Le marcottage aérien est une méthode de multiplication végétative des plantes, généralement utilisée sur des arbres ou des arbustes âgés, des plantes dont les branches ne peuvent être abaissées jusqu'au sol pour un marcottage classique, ou des plantes dont le bouturage est délicat. Le chêne blanc, par sa nature ligneuse et ses exigences de croissance, peut bénéficier de cette technique lorsque les méthodes de multiplication conventionnelles s'avèrent inefficaces. Le but du marcottage aérien est de provoquer la formation de racines sur une des branches de la plante mère à multiplier. Avec ce type de multiplication, on obtient une nouvelle plante identique à la plante mère, et avec son aide, puisqu'elle alimente la marcotte jusqu'au sevrage.

Principes fondamentaux du marcottage aérien
Le marcottage aérien est une technique de multiplication des végétaux pratiquée hors-sol. Autre avantage, comparé à une multiplication par bouturage : inutile de stocker à l'abri, sous serre ou dans la maison, la marcotte le temps du développement du système racinaire ! Le marcottage consiste à faire enraciner un segment de tige sans le couper de la plante mère. La nouvelle plante ainsi obtenue ne sera détachée que lorsqu’elle sera capable de s’alimenter et de croître grâce à ses nouvelles racines, ce qui se traduira par l’émission de nouvelles pousses vigoureuses.
C'est un procédé simple et peu coûteux pour obtenir de nouvelles plantes pour votre jardin. Bien que certains puissent affirmer qu'il s'agit d'une méthode pour multiplier les végétaux de façon plus rapide que le semis ou le bouturage, il faut être précis : la mise en œuvre est plus longue que pour ces deux autres techniques.
Préparation et choix du matériel
Pour réussir le marcottage aérien, notamment sur des essences robustes comme le chêne, le choix du matériel est crucial. Vous aurez besoin de :
- Un greffoir ;
- Un manchon en plastique transparent (sac plastique ouvert aux deux bouts) ;
- Du papier aluminium ;
- Du ruban adhésif ;
- De la mousse de sphaigne (ou autre substrat qui retient l'eau : terreau + vermiculite, tourbe + perlite).
La sphaigne est idéale car elle maintient une humidité constante autour de la zone de cicatrisation. Si vous ne pouvez pas vous procurer de sphaigne, remplacez-la par de la tourbe ou du terreau.
La mise en œuvre pratique : étape par étape
La bonne époque pour le marcottage aérien se situe au printemps, lorsque les plantes sont en sève. Cela facilite le décollement de l'écorce. Ce type de marcotte se pratique en général d'avril à juin, lorsque la production de sève est la plus active. Si le sujet est marcotté trop tard, il n’aura pas le temps de créer suffisamment de racines avant l’hiver.
1. Choix de la brancheChoisir une tige de un an, bien lignifiée et saine. Pour garantir la réussite de la marcotte, sélectionnez une branche d’une bonne longueur et dont l’épaisseur doit être d’au moins 1 cm. Évitez cependant les trop gros diamètres. Supprimer les feuilles et les pousses latérales sur 30 centimètres.
2. Fixation du manchonEnfiler le manchon plastique de façon à recouvrir une partie de la zone effeuillée du rameau. Fixer la base du manchon à la tige, à l'aide d'un ruban adhésif. Abaisser le manchon.
3. Suppression d'un anneau d'écorceEntailler l'écorce de la tige à l'aide du greffoir ; l'incision doit former un anneau autour de la tige. Faites une seconde incision à une distance égale à 1,5 fois l’épaisseur de la tige. Réalisez une incision reliant les deux premières et retirez l’écorce. Suite à cette opération, vous devez voir le bois de la tige. Conseil : l'incision supérieure doit si possible se trouver sous un œil.
4. Application des hormonesSaupoudrer de l'hormone de bouturage sur la zone écorcée (étape facultative). Cela peut stimuler la production de radicelles sur des espèces plus récalcitrantes.
5. Remplissage et mise en placeDéplier le manchon et le remplir de mousse de sphaigne préalablement humidifiée. Récupérez la mousse et essorez-la délicatement. Ensuite, insérez-la dans le manchon et réalisez une boule de la taille d’une balle de tennis. Tasser légèrement puis refermer l'extrémité ouverte du manchon. Recouvrir le manchon d'une feuille d'aluminium, pour occulter la lumière.
Vidéo Mur en Sphaigne
Surveillance et entretien de la marcotte
Une fois réalisée, la marcotte représente un certain poids pour la tige. Conseil malin : une branche fine peut avoir du mal à supporter le poids de sa marcotte. Pour éviter qu'elle casse, installez un tuteur. Lorsque le manchon est en place, surveillez tous les 15 jours le niveau d’humidité du substrat. En principe, aucun ajustement n’est à prévoir. Si la marcotte prend, la plante fournira elle-même l’eau nécessaire.
Il faut patienter plusieurs mois en vérifiant l'humidité de la mousse de sphaigne. L'humidifier si nécessaire en ouvrant le manchon et en vaporisant de l'eau, ou en injectant de l'eau à travers le manchon, à l'aide d'une seringue. Au bout de quelques mois, vous devriez voir apparaître des extrémités racinaires blanches ou rouges en fonction de la plante. Il faudra cependant être patient et attendre qu’elles deviennent brunes avant de procéder au sevrage de la marcotte.
Le sevrage et la transplantation
Lorsque un système racinaire suffisamment important s'est formé (vous pouvez l'observer en enlevant de temps en temps le papier aluminium recouvrant le manchon), il est temps de sevrer la marcotte. Selon les végétaux, le développement des racines peut prendre plus ou moins de temps, de quelques mois à un an.
Détacher la marcotte en la coupant juste au-dessous des racines. Retirez le manchon en prenant soin de ne pas abîmer la boule de mousse et les racines. Si vous avez procédé avec un autre substrat, ce dernier pourrait avoir tendance à se désagréger et emporter avec lui les nouvelles racines. Pour cette étape, vous devez choisir un pot volumineux et profond et le remplir d’un mélange de terreau et de sable. Ensuite, plantez la marcotte en prenant soin des racines et en recouvrant bien la mousse. Installez le plant à l’abri du soleil sous un climat chaud pour favoriser la reprise.
Comparaison avec les autres méthodes de marcottage
Bien que le marcottage aérien soit une technique spécifique, il existe d'autres variantes de marcottage, comme le marcottage au sol ou le marcottage chinois. Le marcottage au sol est le plus commun. Creusez un sillon dans la terre à proximité de la plante. Choisissez un rameau situé en périphérie, ôtez les feuilles basales et couchez-le directement dans le sillon préalablement créé. Fixez avec un cavalier métallique et rebouchez le sillon avec de la terre meuble ou mieux, un mélange constitué de sable et de tourbe.
Le marcottage chinois, quant à lui, consiste à pratiquer une incision de 3 cm de long sur la tige juste derrière un bourgeon ; vous pouvez reproduire ce geste à intervalles réguliers tout le long de la tige. Enterrez alors les points incisés directement au sol et maintenez-les à l’aide d’un crochet métallique ou d’un objet lourd.
Il existe également le marcottage à long bois, qui consiste à coucher la plus longue pousse possible dans une tranchée de 1 cm de profondeur. La particularité de cette technique réside dans le buttage progressif de la marcotte. Au fur et à mesure que des pousses se développent, on les recouvre en partie du même substrat. Il ne faut pas hésiter à butter souvent, de manière que les yeux naissants des jeunes pousses produisent également des racines. Toutefois, le marcottage à long bois a tendance à épuiser un peu la plante mère.

Considérations physiologiques sur la multiplication des ligneux
La réussite de ces opérations dépend fortement de l'état physiologique de la plante mère. Dans le cas du marcottage à long bois, la reprise est immédiate ou presque et coïncide avec le départ de la végétation et le développement des yeux en jeunes pousses. Il est impératif d'attendre l'arrêt complet de la végétation pour effectuer le sevrage.
Pour les techniques de buttage, on recouvre la marcotte d'une vingtaine de centimètres de terre légère, ce qui améliore sensiblement la qualité de l'enracinement. Chaque jeune pousse développée est sélectionnée avec ses racines et se comporte alors comme un nouveau plant. Ces méthodes sont particulièrement adaptées aux plantes grimpantes ou aux arbustes ligneux qu’il est difficile de multiplier par bouturage, tels que les chèvrefeuilles, genévriers rampants, saules ou les lierres panachés.
En observant attentivement le développement des racines, qu'elles soient aériennes ou souterraines, on comprend que la patience est le maître-mot de ces techniques de multiplication. La formation d'un système racinaire autonome est le garant de la pérennité de la nouvelle plante, assurant ainsi la transmission fidèle des caractéristiques de la plante mère à sa descendance clonale.
tags: #marcottage #de #chene #blanc