La meilleure période pour cultiver un bonsaï : Un guide complet

L'art ancestral du bonsaï, signifiant littéralement « arbre cultivé sur un plateau » en japonais, fascine par sa capacité à miniaturiser des arbres dans de petits contenants. Cette technique, née en Chine et largement adoptée au Japon, exige patience et passion, car le bonsaï diffère des plantes traditionnelles par la lenteur de son processus de croissance. Pour assurer la santé et la beauté de ces œuvres d'art miniatures, il est crucial de comprendre les meilleures périodes pour les différentes interventions, en s'adaptant aux cycles de vie du végétal et aux spécificités de chaque espèce.

Qu'est-ce qu'un bonsaï et pourquoi un entretien spécifique ?

Les bonsaïs sont des répliques miniatures des arbres qui poussent en pleine nature, qu'il s'agisse d'érables, de pins, de hêtres, ou de variétés tropicales et subtropicales. Ils sont miniaturisés à l'extrême grâce à des tailles successives des branches et des racines. Initialement des arbres d'extérieur, deux types de bonsaïs sont désormais commercialisés : les bonsaïs d'extérieur et les bonsaïs d'intérieur. Les bonsaïs d'intérieur, issus de variétés tropicales ou subtropicales, sont les plus répandus mais nécessitent de vivre une partie de l'année en plein air, au jardin ou sur le balcon, à la belle saison.

Pour maintenir leur taille miniature et leur forme, les bonsaïs demandent des soins précieux et quotidiens, incluant la taille, la ligature, le rempotage, l'arrosage et la fertilisation. Chaque intervention doit avoir un objectif précis et être réalisée au bon moment pour améliorer le bonsaï sans compromettre sa survie. Il est primordial de travailler sur des plantes vigoureuses, car les plantes faibles donnent des réponses insignifiantes et risquent de mettre leur survie en danger. Fortifier une plante sur laquelle on prévoit une intervention signifie bien la fertiliser l'année précédente, la quasi-totalité des espèces absorbant et stockant les éléments nutritifs pour les utiliser pendant la saison végétative suivante.

illustration d'un bonsaï ficus ginseng avec ses racines aériennes proéminentes

Les bonsaïs d'intérieur populaires et leurs spécificités

Le choix d'un bonsaï d'intérieur peut être guidé par la facilité d'entretien et la vitesse de croissance de l'arbre. Parmi les plus faciles à entretenir, on trouve :

  • Le bonsaï Ficus : Ces bonsaïs sont sans nul doute les plus faciles à entretenir, notamment en raison de leurs feuilles persistantes, épaisses et cireuses, qui tolèrent relativement bien une certaine sécheresse ambiante.
    • Le bonsaï Ficus retusa (Ficus retusa) : C'est l'un des plus répandus. Il se caractérise par des racines aériennes vigoureuses et une croissance rapide.
    • Le bonsaï Ficus ginseng (Ficus microcarpa) : Il a également de fortes racines aériennes (le mot chinois « ginseng » signifie « racine »). Sa silhouette se caractérise par un renflement important à la base du tronc, ce qui lui permet de stocker l'eau en vue des périodes de sécheresse.
  • Le poivrier du Japon (Zanthoxylum piperitum) : C'est un petit arbre original à croissance rapide avec un beau feuillage persistant, vernissé et très aromatique. Au printemps, il offre des fleurs blanc vert, suivies de petits fruits.
  • Le pin des Bouddhistes (Podocarpus macrophyllus) : Pour ceux qui préfèrent un bonsaï sapin, cette espèce est à croissance très lente et porte des aiguilles d'un vert brillant au revers glauque.

D'autres bonsaïs d'intérieur populaires incluent les troènes, les buis, ou encore les bonsaïs carmona et serissa :

  • Bonsaï troène de Chine (Ligustrum sinensis) : Possède un feuillage persistant à semi-persistant, vert foncé. Parfois quelques fleurs blanches en juin-juillet, suivies de petits fruits ovales noirs. Il est à croissance rapide.
  • Bonsaï buis de Chine (Buxus harlandii) : Caractérisé par un feuillage persistant, de très petites feuilles vert foncé brillant. Sa floraison blanche est insignifiante en février-mars, et son écorce côtelée est décorative. Sa croissance est lente.
  • Bonsaï carmona (Carmona retusa, Carmona microphylla) ou arbre à thé : Présente un feuillage vert brillant. Des fleurs blanches en été sont suivies de petits fruits globuleux. Sa croissance est rapide.
  • Le bonsaï serissa (Serissa japonica) : Se caractérise par un tronc gris rugueux, un feuillage persistant d'un beau vert foncé et une croissance rapide. Il doit son nom d'arbre aux mille étoiles aux nombreuses fleurs blanches dont il se couvre de juin à septembre, suivies de petites baies.
  • L'azalée des Indes (Rhododendron indicium, Azalea indica) : Est un bonsaï à fleurs à croissance lente. Son arrosage est un peu délicat, mais il offre en juin une floraison somptueuse dans des coloris roses, rouges ou blancs.

Les besoins fondamentaux du bonsaï : Lumière, humidité, arrosage et fertilisation

Pour une croissance optimale, un bonsaï a besoin avant tout de lumière et d'humidité. Offrez-lui un emplacement lumineux à proximité d'une fenêtre, mais évitez le plein soleil direct. Pour lui apporter l'humidité nécessaire, une bonne méthode consiste à le placer sur une soucoupe remplie de pouzzolane ou de billes d'argile régulièrement arrosées.

diagramme des besoins en lumière et humidité pour un bonsaï d'intérieur

Vivant dans une très petite quantité de terre, un bonsaï doit être arrosé très régulièrement, mais il faut se garder des excès d'arrosage, qui risqueraient de provoquer la pourriture des racines. En moyenne, arrosez votre bonsaï une à trois fois par semaine, selon son espèce, la taille du pot et les conditions atmosphériques. Arrosez copieusement votre plante, mais ne laissez jamais d'eau stagner dans la soucoupe après l'arrosage. Entre deux arrosages, laissez la surface de la terre, mais seulement la surface, sécher un peu. En été, les arrosages seront plus fréquents, jusqu'à un ou deux par jour, pendant la période que votre « bonsaï d'intérieur » passe au jardin ou sur le balcon. En plus de l'arrosage, des brumisations quotidiennes de l'écorce et du feuillage sont nécessaires pour la plupart des bonsaïs.

Toujours parce que votre bonsaï vit dans une petite quantité de substrat, il est très important de lui fournir régulièrement un engrais liquide adapté. Vous apporterez cet engrais pendant la période de végétation, soit une fois par mois de mars à octobre.

Les étapes de croissance d'un bonsaï et le temps nécessaire

Le bonsaï grandit à la manière d'un arbre classique, mais des techniques spécifiques sont appliquées pour maintenir sa taille miniature et sa forme. La vitesse de croissance dépend principalement de l'espèce cultivée.

  • Germination et croissance initiale : Cette étape, comprenant la germination et le développement des racines, dure entre 1 et 2 ans.
  • Développement du tronc et ramification : Entre 2 à 5 ans, l'arbre commence à se structurer. C'est à ce moment que l'on peut réaliser les premières tailles pour orienter la forme du tronc.
  • Densification du feuillage et mise en forme : De 5 à 10 ans suivant la germination et la croissance initiale, la structure principale du bonsaï prend forme. La ligature et la taille régulière permettent d'affiner le design de l'arbre miniature.
  • Entretien et perfectionnement : Au bout de 10 ans environ, le bonsaï atteint sa forme mature. À ce stade, l'arbre miniature a besoin d'un entretien constant. Les tailles se font plus légèrement pour maintenir l'équilibre de l'arbre.

Plusieurs facteurs influencent la croissance du bonsaï : l'espèce (certaines comme le Red Maple ou le ficus poussent plus rapidement), l'environnement (lumière, température, humidité), les techniques de taille et de modelage (couper les tiges, les feuilles, les racines ou les branches), et l'apport en nutriments et l'arrosage. Un bonsaï bien nourri avec un engrais adapté contribue à une pousse plus vigoureuse. Les bonsaïs ont une grande longévité, certaines espèces pouvant vivre pendant des centaines d'années avec un bon entretien.

Les périodes clés pour les interventions sur les bonsaïs

Le début et la durée des phases d'activité ou de repos des bonsaïs sont fortement conditionnées par les variations de la photopériode (le rapport entre la durée du jour et celle de la nuit) et du climat. Ces facteurs peuvent altérer les périodes de repos ou d'activité. Les interventions sur les bonsaïs sont, la plupart du temps, subordonnées à l'une des phases du végétal. Parfois, le bon moment se limite à une durée très courte de quelques jours, comme pour le pincement des bourgeons des érables. Les considérations ci-dessous sont des indications de principe ; la position géographique et le microclimat local sont des facteurs extrêmement variables qui exigent de vérifier la capacité d'adaptation de la plante au lieu choisi.

Phase 1 : La dormance hivernale (inactivité)

Durant cette période, les feuillus sont inactifs. L'absence des feuilles ne permet pas la photosynthèse et les organes n'ont pas d'activité. La partie aérienne n'a aucun besoin, ni en lumière ni en fertilisant. On se limite aux soins de routine pour éviter d'éventuelles infestations de parasites ou de champignons. Les racines, au contraire, nécessitent un certain degré d'humidité du substrat pour rester vigoureuses et ne pas sécher. Cependant, il faut faire attention à ne pas exagérer l'arrosage pour ne pas les asphyxier. Durant cette période, à cause des températures basses, l'évaporation de l'eau est faible et son absorption par les feuilles nulle. Le substrat sèche si lentement qu'on peut facilement oublier de le contrôler.

illustration d'un bonsaï en hiver, sans feuilles, couvert d'une fine couche de neige

La plupart des bonsaïs peuvent être rempotés pendant tout l'hiver, mais les semaines juste avant la reprise sont préférables, quand on pense que le froid intense ne sera désormais plus un danger éventuel pour les racines.

Rempotage : En moyenne, un bonsaï doit être rempoté tous les 2 à 3 ans, au printemps. Le rempotage des feuillus se fait en général à racines nues, en nettoyant au jet d'eau la motte des racines. C'est l'opportunité, tous les deux ou trois ans, de bien regarder toutes les racines. Il faut en profiter pour les améliorer en éliminant les grosses afin de stimuler la pousse des fines qui absorbent les nourritures dissoutes dans l'eau. L'ensemble des racines d'un feuillu vigoureux peut être réduit de 60 %, et plus encore, sans que la plante en souffre.

Le rempotage des conifères est plus compliqué et comporte un pourcentage de risque un peu plus élevé que pour les feuillus. On ne doit jamais le réaliser à racines nues, mais en gardant une partie intacte de la motte des racines. En général, les racines fines des conifères ont plus de difficultés à se former. Pour absorber la nourriture, elles ont besoin des mycorhizes, qui doivent donc être sauvegardées. Le temps dont on dispose pour rempoter les feuillus à la fin de l'hiver est plutôt limité. Les rempotages doivent être suspendus dès l'ouverture des premiers bourgeons.

Taille : Lorsque l'on peut voir l'ensemble des racines, on peut tailler. La taille de remplacement est utilisée pour réduire la hauteur d'un bonsaï ou la longueur des branches, servant ainsi à compacter la forme du bonsaï. Il est également possible d'utiliser une taille très légère destinée à rattraper la forme perdue à cause de la pousse de la végétation de la dernière saison, appelée taille de réforme. La dormance de l'hiver est aussi l'occasion de travailler un jin (bois mort).

Phase 2 : Le début du printemps (bourgeonnement et croissance initiale)

Au début du printemps, les feuillus doivent être contrôlés assidûment pour voir les premiers signes du bourgeonnement. D'autres, au contraire, surtout dans le cas de bonsaïs déjà formés, ont besoin d'interventions pour contrôler une pousse trop vigoureuse et ne pas compromettre l'élégance et le raffinement de l'extrémité de la ramification. C'est le cas des érables palmés dans la phase de formation : si on les laisse pousser sans entraves, ils produisent pendant la saison de grosses pousses droites d'un mètre de long.

Sur l'érable en phase de perfectionnement, au contraire, on doit intervenir sur les bourgeons tous les jours, à partir de l'éclosion des premiers jusqu'à la fin du bourgeonnement des derniers. L'intervention, appelée « pincement », induit la pousse de nouveaux bourgeons plus petits sortant des aisselles des feuilles laissées. Cette intervention constante et répétée, réalisée bien souvent en liaison avec l'effeuillage, génère de petites feuilles et une ramification fine et élégante, qui doivent caractériser les érables palmés. Le hêtre est un cas particulier parce qu'il bourgeonne une fois seulement au printemps.

Taille de printemps pour les bonsaïs d'érable japonais

Phase 3 : Le printemps et le début de l'été (croissance active)

Toutes les variétés de genévriers (Juniperus communis, J. chinensis, J. phoenicea L., etc.), si elles sont bien cultivées (avec le soleil, l'eau et l'engrais nécessaires) bourgeonnent sans arrêt du printemps à l'automne. Les nouvelles pousses sont à pincer avec le bout des doigts, tous les 10 à 15 jours, ou à tailler aux ciseaux deux ou trois fois durant la saison. Le pincement des genévriers se fait en introduisant les ciseaux parallèlement à la tige. En ce qui concerne les sapins, seuls les bourgeons forts sont à pincer quand ils atteignent 2-3 cm de long. On les déchire avec les doigts à la moitié.

La tendance naturelle des plantes est de développer la croissance des zones les plus riches en lumière pour pouvoir réaliser au mieux la photosynthèse. La tâche du bonsaika est de répartir la croissance le plus uniformément possible pour équilibrer la vigueur dans toutes les zones de la plante. Le pincement doit intervenir sur les bourgeons les plus vigoureux pour en limiter le développement et favoriser le renforcement des faibles. D'ordinaire, on ne garde que les deux premiers bourgeons et on élimine les autres. L'intervention doit être répétée, au fur et à mesure que la nouvelle végétation pousse, et doit continuer pendant toute la saison végétative.

Les plantes à fleurs et à fruits sont un cas à part, car elles doivent être laissées libres de pousser. On les taille seulement à la fin de l'été après la différenciation des bourgeons en bourgeons à fleurs ou à feuilles.

Les mois de mai et de juin sont une période d'activité intense chez les pins. Pour faire un bonsaï d'un pin, il n'est pas possible de faire abstraction du pincement des chandelles et de la taille des nouvelles pousses. Les rameaux, s'ils ne sont pas freinés, continueraient à s'allonger en tous sens à la recherche de la plus grande quantité possible de lumière. Ils seraient donc impossibles à compacter pour en faire des plateaux. La vigueur se concentrerait vers les endroits les plus forts - les rameaux du haut de l'arbre et en bout de branches sur les autres - comme il arrive pour la quasi-totalité des plantes, ce qui augmenterait d'autant la vigueur au détriment des zones faibles qui finiraient par mourir. Pour inverser cette tendance, on coupe une partie plus ou moins grande des chandelles. La période d'intervention est difficile à établir a priori, car elle varie selon les sujets et le lieu géographique. Pour pincer, on prend la chandelle entre le pouce et l'index et on la coupe en lui imprimant une légère torsion.

Quand la plante est en pleine activité, c'est le bon moment pour faire des marcottes. La sève coule avec abondance et tous les organes travaillent à une bonne cadence, ce qui favorise l'émission rapide de racines. On fait une marcotte pour réduire un tronc trop long, pour créer un nouveau sujet en utilisant une partie intéressante d'une plante trop grosse, ou encore pour améliorer un nebari pas très joli. On profite de l'aptitude d'un grand nombre de plantes à produire assez rapidement de nouvelles racines à l'endroit de l'ablation d'un anneau d'écorce. La marcotte est un moyen de multiplication facile à mettre en œuvre. La bouture est une technique de reproduction qui permet d'obtenir des plantes aux caractéristiques parfaitement identiques à celles de la plante mère.

Phase 4 : L'été (ralentissement de l'activité végétative et rempotage hors saison)

Parfois, faute de temps ou par la survenue d'incidents divers, on ne peut rempoter durant la période la plus favorable, en général à la fin de l'hiver. Certaines espèces peuvent être rempotées sans risque en dehors de cette saison, d'habitude au mois de juin, en prenant des précautions. Ce rempotage d'été se fait quand les feuilles sont matures, c'est-à-dire lorsqu'elles ont terminé leur développement et remplissent pleinement leurs fonctions (photosynthèse tout d'abord). Leur couleur change un peu (elles foncent), et leur texture de même - elles deviennent plus résistantes et, les frotter entre les doigts fait un bruit semblable au froissement d'une feuille de papier. C'est le moment favorable pour un rempotage « hors saison ».

En été, les racines ne seront que de 40 % au maximum, alors qu'au printemps encore elles peuvent être réduites jusqu'à 60 %. De plus, il est conseillé de réduire de même la végétation, par un effeuillage plus ou moins important, de façon à équilibrer le bilan hydrique - entre l'eau absorbée et celle évaporée. Après le rempotage, il est important de protéger la plante du vent et du soleil direct pendant quelques semaines et de l'abriter dans un endroit lumineux. Pour assurer au substrat un bon degré d'humidité, qui favorise l'émission et le développement des radicules, en surface où le séchage est plus rapide, il faut couvrir le substrat d'une couche de sphaigne en petits morceaux, que l'on peut laisser en permanence en place. Si l'on travaille avec un peu de précaution, les feuillus supportent en général sans aucun problème les rempotages hors saison.

table d'un bonsaï rempoté en été, avec une couche de sphaigne en surface

Durant le mois de juin, parfois jusqu'à la mi-juillet en fonction du climat et des caractéristiques propres à chaque plante, on taille aux ciseaux les nouvelles pousses des pins. À l'arrivée des hautes températures estivales - au-dessus de 32-35 °C - presque toutes les plantes arrêtent ou ralentissent considérablement leur activité végétative. Le métabolisme, la photosynthèse, la transpiration et les échanges gazeux subissent d'importantes modifications, obligeant les feuilles à mettre en place des mécanismes capables de réduire l'absorption de la chaleur et d'en activer au maximum la dissipation par les stomates. La plante arrête la croissance et entre en repos. Quand les conditions redeviennent « normales » pour elle, tous les mécanismes recommencent à fonctionner normalement.

Durant cette période, toute l'attention doit être portée à l'arrosage : il arrive souvent que les températures très hautes et le vent sèchent très vite le substrat et brûlent littéralement les feuilles déshydratées. Les feuilles commencent à sécher (brunir) sur le bord extérieur, et si la plante n'est pas vite arrosée et bassinée (arrosée en pluie fine), elles finissent par sécher complètement. On comprend aisément que pour bien fonctionner, la plante a besoin d'une quantité d'eau au moins égale à celle utilisée pour mettre en œuvre ses fonctions. Lorsque la quantité d'eau perdue par la transpiration foliaire, l'évaporation du substrat, etc. dépasse celle absorbée, les feuilles fanent. Si le déséquilibre est léger et persiste peu, les conditions normales sont vite rétablies en arrosant et on n'enregistre pas de dommage permanent. Seules la photosynthèse et la croissance seront inhibées temporairement. Sans arrosage, la perte d'eau s'étend des feuilles au tronc jusqu'aux racines, et les feuilles tombent en quelques jours. La perte totale des feuilles en avance par dessèchement, à l'instar de ce qui arrive à la fin de l'automne, n'est pas toujours un signe de la mort de la plante. Pourtant, en grattant la tige avec l'ongle, on voit que les rameaux ne sont pas secs.

Il est crucial de protéger les bonsaïs des conditions météorologiques extrêmes afin de garantir leur santé et leur résilience. Les différentes espèces sont plus ou moins bien adaptées au plein soleil de l'été : les pins, les genévriers et les espèces méditerranéennes s'en accommodent, voire les réclament, alors que les caducs des climats tempérés et les jeunes plants y sont plus sensibles. Au cours de leur saison de croissance, ces derniers ont été placés en pleine lumière pour limiter la longueur des entrenœuds. Il est maintenant temps de les faire migrer dans un endroit plus ombragé, ne recevant le soleil qu'en début et fin de journée. La mise en place d'un filet d'ombrage - plus ou moins filtrant selon la zone géographique - peut également être envisagée. L'état de santé de chaque arbre est également à prendre en compte : un bonsaï affaibli par un rempotage ou une maladie ne dispose pas d'un racinaire suffisant pour assurer l'alimentation en eau qui lui est nécessaire pour subvenir à ses besoins lorsqu'il est placé en plein soleil.

La taille du pot joue également un rôle : plus le volume pot est limité, plus l'arrosage doit être fréquent. Un placement à l'ombre des plus petits d'entre eux limite les risques d'erreur d'arrosage. Certaines espèces, comme les glycines, les charmes ou les aulnes, réagissent mal au stress hydrique. Chez les espèces bien adaptées au plein soleil, comme les pins, le développement des aiguilles se poursuit pendant l'été. En ne renouvelant pas l'apport, on peut en limiter la taille. Pour les caducs qui suspendent leur croissance pendant les fortes chaleurs, les besoins en nourriture diminuent. En apportant plus d'engrais, le risque d'augmenter la teneur en sel du substrat est important, rendant plus difficile - voire impossible - l'extraction de l'eau par l'arbre (osmose inverse). Les jeunes plants, quant à eux, cherchent à se développer le plus rapidement possible et peuvent continuer à pousser. Un apport en engrais liquide est possible durant cette période. Les branches grossissent en cette période.

Sur les caducs, la surveillance doit être au moins hebdomadaire : un fil incrusté dans leur fine écorce marque profondément la branche pendant de très nombreuses années, la disparition de la cicatrice n'étant jamais acquise. Leur suppression est donc nécessaire dès que le fil commence à mordre dans l'écorce. Les pins réagissent mieux mais nécessitent plus de temps pour prendre la forme que la ligature leur impose. Le retrait du fil peut être retardé - sans que cela ne constitue une règle - jusqu'au moment limite où le tiers de l'épaisseur du fil a pénétré dans l'écorce. Si les pucerons deviennent moins présents, d'autres menaces pèsent sur nos arbres, comme les cochenilles, les acariens et les maladies fongiques.

Phase 5 : L'automne (reprise de l'activité végétative et préparation à l'hiver)

Passée la période des grandes chaleurs, fin août début septembre (à moduler selon les régions), les températures redeviennent normales, au-dessous des 30 °C, les plantes recommencent alors leur activité végétative normale. Septembre est une période charnière pour les bonsaïs. Les températures commencent à baisser, les jours raccourcissent, et nos arbres miniatures entrent dans une phase cruciale de leur cycle de vie. Pour assurer une croissance optimale et préparer nos bonsaïs à affronter l'hiver, il est essentiel d'adapter nos soins en fonction des changements saisonniers.

C'est le moment où l'attention doit se concentrer au maximum sur la fertilisation, qui doit fournir à la plante les substances pour se développer, consolider la végétation produite, reconstituer les réserves utilisées et se fortifier pour affronter au mieux la saison hivernale. En automne, il faut utiliser de préférence des engrais faibles en azote, ce qui est préférable pour faire pousser la végétation, surtout pour des plantes jeunes et en phase de construction. L'engrais doit aussi être riche en phosphore - pour stimuler la pousse des racines et préparer une bonne floraison pour le printemps - et en potassium, pour fortifier la plante, accroître la capacité d'assimilation des racines et consolider les croissances produites dans la saison. Les engrais chimiques, à utiliser avec beaucoup de précautions, sont rapidement utilisables par la plante.

Après la chaleur intense de l'été, septembre offre des conditions idéales pour la reprise de l'activité racinaire. Les nouvelles radicelles, ces fines racines qui se développent à l'extrémité des racines principales, sont cruciales pour l'absorption de l'eau et des nutriments. Elles augmentent la surface d'absorption, permettant à l'arbre de mieux se nourrir.

L'arrosage est un élément clé de l'entretien des bonsaïs, et il doit être ajusté en fonction des conditions climatiques de septembre. Il est important de surveiller les conditions météorologiques, car les pluies automnales peuvent réduire le besoin d'arrosage. Avec des températures plus fraîches, les besoins en eau diminuent légèrement. Cependant, il est essentiel de maintenir un sol légèrement humide. Il est possible de commencer à réduire légèrement les arrosages, mais il est crucial de ne pas laisser le substrat se dessécher complètement.

La taille en automne permet de maintenir la forme du bonsaï et de stimuler la ramification. La taille légère est acceptable pour éliminer les branches mortes ou malades. Cependant, évitez les tailles drastiques.

Taille de printemps pour les bonsaïs d'érable japonais

Septembre n'est généralement pas recommandé pour le rempotage, surtout pour les espèces à feuilles caduques. Le rempotage est préférable au printemps. Cependant, la ligature et le haubanage peuvent être perfectionnés à cette période pour un modelage précis.

En septembre, l'ensoleillement diminue. Avec la diminution de l'intensité solaire, vous pouvez progressivement exposer vos bonsaïs à plus de lumière directe. Maintenir une humidité ambiante adéquate est également important, car l'air sec peut être préjudiciable. Apprendre de son bonsaï est essentiel, car chaque arbre est unique.

En suivant ces conseils, vous aiderez vos bonsaïs à traverser la transition saisonnière en toute santé et à se préparer pour une croissance vigoureuse au printemps prochain.

Phase 6 : L'individualité de chaque bonsaï

Chaque plante est un sujet unique en ce qui concerne sa physiologie, son aspect esthétique et sa vigueur, qui peuvent influencer les réponses aux interventions. L'âge des plantes aussi peut conditionner profondément la rapidité et l'importance de la réponse ; les plantes jeunes ont pour objectif primaire de se développer, de croître pour atteindre le plus vite possible la fonction reproductrice et finaliser le cycle vital. Une plante mature est plus encline à maintenir et à garder durable sa situation en ralentissant les fonctions de ses organes. Chaque situation est différente et exige d'adapter les modalités et les temps d'intervention.

infographie montrant les différentes phases de croissance d'un bonsaï et les interventions associées

Pour les bonsaïs d'intérieur, il n'y a pas vraiment de période pour les tailler, on peut le faire toute l'année. Le but étant de maintenir le plus possible la forme que lui a donné le producteur. Vous attendrez que les nouvelles pousses soient bien développées (environ 8 feuilles) et vous viendrez ensuite couper cette tige au-dessus de la 2ème ou de la 3ème feuille.

Si un bonsaï perd ses feuilles, cela peut indiquer un problème. Les bonsaïs d'intérieur sont plutôt des plantes tropicales qui ont besoin de rester à l'intérieur en hiver car ils ne supportent pas les températures basses. En tout cas, ils ont tous, ou presque, besoin des soins suivants : un emplacement lumineux sans soleil direct, il faut les arroser copieusement quand la terre commence à sécher mais ne jamais laisser d'eau stagnante dans la soucoupe après l'arrosage. Pendant la période de croissance (printemps et été) pensez aux apports d'engrais régulier. Enfin, il ne faut pas placer les bonsaïs près d'une source de chaleur. Par contre en hiver dans la maison l'air est très sec à cause du chauffage. Ils ont besoin d'une bonne hygrométrie, c'est-à-dire d'une humidité de l'air élevée. Pour cela, vaporiser son feuillage tous les jours.

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