Maîtrise du marcottage aérien sur Carpinus coreana et Carpinus betulus en bonsaï

Le charme fait partie de ces arbres emblématiques en bonsaï. Il existe une quarantaine d’espèces, dont le charme commun qui est endémique dans nos régions. Lorsque l’on se promène en forêt, il n’est pas rare que l’on aperçoive des charmes. Le charme est facilement reconnaissable à son écorce lisse et grisâtre, ainsi qu’à ses feuilles alternées légèrement dentelées. Comment reconnaitre un charme d’un hêtre ? Retenez la maxime « Le charme d’Adam est d’être à poil ».

En bonsaï, le charme commun (Carpinus Betulus) a souvent été relégué en second choix par rapport au charme de Corée (Carpinus Coreana). Pourtant, le charme commun n’a pas à rougir car il offre l’un des plus beaux feuillages jaunes à l’automne. Il est également important pour nous de mettre en avant des bonsai formés à partir d’arbres de chez nous, qui sont parfaitement adaptés à notre climat et sont plus résistants. Les arbres permettant de créer une belle forêt en bonsaï ne sont pas si courants. Si vous recherchez une essence pour faire un multi-tronc, le charme est aussi un bon candidat.

Schéma illustrant la différence entre Carpinus betulus et Carpinus coreana

Les fondements de la culture du charme en bonsaï

Si le charme peut se former dans de nombreux styles, ce n’est pas non plus un arbre de montagne. On évitera donc les formes en cascade ou bien celles un peu trop tortueuses. C’est un des arbres les plus faciles en bonsai, et beaucoup de débutants ont donné leurs premiers coups de ciseaux sur un charme. Le charme aime bien le soleil, mais sans excès, surtout en bonsaï. Au printemps, vous pouvez le laisser en plein soleil, ce qui favorisera des entre-nœuds et des feuilles plus petites. Mais dès l’arrivée des fortes chaleurs (généralement à partir de fin juin), il est préférable de l’installer dans un endroit exposé à l’Est. Dès septembre, vous pouvez le remettre le charme en plein soleil ; ses feuilles vont progressivement virer au jaune puis devenir marron. C’est une essence qui supporte assez bien le gel jusqu’à -10°C.

Votre bonsai « se portera comme un charme » si vous lui donnez suffisamment d’eau, mais sans excès non plus. En été, c’est donc un arrosage tous les jours. Pour un petit bonsaï, c’est même plusieurs fois par jour ! Dès que la première pousse du printemps s’est allongée (en mai), vous pouvez commencer à mettre de l’engrais. Utilisez un engrais équilibré en NPK et n’hésitez pas à en remettre tous les 2 mois, jusqu’en octobre. Souvenez-vous que la fertilisation n’est efficace que si elle s’accompagne d’un bon arrosage.

Comment bien arroser ses plantes d'intérieur - Truffaut

Techniques de structure et entretien racinaire

Taillez les racines au printemps, juste avant le démarrage de la végétation, c’est-à-dire juste avant que les bourgeons ne commencent à s’ouvrir. Le charme se rempote tous les 2 ou 3 ans, et pour un bonsaï plus mature, vous pouvez espacer un peu plus. On ne rempote pas suivant un calendrier, mais parce que l’arbre en a besoin. N’hésitez pas à retirer l’arbre de sa poterie et vérifier si le pain racinaire est très compact. Utilisez une poterie avec un peu de profondeur.

En hiver, faites une taille de structure en coupant toutes les branches inutiles à l’esthétique. Le charme supporte bien les tailles sévères, vous pouvez sans problème supprimer une branche sans le mettre en danger. Comme les feuilles du charme ne tombent pas en hiver, vous serez amené à les enlever vous-même afin de mieux voir la structure de l’arbre. Pendant la saison de pousse, du printemps jusqu’à l’automne, taillez régulièrement les rameaux qui dépassent du profil de l’arbre afin de le faire ramifier. Il faut cependant bien « laisser tiger » avant de sortir votre paire de ciseaux ; on ne taille que lorsque le rameau commence à lignifier, c’est-à-dire qu’il se transforme en bois. Généralement, vous verrez que lorsque le rameau a fait 7 à 10 feuilles, il perd sa couleur vert tendre pour devenir marron (du bois). Le charme est un arbre qui ramifie assez bien et qui bourgeonne facilement en arrière. Il est possible de faire une défoliation sur un charme, mais c’est une technique que nous ne conseillons pas.

Le marcottage aérien comme levier de perfectionnement

Un aspect très important du Bonsaï est son Nebari (ou: collet), les racines de surface qui offrent un équilibre visuel à l’arbre. Créer un Nebari peut se faire de deux manières différentes; en taillant régulièrement les racines qui poussent vers le bas, ou en utilisant une technique de multiplication: le marcottage aérien. Le marcottage aérien est une technique d’horticulture qui est principalement utilisée pour multiplier les arbres. Le marcottage aérien a pour but la propagation végétative (asexuée) des arbres. Les nouvelles plantes forment de nouvelles racines sur la plante mère.

Étapes détaillées du marcottage aérien sur un tronc de charme

Lors du marcottage aérien, 2 coupes parallèles sont faites avec un couteau bien aiguisé autour d'une branche appropriée sur un arbre mère. Ces coupes doivent être effectuées en profondeur, jusqu’au bois. Dans l'étape suivante, l'écorce est enlevée entre les 2 coupes jusqu’au bois. Ensuite, l'anneau (bande) entre les 2 coupes est complètement enveloppé de mousse de sphaigne humide. Le meilleur moment pour le marcottage aérien est la fin du printemps (avril). Là où la marcotte est posée, le Phloème est complètement coupé lors de la coupe des anneaux et de leur retrait. Il n'est donc plus possible de transporter le sucre vers le bas. Tant que les racines à l’intérieur du marcottage aérien sont maintenues humides et sombres, la branche peut continuer à croître normalement.

Applications spécifiques au façonnage du bonsaï

Le marcottage aérien de bonsaï est utilisé dans le façonnage des bonsaïs comme technique pour améliorer la qualité du bonsaï. Parfois, on l’utilise pour raccourcir un long tronc ou pour créer un nouveau pré-bonsaï. Raccourcir un long tronc: parfois, les bonsaïs ou les pré-bonsaïs ont un bel houppier, mais une tige excessivement longue (la distance entre la surface du substrat et la 1ère branche principale est trop grande). En faisant un marcottage aérien, c’est-à-dire que de nouvelles racines se formeront plus haut, le tronc peut être raccourci après avoir enlevé les vieilles racines.

Mauvais collet racinaire (= Nebari): le collet racinaire ne correspond pas aux exigences de qualité (par exemple, inégale, unilatérale) et doit être améliorée. Si un collet racinaire est si mauvais qu'il ne peut pas être amélioré par d'autres techniques, le marcottage aérien du bonsaï est un moyen d'obtenir un collet racinaire complètement nouveau un peu plus en haut sur le tronc. Malformations du tronc: Si le tronc a des malformations qui ne peuvent pas être corrigées autrement (par exemple un tronc bulbeux, c'est-à-dire que le tronc se rétrécit vers les racines), le marcottage aérien sur un bonsaï peut être utilisé pour créer un nouveau collet racinaire sur la malformation.

Il existe différents types de techniques de marcottage aérien :

  1. Interrompez le flux de sucre en coupant et enlevant le Phloème et l'écorce, en enrouillant du fil bonsaï autour du tronc (méthode Tourniquet) ou en utilisant une sphère de mousse.
  2. Mise en terre directe pour les branches basses.
  3. Remplacement progressif du système racinaire par étouffement.
  4. Rempotage du nouvel arbre une fois le système racinaire autonome.

En retirant les grosses racines qui poussent verticalement chaque fois que l’on rempote un arbre, la croissance est reportée vers les racines latérales. Cette méthode consiste à serrer un fil autour de la base du tronc, bloquant ainsi partiellement le flux de sève qui retourne aux racines. Quand le tronc va grossir, le flux de sève va diminuer de plus en plus, obligeant l’arbre à faire de nouvelles racines juste au-dessus du fil. Le marcottage est une technique proche du bouturage, dans la mesure où, comme celle-ci, elle est fondée sur le principe de l’émission spontanée des racines sur un rameau. Mais ici, l’enracinement s'effectue sans séparation préalable du rameau du pied mère, l’opération se faisant par contact d’une partie de branche avec la terre ou un milieu favorable à l’émission des racines. Il s’agit donc d’une méthode de multiplication plus douce, le rameau n’étant séparé de la plante mère que lorsqu’il est suffisamment enraciné; il n’y a donc pas de rupture dans le processus végétatif. Par contre, pour le marcottage par couchage, il faut contraindre le rameau à se courber jusqu'à terre en lui imprimant une sorte de forme "kengaï".

tags: #marcottage #carpinus #coreana #bonsai