L'agriculture moderne, en particulier le maraîchage, se tourne de plus en plus vers des méthodes qui allient efficacité, rentabilité et respect de l'environnement. Parmi ces approches, l'ensilage et des techniques inspirées de la méthode « Fortier » (ou Coleman) pour le maraîchage intensif, ainsi que l'utilisation innovante des sacs à silo pour le compostage, offrent des solutions significatives pour optimiser la production et la conservation. Ces méthodes, bien que distinctes, partagent un objectif commun : maximiser l'utilisation des ressources et minimiser les pertes, tout en favorisant la durabilité des pratiques agricoles.

L'Ensilage : Une Stratégie Clé pour la Conservation des Fourrages
L’ensilage représente un mode de stockage des fourrages qui assure une excellente conservation de la valeur énergétique, potentiellement jusqu’à un an. Pour y parvenir, une mise en place méticuleuse du silo est impérative, garantissant ainsi l'efficacité de ce processus de conservation.
Préparation et Entretien du Silo Couloir
Avant même l'arrivée des fourrages, une préparation rigoureuse du silo est fondamentale. Il est d'abord nécessaire de réparer et sceller les fissures dans les murs, puis de retirer tous les déchets, qu'il s'agisse d'alimentation résiduelle, de plastique ou de matériaux de lestage. Tondre dans les zones adjacentes au silo est également une étape cruciale pour maintenir la propreté. Parallèlement, l'élaboration d'un plan détaillé pour la récolte, le transport et l'emballage est essentielle, de même que la planification précise de l'équipement et de la main-d'œuvre nécessaire.
Choix de la Bâche : Un Élément Déterminant
Le choix d'une bâche de bonne qualité est primordial. Elle doit empêcher tout échange entre l'air extérieur et l'air intérieur, assurant ainsi une anaérobiose stricte, et posséder une résistance adéquate aux UV. La bâche doit également être résistante à la perforation et aux déchirures pour garantir l'intégrité du silo. Ses dimensions se définissent en fonction de celles du silo, avec une prévision de 30% de plus en largeur pour les silos taupinière, afin d'assurer une couverture complète et efficace.
Dimensionnement du Silo : Répondre aux Besoins du Troupeau
Plusieurs facteurs sont à prendre en compte lors du choix des dimensions du silo. Il est crucial de connaître les besoins actuels et futurs du troupeau en fourrage. L'objectif est de prévoir une surface maximale permettant de réaliser des couches de 15 cm de hauteur, ce qui favorise un tassement optimal.
Prenons l'exemple d'une exploitation de 80 vaches laitières nourries avec 6 kg de matière sèche (MS) de maïs épi par jour. En convertissant en matière brute, cette exploitation a un besoin quotidien total de 1,14 m³ de matière brute par jour de maïs épi, avec une distribution prévue sur 210 jours et une vitesse d'avancement de 15 cm par jour en moyenne. Si l'exploitation possède un godet désileur d'une largeur de 2,4 m et souhaite réaliser le désilage sur deux largeurs de godet, la largeur du silo doit alors être d'au moins 4,8 m pour une efficacité opérationnelle.
L'Importance des Conservateurs pour Prévenir les Moisissures
Les conservateurs sont des alliés précieux pour éviter les moisissures de l'ensilage et doivent être prévus bien en amont de la période d'installation du silo. Pour bien choisir son conservateur, il est impératif d'en sélectionner un spécifique au type de fourrage. La formulation du conservateur doit en effet répondre aux problématiques particulières de la culture. Par exemple, le maïs, avec sa teneur élevée en sucres et en MS, est sujet à l'instabilité aérobie. Dans ce cas, le recours à une souche de Lactobacillus buchneri permet une amélioration significative de la stabilité aérobie. À l'inverse, les ensilages d'herbe présentent des teneurs en sucres et en MS plus faibles, ce qui ne garantit pas une acidification optimale.
Optimisation de la Récolte pour un Ensilage de Qualité
Une récolte optimale est un pilier de la réussite de l'ensilage. Pour le maïs plante entière, une hauteur de coupe d’au moins 20 cm est privilégiée. Une récolte trop précoce peut limiter le rendement et la teneur en amidon, pouvant entraîner des pertes par jus et une diminution de l'ingestibilité de l'ensilage. Il est essentiel de prévoir une surface maximale pour pouvoir obtenir des couches de 10 à 15 cm, ce qui permet un meilleur tassement et une densification accrue.
Ensilage de Maïs + tassement du silo - condition extrême en campagne Farming simulator 2022
Tassement et Anaérobiose Stricte : Les Garanties d'une Bonne Conservation
En début de chantier, il est conseillé de former une cuvette avec le fourrage. Cette technique permet d'effectuer le tassement contre les parois du silo, optimisant ainsi l'adhérence et la compaction. L'objectif est d'atteindre une densité de 220 à 240 kg de matière sèche par mètre cube. Pour cela, il est impératif d'augmenter la pression des pneus des tracteurs effectuant le tassage d'un bar et de remplir le silo par couches de 15 à 20 cm tout au long. Le tassement doit être régulier pendant le remplissage et se poursuivre pendant une heure après la dernière benne. Attention, il ne faut pas ratisser la surface du tas et ne pas dépasser les murs à plus de 50 cm pour garantir une bonne densification.
Le silo doit absolument être maintenu en anaérobiose stricte. Pour cela, il faut s'assurer qu'il n'y ait aucune entrée d'air après avoir fermé le silo de manière hermétique. L'utilisation de boudins (ou pneus) disposés soit tout le long, soit en rangées tous les trois mètres, permet à la bâche d'épouser parfaitement la forme du silo et d'assurer une étanchéité optimale. Au-dessus de la bâche, des filets ou des grilles de protection souples, comme la Silosat, sont déposés. Pour assurer l'étanchéité de la périphérie, il est crucial de lester la grille et le front d'attaque avec deux rangées de sacs à silo au plus près du bord de la bâche. Cela évitera que la ration ne chauffe, garantissant une meilleure qualité pour les bovins.
La Couverture du Silo : Une État Cruciale
Il est important d'ajouter un film de bord pour limiter les entrées d'air, ce qui protégera les bétons de l'acidité de l'ensilage tout en améliorant l'étanchéité des parois. Le film de bord de mur doit être rabattu en premier (30 à 50 cm maximum sur l'ensilage), avant de positionner le film sous-couche, puis le film de surface. L'ensilage doit être couvert dès la fin du chantier, en marchant avec précaution sur le ou les films. Si la bâche ne peut pas être posée dans la même journée, il est impératif de retasser le silo le lendemain. Le contrôle régulier des silos, deux semaines après la date de l'ensilage et une fois par mois, est essentiel pour vérifier leur étanchéité et leur bon état.
Les Moisissures : Une Menace pour la Qualité de l'Ensilage
En cas de présence d'oxygène et d'un substrat adéquat, des moisissures peuvent se développer, entraînant des pertes significatives, estimées en moyenne entre 5 et 20%. Cela peut être dû à une récolte ayant subi un stress, un remplissage lent du silo, un hachage trop long, un mauvais tassement, ou une avancée insuffisante du front d'attaque.
Différents types de moisissures peuvent apparaître :
- Bandes sur toute la largeur du front d'attaque : dues à un arrêt de chantier lors de la mise en place du silo, provoquant une zone de déshydratation.
- Blanc puis rose, d’aspect cotonneux et présent dans la masse : peut provoquer des diarrhées et hémorragies intestinales chez les animaux.
- Vert foncé d’aspect diffus : se développe sur un front d'attaque qui avance trop lentement.
- Blanc à l’aspect compact.
- Bleu à vert clair : présent sur le front d'attaque au début de l'ouverture du silo.
- Blanc puis gris piqueté de points noirs : se développe sur le front d'attaque au début de l'ouverture de silos avec un maïs récolté trop sec.

La Méthode « Fortier » : Maraîchage Bio-Intensif et Organisé
La technique utilisée dans le cadre de la "mise en place sacs à silo maraîchage" s'inspire largement de la méthode « Fortier » (ou Coleman). Jean-Martin Fortier, maraîcher québécois, a développé une technique dite « bio-intensive », qui, par son ergonomie, son efficacité et sa rentabilité, a démontré de nombreux avantages. Ces avantages se manifestent tant pour le respect des sols et la qualité des produits que pour le maraîcher lui-même, qui peut ainsi jouir d’une meilleure qualité de vie. Sa philosophie est de diffuser les connaissances et les outils pour permettre à chacun de développer son propre projet agricole inspiré de son modèle, à travers son livre « Le jardinier-maraîcher », devenu un manuel d’agriculture sur petite surface.
Cultiver à Petite Échelle pour une Production Maximisée
Aux Jardins de la Grelinette, où Jean-Martin Fortier a perfectionné sa méthode, tout est cultivé à petite échelle, sur moins de 1500 m², soit moins d’un quart d’hectare. Cette petite surface rend le travail du maraîcher moins pénible et plus efficace dans de nombreuses tâches quotidiennes. L'objectif est de maximiser le rendement sur cette surface de culture, ce qui est possible en cultivant de façon plus dense que la moyenne. L'intensification des cultures, combinée à une organisation méthodique, permet de vivre de cette production malgré la petite surface.
Planification Précise et Rotation des Cultures
Le calendrier de production est réalisé de façon précise en début d’année. Il permet de réaliser plusieurs récoltes successives sur un même espace. L’intensification réduit également le temps de désherbage, une charge de travail considérable pour le maraîcher, car les légumes en poussant forment une canopée qui empêche les indésirables de croître et aide à conserver l'humidité du sol. Cette canopée permet aussi de conserver l’humidité du sol.
La rotation des cultures est une technique qui consiste à changer régulièrement les cultures dans une même parcelle de terrain. Cette technique permet de préserver les sols et de lutter contre les maladies et les parasites. Il est essentiel de choisir les cultures en fonction de leur capacité à améliorer la structure et la fertilité des sols.
Les Planches Permanentes et l'Amélioration du Sol
Chacun des sept jardins est séparé en douze « planches permanentes ». Ces planches sont légèrement surélevées et forment des buttes. Elles sont enrichies en matière organique au départ, puis régulièrement, avec du compost et du broyat. Elles sont ameublies sans retournement grâce à une grelinette, un outil de jardinage qui aère le sol en profondeur. Ainsi, le système racinaire des légumes n’est pas gêné, malgré une forte densité. Cette méthode permet de concentrer les apports en fertilisation, en matière organique et en eau sur une petite surface. En France, la grelinette est un outil traditionnel utilisé par les jardiniers depuis des générations, permettant de travailler le sol en profondeur sans perturber l’écosystème naturel du sol.
Matériel Adapté et Organisation de l'Atelier
Cette petite surface permet de se passer du machinisme lourd et de consommer moins d’énergie fossile. Un motoculteur équipé d’une herse rotative suffit. Il travaille le sol en surface avant les plantations et les semis, sans inverser les couches du sol. Dans ce système, il est question d'être bien équipé plutôt que trop équipé. Des outils manuels comme les binettes sur roue, les sarclettes, les semoirs, les râteaux, les planteuses, les sacs de récoltes et les brouettes sont utilisés. La marque française Terrateck construit nombre de ces outils, efficaces et performants, adaptés à ce genre de système.
Le design même de l’atelier est réfléchi pour être le plus pratique et efficace possible. Tout est centralisé pour gagner du temps dans les déplacements entre les jardins, la serre, la pépinière de plants, le hangar de stockage du matériel, et la station de lavage et de stockage de légumes. Ensuite, au sein de chacun de ces lieux, une même ergonomie s’applique. Les itinéraires techniques des légumes sont également optimisés, des semis à la plantation, en passant par l’entretien, la récolte, le désherbage, le lavage et le conditionnement. Chaque minute économisée se répercute en heures à la fin de la semaine, et en jours à la fin de l’année, permettant de produire plus ou de prendre du repos.

Diversification des Cultures et Conservation
Le kiosque des Jardins de la Grelinette se compose de plus de quarante espèces différentes au fil de l’année, avec plusieurs variétés au sein de chaque espèce. Le prolongement de la saison, avant et après, permet d’obtenir des légumes primeurs. Les jardins étant entretenus de façon manuelle, les légumes de conservation nécessitant une mécanisation lourde (pomme de terre, rutabaga, céleri rave, etc.) sont évités. La vente a lieu de mai à décembre uniquement. De janvier à février, c'est le temps de faire le bilan de la saison, de passer des commandes, d’élaborer le calendrier de culture pour l’année à venir, et de prendre une pause.
La diversification des cultures est une technique qui consiste à cultiver différentes plantes sur une même parcelle. Cette méthode permet de préserver les sols et d’améliorer la qualité des cultures en favorisant la biodiversité. Jean Martin Fortier recommande la diversification des cultures pour une production optimale, permettant de produire des aliments de qualité tout en préservant l’environnement.
Favoriser la Biodiversité et les Engrais Verts
Dans ce système, un principe de la permaculture est repris : imiter la nature, non la combattre. La biodiversité est favorisée par la plantation de haies, la création de mares, le maintien de bandes enherbées ou sauvages, ou encore la plantation de certaines fleurs. Tout cela dans le but de créer des interactions, un environnement riche, et d’attirer les auxiliaires des cultures et les prédateurs des ravageurs.
À la ferme des Sailles, les semis sont faits sur place, dans une pépinière équipée de tables chauffantes, dès le mois de février. De 2020 à 2022, lors du montage de l’atelier paysan boulanger, deux engrais verts successifs (sarrasin, tournesol, phacélie, trèfle - et seigle, pois, vesce) ont été cultivés pour préparer le sol en douceur. Cela a permis de l’aérer et de ramener de la matière organique. Les engrais verts sont des cultures sans vocation économique, plantées pour leur intérêt pour le sol : décompactante, nettoyante, pour casser un cycle de ravageurs, etc.
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Les Stratégies de Conservation des Légumes en Maraîchage Diversifié
Optimiser sa conservation, c’est limiter les pertes, augmenter les ventes et donc valoriser le temps passé en production. En maraîchage diversifié, il est souvent nécessaire de disposer de 3 voire 4 espaces de conservation avec des conditions différentes pour répondre aux besoins spécifiques de chaque légume.
Chambres Froides et Stockage Ambiant : Deux Approches Complémentaires
Alexandre, maraîcher installé à Saint Lubin (Loir-et-Cher) depuis 2010, cultive une grande variété de légumes sur environ 2 ha, dont 1500 m² de tunnels, avec une commercialisation quasi 100% en AMAP. Il a constaté un « jour et nuit pour la conservation de mes légumes par rapport au stockage en bâtiment ». Il peut stocker beaucoup plus longtemps et sereinement, sans craindre de dégâts de gel ou de rongeurs, grâce à l'utilisation de containers. Ces containers sont équipés de deux portes (façade et latérale) pour permettre un remplissage maximal tout en maintenant un accès facile et rapide aux différentes espèces stockées à l’intérieur.
Il utilise un stockage à 0,50°C humide pour les carottes (3-4 T), choux (2 T), radis noirs (1 T), céleris (2 T) et betteraves (1,5 T). L’humidité est maintenue par un arrosage de la dalle et des bacs plastiques remplis d’eau. Pour les pommes de terre (9 T), le stockage est à 4°C sans humidité. Alexandre assure une diminution progressive de la température de 20 à 4°C pour limiter la consommation énergétique et éviter de trop solliciter le système frigorifique. Une pièce d’habitation inutilisée est employée en complément pour le stockage en ambiance tempérée sèche (13,5°C et 55% d’hygrométrie) des courges, échalotes, oignons et maïs pop-corn.
P., un autre maraîcher, a fait le choix d’une cave enterrée à 2,20 m de profondeur. Cette décision a été motivée par le désir d'économiser des calories et d'être autonome en énergie grâce à une éolienne. Les parois ont été faites en parpaings isolés à l’extérieur avec du polystyrène extrudé de 8 cm (deux couches au plafond). La chambre bénéficie d’une excellente inertie et le maintien de la fraîcheur est optimal. L’arrosage du sol permet de maintenir l’humidité. La récolte est faite très tôt le matin et apportée au fur et à mesure en chambre froide, dont la consigne est fixée à 0°C. Des bacs d’eau sont stockés à l’intérieur pour bénéficier d’une eau très froide à 3-4°C, permettant de tremper les légumes directement après la récolte. P. souligne qu'« on sous-estime très souvent le temps nécessaire pour descendre vraiment la température des légumes, cela vaut le coup de mettre un thermomètre dans ses palettes pour s’en rendre compte ». En hiver, la cave sert à stocker les légumes racines à 0°C, sans qu’aucune perte au stockage ne soit constatée.
Conservation au Champ et Silos Extérieurs
Certains légumes résistants comme les rutabagas, les navets et les radis noirs peuvent être conservés au champ. Bien que les pertes soient plus importantes en stockage au champ, cette méthode permet d'économiser des chantiers de récoltes fastidieux à l’automne.
Le silo en extérieur, ou « tas de sable », est utilisé pour les betteraves mises en filet. « Avant, je conservais tous les légumes racines en silos, mais les résultats sur céleris et carottes étaient très mauvais. Sur carottes, la conservation était meilleure en vrac qu’en filet, mais le temps de reprise était trop important. » Pour les céleris, des pallox recouverts d’une tôle sont utilisés en extérieur, avec une protection P17 si grand froid, permettant de stocker 400 céleris par pallox. « Je déplace les pallox au tire-palette, c’est simple et rapide. » Une caisse isotherme (type caisse camion) en extérieur est également employée pour le stockage des choux et des carottes en caisse ou en filet jusqu’à fin décembre. L'objectif n'est pas une conservation longue durée sur carotte, car ce n'est pas une culture que ce maraîcher souhaite développer, et après décembre, il pratique l'achat-revente.

Stockage Spécifique : Pommes de Terre et Courges
Une chambre froide d’une surface de 12 m² permet de stocker 7 à 8 pallox de pomme de terre (2,5 T) pour la vente de février à avril. Les pommes de terre vendues jusqu’à février sont stockées en caisse sous le bâtiment ou en caisse isotherme selon la place. Une chambre isotherme avec un déshumidificateur sous le bâtiment est utilisée pour les courges. L'objectif est de conserver les potimarrons et les courges spaghetti jusqu’en décembre, et les autres courges (butternut, sucrine) prennent le relais jusqu’en mars. Ce maraîcher estime que cette organisation lui convient, même si l’espace pourrait être mieux agencé, par exemple en regroupant tout sous le bâtiment. Il a également en projet la construction d’un silo en dur, avec des murs de maintien et un système pour l’écoulement.
Caves Enterrées et Tranchées : Des Solutions Traditionnelles et Efficaces
Vincent Favreau et Denis Moreau, installés depuis 1998, ont creusé sous l’emplacement de leur hangar une cave de 2,5 m de profondeur et d’une surface de 70 m². L’originalité de cette cave est une nacelle qui permet de descendre et monter les pallox comme dans un ascenseur. Le sol est couvert d’une dalle bétonnée pour permettre l’utilisation d’un transpalette et les murs sont montés en parpaings. Vincent précise que « l’inertie y est moins importante qu’en bâtiment isolé : les températures varient de 10 à 18°C sur l’année ». Y sont stockées les pommes de terre prévues à la vente jusqu’en mars et les courges. Un compromis y est trouvé, satisfaisant même si pas idéal : « Il y fait un peu trop chaud et un peu trop sec pour les pommes de terre, et un peu trop froid et un peu trop humide pour les courges. » C’est pour cela que les pommes de terre prévues pour la vente à partir de mars sont stockées en chambre froide chez un voisin.
Une autre solution de stockage sur la ferme est une tranchée de 50 cm de profondeur, 15 m de long et 2 m de large. La largeur de la tranchée permet d’y reculer en tracteur. « Les légumes sont directement bennés de la remorque dans la tranchée, c’est très rapide. » Le silo est ensuite recouvert de 3 à 4 couches de P17. La température y est plus froide que dans la cave, et l’humidité plus élevée (jamais de gelée grâce au P17). Il est à noter que l’écoulement de l’eau n’est pas un souci dans leur terre calcaire. « La reprise des légumes est un peu laborieuse et il y a du tri à faire, mais le rapport temps/coût/qualité de conservation reste intéressant. »
Les silos sont adaptés au stockage des légumes racines : betteraves, navets, céleris, radis noirs, éventuellement carottes bien qu’elles soient plus fragiles. Pour qu’ils conservent leurs intérêts, quelques critères sont à respecter. Sur terre filtrante, il est possible de creuser une fosse pour obtenir une meilleure isolation. Pour améliorer l’inertie, il est conseillé de recouvrir les sacs de légumes de sable, ce qui réduit la variabilité de température et d’humidité. Il est crucial d’optimiser la taille du silo, avec environ 1 m de hauteur sur 1 m de large.
L'Innovation des Sacs à Silo pour le Compostage en Maraîchage
En maraîchage diversifié, la gestion efficace des déchets organiques, issus notamment des résidus de récoltes, est un enjeu majeur. Les agriculteurs peuvent recourir aux gaines d'ensilage pour fabriquer du compost, une méthode ingénieuse qui transforme un déchet en une ressource précieuse.
Le Compost : Un Engrais Organique Essentiel
En agriculture, le compost est un engrais organique obtenu par la décomposition aérobie contrôlée de matières organiques, telles que les résidus de culture, le fumier ou les restes alimentaires. Il joue un rôle essentiel dans l’amélioration de la fertilité, de la structure et de l’activité biologique des sols. L’utilisation du compost en agriculture est particulièrement pertinente dans les régions arides et semi-arides, où la dégradation des sols et la pénurie d’eau limitent la productivité.
Avantages des Sacs à Silo pour le Compostage
Les sacs silos utilisés pour le compostage mettent à profit leur résistance et leur simplicité d’usage. Ce système fermé présente plusieurs avantages. Il minimise les odeurs caractéristiques liées au processus de fermentation et aide à éviter la production de liquides, souvent indésirables, qui peuvent compromettre la qualité du compost.
Un autre avantage significatif de l’utilisation de gaines pour le compostage réside dans le gain d’espace. En effet, il est possible de compacter une grande quantité de déchets organiques, préalablement réduits en petites particules, dans ces emballages. Cette compaction permet d'optimiser l'espace de stockage et de traitement des déchets.
Maîtrise de l'Humidité pour un Compostage Réussi
L’humidité est un facteur d'une importance capitale pour le compostage. Un compost en phase de maturation atteindra des niveaux optimaux d’humidité entre 40 et 60%. L’idéal est donc de conserver l’humidité au cours du temps pour maintenir ces niveaux. Si un niveau trop important d’humidité persiste, il y a un risque de putréfaction et de création de liquides indésirables, ce qui peut nuire à la qualité finale du compost. Une gestion attentive de l'humidité est donc essentielle pour garantir un processus de compostage efficace et la production d'un amendement de qualité.
