L'art de l'identification des "mauvaises herbes" à feuilles duveteuses : Comprendre pour mieux agir

Les jardins et potagers sont souvent le théâtre d'une lutte incessante contre des espèces végétales qui, bien que n'ayant aucune utilité apparente pour la production agricole ou maraîchère, envahissent et concurrencent les cultures. Ces plantes, communément appelées "mauvaises herbes" ou adventices, sont perçues par de nombreux jardiniers comme indésirables. Pourtant, cette appellation est parfois injuste, car bon nombre d'entre elles possèdent des qualités insoupçonnées, tant pour la biodiversité que pour l'homme.

Illustration d'un jardin avec différentes

Le terme "mauvaise herbe" est en effet une question de point de vue. Ce qui est une nuisance pour le jardinier peut être une source de nourriture précieuse pour les insectes et les pollinisateurs, certaines étant même qualifiées d'herbes mellifères. D'autres sont dotées de propriétés médicinales et nutritives très intéressantes. L'enjeu n'est donc pas de les éradiquer systématiquement, mais plutôt de faire la part des choses et d'éliminer uniquement les herbes indésirables qui freinent la croissance des plantes cultivées ou altèrent trop la beauté du jardin.

Pourquoi identifier les "mauvaises herbes" ?

L'identification correcte des "mauvaises herbes" est la première étape pour rétablir l'équilibre dans le jardin. Plus l'identification est précise, plus l'approche pour les gérer sera ciblée et efficace. En effet, chaque adventice possède une combinaison unique de caractéristiques, et reconnaître celles qui envahissent le jardin conditionne le choix de la bonne méthode d’élimination. Les "mauvaises herbes" sont généralement extrêmement résistantes et se propagent rapidement, et leur capacité à entrer en compétition directe avec les plantes cultivées pour l'eau, les nutriments et la lumière en fait des concurrents redoutables. Elles peuvent également introduire des maladies ou attirer des parasites.

Les quatre critères essentiels pour reconnaître une "mauvaise herbe"

L'identification des "mauvaises herbes" repose sur quatre critères visuels principaux : la forme des feuilles, le type de racine, le port de la plante et sa floraison. Observer méthodiquement ces éléments suffit à identifier la majorité des espèces rencontrées au jardin.

La forme des feuilles : le premier indice visuel

Les feuilles constituent le premier indice visuel et se répartissent en grandes catégories : rondes (comme le lierre terrestre), dentées (comme l'ortie), lobées (telle la chélidoine), lancéolées (à l'instar du plantain) ou découpées en rosette plaquée au sol (comme le pissenlit). La disposition des feuilles sur la tige - alternes, opposées ou en verticilles - est également un élément d'identification important.

Parmi les 220 espèces d’adventices fréquentes en France, plus de la moitié appartiennent à six familles botaniques principales : Astéracées, Poacées, Polygonacées, Brassicacées, Cypéracées et Apiacées. Chaque famille partage des traits foliaires communs qui facilitent le regroupement et l'identification.

Le type de racine : un facteur déterminant pour l'élimination

Arracher délicatement la plante pour examiner son système racinaire est crucial. Trois types de racines dominent :

  • Racine pivotante : un axe principal vertical, souvent charnu. Le pissenlit, par exemple, développe une racine pivotante de 30 à 50 cm de profondeur.
  • Racine fibreuse : un réseau de radicelles superficielles, typique du mouron ou du pâturin annuel.
  • Rhizome traçant : une tige souterraine horizontale qui génère de nouveaux plants. Le chiendent produit des rhizomes de plus d’un mètre dans les 10 premiers centimètres du sol.

Diagramme illustrant les différents types de racines (pivotante, fibreuse, rhizome)

Le type de racine détermine directement la stratégie d’élimination. Un arrachage simple suffit pour les racines fibreuses, tandis que les pivotantes exigent un outil extracteur. Les rhizomes, quant à eux, demandent un travail en profondeur sur plusieurs passages.

Le port et la floraison : des compléments d'identification précieux

Le port général de la plante oriente l’identification avant même d’observer les détails. Une plante rampante au ras du sol (comme la véronique filiforme ou le trèfle) ne se confond pas avec une tige dressée de 40 à 120 cm (telle le chiendent ou le rumex). Les espèces grimpantes comme le liseron enroulent leurs tiges autour des supports voisins.

La floraison apporte une confirmation précieuse. La couleur, la forme de l’inflorescence (capitule, ombelle, grappe) et la période d’apparition affinent le diagnostic. Par exemple, le mouron rouge fleurit de mars à novembre avec de minuscules fleurs écarlates de 5 mm, tandis que le séneçon produit des capitules jaunes dès février.

Panorama des "mauvaises herbes" courantes et leurs caractéristiques

Voici une exploration détaillée de quelques-unes des "mauvaises herbes" les plus fréquemment rencontrées, avec leurs particularités et les méthodes de gestion adaptées.

1. Le chiendent (Elymus repens)

Le chiendent est une mauvaise herbe reconnaissable à ses feuilles fines et allongées, légèrement coupantes, et ses petites fleurs vertes en été. Originaire d’Europe et d’Asie, le chiendent appartient à la famille des graminées. Cette plante herbacée vivace a de puissants rhizomes qui peuvent transpercer ou étouffer les racines des autres plantes, notamment le gazon. En une saison, ces rhizomes s’étendent de 1,50 mètre dans toutes les directions depuis la plante mère. Un seul fragment de 2 cm suffit à régénérer un plant complet.

Pour éliminer cette indésirable qui s’est incrustée sans y être invitée, plusieurs solutions sont envisageables : l'arrachage à la main est très laborieux, mais s’avère souvent payant. La privation de lumière à l'aide d'une bâche épaisse ou de morceaux de carton recouvrant les zones envahies est également efficace. Une autre approche consiste en la plantation d’œillets d’Inde (Tagetes patula) ou de soucis (Calendula officinalis) à proximité. S’il faut bien admettre que le chiendent a tout d’une herbe indésirable, cette plante est également connue pour ses propriétés médicinales ou sa capacité à lutter contre l’érosion des sols.

2. Le pissenlit (Taraxacum)

Photographie d'un pissenlit en fleur

Également appelée « dent de lion » en raison de la forme de ses feuilles, le pissenlit est une plante à tige creuse qui fleurit de mai à novembre. Considéré comme une mauvaise herbe de la famille des Astéracées, le pissenlit est une plante à racine pivotante dont les graines facilement transportées par le vent se répandent un peu partout. On distingue facilement ses fleurs jaune vif dans une pelouse, et c’est souvent ce qui pose problème. Le pissenlit se reconnaît à ses feuilles dentées disposées en rosette et à ses fleurs jaunes caractéristiques. Cette plante sauvage dans le jardin indique un sol riche et légèrement humide.

Si le maintien d'un gazon très net est une priorité, il est possible d'éliminer cette herbe indésirable avec la racine, à l’aide d’une gouge. La tonte du gazon, avant que le pissenlit ne se développe suffisamment, peut également être une solution, tout comme le paillage du sol pour l’empêcher de se développer. Cependant, n’oublions pas que le pissenlit est l’une des fleurs parmi les plus nectarifères et mellifères. Elle offre également des vertus médicinales, principalement utilisée pour traiter les troubles du foie et de la vésicule biliaire. Enfin, le pissenlit est une plante vivace savoureuse à déguster crue ou cuite (en salade, ou sous forme de vin de pissenlit).

3. Le mouron rouge (Anagallis arvensis)

Le mouron rouge est une petite plante annuelle rampante et tapissante (10 cm) appartenant à la famille des Primulacées. Ses petites feuilles vertes, de forme ovale, se propagent rapidement, au détriment d’autres plantes et cultures, qui se retrouvent privées de leur dose d’eau et d’azote. Cette herbe indésirable affectionne particulièrement les potagers. On la reconnaîtra à ses petites fleurs rouges, qui forment ensuite des fruits remplis de graines. Pour empêcher le mouron rouge de se propager, il est recommandé d'éliminer les fleurs au printemps en griffant le sol ou de prévoir un paillage organique pour les empêcher de s’installer. Le mouron des oiseaux, une autre variété de mouron, se reconnaît à ses petites fleurs blanches et s'arrache facilement avec sa racine peu profonde.

4. La bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris)

La bourse-à-pasteur (famille des Brassicacées) est une plante herbacée annuelle qui se reproduit par graines et pousse un peu partout. Originaire d’Europe, on la reconnaît à sa tige dressée, ses quelques feuilles et ses grappes de petites fleurs blanches. Pour éliminer la bourse-à-pasteur, le sarclage s’avère efficace.

Cette herbe indésirable au jardin cache une autre facette : elle est délicieuse en salade, avec son petit goût piquant ! En Chine, elle est même cultivée comme légume. Ses feuilles sont riches en protéines, en vitamines et en sels minéraux. La bourse-à-pasteur est également une plante médicinale emménagogue dont l’action est bénéfique pour le cycle menstruel qu’elle régularise. Elle est à consommer en infusion ou décoction, en respectant les doses et en demandant conseil à un spécialiste.

5. La moutarde des champs (Sinapis arvensis)

Plante herbacée annuelle, la moutarde des champs est parente du colza et appartient à la famille des Brassicacées. Sa tige érigée velue atteint entre 30 et 80 cm et produit des fleurs jaunes de janvier à décembre. Elle est considérée comme une plante indésirable lorsqu’en s’installant parmi les cultures, elle capte leur eau et les éléments nutritifs dont elles ont besoin. Pour empêcher la montée en graines, il faut arracher les tiges en début de floraison et sarcler.

6. L'oseille crépue (Rumex crispus)

Le Rumex crispus présente des tiges très coriaces et dressées et des fleurs vertes puis pourpres en longues grappes. Plante sauvage vivace appartenant à la famille des Polygonacées, sa racine pivotante s’enfonce en profondeur dans la terre. Le rumex se développant dans les terres très (trop) fertilisées et compactées, la solution pour ne pas voir cette herbe indésirable s’installer au jardin est d’opter pour des engrais organiques comportant moins d’azote et de potasse et de pailler le sol après l’avoir bien ameubli au préalable. Le Rumex crispus rentre également dans la composition d’un médicament homéopathique souvent prescrit pour soigner les troubles ORL. Les patiences à feuilles obtuses, qui se propagent très rapidement car la plante produit beaucoup de graines, sont des mauvaises herbes tenaces en raison de leur racine pivotante particulièrement robuste.

7. L'ortie (Urtica dioica)

Gros plan sur des feuilles d'ortie avec leurs poils urticants

Avec ses feuilles dentées couvertes de poils urticants, l’ortie est automatiquement classée dans la catégorie des "mauvaises herbes". Ce membre de la famille des Urticacées pousse abondamment un peu partout. Son feuillage vert sombre parsemé de poils urticants est connu de tous. Pour éliminer naturellement cette herbe indésirable, il est possible de la pailler (feuilles mortes, tonte) pour la priver de lumière. Le vinaigre blanc peut également être une bonne solution, à diluer à 20 ou 30 % (soit 200 ml ou 300 ml de vinaigre pour 1L d’eau). Pulvérisez la solution sur les tiges et les feuilles, puis arrachez les racines de l’ortie à l’aide d’une binette, en n’oubliant pas les gants. Pour l'éradiquer, l'utilisation d'une fourche de jardin est préconisée, en remuant d'abord le terrain pour l'ameublir avant d'extirper les racines.

L’ortie est certes une herbe considérée comme mauvaise, mais elle a aussi de nombreux atouts. Elle est très riche en vitamine C, en protéines et en minéraux. Elle est aussi utilisée pour fabriquer le purin d’ortie, un excellent engrais azoté et un remarquable accélérateur de compost, parfait pour renforcer les plantes cultivées et lutter contre les parasites tels que les pucerons.

8. Le liseron des champs (Convolvulus arvensis)

Le liseron des champs (Convolvulus arvensis) se reconnaît à ses petites fleurs roses qui ne s’ouvrent qu’en présence du soleil. Dans la famille des Convolvulacées, le liseron des champs est une mauvaise herbe rampante ou grimpante qui peut mesurer jusqu’à 150 cm. D’apparence charmante avec ses feuilles en forme de cœur allongé et ses fleurs en forme de trompettes roses, le liseron des champs est en fait une herbe indésirable au jardin, qui enroule ses tiges autour des autres plantes et les prive de lumière et d’eau. Ses rhizomes souterrains peuvent atteindre 2 mètres de profondeur et se cassent facilement, ce qui permet à la plante de continuer à se multiplier.

Sa présence révèle souvent une terre trop riche en matière organique et trop compactée. Pour limiter sa prolifération, il faut veiller à réduire l’apport d’azote présent dans l’engrais ou le fumier. La meilleure méthode est l’arrachage manuel régulier (surtout pas de bêche, qui sectionne ses rhizomes !). Il est également possible de placer une toile opaque et perméable à l’eau sur la zone envahie pour priver ces "mauvaises herbes" de lumière. Pour s'en débarrasser, utilisez une binette pour couper les pousses au-dessus du sol ou arrachez-les à la main en les tirant vers le haut. Il faut beaucoup de patience pour se débarrasser de ces mauvaises herbes à long terme, car les rhizomes fins sont longs et difficiles à extirper du sol. Cependant, couper régulièrement les mauvaises herbes pendant la saison de jardinage affaiblira continuellement les racines profondes et finira par appauvrir leurs réserves.

9. La renouée du Japon (Fallopia japonica)

Sous son nom poétique, la renouée du Japon est inscrite sur la liste des cent plantes les plus invasives de la planète ! Cette plante herbacée vivace (famille des Polygonacées) possède des rhizomes qui se dispersent et créent sans cesse de nouvelles pousses. Ce sont eux qu’il faut extraire pour vous débarrasser de la renouée du Japon. Installez ensuite une bâche opaque. Si la mauvaise herbe repousse, fauchez au fur et à mesure de leur apparition. Pour la reconnaître, on peut observer de multiples petites fleurs blanches (nectarifères et mellifères), installées en panicules à l’aisselle de feuilles ovales ou triangulaires. C'est une mauvaise herbe particulièrement tenace.

10. L'égopode (Aegopodium podagraria)

Les racines profondes et ses rhizomes traçants de celle qu’on appelle également « herbe aux goutteux » en font une mauvaise herbe redoutée, qui envahit rapidement l’espace. Reconnaissable à ses nombreuses fleurs blanches qui apparaissent en été et à ses feuilles très découpées, l’égopode (famille des Apiacées) mesure de 60 cm à 1 m de hauteur. Pour la supprimer naturellement, en l’affaiblissant au fil du temps, coupez très régulièrement les parties aériennes à l’aide d’un sécateur, et supprimez toutes les fleurs avant qu’elles ne produisent des graines. L'égopode podagraire étouffe les plantes et se propage rapidement dans le jardin, le rendant difficile à éradiquer.

Autres "mauvaises herbes" courantes

Outre ces dix espèces, de nombreuses autres "mauvaises herbes" sont susceptibles de coloniser un jardin. Il est important de distinguer les différents types de plantes sauvages selon leur cycle de vie et leur mode de reproduction.

  • Les annuelles comme la bourse-à-pasteur ou le galinsoga à petites fleurs (Galinsoga parviflora) se multiplient uniquement par graines et disparaissent après une saison. Le galinsoga parviflora est facile à supprimer avec une binette, mais il concurrence les plantes cultivées pour la lumière, l'eau et les nutriments.
  • Les vivaces à racine pivotante, telles que le pissenlit ou le rumex, développent des racines profondes qui leur permettent de puiser l’eau et les nutriments en profondeur. Le plantain majeur envahit la pelouse et doit être éliminé entièrement, y compris le rhizome charnu, à l'aide d'un désherbeur.
  • Les espèces traçantes représentent le défi le plus important pour le jardinier. Le chiendent, les orties ou le liseron des champs étendent leurs rhizomes ou stolons sur de grandes distances. La renoncule rampante, également connue sous le nom de pied-de-poule, prospère dans les prairies humides et les zones au bord de l’eau. Ses fleurs jaunes brillantes et ses tiges traçantes qui s’enracinent aux nœuds la rendent facilement identifiable. La présence de renoncules dans le gazon indique une surfertilisation et elle dévore l'espace des autres plantes. Comme la renoncule rampante préfère les sols acides, l’épandage de chaux peut stimuler la croissance du gazon et affaiblir les "mauvaises herbes" en raison de la modification du pH du sol. Une tonte régulière, en particulier pendant la période de floraison, évite également la formation de graines. Le bêchage est la solution la plus efficace à long terme.
  • La prêle des champs préfère les sols humides et acides. Ses tiges creuses et articulées, dépourvues de vraies feuilles, la distinguent de toutes les autres plantes sauvages du jardin.
  • La pâquerette (Bellis perennis) forme des rosettes plates de 2 à 5 cm de diamètre, quasi invisibles entre les brins de gazon. Avec leurs petites fleurs blanches caractéristiques, les pâquerettes envahissent rapidement une belle pelouse.
  • Le trèfle blanc colonise les gazons pauvres en azote. Ses stolons s’étalent sur 30 cm et résistent au passage de la tondeuse.
  • La matricaire odorante ou fausse camomille est une mauvaise herbe annuelle qui se propage loin lorsque ses fleurs se désagrègent, répandant leurs semences dans tout le jardin. La plante est facile à arracher.
  • Le gaillet gratteron, mauvaise herbe annuelle, s’accroche partout grâce aux crochets de ses tiges et se propage aisément dans tout le jardin. Il faut l’éliminer avec sa racine avant que la plante ne fleurisse et ne produise de graines.
  • Les chardons, comme le chardon crépu et le chardon penché, sont des plantes bisannuelles épineuses qui peuvent gâcher un jardin.

Stratégies de gestion et d'élimination des "mauvaises herbes"

L'identification des "mauvaises herbes" est la première étape, mais l'action est la clé. Chaque type d’adventice appelle une réponse adaptée. Arracher un pissenlit sans extraire sa racine pivotante garantit sa repousse sous 10 à 15 jours. Couper un liseron au ras du sol stimule la production de nouvelles tiges.

La prévention : la meilleure des stratégies

La prévention constitue la stratégie la plus durable pour gérer les plantes indésirables. Il suffit de maintenir une pelouse dense et vigoureuse pour limiter l’installation des plantes sauvages dans les jardins.

  • Le paillage représente une technique particulièrement efficace autour des plantes cultivées. Une couche de 5 à 10 cm de matière organique empêche la germination des graines et limite la croissance des plantes sauvages dans le sol du jardin. Le paillage organique (8 à 10 cm d’épaisseur) réduit la germination des adventices annuelles de 80 à 90 %. Copeaux de bois, paille ou feuilles mortes : le choix dépend de la zone du jardin.
  • Il est préférable de combler rapidement les zones dénudées avec des plantes couvre-sol ou des semis de gazon, car les plantes sauvages s’installent prioritairement dans les espaces libres où la concurrence est faible.
  • Adapter la fertilisation aux besoins réels du sol est également important. Un excès d’azote favorise certaines plantes sauvages des champs au détriment du gazon.

Les méthodes de désherbage

Le désherbage manuel

Le désherbage manuel reste la méthode la plus sélective et la plus respectueuse. Il convient d’arracher les plantes sauvages par temps humide, lorsque le sol est meuble.

TUTO : être EFFICACE en désherbage thermique

L'eau bouillante

L’eau bouillante constitue un désherbant naturel efficace sur les surfaces minérales. Cette méthode détruit instantanément les parties aériennes et endommage les racines superficielles.

Le sarclage régulier

Le sarclage régulier épuise progressivement les plantes vivaces en les privant de leurs réserves. Cette technique demande de la persévérance mais donne d’excellents résultats sur les plantes sauvages des jardins. Pour les "mauvaises herbes" qui se propagent par les graines, la meilleure approche à long terme est de les affaiblir par un binage et une taille régulière. La clé est de les attaquer avant qu’elles ne fleurissent, ou du moins avant que les fleurs n’arrivent à maturité, car elles seront alors incapables de se reproduire et pourraient donc disparaître du jardin pendant longtemps.

La solarisation

La solarisation utilise la chaleur du soleil pour détruire les graines et affaiblir les racines. Il suffit de recouvrir la zone avec un plastique transparent pendant plusieurs semaines en été.

Traitements spécifiques selon le sol et la période

  • Sols acides : Les plantes sauvages dans les sols acides des pelouses nécessitent une approche particulière. L’épandage de chaux agricole modifie le pH et défavorise certaines espèces acidophiles comme la renoncule rampante ou la prêle.
  • Sols compacts : Les sols compacts favorisent l’installation de plantes sauvages résistantes au piétinement. L’aération mécanique du sol et l’apport de matière organique améliorent la structure et favorisent les plantes cultivées.
  • Printemps : Le printemps représente la période optimale pour le désherbage des plantes annuelles. Les jeunes pousses sont plus fragiles et s’arrachent facilement.
  • Été : L’été demande une vigilance particulière concernant les adventices du gazon. Les fortes chaleurs affaiblissent le gazon et favorisent certaines plantes sauvages résistantes à la sécheresse.
  • Automne : L’automne constitue le moment idéal pour traiter les plantes vivaces. Ces végétaux stockent leurs réserves dans leurs racines avant l’hiver.

Que faire des "mauvaises herbes" arrachées ?

Il convient de trier soigneusement les plantes arrachées avant le compostage. Les espèces montées en graines ou possédant des organes de multiplication végétative nécessitent un traitement particulier. Il est préférable de jeter les "mauvaises herbes" propagées par les racines dans une poubelle de jardin destinée au compostage industriel. Pour les autres, assurez-vous que les racines sont déchiquetées avant le compostage, sinon vous risquez d’ajouter une plante viable à votre tas de compost. Les "mauvaises herbes" qui ont fleuri peuvent également produire des graines capables de germer.

Les jeunes plantes sauvages sans graines enrichissent parfaitement le compost. Leur décomposition apporte de la matière organique et des nutriments au sol. La meilleure façon d’éliminer de grands volumes de "mauvaises herbes" non compostables est de les mettre au rebut conformément à la réglementation sur le traitement des déchets, par exemple dans un centre de recyclage ou dans un point de collecte local des déchets verts. Pour des volumes moindres, elles peuvent être mises au rebut dans une poubelle de déchets organiques.

L'équilibre entre contrôle et biodiversité

Même si les "mauvaises herbes" peuvent être considérées comme indésirables dans nos jardins, les abeilles et autres créatures apprécient la variété qu’elles offrent. Il est important de maintenir un équilibre entre contrôle et préservation de la biodiversité. Certaines plantes sauvages des jardins nourrissent les insectes pollinisateurs et les oiseaux. La diversité végétale renforce la résistance naturelle du jardin aux invasions. Un écosystème équilibré régule naturellement les populations de plantes indésirables. Les méthodes de désherbage au potager doivent préserver la vie du sol. Les micro-organismes, vers de terre et insectes auxiliaires contribuent à la santé générale du jardin.

Outils d'identification modernes et traditionnels

L'identification des "mauvaises herbes" peut être facilitée par divers outils.

Applications d'identification par photo

De nombreuses applications mobiles permettent d'identifier une plante en quelques secondes. Il suffit de photographier la feuille, la fleur ou le fruit, et l’algorithme propose une identification. Plus d’un milliard de reconnaissances ont été réalisées depuis le lancement de certaines plateformes. Concrètement, photographiez la plante sous trois angles pour un résultat fiable : une vue d’ensemble, un gros plan sur la feuille et un détail de la fleur ou du fruit si disponible. Le taux de reconnaissance augmente quand l’image est nette et la plante isolée sur le cliché.

L'herbier de référence

Un herbier personnel reste un outil précieux pour les jardiniers réguliers. Prélevez un échantillon complet (feuilles, tige, racine, fleur si possible) et pressez-le entre deux feuilles de papier journal pendant 2 à 3 semaines. Notez la date, le lieu et le type de sol. Sur le terrain, cet herbier devient votre guide de comparaison instantané. Après une saison, vous reconnaîtrez la majorité des adventices de votre jardin sans aucun outil numérique.

La signification des "mauvaises herbes" : des indicateurs de sol

Effectivement, chaque espèce révèle des caractéristiques spécifiques du sol. Le pissenlit indique une terre riche et fraîche, la prêle signale un sol acide et humide, tandis que le coquelicot pousse dans les terres calcaires. Observer la présence de certaines "mauvaises herbes" peut ainsi fournir des informations précieuses sur la qualité et les besoins du sol du jardin.

Par exemple, le liseron des champs révèle souvent une terre trop riche en matière organique et trop compactée. La renoncule rampante dans le gazon peut indiquer une surfertilisation. Les sols compacts favorisent l’installation de plantes sauvages résistantes au piétinement. La moutarde des champs, lorsqu'elle s'installe, capte l'eau et les éléments nutritifs nécessaires aux cultures. En comprenant ce que ces plantes "disent" sur le sol, les jardiniers peuvent adapter leurs pratiques culturales pour créer un environnement plus propice aux plantes cultivées et moins favorable aux adventices indésirables.

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