Dans votre jardin, verger ou potager, vous cultivez des arbres et petits fruitiers vous offrant de délicieuses framboises, fraises, cerises… et vous semez des plantes potagères. Or, des oiseaux ont élu domicile à proximité et viennent souvent picorer dans vos plantations de fruits et dans vos semis. Chaque année, le même problème revient au printemps et décourage bien des jardiniers. Vos cerises sont presque mûres, vous leur laissez encore un jour ou deux pour qu'elles soient parfaites. Mais voilà, le lendemain il n'y a plus une cerise : les oiseaux, plus rapides que vous, ont tout raflé. Pourtant, il existe de nombreuses solutions pour protéger votre cerisier et vos cultures. Le but n'est pas de nuire aux animaux, mais de les éloigner intelligemment, sans qu'aucun oiseau ne soit piégé ni blessé.

Les effaroucheurs visuels et sonores : l'art de la diversion
Les effaroucheurs visuels sont relativement efficaces. Un truc à connaître est de placer deux ou trois CD ou DVD usagés, vous pourrez les attacher sur un fil pour que les disques bougent et se cognent au moindre mouvement. Ainsi, chaque souffle d’air ou mouvement de branche entraînera des petits bruits effrayant les oiseaux. De plus, la surface brillante provoque des rayons lumineux dérangeant les volatiles. Ce type d’installation peut être effectué aussi avec du papier aluminium, également avec un carillon de bambou, ou encore avec des moulins à vent, des rubans pour papier cadeau.
Faites de l'upcycling, en utilisant de vieilles boîtes de conserve pour éloigner les oiseaux. Retirez l'étiquette, percez un trou, passez une ficelle et suspendez-les à une branche. Le vent les fait bouger, elles s'entrechoquent et font du bruit. Le métal reflète aussi la lumière, ce qui perturbe les oiseaux. Pour ces raisons, il est possible de suspendre des bandes de papier aluminium, des vieux CD ou DVD, des boîtes de conserve, de longs morceaux de rubalise - ruban de chantier / de signalisation - ou encore des tiges métalliques ou même des assiettes / moules à tartes en aluminium. Ces objets brillants bougent sans cesse et créent une gêne visuelle.
Certains jardiniers installent un poste radio à demeure à proximité du potager ou du verger. Réglé sur une station très diversifiée dans les sons qu’elle émet (musiques, infos, chroniques…), il pourra effrayer les volatiles, ou au moins les rendre plus prudents. Les oiseaux ont peur de l'activité humaine. Une radio placée près de votre cerisier peut donner l'illusion qu'il y a toujours quelqu'un dans le jardin. Attention cependant à ne pas déranger le voisinage, surtout si vous laissez la radio longtemps.
L'utilisation de répulsifs odorants et de leurres
Quel est le meilleur répulsif pour oiseaux ? Huile de cade et naphtaline ont des odeurs que n’apprécient pas les oiseaux du jardin. Disposez quelques gouttes de l’une sur des bouts de tissu ou quelques boules de l’autre dans un contenant, à placer aux endroits stratégiques de vos cultures. L'huile de cade est connue pour son odeur très forte. Elle agit comme répulsif naturel contre de nombreux animaux. Ne mettez jamais l'huile directement sur les fruits ou les feuilles.
Technique très ancienne, elle consiste à suspendre des filets de hareng fumé dans l'arbre. Leur odeur très forte agit comme un répulsif naturel. Mais attention : ce répulsif n'est pas très durable. Après quelques jours, surtout s'il pleut, l'odeur diminue et l'efficacité aussi. Il faut donc souvent le combiner avec une autre méthode.
Parmi les autres solutions, le cerf-volant en forme de rapace se place au sommet de l'arbre. Avec le vent, il vole au-dessus du cerisier et donne l'impression qu'un prédateur surveille la zone. Pour garder une bonne efficacité, changez sa position tous les quelques jours. Sinon, les oiseaux finissent par comprendre qu'il n'est pas dangereux. La présence d’un chat dans le jardin peut effaroucher les oiseaux, et accessoirement les rongeurs qui en veulent aussi à vos cultures !
L'épouvantail : optimiser un classique du jardin
L’épouvantail est un classique, on en voit d’ailleurs dans les champs comme dans les potagers. Il est clair que la seule silhouette d’un “humain” ne va pas longtemps faire effet. Il convient de vêtir l’épouvantail avec des vêtements amples, un chapeau avec des rubans, etc., et de le placer dans un endroit bien venté pour que ses atours soient le plus souvent possible en mouvement. Pour vous aider, retrouvez notre tuto pour réaliser votre épouvantail du jardin. Si les traditionnels épouvantails ne sont plus que rarement utilisés, vous pouvez tenter d'effaroucher les oiseaux de différentes manières : lumière, bruit, ou même odeur qui les fait fuir.
Zakary Pépin - Tutorial - Comment faire un épouvantail
Les protections physiques : la barrière ultime
Le problème de ces astuces, certes efficaces un temps, plus ou moins long selon vos visiteurs ailés, est que ces derniers sont futés et comprennent rapidement qu’ils ne risquent rien. Donc en plus d’effaroucher les oiseaux pour les éloigner du potager ou du verger, appuyez-vous sur des protections physiques. Il est vrai qu’elles sont moins faciles à mettre en place, qu’elles rendent les récoltes voire les soins moins aisés et qu’elles peuvent avoir un coût supérieur, mais elles sont plus efficaces à long terme.
La cloche individuelle peut être utilisée pour des semis très localisés, ou pour des petits plans fragiles. Une protection physique invisible peut être un bon moyen de les éloigner. Pour la réaliser, installez des arceaux le long des cultures visées, les fraisiers par exemple. Tendez ensuite, parallèlement au sol, du fil de pêche à plusieurs endroits, faites aussi des biais avec ce fil pour une barrière qu’ils auront du mal à percevoir et à franchir.
Le plus efficient reste néanmoins le filet anti-oiseaux. Comment le poser pour que son efficacité soit optimale ? Choisissez tout d’abord la forme et les dimensions les plus adaptées à la configuration. Au deux extrémités, plantez les arceaux en biais (à 45°) pour accompagner la descente du filet. Pour les cultures hautes (tomates, haricots à rames, petits pois…), disposez des tuteurs en ligne de chaque côté des cultures. Puis placez et tendez le filet sur la structure mise en place et maintenez-le en place et contre le sol à l’aide de sardines (sauf pour le tunnel chenille anti-oiseaux dont les arceaux sont faits pour y attacher le filet). Il est important de le fixer au plus près du sol, afin qu’aucun oiseau ne puisse passer sous ce filet. Le filet reste la solution la plus directe pour la protection de votre cerisier. Il empêche physiquement les oiseaux d'atteindre les fruits. Choisissez un filet solide et assez fin pour éviter qu'un animal ne reste piégé. Dans un petit jardin, cette solution est très pratique. Dans un grand arbre, elle demande plus de travail, mais reste très efficace sur le long terme.
La gestion de la cohabitation et des ressources
Et si vous n’arrivez toujours pas à vous débarrasser de vos oiseaux, essayez de les nourrir ! Repérez tout d’abord les espèces qui vous rendent visite et offrez leur la nourriture qu’elles préfèrent, quitte même à leur proposer des fruits que vous aurez cueillis ou ramassés - choisissez bien sûr les abîmés ou ceux qui sont habités. Pour éviter que les oiseaux picorent sans cesse vos fruits, il est suggéré parfois de les nourrir afin qu’ils soient moins attirés par vos arbres et arbustes. Vous pouvez ainsi disposer des boules de graisse et des graines dans différents endroits de votre jardin. Là encore, c'est une possibilité, qui risque de ne fonctionner qu'avec certains petits oiseaux. Il y a fort à parier que les étourneaux ou les merles ne se satisferont pas entièrement de votre apport de nourriture.
Même s'ils mangent parfois vos fruits, les oiseaux sont très utiles. Ils mangent de nombreux insectes nuisibles, protègent vos plantes et participent à l'équilibre naturel. Le but n'est donc pas de les chasser définitivement, mais de trouver une façon de cohabiter. Le problème des oiseaux n'est pas le même toute l'année. En hiver, ils cherchent surtout de quoi manger. Au printemps, quand les fruits arrivent, ils deviennent plus insistants. Au début du printemps, installez déjà quelques effaroucheurs, même si les cerises ne sont pas mûres. Cela permet d'habituer les oiseaux à éviter la zone.
Pensez aussi à l'environnement autour de votre arbre. Si le sol est nu, sans herbe ni plantes, les oiseaux repèrent plus facilement les fruits. Si vous avez un potager juste à côté, protégez-le aussi. Les oiseaux qui viennent pour les légumes peuvent repérer vos cerises en même temps. Multipliez les solutions : un seul répulsif est rarement suffisant. Effaroucher les oiseaux qui picorent les semis et abîment vos cultures n’est en soi pas bien compliqué. Le problème est plus de réussir à les effrayer à tous les coups, et c’est là que les petites astuces, par ailleurs assez efficaces, ne fonctionnent pas très longtemps, surtout si vous utilisez toujours les mêmes ! C'est un coup classique. Changez-les de place régulièrement pour garder l'effet de surprise. Avec un peu d'organisation, vous pouvez augmenter l'efficacité de vos méthodes et profiter enfin de vos fruits.