Les Adventices de la Betterave : Identification et Stratégies de Lutte Intégrée

La culture de la betterave, qu'elle soit sucrière, fourragère ou potagère, est un élément clé de nombreuses rotations agricoles. Toutefois, pour garantir une récolte fructueuse et préserver la qualité de la production, une gestion rigoureuse des adventices, communément appelées « mauvaises herbes », est indispensable. La betterave est une culture particulièrement sensible à la concurrence des adventices, depuis le semis jusqu'à la couverture du sol, période où tout se joue dans les trois semaines qui suivent le semis, correspondant à la levée d’une majorité d’adventices.

La nuisibilité des mauvaises herbes ne se limite pas à la concurrence directe pour les ressources (eau, nutriments, lumière), impactant les opérations culturales, la récolte et même la transformation en usine, ou encore engendrant une augmentation du stock semencier dans les parcelles. À cette nuisibilité directe, qui exprime la nuisance immédiate de l’adventice dans la culture en place et est mesurée par un seuil (nombre de plantules au m² au-delà duquel la présence de la mauvaise herbe peut entraîner une perte de rendement significative, variable d’une adventice à l’autre), s’ajoutent deux principaux types de nuisibilité indirecte. La nuisibilité indirecte résulte, par exemple, du nombre de graines produites par les adventices et de la longévité de celles-ci ; deux paramètres qui s’additionnent, se combinent et induisent des risques de salissement dans la durée. Des seuils de nuisibilité renseignent sur la quantité d’adventices à ne pas dépasser au m² sous peine de compromettre le rendement et la richesse en sucre de la racine. Par exemple, les morelles et chénopodes sont très nuisibles, même à des seuils très bas (0,1 et 0,5 plantule au m²). Une bonne connaissance de l’historique du salissement de la parcelle est essentielle pour ajuster le programme de lutte au sein de la rotation et maintenir la maîtrise du désherbage des betteraves.

Schéma de l'impact des adventices sur la croissance de la betterave

1. Identifier les Adventices Cibles et Comprendre leur Nuisibilité

Une stratégie de désherbage efficace sur le long terme doit s’inscrire impérativement dans la rotation et suppose une connaissance de l’historique des parcelles concernées. La première étape du désherbage de la betterave consiste donc à identifier les adventices qui, à l’échelle de chaque parcelle, posent un problème tout au long de la rotation. Ce sont elles que le désherbage ciblera dès la première culture de la rotation. En cas de flore très diversifiée, on définira des priorités de lutte. Une bonne observation et identification de la flore présente est primordiale pour choisir le bon herbicide et ajuster les doses.

Les planteurs ont acquis un savoir-faire très reconnu dans l’élaboration des programmes herbicides, une expérience qui est un atout. Dorénavant, il faut raisonner à l’année pour préserver le potentiel de la culture en place et aussi à l’échelle de la rotation pour lutter contre les résistances présentes en céréales. Depuis quelques années, avec le retrait d’un certain nombre de matières actives herbicides, le raisonnement du désherbage betterave se complique et la flore évolue.

2. Pratiques Agronomiques Préventives : Limiter le Développement des Adventices

Avant tout traitement herbicide, il est judicieux de recourir aux pratiques agronomiques qui limitent le développement de la flore adventice. Parmi les plus efficaces, on peut citer :

  • L’alternance de cultures d’hiver et de printemps : Cette pratique perturbe le cycle des mauvaises herbes, réduisant ainsi leur prolifération.
  • Le labour tous les trois ou quatre ans : Cette technique permet d'enfouir le stock semencier superficiel. Elle est particulièrement efficace sur les graines à faible durée de vie, de type graminées (vulpin, ray-grass, etc.).
  • Le faux-semis : Il consiste à favoriser la levée des adventices et leur destruction avant le semis de la culture, notamment en cas d’infestation de graminées. Dans le cas de la betterave, les faux-semis seront réalisés par des déchaumages superficiels dès la récolte du précédent (le plus souvent, un blé) en deux ou trois passages espacés de trois semaines, avant la mi-septembre.
  • Rotation des cultures : Une rotation pendant trois à quatre ans sans plantes de la famille des Chénopodiacées (arroche, betterave, poirée, épinard, tétragone) est recommandée pour limiter les risques de développement de certaines maladies et adventices.
  • Amendement du sol : Amender le sol dès l’automne précédant la culture, avec du fumier décomposé (2 à 3 kg/m²) ou du compost mûr, puis fractionner les apports de fumures en période végétative : engrais organique azoté après le premier binage au stade 5-6 feuilles, puis engrais potassique au début du grossissement des racines.

3. Choisir sa Stratégie de Désherbage : Pré-levée, Post-levée ou Combinée

La betterave est particulièrement sensible à la concurrence des adventices pendant la période qui va du semis à la couverture du sol. Pour les contrôler, on a le choix entre deux stratégies principales :

  • Interventions en post-levée uniquement : Cette approche demande une bonne connaissance des mauvaises herbes et des produits, appliqués en mélange de deux à quatre molécules. Pour une lutte efficace, l’intervention se réalise le plus tôt possible, dès la levée des mauvaises herbes, du stade crosse cotylédon au stade 2 feuilles développées. Les herbicides sélectifs utilisés en culture betteravière ne permettent pas de détruire efficacement des adventices dicotylédones développées. Le désherbage en post-levée optimisé s’appuie sur 4 traitements en moyenne.
  • Une intervention en pré-levée suivie de plusieurs passages en post-levée : Cette seconde stratégie est particulièrement justifiée en présence de flore difficile (ammi élevé, ethuse, gaillet, renouée liseron, matricaire, etc.).

Le désherbage chimique pourra être complété par un désherbage mécanique pour venir à bout d’adventices difficiles à contrôler par les herbicides chimiques et/ou pour réduire la quantité de produits utilisée.

4. Désherbage de Pré-levée : Une Intervention Précoce et Stratégique

Le désherbage en pré-levée présente plusieurs avantages. D’abord, il permet de contrôler précocement les adventices, donc avant qu’elles ne concurrencent la culture. Ensuite, il sécurise le désherbage, autorisant ainsi une plus grande souplesse dans le positionnement du premier passage de post-levée, ce qui peut être précieux en cas de conditions pédoclimatiques difficiles. Enfin, le désherbage en pré-levée est le meilleur moyen de contrôler l’ammi élevé (Ammi majus), ombellifère qui concurrence fortement la betterave.

Pour qu’il soit efficace, le désherbage de pré-levée de la betterave réclame certaines conditions :

  • Sol propre et correctement préparé : Pas de mauvaises herbes déjà levées ni de grosses mottes.
  • Humidité du sol au moment du traitement et pluie dans les 10 jours qui suivent l’application : Indispensable pour une bonne efficacité avec les produits racinaires utilisés en pré-levée. En cas de conditions sèches, l’intérêt est limité.
  • Application rapide après le semis (48 heures au maximum) : Obligatoire pour une bonne sélectivité. Un traitement de pré-émergence réalisé juste après semis (48 heures maximum) est crucial ; il y a un risque de toxicité sur les betteraves si l’application est plus tardive. Son intérêt est limité en conditions sèches et en cas de semis tardifs.

Herbicides de Pré-levée

Les herbicides de pré-levée sont à utiliser si le risque de ruissellement ou d’érosion n’est pas à craindre et si l’historique de la parcelle est connu, notamment en cas de forte infestation d’ombellifères. Des produits comme Kezuro et Goltix Silver (métamitrone + quinmérac) ou Okido (quinmérac + diméthénamid-P) sont des solutions de pré-levée.

5. Désherbage de Post-levée : Une Approche Adaptée et Répétée

Le désherbage en post-levée intervient après la levée des adventices. Le bon contrôle des adventices est un poste important en termes de temps, d’utilisation des herbicides et de coûts.

Règles Générales pour le Désherbage de Post-levée :

  • Premier passage : Réaliser le 1er post-levée au plus tard 2 à 3 semaines après le semis ou à 70 % de betteraves levées. Il est nécessaire de réaliser le 1er traitement de post levée (T1), dès la levée des adventices, sans tenir compte du stade des betteraves, soit environ 2 à 3 semaines après le semis. Ne pas utiliser SAFARI avant la levée complète des betteraves en terre de craie et ne pas utiliser MERCANTOR GOLD avant le stade 2 feuilles des betteraves.
  • Adaptation des produits : À chaque passage, adapter le choix des produits à la flore la plus difficile à maîtriser. Choisir les mélanges référencés par l’ITB : de 2 à 6 herbicides par mélange. Un mélange avec des herbicides foliaires et racinaires est à adapter en fonction de leurs recommandations d’emploi.
  • Adjuvants : À chaque passage, ajouter de 0,5 l/ha à 1 litre d’huile.
  • Renouvellement des traitements : Renouveler les traitements après 7 à 10 jours, en fonction du climat et des levées d’adventices. Ne pas laisser les adventices se développer. Le meilleur moment pour intervenir est le stade cotylédons de l’adventice. On poursuivra les applications jusqu’à ce que les betteraves couvrent 70% du sol.
  • Conditions d'application : Pour l’ensemble des produits racinaires, l’efficacité optimale sera obtenue si l’application se fait sur sol humide ou si elle est suivie d’une précipitation. En cas de conditions sèches, vous pouvez augmenter les doses des produits de contacts, augmenter les doses d’huiles et utiliser des produits moins sensibles aux conditions sèches. Les températures idéales se situent entre 8 et 25°C avec une hygrométrie supérieure à 75%. Les anti-graminées sont à utiliser de préférence seuls (sans anti-dicotylédone) afin d’obtenir une meilleure efficacité.

Herbicides Non-sélectifs : Le Glyphosate

Les usages du glyphosate ont changé. Les interventions sur parcelle reverdie avant semis ne sont autorisées que dans les situations suivantes : parcelles de sols hydromorphes, qui recouvrent en particulier les sols de texture argileuse, généralement labourés et préparés d'automne, et parcelles conduites sans labour. Les applications conseillées sont de 1 à 1,5 l/ha de glyphosate à 360 g/l sur adventices jeunes, et 2 à 3 l/ha sur des adventices plus développées. Attention : la réglementation interdit de dépasser les applications au-delà de 1080 g/ha/an (équivaut à 3 l de produit à 360 g/l).

Betterave : stratégie de désherbage chimique

Programmes Spécifiques

  • Graminées (ray-grass, vulpin) : La gestion des graminées nécessite d’adapter la stratégie selon la pression et les situations de résistance. Les solutions Isard® et Stratos® Ultra permettent de construire des programmes efficaces, combinant interventions racinaires et foliaires. Avec la progression constante des graminées résistantes (vulpins et ray-grass) à certains modes d'action herbicides, il est nécessaire de raisonner son désherbage dans la rotation. Les molécules et modes d'action utilisés en herbicides betteraves diffèrent de ceux utilisés en céréales.
  • Dicotylédones (chénopodes, renouées, ombellifères) : La maîtrise des dicotylédones doit être engagée dès les premiers stades avec des solutions comme Kezuro®, seul ou en association avec Okido®. Bayer propose une gamme complète de produits foliaires, efficaces sur une majorité de dicotylédones et graminées. Pour les betteraviers, intervenir sur des adventices les plus jeunes possibles est déterminant, le premier passage en post-levée représentant 80% de l’efficacité finale du désherbage. Betanal® / Magic® Tandem répond à cet enjeu à la fois grâce à son efficacité, sa largeur de spectre, son positionnement et son excellent rapport technico-économique : c'est le SOCLE du désherbage betterave.

6. Désherbage Mécanique : Un Complément Essentiel

Les producteurs de betterave n’ont jamais complètement abandonné le désherbage mécanique. Utile pour venir à bout des adventices récalcitrantes (repousse de pomme de terre, betterave adventice…) et pour parfaire le travail du sol (suppression des croûtes de battance), il connaît un regain d’intérêt à l’heure du plan Ecophyto et des incitations à réduire l’usage des herbicides. Le désherbage mécanique est utilisé en complément du désherbage chimique.

Il fait appel à différents types de matériels :

  • Bineuse à moulinets
  • Houe rotative
  • Herse étrille
  • Désherbineuse

Attention : le désherbage mécanique ne peut s’effectuer qu’entre les stades 4 et 12 feuilles de la betterave, sous peine de dégâts.

Matériels de désherbage mécanique

Désherbage Mixte et Innovations

Le désherbage mixte (herbicide sur le rang + binage inter-rang) ou le désherbage en seulement 2 passages avec la nouvelle technologie CONVISO SMART, sont des itinéraires innovants visant 100 % d’efficacité tout en réduisant les IFT herbicides. Le projet DEPHY EXPE 2 MIRAD, par exemple, a pour objectif d’évaluer les performances de vergers d’abricotiers innovants associant de nombreux leviers (matériel végétal peu sensible, produits de biocontrôle, protections physiques, …) permettant de réduire l’usage des produits phytosanitaires.

7. Gestion des Autres Ennemis de la Betterave : Insectes et Maladies

Bien que le désherbage soit une priorité, la betterave est également exposée à d'autres menaces. Une gestion intégrée de la culture passe par la surveillance et la lutte contre les ravageurs et les maladies.

Insectes Nuisibles

Qu’ils soient ravageurs ou auxiliaires, les insectes sont nombreux à coloniser les parcelles de betteraves et leurs abords. Leur observation est une étape primordiale avant toute intervention phytosanitaire et peut débuter dès le mois d’avril.

  • Puceron vert vecteur de jaunisse : En l’absence de traitements de semences, le puceron vert est le ravageur le plus nuisible. Contre le puceron vert, la protection doit se raisonner en tenant compte de l'arrivée des premiers individus et de la dynamique de la population. Elle est basée sur un programme comprenant des insecticides à action de choc ou à action systémique. Le premier traitement doit privilégier un insecticide à effet choc. Le monitoring mis en place en 2019 a permis de démontrer que pour l'heure, la double résistance tau-fluvalinate et pirimicarbe n'existe pas.
  • Pégomyies : L’asticot de cette mouche fore des galeries d’aspect blanchâtre entre les épidermes des feuilles, qui se dessèchent. Après la nymphose émerge une petite mouche gris brun aux ailes claires. Cet insecte hiberne dans le sol sous forme de pupe. On compte jusqu’à trois générations par an. Des panneaux jaunes englués peuvent être disposés au-dessus de la culture pour piéger les adultes avant la ponte. Les auxiliaires naturels, notamment des petites guêpes qui pondent dans les œufs de la mineuse, entraînant leur avortement, sont également à favoriser. Des pulvérisations de purin de fougère, rhubarbe, lavande, pyrèthre ou tanaisie peuvent être utilisées.
  • Limaces et escargots : Ces défoliateurs sont très actifs par temps humide. Ils dévorent les feuilles en laissant derrière eux des traces de mucus, contrairement aux chenilles. Il est possible de les piéger avec une boîte semi-enterrée, remplie de bière et d’eau à parts égales, ou de déposer des morceaux de légumes (pomme de terre, navet, carotte…) sous une tuile, une planche ou un pot de fleurs, dont le bord est relevé, puis d’éliminer les captures. L’épandage de cendre ou de sciure de bois sur le sol est aussi une méthode.
  • Noctuelles défoliatrices : Elles provoquent des morsures des feuilles et du cœur par des chenilles glabres, beiges, grisâtres, verdâtres ou brunes, avec des rayures ou des tâches, selon l’espèce et le stade. De nombreuses déjections agglomérées sont visibles. Les semis précoces y sont moins exposés.
  • Larves du sol : Plusieurs insectes (noctuelles, taupins, tipules…) rongent le collet ou la racine pivot.
  • Teignes, altises : Ces insectes sont également assez courants.
  • Punaise diabolique : Apparue en France en 2012, elle est aujourd’hui présente presque partout dans l’Hexagone. Les plus gros dégâts sont observés sur les arbres fruitiers, mais aussi sur les cultures légumières.

Cycle de vie de la pégomyie et les dommages sur betterave

Maladies de la Betterave

Les maladies foliaires ont un fort impact sur le rendement et la qualité des betteraves : leur contrôle est indispensable. Par exemple, une maladie comme la cercosporiose peut engendrer près de 50% de pertes de rendement. La betterave potagère est exposée à plusieurs maladies et ravageurs, dont les plus graves sont racinaires, donc difficiles à identifier, mais peu fréquents. Plusieurs règles permettent de choisir la meilleure stratégie pour son programme fongicide. Il faut privilégier l'utilisation des produits les plus efficaces en tenant compte des associations possibles.

  • Cercosporiose : C'est une maladie bien connue de la betterave sucrière. Elle se caractérise par des tâches circulaires, souvent nombreuses, de 2-5 mm de diamètre, à centre gris clair et à bordure brun rougeâtre ou rouge violacé, d’abord sur les vieilles feuilles, se perforant à terme et desséchant le limbe. Elle est transmissible par les graines.
  • Rouille : Cette maladie est favorisée par les températures d’environ 18 degrés et par l’humidité. Souvent, elle fait son apparition courant du mois de juillet. Elle se caractérise par l’apparition de petites pustules rouges sur les deux faces des feuilles de la betterave sucrière.
  • Ramulariose : Elle aime les températures assez basses : 16-17 °C. Les taches grises à brunâtres provoquées par le champignon sont parfois bordées d’un liseré sombre. En cas de fortes attaques, les feuilles se dessèchent complètement. Les tâches foliaires sont brun clair, dès la fin juillet, plus larges et irrégulières que celles causées par la cercosporiose et parsemées de petits points blancs visibles à la loupe, avec dessèchement des tissus, surtout des feuilles les plus âgées.
  • Oïdium : À partir de juillet, par températures de 23-26 °C en situation orageuse ou après la rosée, il se manifeste par un revêtement blanc poudreux sur les deux faces des feuilles, jaunissement et dessèchement. On le reconnaît à son feutrage blanc, d’aspect poudreux sur les 2 faces de la feuille de betterave. Il est important de raisonner les apports de fumure azotée.
  • Pourriture racinaire : Plusieurs agents pathogènes peuvent altérer le pied de betterave. Les feuilles jaunissent, puis s’affaissent sur le sol. Certaines maladies (rhizoctone violet, sclérotiniose) poursuivent leur développement sur les betteraves récoltées. Les maladies racinaires comme le rhizoctone brun et violet, ou encore le rhizopus, sont également très nuisibles pour la culture de la betterave à un niveau industriel. Elles peuvent causer jusqu’à 40% de perte de rendement. Les planteurs doivent aussi éviter de stocker des betteraves présentant des maladies racinaires, puisqu’elles vont continuer à se dégrader.

Contre ces deux maladies foliaires (cercosporiose et ramulariose), il est préférable d’opter pour des variétés tolérantes comme ‘Bolivar’, ‘De Detroit 2’ ou ‘Rouge globe améliorée 2’. Avant de traiter l’oïdium, la rouille et autres taches indésirables, il est essentiel de respecter quelques bonnes pratiques de culture pour limiter les risques de développement.

8. Considérations Générales pour la Culture de la Betterave

La réussite de la culture de betteraves se joue dès l'implantation. Le choix de la variété doit s'adapter aux conditions de sol, de climat et aux objectifs de production (betteraves sucrières, fourragères, etc.). La betterave aime les sols profonds, bien drainés, riches en nutriments et avec une bonne capacité de rétention d'eau.

Le semis se fera de février à juillet (surtout d’avril à juillet) selon les régions et les variétés, à bonne densité (30-35 cm entre les lignes, deux éclaircissages sur les rangs, au stade 2-3 feuilles puis 5-6 feuilles, pour laisser un plant tous les 15 cm). Un repiquage est également possible. Il est recommandé d’opter pour un arrosage localisé au pied, ou par aspersion tôt le matin.

Aujourd’hui, un betteravier ne doit plus seulement produire des betteraves riches en sucre. L’enjeu climatique en premier lieu, car les phénomènes de sécheresse, d’excès d’eau, de canicule, de gel sont de plus en plus fréquents et s’intensifient. Sociétal ensuite, car les nouvelles variétés créées nécessiteront de moins en moins de produits phytosanitaires.

Usages et Durabilité de la Betterave

La betterave à sucre est principalement utilisée pour la production de sucre, mais aussi pour la production d'alcool et d’éthanol. Si les débouchés alimentaires du sucre sont bien connus, d’autres usages sont plus inattendus : en pharmacie, en cosmétique, dans le bâtiment comme agent retardateur de prise du béton, en apiculture et même en substitution du sel l'hiver pour dégeler les routes. La culture de betteraves constitue également un puissant levier de durabilité, impactant des domaines aussi divers que le stockage du carbone et la création d'emplois.

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