La Renouée des oiseaux, connue scientifiquement sous le nom de Polygonum aviculare, est une plante herbacée commune qui pousse souvent dans les zones urbaines et rurales. Longtemps considérée comme une simple mauvaise herbe, elle révèle peu à peu son potentiel en tant que plante médicinale et nutritionnelle. Originaire d’Europe et largement répandue dans l’hémisphère Nord, cette espèce appartient à la famille des Polygonacées, la même que celle de la rhubarbe, qui comprend environ 1200 espèces réparties en 51 genres.

Identification morphologique et caractéristiques physiques
La Renouée des oiseaux est cette plante en forme de filet verdâtre sur laquelle vous marchez quand le béton ou le macadam est fissuré. La tige est partiellement couchée et ramifiée, elle mesure 10 à 70 cm de longueur et n’a pas de poils. Elle est glabre et striée. Les feuilles de la renouée des oiseaux sont petites, d’environ 6 à 30 mm de longueur, étroites allongées et sans poils. Les nouvelles feuilles émanent d’une gaine membraneuse blanchâtre (ochréa). Le pétiole est court, il mesure de 0,3 à 9 mm.
La plantule glabre possède une tige et des feuilles alternes de teinte glauque. L'axe hypocotylé, coloré de rose, peut atteindre 2 à 3 cm de long. Les cotylédons (10 à 15 mm de longueur et de 1 à 1,5 mm de largeur) sont linéaires avec le sommet arrondi. Ils naissent dressés, ne s'étalent jamais complètement et sont longuement soudés à la base. Les premières feuilles sont semblables aux feuilles matures.
Les fleurs sont petites, blanches ou rosâtres et sont regroupées à l’aisselle des feuilles. Elles sont disposées sur un court pédicelle. Elles se composent de 5 tépales qui sont vert brunâtre à la base et blancs ou roses à la bordure. Le fruit est un akène brun pâle à brun foncé mesurant de 1,5 à 4 mm de longueur. Il contient trois arêtes et une unique graine.
Écologie et habitat : une plante pionnière
La renouée des oiseaux s'installe partout sur des sols secs et piétinés comme une plante pionnière. Elle est retrouvée le long des chemins, des trottoirs et des allées et dans les zones très piétinées des pelouses. Elle croît bien dans les sols peu fertiles et compactés où les autres plantes ont de la difficulté à survivre. Le genre Polygonum compte au moins 250 espèces d'annuelles, de vivaces et même d'arbustes caducs, toutes très largement répandues en Europe, et dans l'hémisphère Nord puisque les climats tempérés, avec une exposition au soleil ou à mi-ombre et tous types de sols, sont leur idéal.
Sa racine pivotante et son système racinaire conséquent la rend difficile à éradiquer. Ses graines peuvent persister dans le sol très longtemps et germer quand elles arrivent à nouveau à la surface. La renouée des oiseaux peut être confondue avec la renouée coriace (Polygonum achoreum) à tous les stades. La renouée coriace se distingue par son aspect bleuté, son port buissonnant, ses feuilles épaisses et arrondies et ses fleurs discrètes et verdâtres.

Étymologie et nomenclature populaire
L'origine du nom vient du grec « polys - gonu » qui signifie « plusieurs genoux » car la tige est très ramifiée et du latin « aviculare » , qui signifie « des oiseaux ». Elle illustre bien, par les nombreux nœuds caulinaires, le genre Polygonum (en grec : gros genou). Elle doit à l'aspect de ses tiges le vocable de traînasse et à leur enchevêtrement, celui de tirasse. On lui connaît également de nombreux noms vernaculaires : achée, célot, courégeola, erba-noada, traînasse, tire-goret.
Usages historiques et traditionnels
L'utilisation des plantes pour se soigner doit se faire en demandant préalablement conseil à un médecin, pharmacien ou herboriste. Les latins l’utilisaient contre la tuberculose et le diabète. Plus tard, au XVI siècle, elle a été utilisée contre le choléra, les problèmes respiratoires et la reminéralisation de l’organisme. Elle a été retrouvée dans de nombreux corps anciens autopsiés comme en particulier l’Homme de Tollund momifié au Danemark dans la tourbe en -400 avant JC.
Ses propriétés diurétiques sont connues en Chine depuis plus de 2000 ans. Elle est encore utilisée en cas de rétention d'urines, d'infections urinaires et pour calmer la soif des diabétiques. Ce sont les vertus astringentes légères et hémostatiques des parties aériennes qui font la renommée de la renouée des oiseaux en phytothérapie. Grâce aux actifs qu’elle contient, la renouée des oiseaux possède une propriété astringente, très utile en cas de règles excessives et de troubles circulatoires, pouvant occasionner notamment des varices et des hémorroïdes.
Applications contemporaines en phytothérapie et nutrition
En phytothérapie, les tiges, les feuilles et les fleurs sont les éléments utilisés. Entre autres composés actifs, ces éléments aériens contiennent des flavonoïdes et des tanins. Ces substances agissent de façon synergique pour aider à l’élimination de l’eau par voie urinaire. Par ailleurs, l’acide silicique que renferme la plante a le pouvoir de renforcer le tissu cellulaire des poumons.
Pour une tasse de tisane, nous recommandons d’utiliser 1 cuillère à café d’extraits secs de renouée des oiseaux. Versez de l'eau bouillante sur 1 à 2 cuillères à café de plante séchée, laissez infuser 10-15 minutes, filtrez et buvez. Les jeunes feuilles de renouée des oiseaux se mangent également en salade ou cuites comme des épinards. Les graines bouillies pouvaient servir à faire de la bouillie ou de la farine pour faire des galettes.
Précautions et gestion environnementale
La Renouée des oiseaux n'est pas couramment utilisée en aromathérapie car elle ne produit pas d'huile essentielle. Bien que la plante ne soit pas généralement toxique, il convient de noter qu'elle peut interagir avec certains médicaments, notamment les diurétiques et les anticoagulants. La renouée des oiseaux s'achète en pharmacie, en herboristerie ou se récolte dans la nature à condition qu'elle n'ait pas été l'objet direct ou indirect de traitements par des produits chimiques effectués aux alentours.
Les possibilités d’intervention avec un produit de lutte phytosanitaire diffèrent d’une ville à l’autre en fonction des règlements municipaux. Elle peut causer des pertes de rendements dans les cultures maraîchères et fruitières, les céréales de printemps et est une nuisance dans les gazons. Quelle que soit sa forme, un complément alimentaire doit toujours être pris dans le cadre d’un mode de vie sain. Le respect d’un régime alimentaire équilibré et varié est également encouragé. En outre, nous vous conseillons toujours de respecter scrupuleusement la posologie des produits. Soyez aussi très attentif sur la durée de la cure de compléments alimentaires.
