Le marcottage est une méthode de multiplication de plantes assez simple à réaliser et gratuite. Elle nécessite seulement un peu de matériel et de choisir la bonne technique, en fonction des végétaux à multiplier. Le marcottage permet d’obtenir une nouvelle plante qui reprend toutes les caractéristiques du pied mère. Le marcottage peut intervenir spontanément dans la nature. Il suffit qu’une tige attachée au pied mère développe de nouvelles racines indépendantes, lorsqu’elle est en contact prolongé avec le sol. L’avantage du marcottage est qu’il permet d’obtenir facilement et gratuitement de nouvelles plantes, que ce soit pour créer une haie, pour profiter d’une nouvelle variété ou pour rajeunir une plante vieillissante. Le marcottage offre un taux de réussite assez élevé, puisque le plant bénéficie encore de l’apport de sève de la mère le temps de développer ses propres racines.

Principes Fondamentaux de la Multiplication des Conifères
La multiplication des conifères peut s’effectuer de plusieurs façons : le semis, le bouturage, le marcottage et le greffage, les trois dernières assurant la conformité avec la plante mère. Dans la nature, tous les conifères à l’exception de quelques cultivars se multiplient par semis. Toutefois, pour le jardinier ou l'amateur souhaitant reproduire une variété spécifique, le marcottage représente une alternative intéressante.
Lamarcotte peut se pratiquer, à l’occasion, sur certaines variétés pour multiplier à l’unité. Bien que le bouturage soit la pratique la plus courante en horticulture industrielle - notamment pour les genres Thuya, Cupressocyparis, Chamaecyparis et Juniperus - le marcottage reste une méthode efficace pour les conifères à branches souples et à enracinement facile. Pour des genres comme les Picea (épicéas), le bouturage demande des techniques plus élaborées avec un temps d’enracinement long, souvent deux hivers, ce qui rend le marcottage, lorsqu'il est techniquement réalisable, une option de clonage très fidèle.
Le Marcottage au Sol : Techniques et Application
Cette technique est idéale pour les plantes aux tiges bien souples, qu’il est facile de courber sans les casser. Elle intervient généralement au printemps, après le réveil végétatif de la plante. Il s'agit de la forme la plus naturelle de multiplication.
- Préparation du rameau : Choisissez une tige saine et vigoureuse sur le pied mère. Retirez toutes les feuilles à la main ou à l’aide d’un sécateur, en ne laissant que celles présentes à l’extrémité, qui ne seront pas enterrées.
- La blessure : Veillez à ne pas créer de blessures au niveau de l’écorce du rameau, sauf sur la partie posée sur le sol où une incision induit la réaction de multiplication des cellules préalable à l’enracinement.
- Mise en terre : Arquez la branche à marcotter, fixez le rameau solidement avec un cavalier en fil de fer, recouvrez la partie préparée de terre végétale, arrosez et armez-vous de patience.
- Enracinement : Il faut au moins une année pour voir les résultats de la marcotte. Régulièrement, il faut vérifier l’avancement de l’enracinement. L’emploi d’hormones d’enracinement peut être un plus en appliquant un peu de poudre sur la blessure.
Marcottage
Le Marcottage Aérien : Solution pour les Sujets Rigides
Lorsque la plante à multiplier est trop rigide pour être pliée ou n’émet pas facilement de rejet, le marcottage aérien est la meilleure alternative. Cette technique s’effectue en fin d’hiver ou au tout début du printemps, lorsque les plantes sont en sève, ce qui facilite le décollement de l’écorce.
Le but du marcottage aérien est de provoquer la formation de racines sur une des branches de la plante mère à multiplier. C'est une technique de multiplication des végétaux pratiquée hors-sol.
Procédure technique étape par étape :
- Choix de la branche : Choisir une tige de un an, bien lignifiée et saine. Supprimer les feuilles et les pousses latérales sur 30 centimètres.
- Fixation du manchon : Enfiler le manchon plastique de façon à recouvrir une partie de la zone effeuillée du rameau. Fixer la base du manchon à la tige à l’aide d’un ruban adhésif.
- Incision : Entailler l’écorce de la tige à l’aide d’un greffoir ; l’incision doit former un anneau autour de la tige. Faire un deuxième anneau à environ 4 cm du premier, puis rejoindre les deux anneaux par une incision verticale. Enlever l’écorce ainsi découpée.
- Application de substrat : Remplir le manchon avec de la mousse de sphaigne préalablement humidifiée (ou un mélange tourbe/perlite). Recouvrir le manchon d’une feuille d’aluminium pour occulter la lumière.
- Entretien : Patienter plusieurs mois en vérifiant l’humidité du substrat. Si la marcotte prend, la plante fournira elle-même l’eau nécessaire.
Le Sevrage : Une Étape Critique
Le sevrage, coupure de la branche ou du tronc, est un moment critique. Il faut attendre la présence d’un nombre important de racines pour assurer une meilleure reprise.
- Observation : Au bout de quelques mois, vous devriez voir apparaître des extrémités racinaires. Soyez patient et attendez qu’elles deviennent brunes avant de procéder au sevrage.
- Finalisation : Détachez la marcotte en la coupant juste au-dessous des racines. Plantez-la dans un pot volumineux et profond rempli d’un mélange de terreau et de sable.
- Soins post-sevrage : Laissez la marcotte se développer dans le pot pendant un an. Il est conseillé de donner une alimentation riche en vitamine B1 pour activer la reprise. La seconde année, placez dans un récipient plus grand ou en pleine terre.

Variantes et Précautions Avancées
Il existe cinq types de marcottage : par couchage, par long bois, en cépée, en serpent ou aérien. Le marcottage en serpent est une technique où l’on enfouit en plusieurs endroits un long rameau serpentueux. Tordre le rameau facilite le développement des racines.
Pour les techniques basées sur l'interruption de la sève, deux méthodes existent : suppression complète ou partielle de l’écorce ou pose d’un garrot. Dans le cas du garrot, on insère un fil métallique dans un sillon creusé autour de la tige. Le serrage du fil empêche la circulation de la sève vers le bas, forçant ainsi l'accumulation de nutriments et la formation de cals racinaires au-dessus de la zone étranglée.
Il est impératif de surveiller l'humidité du substrat dans le manchon tous les 15 jours. Si le marcottage doit rester en place durant l’hiver, protégez la marcotte des gelées à l’aide d’un film mousse souple. Le choix du porte-greffe ou du sujet à marcotter reste une connaissance technique pointue : si certaines espèces comme le Juniperus se prêtent naturellement au marcottage par leurs rameaux rampants, d'autres genres plus complexes comme le Picea nécessitent une attention rigoureuse sur la qualité du bois choisi pour garantir la viabilité du futur clone.
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