Véritable écosystème, le compost grouille de vie ! Les insectes font partie de la faune du compost. Dans leur grande majorité, ces insectes sont bénéfiques à la vie du compost. Détritivores, ils accélèrent la décomposition des déchets. Comprendre la dynamique de cet univers miniature est essentiel pour transformer ses rebuts de cuisine en un engrais riche et fertile, tout en évitant les désagréments liés à certaines espèces opportunistes.

Les ingénieurs du sol : Les habitants invisibles de votre compost
Parmi les acteurs majeurs, les vers de terre ou lombrics communs sont des vers laboureurs. Ils appartiennent à la grande famille des Lumbridacés. Ils vivent en profondeur et creusent des galeries verticales grâce auxquelles ils mélangent le sol. Les vers de compost ou vers de fumier sont différents des vers de terre. Ils appartiennent à la famille des Eseinia. Les vers de compost sont des vers épigés.
Si vous repérez des petites créatures à carapaces dans votre compost, pas de panique. Les cloportes font partie de la famille des crustacés avec plus de 4000 espèces différentes. Ils mesurent généralement entre 0,5 à 2 cm. Ils contribuent à la décomposition de la matière organique au compost. Si vous apercevez de toutes petites bêtes blanches se déplacer dans votre composteur, ce sont probablement des collemboles, de vrais pros du compostage ! Ils sont tout petits : 2 mm en moyenne. Ils ne possèdent pas d’ailes.
Le saviez-vous ? S’il existe diverses familles de milles pattes (lithobies, iules etc.), ils ont tous un point commun : une multitude de pattes. Mesurant de 1 à 10 cm, ces insectes au corps allongé sont de couleur blanche à gris noir. Si des milles pattes se retrouvent dans votre compost, c’est qu’il est en bonne santé !
Larves bénéfiques et confusions courantes
Vous voyez des grosses larves blanches dans votre compost ? Pas de panique, ce sont des larves de cétoines dorées, de jolis coléoptères. Elles ne sont pas nuisibles, au contraire : elles participent à la décomposition de vos déchets ! Attention à ne pas les confondre avec les larves de hanneton ! Contrairement aux larves de cétoine, les larves de hannetons causent des dégâts au jardin. Particulièrement voraces, elles se nourrissent des racines des végétaux.
Vous voyez des sortes de cocons marrons ou noirs dans votre compost ? C’est probablement des larves de mouches soldats. Elles consomment une grande quantité de nourriture en un court laps de temps pour se transformer en mouche adulte. Si vous avez notre potager composteur, cela peut être problématique car elles tendent à manger vos plants aromatiques et potagers. Elles sont particulièrement friandes des salades. Elles se cachent parfois en haut de la colonne de compostage.

Le Syrphe : La "fausse abeille" méconnue
Adieu tapettes à mouches ! Elles représenteraient un grave danger pour une petite mouche inoffensive et méconnue du grand public mais GRANDE reine de la pollinisation, le Syrphe. C’est en fait la plus jolie et la plus douée de la famille des diptères (insectes ne possédant qu’une paire d’ailes). Il en existe environ 500 espèces en France dont la plupart endossent un déguisement de guêpe et certaines ont la préférence pour le costume de l’abeille. Sacrées malines, réussissant ainsi, pendant 2000 ans à tromper l’Homme qui n’a vu que du feu !
Contrairement aux apparences, le syrphe est une mouche et non une abeille ! Une astuce simple pour s’en assurer : les mouches n’ont qu’une paire d’ailes quand les abeilles en ont deux. Mais alors pourquoi le syrphe ressemble-t-il autant à une abeille ? Chez les abeilles, les femelles sont dotées d’un aiguillon avec lequel elles peuvent se défendre et piquer. Pour éviter les prédateurs, le syrphe utilise donc la méthode du mimétisme. La ressemblance est troublante et ces « fausses abeilles » trompent souvent les naturalistes et les journalistes.
Le syrphe ceinturé est celui que l’on rencontre le plus souvent dans nos jardins. Les adultes mesurent entre 7 et 15mm. Ils ont de très gros yeux dont la position permet de distinguer les mâles et les femelles. En effet, les yeux des mâles se touchent, ce qui n’est pas le cas des femelles. Ses deux ailes sont plates et comme posées sur son corps qui est aplati. Ses antennes sont très courtes, contrairement à celles de l’abeille. Est-ce que le syrphe pique ? Non, les syrphes sont dépourvus de dard et ne piquent donc pas.
Le Syrphe, une mouche inoffensive...
Après l’accouplement en plein vol, la plupart des Syrphes repèrent des colonnes de pucerons et pondent leurs œufs au milieu ou à proximité, de façon à ce qu’au bout d’une semaine, les larves rampent afin de les dévorer au plus vite. Elles parviennent sans pitié à en ingurgiter entre 400 et 500 sur 12 à 15 jours. Puis notre future mouche se transforme en pupe pour 2 semaines avant de devenir une adulte responsable. Elles se révèlent être aussi des aviatrices hors pair. Des savants en ont capturé à 1900 mètres d’altitude. Le Syrphe à ceintures notamment peut atteindre une vitesse de 18km/h et est capable de parcourir en un jour cent kilomètres.
Gestion des mouches et équilibre du composteur
Les moucherons raffolent du compost. Source alimentaire et lieu de ponte pour les larves de ces insectes, leur visite reste cependant peu souhaitée. Contrairement aux vers dont la présence se révèle essentielle pour la décomposition des déchets organiques, ces petites mouches importunes deviennent vite envahissantes. Votre composteur est envahi par les moucherons ? C’est le signe que votre compost n’est pas équilibré.
Les mouches du terreau ont une espérance de vie très courte (environ une semaine) donc leur souci premier est de s’accoupler et de pondre 50 à 300 œufs, à peine quelques heures après leur émergence. Les femelles, attirées par les endroits humides et riches en matière organique viennent déposer leurs minuscules œufs blanc crème près des racines des plantes. En 6 semaines, l’œuf se transforme en larve, puis en pupe blanche à brune, et enfin en mouche.

Pour prévenir ces proliférations, respectez bien l’équilibre du mélange : 50% des déchets humides (épluchures, fonds d’assiettes) + 50% de déchets secs (feuilles mortes, broyat de branches, boites à œuf et journaux déchiquetés en petits morceaux). Recouvrez le tas de matière sèche. Mieux vaut prévenir que guérir. Quand vous apportez vos déchets de cuisine au compost, recouvrez-les d’un volume équivalent de déchets secs.
Si vous avez une infestation, la solution consiste d'une part à opter pour un composteur avec couvercle. Cela permet de réguler l’humidité tout en limitant l’accès des nuisibles. Si votre bac de compost de jardin ne possède pas de couvercle, alors, couvrez-le avec des déchets bruns. Il s’agit de copeaux de bois, de carton, de feuilles sèches, de paille et de branchages. Par ailleurs, les bouches d’aération de votre composteur jouent aussi un rôle non négligeable. En favorisant le compostage en aérobie, celui-ci s’effectue plus rapidement. Ainsi, les sciarides, ces petites mouches noires, ne bénéficient plus d’assez de temps pour pulluler.
Techniques de contrôle et astuces pratiques
Ni trop sec, ni trop humide. C’est l’équilibre à préserver pour un compost réussi et sans nuisibles. Un compost trop sec interrompt le processus de compostage, tandis qu’un compost trop humide devient un aimant à moucherons. La technique à employer pour la juste mesure ? Si votre compost est trop humide, cessez de composter vos denrées organiques durant quelques jours pour privilégier les déchets bruns (feuilles mortes, poignée de cendres, coquilles d’œuf, papier journal, morceaux de carton).
Parfois, les fourmis arrivent en grand nombre dans notre composteur. Comment s’en débarrasser ? Veillez à humidifier votre compost, en l’arrosant ou en apportant des déchets humides (comme vos épluchures ou votre tonte de gazon par exemple) ! Les fourmis préfèrent les sols secs.
Pour les mouches, vous pouvez fabriquer un piège simple : découpez le tiers supérieur d’une bouteille. Mélangez ensuite 1/4 de tasse de sucre et une cuillère à café de levure dans 1 tasse d’eau. Versez ce mélange dans la partie inférieure de la bouteille. Ajoutez ensuite la partie supérieure de la bouteille en plaçant le goulot dans la partie inférieure pour créer un entonnoir. Cette conception permettra aux moucherons de pénétrer dans le piège, mais les empêchera de s’en échapper. Ensuite, enveloppez la bouteille de papier ou de tissu noir, car les moucherons sont attirés par les couleurs sombres.
N'oubliez pas que tout commence en cuisine : stockez vos déchets dans un petit contenant équipé d’un couvercle (pas plus de 10 litres) et déposez régulièrement vos déchets dans le composteur, idéalement sans stockage dépassant 4 jours. Si le temps vous manque pour une dépose immédiate, alors, munissez-vous d’un seau à compost hermétique et stockez-y vos déchets alimentaires. Enfin, enfouissez plus profondément dans le compost le gras de la viande, les peaux de poisson et croûtes de fromage. Ces gestes simples garantissent un compost sain, valorisant vos déchets et protégeant la biodiversité auxiliaire de votre jardin.