Matthieu 21:21 : L'énigme du figuier maudit et ses profondes significations

Le récit de Jésus maudissant un figuier stérile, tel que rapporté dans Matthieu 21:18-22 et Marc 11:12-14, est l'un des passages les plus frappants et déroutants des Évangiles. Bien qu'il y ait de légères différences entre les deux récits, ils sont facilement réconciliables par une étude attentive. La clé de la compréhension de ce passage réside dans l'appréhension de son contexte chronologique et géographique, ainsi que de l'importance symbolique du figuier dans les Écritures, souvent utilisé pour représenter la nation d'Israël.

Chronologie et géographie de la malédiction du figuier

Le cadre chronologique général de ce passage se situe pendant la semaine précédant la crucifixion de Jésus. Un jour plus tôt, Jésus était entré à Jérusalem au milieu des louanges et de l'adoration du peuple juif, qui le considérait comme le roi/messie qui allait les délivrer de l'occupation romaine (Matthieu 21:1-11 ; Marc 11:1-11). Le lendemain, Jésus est de nouveau en route pour Jérusalem, après avoir séjourné à Béthanie. En chemin, Matthieu et Marc rapportent qu'il avait faim et qu'il a vu au loin un figuier avec des feuilles (Marc 11:13). En s'approchant de l'arbre, s'attendant à trouver quelque chose à manger, Jésus a découvert que le figuier n'avait pas de fruits et a maudit l'arbre en disant : « Que jamais plus aucun fruit ne vienne de toi ! » (Matthieu 21:19 ; Marc 11:14).

Matthieu rapporte la malédiction et le dépérissement du figuier en un seul récit et l'inclut après le récit de Jésus purifiant le Temple des changeurs. Marc explique que l'événement s'est en fait déroulé sur deux jours : Jésus maudissant le figuier le premier jour alors qu'il était en route pour purifier le Temple, et les disciples voyant l'arbre se dessécher le deuxième jour, alors qu'ils se rendaient à nouveau à Jérusalem depuis Béthanie (Marc 11:12-14 et Marc 11:19-20). Ce cadre chronologique est essentiel pour comprendre les actions de Jésus et leur signification.

Après avoir passé la nuit dans le village de Béthanie, Jésus retourne au temple. En chemin, il maudit un figuier. Les dirigeants des Juifs viennent le voir dans le temple et contestent son autorité. On peut se demander pourquoi Jésus a maudit le figuier si ce n'était pas la bonne saison pour les figues. La réponse à cette question peut être déterminée en étudiant les caractéristiques du figuier.

Le figuier, "ficus carica" de Linné, a toujours été l'un des arbres les plus communs de la Palestine, où il est volontiers cultivé à cause de ses fruits succulents. Bethphagé, la « maison des figues » par antonomase, témoigne de la prévalence de ces arbres. Le fruit du figuier apparaît généralement avant les feuilles et, comme le fruit est vert, il se confond avec les feuilles jusqu'à ce qu'il soit presque mûr. Par conséquent, lorsque Jésus et ses disciples ont vu de loin que l'arbre avait des feuilles, ils se sont attendus à ce qu'il porte aussi des fruits, même s'il était plus tôt dans la saison que ce qui serait normal pour un figuier de porter des fruits. Josèphe dit qu'on cueillait des figues sur les figuiers des bords du lac de Génésareth pendant dix mois de l'année. Souvent, surtout sur les vieux arbres, il y a des figues qui ne sont pas encore mûres quand les feuilles tombent et que la végétation s’arrête ; elles ne se détachent point des arbres, mais y restent suspendues pendant tout l’hiver et deviennent bonnes à manger quand la végétation recommence au printemps. Notre-Seigneur pouvait donc trouver des fruits sur l’arbre aux environs de Pâques.

De plus, chaque arbre produisait souvent deux ou trois récoltes de figues par saison. Il y avait une récolte précoce au printemps, suivie d'une ou deux récoltes plus tardives. Dans certaines régions d'Israël, en fonction du climat et des conditions, il était également possible qu'un arbre produise des fruits dix mois sur douze. Cela explique aussi pourquoi Jésus et ses disciples cherchaient des fruits sur le figuier, même si celui-ci n'était pas en pleine saison de croissance. Le fait que le figuier était couvert de feuillage, et manifestait ainsi une précocité extraordinaire, mais sans fruit, constitue le motif de la malédiction.

Pourquoi Jésus maudit le figuier ? | POST-IT | Marc 11.12-14 [S2E80]

Quant à la signification de ce passage et à son sens, la réponse se trouve à nouveau dans le cadre chronologique et dans la compréhension de la manière dont un figuier est souvent utilisé symboliquement pour représenter Israël dans les Écritures. Chronologiquement, Jésus vient d'arriver à Jérusalem au milieu d'une grande fanfare et de grandes attentes, mais il procède ensuite à la purification du Temple et à la malédiction du figuier stérile. Ces deux actions avaient une signification quant à la condition spirituelle d'Israël. En purifiant le Temple et en critiquant le culte qui y était rendu (Matthieu 21:13 ; Marc 11:17), Jésus dénonçait effectivement le culte qu'Israël rendait à Dieu.

La présence d'un figuier fructueux était considérée comme un symbole de bénédiction et de prospérité pour la nation d'Israël. De même, l'absence ou la mort d'un figuier symbolisait le jugement et le rejet. Symboliquement, le figuier représentait la mort spirituelle d'Israël qui, bien que très religieux extérieurement avec tous les sacrifices et les cérémonies, était spirituellement stérile à cause de ses péchés. Le figuier avait des feuilles, c'est-à-dire des observances légales, mais pas de fruit.

En purifiant le temple et en maudissant le figuier, en le faisant se dessécher et mourir, Jésus prononçait son jugement à venir sur Israël et démontrait son pouvoir de l'exécuter. Il enseigne également le principe selon lequel la profession et l'observance religieuses ne suffisent pas à garantir le salut, à moins que le fruit d'un salut authentique ne soit mis en évidence dans la vie de la personne. Jacques reprendra plus tard cette vérité en écrivant que "la foi sans les œuvres est morte" (Jacques 2:26). La leçon du figuier est que nous devons porter des fruits spirituels (Galates 5:22-23), et pas seulement donner une apparence de religiosité.

Comme le souligne Bossuet, « C’est une parabole de choses, semblable à celle des paroles qu’on trouve en saint Luc, 13, 6. Il ne faut donc point demander ce qu’avait fait ce figuier, ni ce qu’il avait mérité : car qui ne sait qu’un arbre ne mérite rien ? ni regarder cette malédiction du Sauveur par rapport au figuier, qui n’était que la matière de la parabole. Il faut voir ce qu’il représentait, c’est-à-dire la créature raisonnable qui doit toujours des fruits à son créateur en quelque temps qu’il lui en demande ; et lorsqu’il ne trouve que des feuilles, un dehors apparent, et rien de solide, il la maudit. » Par cette action, Jésus-Christ ne voulait pas sortir de ce monde sans faire voir les effets sensibles de sa malédiction, voulant faire sentir ce qu’elle pouvait ; mais par un effet admirable de sa bonté, il frappe l’arbre et épargne l’homme.

L'efficacité de la prière et de la foi

Le figuier desséché depuis la racine, un miracle visible par tous, conduit à une question des disciples : « Maître, le figuier que vous avez maudit est séché. » Jésus-Christ répond alors en soulignant l'efficacité de la prière de demande faite avec foi. L'accent porte clairement sur l'efficacité de la prière de demande : reconnaissons que nous en doutons souvent, tant les fruits tardent à se manifester. Cela nous invite à adresser nos demandes à Dieu à la bonne saison, et surtout à le faire dans la foi, sans lui demander des comptes : si notre parole s’ajuste à sa parole, alors n’en doutons pas, elle s’accomplira car la parole de Dieu ne lui revient pas sans avoir porté du fruit.

Jésus ne répond jamais à des questions de pure curiosité ; et, au fond, il n'y avait point là d'explication à donner ; mais comme l'étonnement des disciples était évidemment causé par la puissance que Jésus venait de déployer, c'est à cette pensée qu'il répond en leur déclarant avec solennité (en vérité) que par le moyen d'une foi ferme, vivante, exempte de tout doute, ils feraient des œuvres pareilles et même de plus grandes. (Comparer Marc 11.21, note.) Une telle foi produirait en eux la vraie prière, faite avec foi (grec en croyant), à laquelle rien n'est impossible. Toutefois, en faisant de la foi la condition de l'exaucement, Jésus exclut tout arbitraire dans l'emploi de cette puissance extraordinaire.

Saint Thomas d'Aquin, dans son commentaire, note que le figuier, étant un arbre très humide, le fait qu'il se dessèche instantanément est un miracle très manifeste. Il interprète également le figuier « près du chemin » comme le Christ lui-même, en attente et chemin, et les feuilles comme les observances légales sans fruit. La malédiction de Jésus n'est pas une action arbitraire contre un arbre irresponsable, mais une figure, une mise en lumière de sa puissance punitive pour montrer que la Judée serait stérile, comme on le trouve en Rm 11. Ainsi, il arrive parfois que certains, qui sont mauvais à l’intérieur, mais sont florissants à l’extérieur, sont desséchés par le Seigneur afin qu’ils ne corrompent pas les autres.

Pourquoi Jésus maudit le figuier ? | POST-IT | Marc 11.12-14 [S2E80]

Pour remettre Matthieu 21 dans son contexte, après avoir fait son entrée triomphale dans Jérusalem et purifié le temple, Jésus va rester à Béthanie, petit village des alentours. En chemin, il rencontre le figuier sans fruit. Sur un figuier, les feuilles indiquent que l'arbre porte du fruit. Au printemps (quand le Sauveur rencontre le figuier sans fruit), les figuiers produisent en général des figues précoces. Si ce n'est pas le cas, cela signifie qu'ils ne produiront aucun fruit cette année-là. L'arbre décrit dans ce récit a l'apparence d'un arbre produisant du fruit, mais ce n'est pas le cas.

D'après ce que l'on a appris au sujet des dirigeants religieux des Juifs à l'époque du Sauveur, nombre d'entre eux ressemblent au figuier décrit dans ce récit. Le figuier, avec son feuillage luxuriant mais sans fruit, symbolise le peuple juif, comblé des faveurs divines, qui était en avance sur les autres nations. Quelles espérances ne devait-on point concevoir à la vue de ses lois, de son culte, de ses écrits inspirés ? Et pourtant les fruits faisaient défaut : le divin agronome prend donc la hache pour le frapper, pour leur annoncer la sentence dans un prochain avenir.

Ensuite, certains de ces dirigeants juifs abordent le Sauveur dans le temple et contestent l'autorité par laquelle il a fait son entrée triomphale dans Jérusalem et a purifié le temple. Le Sauveur répond en leur demandant si le baptême (ou ministère) de Jean-Baptiste venait de Dieu ou des hommes. Ces dirigeants ne veulent pas répondre à sa question de crainte de se condamner ou d'offenser le peuple qui accepte Jean en qualité de prophète. Le Sauveur dit qu'il ne répondra pas non# Le figuier stérile : Analyse symbolique et théologique de Matthieu 21

Le récit de Jésus maudissant le figuier, tel qu'il est rapporté dans l'Évangile selon saint Matthieu au chapitre 21, constitue l'un des épisodes les plus intrigants et les plus débattus du ministère public du Christ. En arrivant de Béthanie à Jérusalem le matin, Jésus eut faim ; ayant vu de loin un figuier, il s’en approcha pour voir s’il s’y trouverait du fruit ; mais n’y trouvant que des feuilles, parce que ce n’était pas le temps des fruits, il le maudit. Cet acte, qui semble de prime abord déconcertant - car qui ne sait qu’un arbre ne mérite rien ? - révèle, sous une forme hautement symbolique, le jugement divin sur la stérilité spirituelle.

Illustration classique d'un figuier luxuriant en Palestine

Le cadre géographique et chronologique

Pour bien comprendre ce passage, nous devons d'abord examiner le cadre chronologique et géographique. Il s’est déroulé pendant la semaine précédant la crucifixion. Jésus était entré à Jérusalem un jour plus tôt au milieu des louanges et de l’adoration du peuple juif qui le considérait comme le roi/messie. Le lendemain, Jésus est de nouveau en route pour Jérusalem, après avoir séjourné à Béthanie. Chemin faisant, il eut faim et apercevoir de loin un figuier avec assez de feuillages lui donnait beaucoup d’espoir.

Il est important de noter que le figuier, ficus carica de Linné, a toujours été l’un des arbres les plus communs de la Palestine, où il est volontiers cultivé à cause de ses fruits succulents. Bethphagé est d'ailleurs appelée la « maison des figues » par antonomase. Concernant la saison, si le texte mentionne qu'il n'était pas le temps des fruits, il faut noter qu'en Palestine, les figuiers ont des fruits à peu près toute l’année. On sait que le figuier émet ses fruits assez longtemps avant de produire des feuilles. Jésus, en s’approchant, ne trouva rien, du moins rien en fait de fruit ; car son feuillage était luxuriant.

Une parabole en acte : La symbolique du figuier

Cet acte de Jésus ne doit pas être regardé par rapport au figuier, qui n’était que la matière de la parabole. Il faut voir ce qu’il représentait, c’est-à-dire la cL’énigme du figuier desséché : Analyse théologique, historique et botanique de Matthieu 21:21

Le récit de Jésus maudissant le figuier stérile se trouve dans deux récits évangéliques différents. Il figure d'abord dans Matthieu 21:18-22, puis dans Marc 11:12-14. Bien qu'il y ait de légères différences entre les deux récits, il est facile de les réconcilier en étudiant les passages. En arrivant de Béthanie à Jérusalem le matin, Jésus eut faim ; ayant vu de loin un figuier, il s’en approcha pour voir s’il s’y trouverait du fruit ; mais n’y trouvant que des feuilles, parce que ce n’était pas le temps des fruits, il le maudit. - C’est une parabole de choses, semblable à celle des paroles qu’on trouve en saint Luc, 13, 6. Cette intervention miraculeuse, loin d'être un accès de colère humaine, constitue un acte prophétique majeur dont la portée s'étend de la botanique palestinienne à la destinée spirituelle des nations. Pour bien comprendre ce passage, nous devons d'abord examiner le cadre chronologique et géographique. Par exemple, quand cela s'est-il produit, quel était le cadre et où cela s'est-il produit ? En outre, pour bien comprendre ce passage, nous devons saisir l'importance du figuier par rapport à la nation d'Israël et comprendre comment le figuier est souvent utilisé dans les Écritures pour représenter symboliquement Israël.

Carte de Jérusalem et du chemin vers Béthanie au premier siècle

Le contexte géographique et chronologique de la semaine sainte

Tout d'abord, en examinant le cadre chronologique général du passage, nous voyons qu'il s'est déroulé pendant la semaine précédant sa crucifixion. Jésus était entré à Jérusalem un jour plus tôt au milieu des louanges et de l’adoration du peuple juif qui le considérait comme le roi/messie qui allait les délivrer de l’occupation romaine (Matthieu 21:1-11 ; Marc 11:1-11). Après avoir fait son entrée triomphale dans Jérusalem et purifié le temple, Jésus va rester à Béthanie, petit village des alentours. Le lendemain, Jésus est de nouveau en route pour Jérusalem, après avoir séjourné à Béthanie. En chemin, Matthieu et Marc rapportent qu'il avait faim et qu'il a vu au loin un figuier avec des feuilles (Marc 11:13).

Béthanie, située sur le versant oriental du mont des Oliviers, était le refuge de Jésus durant ses derniers jours. Non loin de là se trouvait Bethphagé, dont le nom signifie la « maison des figues » par antonomase. Le Sauveur, après avoir passé la nuit dans le village de Béthanie, retourne au temple. En chemin, il maudit un figuier. Matthieu rapporte la malédiction et le dépérissement du figuier en un seul récit et l'inclut après le récit de Jésus purifiant le Temple des changeurs. Marc explique que l'événement s'est en fait déroulé sur deux jours, Jésus maudissant le figuier le premier jour alors qu'il était en route pour purifier le Temple, et les disciples voyant l'arbre se dessécher le deuxième jour, alors qu'ils se rendaient à nouveau à Jérusalem depuis Béthanie (Marc 11:12-14 et Marc 11:19-20). Cette divergence apparente n'affecte pas la vérité théologique, mais souligne l'immédiateté de l'effet dans le récit de Matthieu.

Pourquoi Jésus maudit le figuier ? | POST-IT | Marc 11.12-14 [S2E80]

Biologie du figuier en Palestine : Paradoxe de la précocité

Le figuier, « ficus carica » de Linné, a toujours été l’un des arbres les plus communs de la Palestine, où il est volontiers cultivé à cause de ses fruits succulents. On sait que le figuier émet ses fruits assez longtemps avant de produire des feuilles. « Le fruit de cet arbre apparaît plus tard que ses fruits », note Pline (Hist. Nat. 16, 499). En s'approchant de l'arbre, s'attendant à trouver quelque chose à manger, Jésus a découvert que le figuier n'avait pas de fruits et a maudit l'arbre en disant : "Que jamais plus aucun fruit ne vienne de toi !" (Matthieu 21:19 ; Marc 11:14).

On peut se demander pourquoi Jésus a maudit le figuier si ce n'était pas la bonne saison pour les figues. La réponse à cette question peut être déterminée en étudiant les caractéristiques du figuier. Le fruit du figuier apparaît généralement avant les feuilles et, comme le fruit est vert, il se confond avec les feuilles jusqu'à ce qu'il soit presque mûr. Par conséquent, lorsque Jésus et ses disciples ont vu de loin que l'arbre avait des feuilles, ils se sont attendus à ce qu'il porte aussi des fruits, même s'il était plus tôt dans la saison que ce qui serait normal pour un figuier de porter des fruits. Sur un figuier, les feuilles indiquent que l’arbre porte du fruit. Au printemps (quand le Sauveur rencontre le figuier sans fruit), le# Matthieu 21:21 : L'énigme du figuier stérile et ses profondes leçons

Le récit de Jésus maudissant un figuier stérile, tel qu'il est rapporté dans Matthieu 21:18-22 et Marc 11:12-14, est un passage des Écritures qui a suscité de nombreux commentaires et interprétations au fil des siècles. Bien qu'il existe de légères différences entre les deux récits, leur réconciliation est facilitée par une étude attentive de leur contexte. La clé de la compréhension de ce passage réside précisément dans la saisie de ce contexte, tant chronologique et géographique que symbolique, notamment en ce qui concerne l'importance du figuier par rapport à la nation d'Israël.

Un figuier avec des feuilles luxuriantes mais sans fruits

Le cadre chronologique et géographique : Une semaine avant la crucifixion

L'événement se déroule pendant la semaine précédant la crucifixion de Jésus. Un jour plus tôt, Jésus était entré triomphalement à Jérusalem, acclamé et adoré par le peuple juif qui le percevait comme le roi-messie destiné à les libérer de l'occupation romaine (Matthieu 21:1-11 ; Marc 11:1-11). Le lendemain matin, Jésus est de nouveau en route pour Jérusalem, après avoir passé la nuit à Béthanie. C'est en chemin que Matthieu et Marc rapportent qu'il eut faim et vit au loin un figuier couvert de feuilles (Marc 11:13). En s'approchant de l'arbre, s'attendant à trouver quelque chose à manger, Jésus découvrit qu'il ne portait pas de fruits. C'est alors qu'il maudit l'arbre en disant : « Que jamais plus aucun fruit ne vienne de toi ! » (Matthieu 21:19 ; Marc 11:14).

Matthieu présente la malédiction et le dépérissement du figuier en un seul récit, l'incluant après l'épisode où Jésus purifie le Temple des changeurs. Marc, quant à lui, explique que l'événement s'est déroulé sur deux jours : Jésus maudit le figuier le premier jour, alors qu'il se rendait au Temple pour le purifier, et les disciples constatent que l'arbre s'est desséché le deuxième jour, alors qu'ils retournaient à Jérusalem depuis Béthanie (Marc 11:12-14 et Marc 11:19-20).

Pourquoi Jésus maudit le figuier ? | POST-IT | Marc 11.12-14 [S2E80]

Le mystère de la saison des figues : Pourquoi Jésus maudit-il un arbre stérile hors saison ?

Une question fondamentale se pose : pourquoi Jésus a-t-il maudit le figuier si ce n'était pas la saison des figues ? La réponse à cette interrogation réside dans la compréhension des caractéristiques du figuier. Le fruit du figuier apparaît généralement avant les feuilles. De plus, les fruits immatures sont verts et se confondent avec le feuillage jusqu'à ce qu'ils soient presque mûrs. Par conséquent, lorsque Jésus et ses disciples ont vu de loin que l'arbre avait des feuilles, ils s'attendaient à ce qu'il porte également des fruits, même si c'était plus tôt dans la saison que ce qui serait normal pour un figuier.

Louis-Claude Fillion souligne que le figuier, le « ficus carica » de Linné, a toujours été l'un des arbres les plus communs de la Palestine, où il est volontiers cultivé à cause de ses fruits succulents. Il est également important de noter que chaque arbre produisait souvent deux ou trois récoltes de figues par saison, avec une récolte précoce au printemps, suivie d'une ou deux récoltes plus tardives. Dans certaines régions d'Israël, en fonction du climat et des conditions, il était même possible qu'un arbre produise des fruits dix mois sur douze. Fulcran Vigouroux ajoute que Josèphe affirmait qu'on cueillait des figues sur les figuiers des bords du lac de Génésareth pendant dix mois de l'année. Souvent, surtout sur les vieux arbres, il y a des figues qui ne sont pas encore mûres quand les feuilles tombent et que la végétation s'arrête ; elles ne se détachent point des arbres, mais y restent suspendues pendant tout l'hiver et deviennent bonnes à manger quand la végétation recommence au printemps. Notre-Seigneur pouvait donc trouver des fruits sur l’arbre aux environs de Pâques. Ceci explique pourquoi Jésus et ses disciples cherchaient des fruits sur le figuier, même s'il n'était pas en pleine saison de croissance. Le fait qu'il soit couvert de feuillage manifestait une précocité extraordinaire, laissant espérer des fruits.

Saint Thomas d'Aquin, dans ses commentaires, s'interroge également sur cette apparente contradiction. Il explique que parfois l'Écriture présente une chose non pas comme elle est en réalité, mais en raison de son effet. Ainsi, Jésus ne s'est pas approché pour chercher, mais il s'est approché en raison de la suspicion des disciples, ou plutôt en vue de faire un miracle.

Les différentes étapes de fructification du figuier

Le figuier comme symbole d'Israël : Une leçon spirituelle profonde

La signification de ce passage et son sens se trouvent dans le cadre chronologique et dans la compréhension de la manière dont un figuier est souvent utilisé symboliquement pour représenter Israël dans les Écritures. Chronologiquement, Jésus vient d'arriver à Jérusalem au milieu d'une grande fanfare et de grandes attentes, mais il procède ensuite à la purification du Temple et à la malédiction du figuier stérile. Ces deux actions avaient une signification quant à la condition spirituelle d'Israël. En purifiant le Temple et en critiquant le culte qui y était rendu (Matthieu 21:13 ; Marc 11:17), Jésus dénonçait effectivement le culte qu'Israël rendait à Dieu.

La présence d'un figuier fructueux était considérée comme un symbole de bénédiction et de prospérité pour la nation d'Israël. De même, l'absence ou la mort d'un figuier symbolisait le jugement et le rejet. Symboliquement, le figuier représentait la mort spirituelle d'Israël qui, bien que très religieux extérieurement avec tous les sacrifices et les cérémonies, était spirituellement stérile à cause de ses péchés. En purifiant le temple et en maudissant le figuier, en le faisant se dessécher et mourir, Jésus prononçait son jugement à venir sur Israël et démontrait son pouvoir de l'exécuter. Il enseigne également le principe selon lequel la profession et l'observance religieuses ne suffisent pas à garantir le salut, à moins que le fruit d'un salut authentique ne soit mis en évidence dans la vie de la personne. Jacques reprendra plus tard cette vérité en écrivant que « la foi sans les œuvres est morte » (Jacques 2:26). La leçon du figuier est que nous devons porter des fruits spirituels (Galates 5:22-23), et pas seulement donner une apparence de religiosité.

Comme le dit Bossuet : « C’est une parabole de choses, semblable à celle des paroles qu’on trouve en saint Luc, 13, 6. Il ne faut donc point demander ce qu’avait fait ce figuier, ni ce qu’il avait mérité : car qui ne sait qu’un arbre ne mérite rien ? ni regarder cette malédiction du Sauveur par rapport au figuier, qui n’était que la matière de la parabole. Il faut voir ce qu’il représentait, c’est-à-dire la créature raisonnable qui doit toujours des fruits à son créateur en quelque temps qu’il lui en demande ; et lorsqu’il ne trouve que des feuilles, un dehors apparent, et rien de solide, il la maudit. » Jésus-Christ ne voulait pas sortir de ce monde sans faire voir les effets sensibles de sa malédiction, voulant faire sentir ce qu’elle pouvait.

Tableau comparatif des attentes divines et de la réalité spirituelle d'Israël

Les dirigeants religieux et le figuier : Une analogie frappante

Le récit du figuier maudit peut être mis en parallèle avec le comportement des dirigeants religieux juifs de l'époque du Sauveur. Ces dirigeants, avec leurs nombreuses observances légales et leur apparence de piété, ressemblaient au figuier avec ses feuilles luxuriantes mais sans fruits. Ils donnaient l'apparence de la rectitude, mais manquaient de la substance spirituelle intérieure, du « fruit de vérité » comme le décrit Saint Jérôme.

Lorsque Jésus les aborde dans le Temple et conteste l'autorité par laquelle il a agi, ces dirigeants ne veulent pas répondre à ses questions de crainte de se condamner ou d'offenser le peuple qui acceptait Jean-Baptiste comme prophète. Le Sauveur répond alors par des paraboles qui illustrent les actions des dirigeants juifs corrompus.

Pourquoi Jésus maudit le figuier ? | POST-IT | Marc 11.12-14 [S2E80]

Dans la parabole des deux fils (Matthieu 21:28-30), l'un dit qu'il ira travailler dans la vigne mais n'y va pas, tandis que l'autre dit qu'il n'ira pas mais finit par y aller. Les dirigeants juifs ressemblent au premier fils, qui fait profession de piété mais ne produit pas les fruits de la justice. Jésus enseigne par cette parabole que les publicains (collecteurs d'impôts) et les prostituées, qui ont cru à la prédication de Jean-Baptiste, entreront dans le royaume de Dieu avant ceux qui, tout en observant la loi, n'ont pas cru.

Le figuier desséché est une figure de la stérilité de la Judée, comme le mentionne Saint Thomas d'Aquin : « Il exerça donc là son pouvoir pour montrer que la Judée serait stérile, comme on le trouve en Rm 11. » Le judaïsme, florissant extérieurement, se dessécha au temps des apôtres à mesure que l'évangile croissait.

La malédiction comme acte d'avertissement et de bonté divine

Il semble, à première vue, que Jésus ait mal agi en maudissant un figuier alors que ce n'était pas la saison des figues. De même, cela pourrait paraître comme un tort causé au propriétaire du figuier. Cependant, il est crucial de comprendre que les paroles du Seigneur sont une figure, tout comme ses gestes. Parfois, le Seigneur veut mettre en lumière son enseignement, et alors il le met en lumière chez les hommes ; parfois, il veut mettre en lumière sa puissance punitive, et alors il la met en lumière dans d'autres choses.

Bossuet remarque l'admirable bonté de Jésus : « Ainsi quand il voulut faire sentir combien les démons étaient malfaisants, et jusqu’où allait leur puissance, lorsqu’il leur lâchait la main, il le fit paraître sur un troupeau de pourceaux que les démons précipitèrent dans la mer (voir Matthieu, 8, 32). Qu’il est bon et qu’il a de la peine à frapper l’homme ! »

L'acte de maudire le figuier avait pour but de fortifier la foi des disciples en vue de la Passion et de leur donner une image des châtiments futurs. La puissance déployée par Jésus en desséchant l'arbre est un témoignage de sa divinité et de la puissance de sa parole. L'étonnement des disciples et leur question sur la manière dont ce miracle s'était produit montrent qu'ils y ont vu un acte de leur Maître. Jésus, en leur répondant, met l'accent sur l'efficacité de la foi et de la prière.

Représentation artistique de la prière et de la foi inébranlable

La foi, la prière et les fruits de la justice

Après avoir constaté le dessèchement du figuier, les disciples, étonnés, demandent à Jésus comment cela a pu se produire. La réponse de Jésus ne porte pas sur les mécanismes du miracle, mais sur la foi. Il leur déclare solennellement que, par le moyen d'une foi ferme, vivante, exempte de tout doute, ils feraient des œuvres pareilles et même de plus grandes. Une telle foi produirait en eux la vraie prière, faite avec foi, à laquelle rien n'est impossible (Comparer Marc 11.21).

Cependant, en faisant de la foi la condition de l'exaucement, Jésus exclut tout arbitraire dans l'emploi de cette puissance extraordinaire. La prière doit s'ajuster à la parole de Dieu. Si notre parole s'ajuste à sa parole, alors elle s'accomplira car la parole de Dieu ne lui revient pas sans avoir porté du fruit.

En tant que membres de l'Église de Jésus-Christ, nous avons la responsabilité de produire des fruits de justice. Cela signifie que notre foi doit se manifester par des actions concrètes et justes. Les fruits de justice sont les bonnes œuvres que nous accomplissons, les qualités spirituelles que nous développons (comme celles décrites dans Galates 5:22-23 : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi), et notre engagement à vivre selon les enseignements du Sauveur.

Le transfert du royaume aux Gentils, comme mentionné dans Matthieu 21:43 et la Traduction de Joseph Smith, Matthieu 21:53, a débuté lorsque les apôtres ont commencé à leur apporter l'Évangile après la résurrection du Sauveur. Cela s'est poursuivi dans les derniers jours avec le rétablissement de l'Évangile par l'intermédiaire de Joseph Smith, le prophète, qui vivait dans une nation gentile. Nous avons la responsabilité de faire preuve de ces fruits de justice.

La parabole du festin des noces : L'habit de noces et la dignité

Dans Matthieu 22:1-10, Jésus-Christ raconte une parabole où il compare les bénédictions de l'Évangile à un festin de noces qu'un roi donne pour son fils. Les premières personnes invitées (qui représentent un grand nombre d'entre les Juifs, notamment les dirigeants) refusent de venir. Ensuite, le roi envoie ses serviteurs chercher d'autres invités, les rassemblant de tous les chemins.

La parabole continue avec un invité qui ne porte pas d'habit de noces (Matthieu 22:11-14). Le roi, en respectant une coutume ancienne, donnait à ses invités des habits propres et convenables pour l'occasion. L'habit de noces représente la dignité et la préparation nécessaires pour entrer dans le royaume de Dieu. La traduction de Joseph Smith de Matthieu 22:14 ajoute que tous les participants au festin ne porteront pas l'habit de noces. En d'autres termes, toutes les personnes qui reconnaissent le Sauveur, sont appelées et acceptent l'invitation à faire partie du royaume ne seront pas préparées et dignes de demeurer éternellement avec notre Père céleste et avec lui.

Cela renforce la leçon du figuier stérile : la simple profession de foi ou une apparence de religiosité ne suffisent pas. Il faut être préparé et digne, porter les fruits de la justice et de la foi, pour recevoir les bénédictions éternelles que nous sommes invités à recevoir. Le figuier maudit est un avertissement intemporel contre la stérilité spirituelle déguisée sous une apparence prometteuse.

tags: #mathieux #21 #21 #jesus #et #le