La terre, loin d'être un simple réceptacle inerte, est un écosystème complexe où la notion de "repos" a traversé les âges, revêtant diverses significations et suscitant des débats passionnés. L'expression "mauvaise herbe ne crève pas" soulève, en filigrane, la problématique de la gestion des adventices et de leur impact sur la productivité des sols, question intrinsèquement liée aux pratiques de culture et aux conceptions du "repos de la terre".

L'Illusion du Repos : Une Analogie Humaine et Ses Conséquences
L'idée que la terre a besoin de repos, souvent déduite par analogie avec la faiblesse de notre propre nature, est un système que l'expérience a souvent démenti. Les résultats d’une culture conduite sur des principes qui ne tiennent pas compte de cette analogie prouvent avec la dernière évidence l’illusion de ce système. Cette idée que le repos est indispensable à la terre paraît surtout dériver de ce qu’il l’est aux animaux. Pourtant, la peine que nous éprouvons à étouffer l’action végétative dans les champs soumis à la méthode des jachères met en lumière cette contradiction. Les idées simples sont souvent la source des préjugés les plus opiniâtres, parce que chacun croit les saisir.
Fatigue des Sols : Un Concept Ancien et Évolutif
La fatigue des sols est définie comme une baisse de la fertilité (productivité) d’un terrain, non compensable par le seul apport d’engrais et consécutive à la répétition ou à la longue présence d’une même espèce cultivée. La notion de repos des terres fatiguées par la production de récoltes successives est très ancienne.
Dans la Bible, notamment dans les livres de l’Exode et du Lévitique, l’année sabbatique prescrite tous les sept ans par la loi de Moïse s’applique, entre autres, aux terres cultivées. Dans l’Antiquité gréco-romaine, on parlait aussi de vieillesse de la terre, ce que réfute Columelle (Annexe 1), car la vieillesse n’est pas réversible. En français, la notion de repos de la terre existe dans les textes depuis le Moyen Âge. Nous ignorons si elle était alors employée par les cultivateurs, ou si ce sont des lettrés qui l’ont « parachutée » à partir des textes de l’Antiquité.
Qu'entend-on par Repos du Sol ? Une Évolution Sémantique et Pratique
S’agissant d’une période sans semis ni récolte, le mot "repos" ne dit rien, ni des mécanismes en jeu, ni de l’état du terrain. Il regroupe et conduit donc à confondre la friche et la jachère, comme dans le Dictionarium latinogallicum de Robert Estienne (1552) qui associe "Veruactum" à "Jachere, Terre, qu'on laisse reposer en friche".
Devenue une idée reçue, une étymologie erronée de jachère, qu’on trouve par exemple dans le Thresor de la langue françoyse… de Nicot (1606), décrit la jachère comme « la terre labourable que le laboureur laisse reposer un an sans y semer, pour l'année suivante y semer du bled. » Or, si on laissait s’enherber la friche pour la faire pâturer, la jachère, elle, était fréquemment travaillée, « labourée et relabourée », pour éliminer les mauvaises herbes.
Ainsi, des auteurs comme Liébault (1583) écrivent : « laisser un an ou deux en repos le champ, sans oublier toutefois de labourer tant Hiver qu’Été ». Olivier de Serres (1605) renchérit : « labourerons celles de nos terres que désirons laisser reposer une année, pour après icelle la faire travailler (…) les laissant durant ce temps là, en repos, en les cultivant toutefois ». Plus tard (1765), l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, dans l'article Jachère, précise : « L'année de repos est pour la plupart une condition essentielle à la récolte du blé. Pendant cette année la culture a deux objets : d'ameublir la terre, et de détruire l'herbe. Ces deux objets sont remplis par les labours… ». Duhamel du Monceau (1762) ajoute : « alors commence l’année de repos ou de jachère, pendant laquelle on prépare la terre pour recevoir le froment l’année suivante. (…) les labours qu’on fait pendant l’année de repos ». Pour de Gasparin (1851), la jachère est « une année de repos pendant laquelle la terre est soumise à des labours ».
En résumé, « La coutume générale est de laisser reposer la terre tous les trois ans, c'est-à-dire, de la cultiver sans y rien semer. La terre se repose donc, mais le cultivateur ne se repose pas ; s'il ne confie rien à la terre, il la dispose à rapporter du grain l'année suivante » (Chrestien de Lihus, 1804). Ne pas comprendre que, pendant la jachère, la terre « se reposait » en étant intensément travaillée, est source d’innombrables contradictions, contresens et problèmes de compréhension des textes anciens. Par exemple, cela a pu mener à rajouter une 4ème année fictive dans les assolements triennaux, en dédoublant l’année de jachère en une de « repos » sans travail du sol puis une de labours. Un problème similaire ne serait-il pas la cause de la gêne qu’avouent les traducteurs modernes des textes bibliques instituant l’année sabbatique pour la terre, la même expression (Exode, chap. 23, v. 10-11 ; Lévitique, chap. 25, v. 2-5) étant employée ?
Les secrets de la jachère : comment les terres se reposent pour mieux pousser !
Critique du Zoomorphisme et l'Émergence de l'Agronomie Scientifique
Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, le vocabulaire anthropomorphique décrivant la fatigue des sols a été vivement critiqué. Des expressions telles que « toute idée de fatigue, de lassitude, d’épuisement de forces, de vieillesse et de repos, et toute autre équivalente, appliquées à la terre, sont entièrement vides de sens, aussi dénuées de fondement que si on les appliquait à une masse inerte de pierres, de sables, et d'autres matières analogues, qui forment le noyau ou la base ordinaire de toute terre cultivable. (…) En partant de la supposition gratuite que la terre épuisait, par ses productions, les forces qu'on lui attribuait, dans l'acception rigoureuse de cette expression, il était naturel de supposer qu'elle avait besoin de repos comme un animal fatigué par le poids d'un fardeau, ou par un effort quelconque, a réellement besoin d'inaction pour réparer l’abattement qu'il éprouve, afin de pouvoir se rétablir dans son état primitif » (Yvart, 1809 et 1822 ; texte repris par Vivien, 1837).
Cette critique n'est alors fondée, ni sur des expérimentations longues, ni sur des avancées dans les connaissances ou les méthodes scientifiques. Adepte de la théorie de l'humus, qui ne distingue pas les différents éléments nutritifs, Yvart « ignore » les principes méthodologiques de Lavoisier et affirme l’existence de « cultures restituantes » suffisantes à elles toutes seules pour maintenir la fertilité perpétuelle de la terre. Pour nombre d’auteurs, les choses sont simples : il suffit de restituer à la terre, « réceptacle inerte », les principes que les récoltes en ont extrait.
Le Problème des Engrais et la Nutrition des Plantes
À la fin du XVIIIe siècle, alors que le problème du manque d’engrais commençait à être perçu de façon lancinante (Boulaine, 1992 ; Morlon, 1998), cette affirmation ne pouvait que rester toute théorique, voire sonner comme la condamnation de tous les pauvres qui ne pouvaient s’en procurer ! Soulignons que ce n’est pas la même chose d’affirmer, comme Bernard Palissy (1563), qu’il est nécessaire de restituer à la terre ce que les récoltes lui ont ôté, et que cela serait suffisant pour ne pas voir baisser les rendements des récoltes successives.
Boussingault en 1844 n’hésite pas à affirmer : « Là où l'on peut se procurer en quantité illimitée les engrais et la main-d'œuvre, il n'y a pas nécessité absolue de suivre un système régulier de rotation. Quand on se trouve placé dans des conditions aussi favorables, on se borne à examiner quelle est, sous le rapport commercial, la culture la plus avantageuse que peuvent permettre le climat et la nature du sol. On a même peu à redouter que, par une culture continue, les champs viennent à s'infecter de plantes nuisibles, parce que, avec du travail, on peut remédier à ce grave inconvénient. On n'a pas à craindre davantage l'appauvrissement du sol, puisqu'on peut avoir recours à des achats d'engrais. Tout l'art de l'agriculteur se réduit alors à comparer la valeur probable de la récolte à la dépense en fumier, main-d'œuvre, etc. »
On savait devoir respecter un délai minimum entre deux récoltes de la même espèce : « L'agriculteur progressif doit se pénétrer de cet axiome reçu en théorie et en pratique, que les récoltes sont d'autant plus productives qu'elles reviennent moins souvent sur le même terrain. Ce principe doit être la base de ses travaux. Il est prouvé que notre récolte principale, celle du froment, serait bien plus avantageuse, si, au lieu d'être ramenée tous les deux ou trois ans, elle faisait partie d'une rotation plus longue. (…) en résumé, (…) l'agriculteur doit (…) éloigner le retour des mêmes récoltes sur le même terrain » (Piperey, 1838). Et cela, que les terres entre temps se reposent ou portent d’autres récoltes : « elles demandent repos & variété de semence, comme de légume après le seigle » (Estienne & Liebault, 1570).
Les Mécanismes de la Fatigue des Sols : Au-delà du Simple Épuisement
Mais comment l’expliquer ? On disait que les différentes espèces cultivées ne se nourrissaient pas des mêmes principes, ou pas dans le même volume de sol (voir Delaporte, 1979). La Quintinie (1695) avait expliqué par « la plus grande ou la moins grande quantité de sel qu'il faut à chaque plante en particulier, car elles n'en consomment pas toutes également » le fait que ce délai de retour soit différent selon les espèces cultivées, de même Leclerc-Thoüin (1836) : « On s'aperçut que toutes les récoltes n'étaient pas également épuisantes ; que toutes ne se succédaient pas avec un même succès; que telles pouvaient revenir plus fréquemment que telles autres sur le même terrain, etc. ».
Vers 1910, un manuel scolaire (Dutilleul & Ramé) écrit encore « L'assolement repose la terre. (…) Pour ne pas fatiguer la terre, le cultivateur fait un assolement, c'est-à-dire qu'il divise son terrain en plusieurs parcelles ou soles, sur chacune desquelles il cultive successivement des plantes qui se nourrissent d'éléments différents et à une inégale profondeur ».
Mais l’expérience montre qu’il ne suffit pas d’apporter de l’engrais, en quelque quantité qu’on en ait : « on croirait peut-être pouvoir jouir du même avantage, en semant du blé dans les mars ; point du tout : le blé vient toujours très-mal après du blé, quelque amendement et quelque culture qu'on lui donne ; ce qui prouve évidemment, ou que le blé de Mars est bien constamment un autre blé que celui d'hiver, ou que le repos est nécessaire à la terre (…) » (Chrestien de Lihus, 1804). Même Yvart, adversaire acharné de la jachère, doit concéder : « il ne faut pas croire qu'en la supprimant on puisse exiger constamment de toutes les terres des productions abondantes, et encore moins des récoltes complètes très épuisantes […] même avec des engrais » (1809).

Les Apports de la Chimie et de la Microbiologie
D’abord, les chimistes du début du XIXe siècle ont établi que tous les végétaux sont constitués des mêmes éléments, en proportions similaires. Ayant montré que les plantes n’absorbent que des composés minéraux simples, solubles, ils ont ouvert la voie à l’industrie des engrais chimiques. Puis des microbiologistes, à la suite de Pasteur, ont montré l’existence d’une infinité de micro-organismes vivant dans le sol ou transmis par le sol. Certains sont bénéfiques en nitrifiant l’ammoniaque (Schloesing & Müntz, 1877) ou en fixant l'azote atmosphérique (Hellriegel & Wilfarth, 1888), mais d’autres transmettent aux cultures des maladies qui en réduisent la production. L’accumulation de ces pathogènes dans le sol est une composante essentielle, mais pas la seule (Chavignac & Anselme, 1957) de ce que des agronomes modernes n’hésitent pas à appeler fatigue des sols.
Deux Approches Face aux Notions de Fatigue et de Repos
Deux attitudes opposent en effet les agronomes face aux notions de fatigue et de repos de la terre. Les uns les rejettent catégoriquement comme non scientifiques (la terre n’est pas un être vivant, elle ne se repose pas) : « Le repos du sol n’est qu’une vue de l’esprit, sans bases expérimentales » ; « le terme fatigue a continué à masquer notre ignorance » (Demolon, 1946 ; 1948).
La deuxième est d’accepter le défi posé par l’existence de cette notion de repos inventée, de façon totalement indépendante, par des peuples différents aux quatre coins du globe, et d’appeler fatigue des sols (Inra-SFP, 1983 ; Pierre, 1985 ; Messiaen, 1986 ; Cure et al., 1987) un ensemble de phénomènes. Ceux-ci incluent non seulement phytotoxicités d’origines diverses et accumulation dans le sol de pathogènes ou de graines de mauvaises herbes, mais aussi déséquilibres entre populations microbiennes, le tout en interactions complexes (Michelot, 2004), et sur lesquels ce qu’on connaît est encore bien peu par rapport à ce qui reste à découvrir.
L'Impact du Non-Respect des Délais de Retour
En « grande culture » en France, le non-respect des « délais de retour » établis par l’expérience, pour des cultures comme la betterave à sucre ou les pois, est toujours sanctionnée par des baisses de rendement telles qu’elles peuvent contraindre à l’abandon de la culture. « C'est donc surtout dans les exploitations agricoles pratiquant une culture intensive à base de betteraves et de blé, que survient cette fatigue due à la monotonie de la rotation, notamment à l'absence de prairies artificielles dont on s'explique ainsi qu'elles soient capables de reposer les sols. Méthode de lutte contre la fatigue apparente des sols. » (Anonyme, 1796).
Références Citées dans l'Article
- Anonyme (C. ou M.A. Pictet ?), 1796. Conclusion de l'agriculture de Norfolk. Bibliothèque britannique, Genève, vol. 2, pp. 321-344.
- Bosc L.A., 1813. Article Jachère. In : Tessier, Thouin, Bosc, Encyclopédie méthodique, Agasse, Paris, t.5 : 46-51.
- Boulaine J., 1992. Histoire de l’Agronomie en France. Tec & Doc Lavoisier, Paris, 464 p.
- Boussingault J.B., 1844. Économie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, la physique et la météorologie. Béchet jeune, Paris, t. 2, 742 p.
- Chavignac M.A., Anselme C., 1957. Le problème de la fatigue des sols trop cultivés en Lin. Comptes rendus des séances de l'Académie d'Agriculture de France, vol. 43, n° 1, pp. 38-42.
- Chrestien de Lihus, 1804, Principes d’agriculture et d’économie, appliqués, mois par mois, à toutes les opérations du cultivateur dans les pays de grande culture. Paris, An XII, 336 p.
- Columella L.I.M. [ca 42] 1844. Rei rusticæ libri. Texte intégral sur thelatinlibrary.com. De l’Agriculture. Trad. Du Bois, Panckoucke, Paris, 1844, 2 tomes.
- Cure B., Maumene C., Masse J., Lesar L., 1987. Les facteurs limitants en production céréalière et la fatigue des sols. Perspectives agricoles, n° 119, pp. 29-34.
- de Henley G. (Walter of Henley), ca. 1280. Le dit de hosebondrie. In : Oschinsky D., Walter of Henley and other treatises on Estate Management and Accounting, Clarendon Press, Oxford, 1971, pp. 306-339.
- Delaporte F., 1979. Le Second Règne de la nature : essai sur les questions de la végétalité au XVIIIe siècle. Flammarion, Paris, 1979, 288 p.
- Demolon A., 1946. L’évolution scientifique et l’agriculture française. Berger-Levrault, Paris, 260 p.
- Demolon A., 1948. Principes d’agronomie, t. 1 : dynamique du sol. Dunod, Paris, 480 p.
- De Serres O., 1605. Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs. Actes Sud, Arles, 1991, 1024 p.
- Diderot D., D’Alembert J. 1765. Encyclopédie, ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers., t. 8, pp. 396-403.
- Duhamel du Monceau H.L., 1762. Élémens d’agriculture. Paris, Guérin et Delatour, 2 tomes.
- Dutilleul J., Ramé E., vers 1910. Les sciences physiques et naturelles - Enseignement primaire, cours moyen et supérieur. Librairie générale de l’enseignement, Paris, 288 p.
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- Inra-SFP, 1983. Les fatigues des sols. Conférence, Paris, 12 décembre 1983.
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- Michelot P., 2004. Les déséquilibres microbiens des sols : un enjeu pour l’agriculture. Comptes rendus de l’Académie d’Agriculture de France, vol. 90, n° 2, pp. 29-37.
- Morlon P., 1998. L’agronomie hier et aujourd’hui. In : Histoire de l’agriculture en France, dir. Jean-Marc Moriceau et Gilles Postel-Vinay, PUF, Paris, pp. 211-260.
- Nicot J., 1606. Thresor de la langue françoyse, tant ancienne que moderne. Paris, David Douceur, 794 p.
- Palissy B., 1563. Recepte véritable par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors. La Rochelle, B. Palissy, 128 p.
- Pierre A., 1985. Les fatigues des sols. Cultivar, n° 196, pp. 31-33.
- Piperey J.B., 1838. L’agriculteur progressif, ou Nouveau système de culture. Paris, Librairie de G. Duprat, 224 p.
- La Quintinie J. de, 1695. Instruction pour les jardins fruitiers et potagers. Paris, Claude Barbin, 2 tomes.
- Schloesing T., Müntz A., 1877. Sur la nitrification par les ferments organisés. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 84, pp. 301-303.
- Vivien A., 1837. Agriculture pratique. Paris, Hachette, 320 p.
- Yvart J.F., 1809. Traité de la culture des plantes fourragères. Paris, Imprimerie impériale, 2 tomes.
- Yvart J.F., 1822. Agriculture théorique et pratique. Paris, Chez l’auteur, 2 tomes.