule à l'aide des clips latéraux. Pour finir, utilisez un fil de fer pour fixer la capsule à la branche. Serrez suffisamment pour éviter tout déplacement, néanmoins pas trop pour ne pas risquer d'abîmer la branche. Cette fixation permet au rameau alourdi de ne pas casser à cause des intempéries. Assurez-vous que la capsule soit bien positionnée pour un bon ensoleillement et que l'eau de pluie puisse rentrer naturellement par le haut et ressortir par le bas si nécessaire.

Suivi et entretien
Une fois le manchon ou la capsule en place, surveillez tous les 15 jours le niveau d'humidité du substrat. En principe, aucun ajustement n'est à prévoir. Si la marcotte prend, la plante fournira elle-même l'eau nécessaire. Vous pouvez surveiller l'apparition des racines puisque la capsule est transparente.
Au bout de quelques mois, vous devriez voir apparaître des extrémités racinaires blanches ou rouges en fonction de la plante. Il faudra cependant être patient et attendre qu'elles deviennent brunes avant de procéder au sevrage de la marcotte. La formation des racines se fait généralement en quelques semaines, mais il est conseillé de conserver la capsule en place jusqu'au printemps prochain pour le kiwi.
Sevrage et rempotage
Lorsque les racines sont bien développées et brunies, il est temps de séparer le jeune plant de sa plante mère.
- Retrait de la capsule : Retirez le manchon ou la capsule en prenant soin de ne pas abîmer la boule de mousse et les racines. Si vous avez procédé avec un autre substrat, ce dernier pourrait avoir tendance à se désagréger et emporter avec lui les nouvelles racines, soyez donc délicat.
- Préparation du pot : Pour cette étape, vous devez choisir un pot volumineux et profond et le remplir d'un mélange de terreau et de sable.
- Plantation : Ensuite, plantez la marcotte en prenant soin des racines et en recouvrant bien la mousse.
- Arrosage et protection : Arrosez généreusement le nouveau plant et placez-le à l'abri du soleil sous un climat chaud, ou à mi-ombre si les températures sont élevées. Protégez-le du froid l'hiver.
Après quelques semaines, le jeune plant sera bien enraciné et prêt pour son installation définitive en pleine terre ou dans un pot plus grand.
Les Différents Types de Marcottage et Leur Application
Le marcottage est une technique versatile qui se décline en plusieurs variantes, chacune adaptée à des types de plantes et des contextes différents.
Le marcottage par couchage
C'est la méthode la plus simple et la plus couramment utilisée, particulièrement adaptée aux plantes à rameaux souples comme le lierre, la potentille, l'hortensia, le rhododendron, la clématite, la viorne, et bien sûr, le kiwi.
Comment procéder :Effeuillez l'une des tiges de la plante mère, puis enterrez-la en partie afin qu'elle produise de nouvelles racines. Il sera ensuite possible de la replanter ailleurs, une fois bien enracinée et désolidarisée de son pied mère. Pour une meilleure réussite, on peut enterrer cette tige mère dans un godet, maintenue par un cavalier. Quand les racines auront bien prises, vous pourrez couper la tige mère.
Pour le kiwi, observez le pied afin de repérer une tige saine, flexible, pas trop âgée pour qu'elle ne soit pas trop lignifiée, soit une tige d'environ un an ou deux. Préparez le sol à l'endroit où vous allez enterrer la partie de la tige. Creusez une petite tranchée de 15 à 20 cm de profondeur dans un sol léger et bien drainé. Supprimez les feuilles sur la partie à enterrer et grattez légèrement l'écorce sur 3 à 5 cm de long pour favoriser la formation de racines. Enterrez la partie incisée ou griffée de la tige dans le sillon, en veillant à bien la recouvrir avec un mélange de terre, de terreau et de compost. Tassez autour de la partie enfouie et arrosez généreusement.
La séparation de la plante mère n'intervient qu'après quelques mois, lorsque la tige enterrée a développé des racines. Avec ses lianes souples, l'arbre kiwi se marcotte plutôt facilement.

Le marcottage en serpenteau ou en serpent
Cette variante est idéale pour les plantes grimpantes et repose sur le même principe que le marcottage par couchage, mais avec une différence : la tige choisie doit être suffisamment longue pour être enterrée à divers endroits. À chaque point enterré, un nouveau pied va se développer. On peut également enterrer la tige dans des pots.
Les végétaux que l'on peut marcotter de cette façon sont la glycine, l'aristoloche, la vigne vierge, l'akebia ou encore la passiflore.
Le marcottage en cépée ou en butte
Ce type de marcottage est adapté aux arbustes et aux plantes buissonnantes dont les rameaux sont trop rigides pour être courbés et enterrés dans la terre. Il s'effectue en fin d'hiver ou au tout début du printemps.
Comment procéder :Rabattez tout d'abord le pied mère à une vingtaine de centimètres du sol. Ensuite, ajoutez un mélange de sable et de tourbe que vous butterez avec le pied, en veillant à ce que le haut des rameaux reste hors du sol. Un an après, retirez la butte et prélevez les pousses ayant produit des racines. Cette opération doit être effectuée avec précaution pour ne pas endommager l'ensemble. Ce type de marcottage est parfaitement adapté pour multiplier les cognassiers à fruits et cognassiers du Japon, les bruyères, le forsythia et le seringat.

Le Kiwi : Une Liane Fructifère à Multiplier
Le kiwi (Actinidia deliciosa), également appelé groseille de Chine ou Yang tao, est une liane volubile vigoureuse qui peut dépasser 10 mètres de long. Originaire de Chine, il est aujourd'hui cultivé à grande échelle dans de nombreuses régions du monde. Ce fruit, riche en vitamine C, apprécie les expositions ensoleillées ou à mi-ombre et un sol léger et bien drainé.
Le kiwi est particulièrement rustique, résistant à des températures allant jusqu'à -15 à -20°C. Cependant, il craint les gelées tardives printanières qui peuvent anéantir les fleurs et, par conséquent, la récolte de fruits.
Comme mentionné précédemment, la plupart des variétés de kiwi sont dioïques, nécessitant un pied mâle pour polliniser les pieds femelles et assurer la fructification. Un seul pied mâle peut suffire pour polliniser jusqu'à 6 pieds femelles. Les variétés autofertiles, comme ‘Issai’, ‘Solo’ ou ‘Jenny’, sont une exception et peuvent produire des fruits seules.

Importance de l'emplacement et du support
En raison de sa croissance vigoureuse, le kiwi doit être conduit sur des fils tendus entre des piquets, le long d'un mur orienté sud ou sud-ouest, voire sur une pergola ou une tonnelle. Ses lianes souples sont idéales pour escalader des supports et apporter de l'ombre, en plus de produire des fruits délicieux. En fin d'été, il est bon de penser à installer des plantes qui fourniront de l'ombre, et les lianes fruitières comme le kiwi cumulent l'utile de l'ombrage à l'agrément de leurs fruits.
Au-delà du Marcottage : Variétés et Particularités du Kiwi
Bien que le marcottage soit une méthode efficace, il est intéressant de connaître les différentes variétés de kiwi et leurs spécificités.
Variétés classiques et autofertiles
Les variétés classiques d'Actinidia deliciosa, comme 'Hayward' (femelle) ou 'Tomuri' (mâle), sont les plus courantes et nécessitent la présence des deux sexes pour la production de fruits. Les variétés autofertiles, développées pour faciliter la culture pour les jardiniers ayant peu d'espace ou souhaitant une seule plante, offrent la possibilité d'obtenir des fruits avec un seul pied.
Autres espèces d'Actinidia
En dehors de l'Actinidia deliciosa, il existe d'autres espèces intéressantes comme l'Actinidia arguta, plus connu sous le nom de kiwaï ou kiwi de Sibérie. Ses petits fruits à peau lisse n'ont pas besoin d'être pelés et sont très appréciés pour leur saveur. Le kiwaï est également plus rustique que le kiwi classique.
Le marcottage, qu'il soit aérien ou par couchage, reste une excellente option pour multiplier ces différentes variétés et enrichir votre jardin avec ces lianes productrices de fruits.
La Patience est une Vertu du Jardinier
Quelle que soit la technique de marcottage choisie, la patience est une qualité essentielle pour le jardinier. Parfois, une année entière est nécessaire pour obtenir les résultats escomptés, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle tant les effets de cette opération sont spectaculaires. Le plaisir de déguster des fruits de son propre jardin, issus de plantes que l'on a soi-même multipliées, est une récompense inestimable.
Le marcottage du kiwi, comme d'autres techniques de multiplication végétative, s'inscrit dans une démarche de jardinage durable et économique. En apprenant à maîtriser ces méthodes, chacun peut contribuer à la richesse de son jardin et à la préservation de la biodiversité végétale.
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